‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 61 sur 407 · FACIAL · texte numérisé non relu

FACIAL

position n’est pas toujours aussi facile à voir, et il paraît souvent avoir une fusion beaucoup plus intime entre la grosse et la petite portion du facial.

Anastomoses et filets du nerf facial, dans son trajet dans l'aqueduc de Fallope.

A son entrée dans le conduit auditif interne, le nerf facial proprement ditreçoitun filet du nerf intermédiaire de Wrisberg, qui semble se confondre avec lui. Mais cette anastomose n’est qu’apparente, et parvenu au fond du conduit auditif, ce filet redevient distinct, s'engage dans l’aqueduc de Fallope avec le facial pour aller se rendre en plus grande partie dans le ganglion géniculé.

C'est au niveau de sa première courbure que l’on rencontre les nerfs grand et petit pétreux superficiels qui communiquent avec les ganglions de Meckel et otique. Un filet pour le muscle de l’étrier se détache un peu plus loin, et dans la portion descendante du nerf, on trouve des rameaux anastomotiques entre le facial, le pneumo-gastrique et le glosso-pharyngien, de plus, la corde du tympan, les rameaux digastrique, stylo-hyoïdien et ceux destinés aux muscles stylo-glosse et glosso-staphylin.

Nous décrirons successivement chacun de ces filets, ainsi que le ganglion géniculé qui se trouvent dans cette portion du trajet du nerf.

Ganglion géniculé. Déjà décrit par Arnold, sous le nom d’intumescence gangliforme, ce ganglion est situé au niveau du premier coude du nerf facial, dans le conduit de Fallope, au moment où sa direction change, pour se porter en arrière et en bas.

Ce ganglion, qui est quelquefois assez difficile à isoler malgré la macération, présente la forme d’un triangle dont le sommet est tourné en devant et en dehors, et la base convexe appliquée en arrière, sur le genou ou angle du nerf facial. Par son angle interne, il reçoit le nerf intermédiaire de Wrisberg, qui semble s’y épuiser en presque totalité. De son extrémité externe, se détachent des filets qui suivent le nerf facial dans son trajet ultérieur. Enfin, de son sommet partent les nerfs grand et petit pétreux superficiels.

La nature ganglionnaire de ce renflement, contestée pendant longtemps, a été mise hors de doute aujourd’hui par les études microscopiques, qui y ont démontré la présence de corpuscules ganglionnaires. Quelques anatomistes, tels que Bischoff, Valentin, Ch. Robin, Cusco, etc., le considèrent comme analogue à un ganglion rachidien, et pensent que le nerf intermédiaire de Wrisberg sur le trajet duquel il se trouve placé, constitue une racine sensitive qui, en se combinant avec la grosse portion du nerf facial, forme un véritable nerf à propriété mixte.

Nous verrons plus tard que la physiologie n’appuye pas une semblable opinion, et qu’il faudrait plutôt ranger le ganglion géniculé parmi ceux du grand sympathique, au lieu de l’assimiler à ceux des nerfs rachidiens.

1° Nerf grand pétreux superficiel. Ce filet, encore appelé rameau crânien du nerf vidien, émerge du sommet du ganglion géniculé et traverse l’hiatus de Fallope et se porte en avant et

en bas, en décrivant à la base du crâne, le long de la partie

228 NERFS CRANIENS.

externe du rocher une inflexion dont la concavité regarde en arrière: se plaçant ensuite au dessous et en arrière de la troisième branche du trijumeau, il traverse la substance fibro-cartilagineuse qui remplit le trou déchiré antérieur et se réunit au filet carotidien du grand sympathique, pour constituer le nerf vidien ou ptérygoïdien qui se rend au ganglion de Meckel.

Il résulte donc de ce trajet, que le grand nerf pétreux superficiel fait communiquer le nerf facial avec la branche maxillaire supérieure de la cinquième paire. Les anciens anatomistes tels que Meckel, Cloquet, Hirzel, Ribes, etc., le décrivaient comme une branche, qui de la cinquième paire venait s’unir au facial.

Aujourd’hui les anatomistes le décrivent d’une manière opposée et le considèrent comme une branche du facial qui se rend au ganglion sphéno-palatin, pour former sa racine motrice.

Dans la première portion de son trajet intra-cränien, le grand nerf pétreux superficiel reçoit une anastomose du nerf de Jacob. son, et il donne en outre, des filets nombreux aux vaisseaux

qui l’accompagnent.

