‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 40 sur 407 · BULBE RACHIDIEN · texte numérisé non relu

BULBE RACHIDIEN

Conformation extérieure.

Limites. La limite inférieure du bulbe rachidien est assez arbitraire; il continue la moelle épinière sans interruption ; l’expression de collet du bulbe est imparfaite en ce qu'elle est loin d'exprimer ce changement de volume insensible qui renfle la moelle de bas en haut.

On a pensé qu'un plan horizontal, passant sous les condyles occipitaux, exprimerait assez nettement cette limite. Mais M. Cruveilhier a démontré que ce plan rencontre le bulbe à des hauteurs variables, suivant l'attitude de la tête. Ainsi, dans l'extension de la tête sur le tronc, c’est-à-dire la tête étant verticale, on rencontre le bulbe moins haut que dans la flexion, c’est-à-dire la tête étant inclinée.

Cette difficulté de délimitation dont nous avons parlé plus haut, est surtout grande pour des organes qui sont extérieurement continus ; s'ils présentent intérieurement des modifications de structure, auxquelles doivent correspondre des différences d'usage, la difficulté s’en trouve amoindrie. |

On a eu égard à cette différence de structure, et on a pris en considération le point d’entrecroisement des pyramides.

La limite inférieure du bulbe est ainsi marquée par un plan passant au-dessous de l’entrecroisement des pyramides.

Chez l’homme, la limite supérieure du bulbe crânien est bien établie par la saillie de la protubérance. Chez certains mammifères, elle recouvre même son extrémité supérieure. Les autres classes manquent de protubérance, elle ne peut donc pas être prise pour une limite générale ou de premier ordre.

La délimitation n’est possible chez l’homme lui-même qu’en avant; en arrière, le bulbe semble se prolonger au-delà de la protubérance.

Ainsi limité, le bulbe est compris entre la partie moyenne de l’apophyse odontoïde et la partie moyenne de la gouttière basilaire.

Dimensions. Direction. Rapports. Forme.

La longueur du bulbe est de 3 centimètres, sa largeur de 2 centimètres, sa profondeur de 12 millimètres environ. On ne peut, du reste, donner qu’une dimension moyenne, à moins d'en donner un certain nombre, comme nous l’avons fait pour le cervelet. Mais ces chiffres attestent suffisamment la prédominance du bulbe sur la moelle dans toutes les dimensions hormis la longueur.

Il est obliquement dirigé comme le plan sur lequel il repose, et fait un angle obtus avec la moelle, rentrant en avant, saillant

en arrière. Le bulbe, dont la face antérieure repose sur la gouttière basilaire, est embrassé, en arrière et sur les côtés, par le cervelet profondément creusé à cet effet comme nous l’avons vu.

Sa forme est celle d’un cône aplati en arrière, ou inférieurement, où il repose sur un plan très résistant, tandis qu’il supporte un certain poids de haut en bas.

Le sommet du cône, qui continue la moelle, a reçu le nom de collet ; mais cette expression qui n'est peut-être pas très juste en bas, l’est plus en‘haut, c’est-à-dire à la base renflée du cône. Au niveau de la protubérance, elle se rétrécit en effet assez sensiblement.

Le bulbe crânien nous offre à considérer sa face antérieure qui est inférieure, sa face postérieure qui est supérieure; deux faces latérales, un sommet et une base.

Face antéro-inférieure.

Inclinée sur la gouttière basilaire dont elle est séparée par les artères vertébrales, cette face est convexe, un peu déprimée. Quand on a enlevé son névrilème, on y remarque :

1° Un sillon longitudinal médian.

2 De chaque côté du sillon une saillie longitudinale, les pyramides antérieures.

3° Derrière ces faisceaux, un sillon plus superficiel moins étendu ; ce sillon est en avant

4° D'une saillie moins étendue que la première et qui a reçu le nom d'olive.

Le sillon médian, moins profond que celui de la moelle qu'il continue, a pour limite supérieure la surface curviligne de la protubérance sur laquelle il tombe perpendiculairement. Quelquefois des fibres de la protubérance s'avancent un peu, et continuent le bord inférieur de manière à masquer transversalement l'extrémité du sillon.

L’extrémité inférieure du sillon, au lieu d’être le prolongement non interrompu du grand sillon médullaire, se trouve limité transversalement par quelques fibres entrecroisées émanant des pyramides.

