‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 59 sur 407 · NERF MOTEUR OCULAIRE EXTERNE OÙ NERF ABDUCTEUR · texte numérisé non relu

NERF MOTEUR OCULAIRE EXTERNE OÙ NERF ABDUCTEUR

Ce nerf se distribue à un seul muscle de l’œil, le droit externe; il est le plus grêle de tous les nerfs cräniens.

Origine.

Le nerf moteur oculaire externe provient du sillon de séparation du bulbe rachidien et de la protubérance annulaire par deux racines, l’une inférieure et externe, l’autre supérieure et interne.

La racine inférieure, plus volumineuse que la supérieure,

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prend naissance de la partie externe de la pyramide antérieure de la moelle allongée.

La racine supérieure naît des fibres les plus reculées de la partie inférieure de la protubérance annulaire. En poursuivant cette racine dans les fibres de la protubérance, on constate qu’elle se prolonge jusqu’à la pyramide antérieure, qui doit dès lors être considérée comme le point d’origine unique du nerf

abducteur.

Rapports et trajet.

A leur origine, les deux nerfs de la sixième paire sont séparés l’un de l’autre par une distance de huit ou ueuf millimètres environ. Chacun d’eux présente d’abord un aspect aplati, mais bientôt devient arrondi, et se dirige en avant, en haut et en dehors. Arrivé au sommet du rocher, vers un repli fibreux de la dure-mère, il le traverse à sa partie la plus inférieure, parcourt le sinus caverneux d’arrière en avant, pénètre dans l’orbite par la partie la plus large de la fente sphénoïdale, et enfin se termine dans le muscle droit auquel il donne le mouvement.

Dans son trajet intra-crânien, ce nerf est placé à la base du crâne, entre la gouttière basilaire et la protubérance annulaire ; il est accompagné par le feuillet viscéral de l’arachnoïde qui l'entoure lorsqu'il s'engage dans le canal fibreux de la duremère.

Placé ensuite dans la paroi externe et inférieure du sinus caverneux, il est en rapport en dedans, avec l'artère carotide et avec le courant sanguin veineux, dont le sépare un feuillet séreux très mince; en haut avec le nerf moteur oculaire commun; en dehors avec le nerf pathétique et la branche ophthalmique de Willis, qui le croisent ensuite pour se placer au-dessus de lui.

Dans l'orbite, il est situé au-dessous des autres nerfs de l’œil; se place entre les deux insertions du muscle droit externe, puis marche entre ce muscle et le tissu cellulo-graisseux qui le sépare du nerf optique, enfin, arrivé vers le tiers postérieur de l'orbite, il se divise en cinq ou six rameaux terminaux qui se distribuent en rayonnant et après s’être anastomosés entre eux dans le corps du muscle.

Le nerf abducteur s’anastomose dans son trajet, successivement avec le grand sympathique et avec la branche ophthalmique de Willis.

Son anastomose avec le nerf grand sympathique qu’on avait considéré comme l’origine céphalique du système ganglionaire se fait au moyen de deux ou trois filets anastomotiques, au niveau de l’orifice supérieur du canal carotidien.

En arrivant dans l'orbite, au-dessous de l’origine de la veine ophthalmique, il s’anastomose par un filet court, soit avec la branche ophthalmique du trijumeau qui est située en dehors et au-dessus de lui, soit avec son rameau nasal.

Indépendamment de ces anastomoses , Pourfour du Petit, M. Grant et M. Longet ont signalé un filet de communication avec le ganglion ophthalmique, qui constituerait pour lui une deuxième racine motrice.

Anatomie comparée.

Chez les poissons, le nerf abducteur naît généralement par

deux racines, des pyramides inférieures de la moelle allongée. Il s’anastomose quelquefois, d’après Siebold, avec le ganglion

du nerf trijumeau ou avec un filet du nerf sympathique. Il sort par la base du cràne, traverse le rocher chez beaucoup de poissons osseux, et se distribue exclusivement dans le muscle droit externe.

Dans les reptiles, le nerf abducteur qui existe aussi d’une manière générale, naît par deux racines, de la base de la moelle allongée sur les côtés de son sillon antérieur. Il n’est distinct que chez les salamandres, les tritons, ainsi que dans le genre bu/ffo et pipa, où il se distribue au muscle droit externe et au muscle choanoïde. Chez les autres batraciens, le nerf de la sixième paire est confondu avec le nerf ophthalmique; toutefois, cela n’a lieu que chez les adultes et non chez les larves. Chez les reptiles, ce nerf fournit toujours une anastomose à la portion céphalique du grand sympathique, et c’est lui qui donne le mouvement à la membrane nictitante.

Les oiseaux ont un nerf de la sixième paire relativement considérable: il provient des pyramides antérieures de la moelle allongée et arrive dans l'orbite, à travers un canal du sphénoïde. Là il donne deux filets gréles aux muscles de la membrane nictitante, et se termine ensuite dans le droit externe.

Chez les mammiftres, le nerf abducteur ne diffère pas sen-

siblement de ce qui a été dit chez l’homme, si ce n’est qu'il se

distribue aussi dans le muscle choanoïde ou rétracteur du bulbe, quand il existe.

Fonctions du nerf abducteur.

Essentiellement moteur par son origine et sa terminaison, il paraît doué de peu de sensibilité quand on l’excite dans le crâne, sur un animal dont le cerveau a été mis à découvert. Toutefois, sa sensibilité est évidente lorsqu'on l’examine dans l'orbite, ce qui provient de l’anastomose qu’il a contractée avec la branche ophthalmique.

La paralysie du nerf de la sixième paire, produite par une cause quelconque, se caractérise par un seul symptôme très facile à constater, le strabisme interne, dù au relâchement du muscle droit externe paralysé.

Les causes qui chez l’homme peuvent amener la paralysie du nerfabducteur, sont des lésions siégeant dans le centre nerveux, ou des tumeurs siégeant sur le trajet du nerf. Dans certains cas de méningite, ce nerf peut être enflammé, ainsi que les membranes du cerveau avec lesquelles il se trouve en contact, et alors être momentanément paralysé. C’est à une cause de cette nature qu’on a rapporté les cas de strabisme interne observés dans la méningite de la base du cerveau.

Enfin, on a vu quelquefois, qu'avec la paralysie du nerf moteur oculaire commun, il existait encore des mouvemens de resserrement de la pupille. M. Grant dit avoir constaté qu'ils étaient dus à l'existence d’une seconde racine motrice, fournie au ganglion ophthalmique par le nerf moteur oculaire externe.

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