2° Petit pétreux superficiel. Ce nerf, décrit d’une manière différente par les auteurs, se détache du facial au niveau de l'angle antérieur du ganglion géniculé. Quelquefois il naît du tronc même du facial, à un millimètre environ au delà du ganglion ; et dans ce dernier cas, il sort de l’aqueduc de Fallope par un orifice particulier. Ce filet nerveux suit une marche analogue à celle du grand pétreux superficiel ; comme lui, il se place d’abord dans une gouttière située sur la partie interne de la face antérieure du rocher, puis s'engage dans une petite ouverture placée entre les trous ovale et petit rond, et se termine dans le ganglion otique. Chemin faisant, il reçoit également un filet du rameau Jacobson qui l'accompagne dans le reste de son trajet. Les anatomistes décrivent aujourd’hui ce nerf, comme provenant du facial et allant fournir au ganglion otique une racine motrice.

Les nerfs grand et petit pétreux seraient donc des filets moteurs émanés du facial. M. Longet admet que le petit pétreux superficiel est un prolongement du nerf de Wrisberg, qui, après avoir traversé le ganglion géniculé, est destiné à fournir le mouvement au muscle de l’étrier et au muscle interne du marteau ; seulement la partie qui se rend à ce dernier muscle irait traverser préalablement le ganglion otique. C’est à raison de cette destination physiologique spéciale, que M. Longet a donnéle nom de /noteur tympanique au nerf intermédiaire de Wrisberg.

Les anastomoses que le glosso-pharyngien fournit aux nerfs grand et petit pétreux superficiels sont considérées comme de nature sensitive. Ce sont ces filets qui ont été décrits sous les noms de pétreux profond interne pour celui qui s’unit au grand pétreux superficiel, et de pétreux profond externe pour celui qui s’anastomose avec le petit pétreux superficiel. C’est encore ce dernier filet, provenant du glosso-pharyngien, que certains auteurs ont décrit sous le nom de petit pétreux superficiel d' Arnold.

3° Nerf de la fenétre ovale. Valentin décrit sous ce nom un filet nerveux qui naît à 4 ou à millimètres au-dessus du nerf du muscle de l’étrier et au dessous du canal semi-circulaire externe. Il se détache du bord interne du nerf facial, se porte en haut et en dedans, se loge dans un petit canal osseux et parvient à la partie postérieure de la fenêtre ovale.

4 Nerf du muscle de l'étrier. D'une grande ténuité, ce filet

se détache de la portion verticale du facial, un peu au-dessous de la pyramide; il se dirige obliquement en dedans et va se distribuer dans le muscle de l’étrier.

5° Corde du tympan. Ce rameau est plus volumineux que ceux qui précèdent, et de tout temps il a été remarqué par les anatomistes à cause de son trajet récurrent qui le ramène en haut, dans la caisse du tympan qu’il traverse, en se plaçant au milieu de la chaîne des osselets de l’ouïe, pour en sortir et aller se terminer ensuite dans le nerf lingual, après avoir décrit ainsi une arcade à convexité supérieure. La corde du tympan prend origine au tronc du nerf facial, à 4 ou 5 millimètres au-dessus du trou stylo-mastoïdien. Aussitôt elle se dirige en haut et en avant, se loge dans un conduit osseux particulier et arrive dans l'oreille moyenne par un petit orifice situé sur la paroi postérieure de la caisse auditive, immédiatement en dedans de l’insertion de la membrane du tympan. A dater de ce point, le nerf devient libre et continue son trajet en avant et en haut, en venant se placer entre le manche du marteau et la grande branche de l’enclume: il s’infléchit ensuite en bas et en avant, et sort de l'oreille moyenne par un petit conduit osseux de 6 à 8 millimétres d’étendue, parallèle à la scissure de Glaser, bien décrit par M. Huguier. La corde du tympan se dégage ainsi du crâne à côté de l’épine du sphénoïde, et vient aussitôt se réunir, à angle aigu, avec le rameau du nerf lingual de la cinquième paire. Dans son trajet, depuis le facial jusqu’au nerf lingual, elle ne donne aucun filet et reçoit seulement une ou deux anastomoses très gréles du ganglion otique.

L'origine de la corde du tympan a été le sujet d’un grand nombre d’interprétations. MM. Hirzel, H. Cloquet, Ribes, la considèrent comme étant la suite de la branche superficielle du nerf vidien ou grand pétreux superficiel qui proviendrait du ganglion de Meckel, et irait ensuite se rendre dans le nerf lingual et faire communiquer ainsi la branche maxillaire supérieure avec la branche maxillaire inférieure du nerf trijumeau.