Ce sillon reçoit un grand nombre de vaisseaux, et pour peu qu'on l’écarte, on y remarque comme une lame criblée. Le sillon se termine en haut en s’élargissant. C'est là qu’il forme une petite excavation étroite et profonde, que Vicq-d’Azyr nomme le trou borgne.

Pyramides.

De chaque côté du sillon, et en dedans des olives, on voit les faisceaux prismatiques, triangulaires , à direction verticale, mesurant la longueur du bulbe. Renflées au milieu, les pyramides font saillie surtout dans la moitié supérieure.

Elles ne sont point parallèles : car, rapprochées à leur point d’émergence, elles s’écartent en se renflant et en proéminant de plus en plus; puis, arrivées au niveau de la protubérance, elles s’étranglent et divergent en pénétrant sous le pont. De triangulaires elles sont devenues cylindriques.

Ainsi les pyramides représentent un tronc de cône à sommet inférieur naissant du collet, à base supérieure pénétrant sous la protubérance.

La face antérieure de chaque pyramide, arrondie et convexe, répond à la périphérie du bulbe.

ISTHME DE

La face externe est contiguë au corps olivaire, dont elle est séparée par un sillon, mais qu'elle recouvre en partie;

La face interne adossée contre la face correspondante de la pyramide opposée et dont la sépare le sillon médian.

Nous avons vu inférieurement des faisceaux partant de chaque pyramide, et qui, en s'entrecroisant, constituent sa limite inférieure.

En haut, tantôt le bord du pont, tantôt le ponticule, séparent nettement ces faisceaux des organes contigus.

En mentionnant l’aspect criblé que présente le fond du sillon, nous n'avons point parlé de cette apparence d’entrecroisement qui a induit en erreur beaucoup d’anatomistes. Il semblerait que des fibres, partant des deux faisceaux pyramidaux, s'entrecroisent au milieu, ce qui n’est point. Les trous vasculaires, l’écartement que l’on produit dans les fibres adossées, par la seule traction, ont donné lieu à cette illusion d’optique. L’entrecroisement est plus bas.

Il arrive même que le sillon manquant dans la partie inférieure , les pyramides sont complétement fondues extérieurement.

Les fibres que l’on prenait pour transversales ne sont donc qu’antéro-postérieures.

Corps olivaires.

En dehors et un peu en arrière des pyramides se voient les olives. Ces petits corps oblongs arrondis, dans toute leur surface, de manière à ressembler à une ellipse, sont souvent d’inégal volume des deux côtés.

Il n’est pas rare qu’une dépression transversale les divise en deux parties. Ces éminences blanches, bosselées quelquefois, diminuent à mesure que l’on avance en âge. Propres à l'espèce humaine, on les trouve plus volumineuses chez le fœtus et le nouveau-né que chez l’adulte.

Le grand axe des olives est parallèle à celui des pyramides. Les olives sont beaucoup plus courtes que ces dernières, car elles n’atteignent pas au-delà de 15 millimètres. Étant parallèles aux pyramides, comme elles, elles se dirigent obliquement de bas en haut, en divergeant assez notablement. Leur extrémité supérieure qui n’atteint pas le pont de Varole, forme avec celui-ci une fossette. Cette dépression, Vicq-d’Azyr l’a nommée fossette de l’éminence olivaire.

L'extrémité inférieure, moins volumineuse que la supérieure, est limitée fréquemment par deux faisceaux de fibres disposés en arcs. Ce sont les fibres arciformes de l'olive.

Le bord interne des olives est limité par le sillon qui les sépare des pyramides. De ce sillon naissent les filets d’origine du grand hypoglosse. Vicq-d’Azyr, et plus récemment M. Hirschfeld, font naître du bord supérieur de l’olive, ou plutôt de la fossette olivaire, le facial et la portion antérieure de l’acoustique. Un sillon, mieux une rainure verticale sépare en dehors les olives des pédoncules inférieurs du cervelet.

Dans cette description ne se trouve comprise que la partie de l'olive qui déborde la pyramide. Une partie intérieure s’avance dans l'épaisseur du bulbe.

Face postéro-supérieure du bulbe.

Il y faut distinguer une partie inférieure blanche, continue

avec la moelle, et une partie supérieure, excavée, grise, et qui

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