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des eaux, les meilleurs voiliers ont le renflement antérieur de beaucoup le plus développé.
M. Longet, il est vrai, affirme que pour le pigeon on observe tout le contraire. Desmoulins fait observer aussi, que chez les plus vigoureux oiseaux de proie, le calibre du renflement interscapulaire est inférieur d’aumoins un quart à celui du renflement fémoral.
Les oiseaux, qui, à l'exemple des mammniferes, sont attachés au sol, ont des ailes peu développées et des extrémités inférieures fort vigoureuses.
Le renflement inférieur de la moelle de l’autruche, par exemple, est proportionnellement bien plus développé. Les oiseaux qui grimpent ou nagent avec leurs pattes offrent la même particularité.
Les animaux de cette famille qui se transportent, tantôt sur terre, tantôt sur eau, offrent un volume sensiblement égal dans les renflemens.
Cet ensemble de vues de M. Serres pourrait bien faire admettre que les autres observateurs, qui, dans quelques cas, le contredisent, ont observé dans des conditions exceptionnelles.
D'ailleurs, Desmoulins admet, que par exemple, chez l’homme, le renflement supérieur est le plusconsidérable, et ce, pour présider à la fonction si étendue du toucher. Chez les singes à queue prenante, le renflement antérieur, quoique développé, le serait moins que le postérieur, à cause de l’importance de la fonction locomotrice, dans laquelle il joue le rôle le plus actif.
Ces vues, basées sur l’observation, tout à posteriori, sont autant d’élémens dort il y a à tenir compte dans ces problèmes
complexes.
Reptiles. Les dimensions en longueur varient chez ces animaux. Elle occupe tout lerachis chezles sauriens et les ophidiens. Comme dans les ventricules et le canal rachidien des oiseaux, on rencontre à la face interne du canal médullaire une couche de substance grise. Certains anatomistes contestent la présence de la substance grise chez les ophidiens. Chez les batraciens, la moelle n’occupe que la partie antérieure du canal vertébral. La tortue et les chéloniens en général, ont une moelle à trois renflemens. Les intervalles en sont étranglés. Le renflement moyen répond aux extrémités supérieures, l’inférieur, aux extrémités correspondantes.
M. Serres, dans son ouvrage, établit une relation entre lascension de la moelle épinière et la persistance du prolongement caudal. Le tétard lui fournit un bel exemple: aussi longtemps que la moelle se prolonge dans le coccyx, le tétard conserve sa queue; lors de la métamorphose, la moelle remonte dans le capal, la queue disparaît, et les membres se prononcent de plus en plus. Si la moelle s’arrête dans l'ascension, le tétard naît avec la queue. Desmoulins conteste cette théorie à propos des oiseaux. Ils ont, dit-il, la moelle dans le canal coccygien, et de tous les vertébrés, ce sont ceux qui ont la queue la plus courte.
Poissons. Leur moelle présente les plus grandes variétés. Elle se prolonge dans tout le canal du rachis. Le calibre de la moelle augmente partout où elle donne naissance à des branches nerveuses multiplesetvolumineuses. Dansla baudroie, la moelledevient trèsgrêle au niveau de la troisième vertebre cervicale. Elle se termine en pointe au niveau de la huitième cervicale. M. Cruveilhier fait observer qu'il naît vingt-six paires nerveuses de la partie volumi-
neuse; cinq ou six paires seulement de la portion filiforme.
Chez le mâle, la moelle est réduite au bulbe rachidien : trentedeux paires naissent du pourtour de ce bulbe. Ce fait qui n’a rien que de très-naturel, n'apporte rien, à l'appui des faits relatifs à l’usage varié des renflemens médullaires ; toutefois, il trouve son interprétation dans les généralités physiologiques qui précèdent. Il n’en est pas de même de la remarquable disposition de la moelle d’une espèce de poissons osseux, je veux parler des trigles. La face supérieure de leur moelle présente autant de renflemens qu’il y a de paires nerveuses destinées à leurs nageoires pectorales.
La lamproie a une moelle rubanée, vraie gelée, qui s’évapore sur le verre. Ses dimensions, en épaisseur et en largeur, sont infinies par rapport à sa longueur. Carus a démontré que cette moelle si anormale, eu égard aux autres, fournit néanmoins des nerfs. Cela devait être. La variété comme le monstre ont une raison d’être et une fin. Il s’agit simplement de montrer la transition des types les plus complets aux moins complets. Et alors, les anomalies et les variétés dans l’acception actuelle de ces mots s'effaceront. Toutes les classifications sont subjectives, et par conséquent, relatives. La moelle de l’anguille diffère des précédentes variétés de formes, en ce qu’elle ressemble à la chaîne ganglionaire des animaux articulés. Mais ces renflemens différent des ganglions, en ce que les premiers n’ont ni les fibres longitudinales, ni les fibres transverses, ni la substance granulée, propres aux seconds.
La substance grise est contestée dans la moelle des poissons par Desmoulins et M. Cruveilhier. C’est parce que l’on s’arrête ici seulement à la couleur.
Si Tiedemann et M. Longet l'ont constatée, c’est parce qu'ils la caractérisent, par son état granulé en opposition avec l'état fibreux de la substance blanche.