Nous avons vu que les anatomistes modernes n’admettent point cette opinion, et ils regardent la corde du tympan comme émanant du nerf facial. Seulement quelques-uns, tels que MM. Longet, CI. Bernard, Sappey, etc., la font provenir des filets du tronc du facial, tandis que d’autres, tels que M. Cusco, etc., veulent qu’elle soit la continuation exclusive du rameau intermédiaire de Wrisberg.

Une fois accollée au nerf lingual , le rameau tympanique l'accompagne jusqu’à son extrémité. Quelques auteurs avec Arnold admettent cependant qu’il n’y a là qu’un simple accollement, et qu’au niveau du ganglion sous-maxillaire, il se détacherait, pour se jeter dans ce ganglion dont il constituerait la racine motrice. Cette opinion n’est pas admissible, et l’on peut se convaincre, par la dissection convenablement faite, que la corde du tympan accompagne le nerf lingual jusque dans la langue.

G° Rameau anastomotique entre le facial et le preumo-gastrique. Dans le point où la branche auriculaire du pneumogastrique vient croiser le tronc du nerf facial, on remarque ordinairement deux rameaux qui s’en détachent pour se jeter dans ce dernier nerf. L'un de ces rameaux placé plus haut marche obliquement de bas en haut et d’arrière en avant, et semble passer du nerf pneumo-gastrique dans le facial, tandis que l’autre, un peu plus bas, se dirige de haut en bas et semble provenir du pneumo-gastrique pour se joindre au facial.

ve édite = 5: … is de di hf) QE RSSSRSSS LS UE tt ét sn à

NERF FACTAL.

On admettrait ainsi que par ces deux filets, l’un moteur et l’autre sensitif, il y aurait échange de propriétés entre les deux nerfs. Toutefois, Arnold et M. Cruveilhier n’admettent pas cette composition mixte. Le premier fait provenir le filet anastomotique exclusivement du facial; le second le décrit sous le nom de rameau de la fosse jugulaire, et le fait provenir exclusivement du nerf pneumo-gastrique.

Cette dernière opinion est la plus vraisemblable; toutefois M. Sappey fait remarquer que ce filet n’est point destiné à s’unir au tronc du facial, mais qu’il s’en sépare bientôt, et se porte ensuite en haut et en dehors, vers la membrane du tympan et la paroi supérieure du conduit auditif externe.

7° Rameau anastomotique entre le facial et le glosso-pharyngien. Ce filet qui manque quelquefois, suivant M. Sappey, naît de la portion verticale du nerf facial, sort par le trou stylo-mastoïdien, se porte transversalement de dehors en dedans, passe derrière l’apophyse styloïide ou contourne le ventre postérieur du digastrique, lui donne quelques filets ainsi qu’au muscle stylo-mastoïdien, et vient ensuite, par un trajet ascendant, s’anastomoser avec le glosso-pharyngien, immédiatement audessous du ganglion d’Andersh.

Rameaux du nerf facial à sa sortie du trou stylo-mastoidien.

Ce sont les rameaux auriculaire postérieur, digastrique, stylohyoïdien et ceux fournis aux muscles stylo-glosse et glossostaphylin.

1° Rameau lingual, M. L. Hirschfeld décrit sous ce nom un rameau qui nait du facial un peu avant sa sortie du trou stylomastoïdien. 1l longe le côté externe et antérieur du muscle stylopharyngien, le traverse par quelques-uns de ses filets qui vont s’anastomoser avec le glosso-pharyngien, se dirige vers la langue, entre le pilier antérieur et le pilier postérieur du voile du palais, sous l’amygdale et se distribue aux fibres musculaires subjacentes à la muqueuse papillaire de la langue.

2° Rameau auriculaire postérieur. Il provient du tronc du nerf facial à 1 ou 2 millimètres au-dessus du trou stylo-mastoïdien; il se dirige verticalement en bas, se réfléchit pour contourner l’apophyse mastoide, et se divise ensuite en deux filets dont l’un, supérieur et vertical, constitue le rarmneau auriculaire proprement dit, et l'autre, inférieur et horizontal, a été décrit sous le nom d’occipital profond par quelques auteurs,

Le filet supérieur ou ascendant traverse le muscle auriculaire postérieur en fournissant un filet à chacun de ses faisceaux; il suit le pavillon de l’oreille et vient ensuite se terminer dans le muscle auriculaire supérieur.

Le filet inférieur ou horizontal est exclusivement destiné au muscle occipital, dans lequel il se ramifie en suivant la direction de la ligne courbe occipitale supérieure.

À sa sortie du trou stylo-mastoïdien , ce nerf contracte des anastomoses constantes avec la branche auriculaire du plexus cervical superficiel.

3° Rameau digastrique , encore appelé rameau mastoidien

postérieur. Il naît du facial à la même hauteur que le précé-

dent ; il donne, suivant Valentin, des branches à l'artère carotide ? 2 d

et à la veine jugulaire interne, s’anastomose avec les nerfs grand sympathique et pneumo-gastrique ainsi qu'avec des branches voisines du facial et du trijumeau, et se jette dans le muscle digastrique et plus spécialement dans son ventre postérieur. Il contracte ordinairement avec le glosso-pharyngien une anastomose en anse de la convexité de laquelle partent plusieurs filets destinés aux muscles digastrique, stylo-hyoïdien et quelquefois aussi stylo-pharyngien.

4° Rameau stylo-hyoidien ou stylien. Émané du tronc du nerf facial au niveau du trou stylo-mastoïdien, il se dirige obliquement en bas, en dedans et en avant, suit le bord supérieur du muscle stylo-hyoïdien dans lequel il se distribue exclusivement. Ce rameau nerveux provient quelquefois d’une bifurcation du rameau digastrique.

5° Rameau des muscles stylo-glosse et ‘stylo-hyoïdien. Ce rameau, d’une très grande ténuité et d’une longueur considérable, provient quelquefois du facial au-dessus du trou stylo-mastoidien, et dans ce cas il n’est pas rare de le voir sorür par un petit canal osseux particulier. Ce filet, déjà signalé par M. Bérard, est, d’après M. Sappey, le même qui a été décrit par M. L. Hirschfeld sous le nom de rameau lingual. (Vor. ce rameau.)

6° Nerfs parotidiens postérieurs. Valentin appelle ainsi des rameaux, les uns gros, les autres plus petits qui proviennent du tronc du nerf facial avant que celui-ci se soit divisé en ses trois branches terminales principales. Ils pénètrent dans la substance glandulaire de la parotide en s’entre-croisant et s’anastomosant entre eux, ainsi qu'avec des ramifications des nerfs auriculaires antérieur et postérieur. Ils s’épuisent dans la substance de la glande par des filaments très nombreux qui forment un véritable plexus parotidien.

Branches terminales du nerf facial.

Parvenu au bord postérieur de la branche montante de la mâchoire, le nerf facial forme une espèce de patte d’oie d’où partent, en s’irradiant vers la face, un très grand nombre de rameaux qui viennent couvrir la joue de leurs ramifications, en s’anastomosant entre eux ainsi qu'avec les diverses branches de la cinquième paire. On a groupé ces rameaux en deux branches qui sont: 1° la branche temporo-faciale ; 2° la branche cervico-faciale.

a. Branche terminale supérieure ou temporo - faciale. Elle fournit un grand nombre de rameaux qu’on décrit successivement sous les noms de rameaux temporaux , frontaux, palpébraux, nasaux et buccaux.

Rameaux temporaux. Dirigés verticalement en haut, ils occupent la région temporale, coupent à angle droit l’arcade zygomatique et se terminent dans les muscles auriculaire antérieur et auriculaire supérieur. Ils s’anastomosent avec des filets de la branche temporale superficielle du maxillaire inférieur, qui vont à la peau de la tempe ainsi qu'au cuir chevelu.

Les rameaux frontaux, plus nombreux et plus volumineux que les précédents, sont obliquement dirigés en haut et en

avant vers le bord externe du muscle frontal : ils se ramifient finalement dans ce muscle en y pénétrant par sa partie profonde. Quelques-uns de ces filets s’anastomosent vers l’apophyse orbitaire externe avec le nerf temporal profond antérieur et le nerf frontal ‘externe de la cinquième paire. Ce sont ces derniers rameaux qui se distribuent plus spécialement aux muscles sourciliers et à une portion de l’orbiculaire des pau-

pières.

Les rameaux orbitaires ow palpébraux pénètrent au-dessous du muscle orbiculaire des paupières, soit vers sa partie externe, ce sont les palpébraux supérieurs; soit par sa partie inférieure, ce sont les palpébraux inférieurs. Dans tous les cas, ces filets nerveux s’épuisent dans le tissu musculaire en formant entre eux un grand nombre d’arcades anastomotiques.

En descendant vers la partie inférieure de la face, on voit deux rameaux volumineux se dirigeant horizontalement en avant, parallèlement et au-dessus du canal de Sténon : ce sont les rameaux nasaux ou sous-orbitaires qui, parvenus sur le bord antérieur du masséter, se divisent en plusieurs filets, passant, pour le plus grand nombre, sous les muscles grand et petitzygomatiques, puis SOUS les muscles élévateur propre de la lèvre supérieure et élévateur commun, dans lesquels ils se terminent. Dans leur trajet ces filets s’anastomosent fréquemment entre eux et, à leur terminaison, ils viennent se confondre avec le nerf sous-orbitaire de la cinquième paire pour constituer le plexus de ce nom. Ainsi que nous l'avons vu, ils donnent le mouvement aux muscles zygomatiques, à l’élévateur propre de la lèvre supérieure, à l’élévateur commun de la lèvre et de l'aile du nez, au transversal, au myrtiforme, au canin, jau pyramidal et à la partie correspondante de l’orbiculaire de la levre.

Viennent ensuite les rameaux buccaux qui offrent encore une direction à peu près horizontale, et se divisent en filets musculaires destinés au muscle buccinateur, à une partie de l’orbiculaire labial et au muscle triangulaire de la lèvre; et en filets qui, après s'être anastomosés avec des divisions de la branche buccale du maxillaire inférieur de la cinquième paire, vont se distribuer dans la peau en suivant le trajet des artères et veines

faciales.

b. Branche terminale inférieure ou cervico:faciale. Elle fournit des rameaux buccaux, mentonniers et cervicaux.

Les rameaux buccaux se portent horizontalement en avant, entre le masséter et la glande parotide, et vont se distribuer aux muscles buccinateur et orbiculaire des lèvres. Ils s’anastomosent plusieurs fois entre eux ainsi qu'avec le nerf buccal du nerf maxillaire inférieur de la cinquième paire. Ils donnent encore quelques filets à la peau et à la glande parotide.

Les rameaux mentonniers sont au nombre de deux principaux. Ils se dirigent le long du bord inférieur de la mâchoire, s'engagent sous le muscle triangulaire des lèvres et se terminent dans les muscles triangulaire, carré, orbiculaire labial et dans le muscle de la houppe du menton. Ils s’anastomosent avec les rameaux mentonniers du dentaire inférieur de la cinquième paire pour constituer le plexus mentonnier.

Les rameaux cervicaux descendent dans la région sus-hyoïdienne qu’ils parcourent en se plaçant au-dessous du muscle

NERFS CRANIENS.

peaucier et en formant entre eux de nombreuses arcades anastomotiques. Ces filets s'épuisent dans le muscle peaucier et fournissent quelques ramifications à la peau après s'être anastamosés avec diverses ramifications de la branche transverse du plexus cervical superficiel.

Résumé de la distribution du nerf facial.

Le nerf facial essentiellement moteur prend origine sur le faisceau latéral de la moelle épinière et s’engage dans le trou auditif interne accompagné par le nerf intermédiaire de Wrisberg et le nerf acoustique. Le dernier de ces nerfs s’arrête dans le rocher, tandis que les deux autres poursuivent plus loin leur distribution, et enfin le nerf facial sort du crâne par le trou stylomastoidien pour venir donner le mouvement à tous les muscles peauciers de la tête et de la face. Dans son trajet spiroïde dans le canal de Fallope, il fournit plusieurs filets qui sont : les nerfs pétreux, les filets de la fenêtre ronde, du muscle de l’étrier, la corde du tympan. Il communique avec les branches maxillaires supérieure et inférieure du trijumeau, avec le pneumo-gastrique et le glosso-pharyngien.

A sa sortie par le trou stylo-mastoïdien, il donne un certain nombre de rameaux qui sont : l’auriculaire postérieur, les filets stylo-hyoïdiens , sous-mastoidiens et parotidiens. Il communique en ce point avec les nerfs glosso-pharyngiens et avec le plexus cervical.

Le facial s’épanouit sur la face par ses deux branches terminales, la cervico-faciale et la temporo-faciale. La première fournit des rameaux cervicaux mentonniers et buccaux ; la deuxième donne des rameaux temporaux, fronto-orbitaires, sous-orbitaires ou naseaux et buccaux.

Au moyen de ses diverses branches terminales, il s’anastomose très largement au niveau des plexus sus-orbitaire, sousorbitaire et mentonnier, de plus avec le nerf temporal profond antérieur.

Le facial ne donne aucun filet à la peau de la face par Juiméme : ceux qui paraissent S'ÿ distribuer proviennent de filets de la cinquième paire qui se sont adjoints à lui.

Anatomie comparée du nerf facial.

Le nerf facial, destiné à l'expression de la face, existe d’autant plus développé que cette partie du corps est plus considérable et douée de mouvemens plus variés.

Poissons. Le nerf facial distinct existe chez les cyclostomes d’après Müller, mais il est confondu en partie avec des filets appartenant au nerf acoustique. Il se distribue aux muscles cutanés de la face et de la tête. Chez les pétromyzons, il concourt avec le pneumo-gastrique à la formation du tronc latéral.

Reptiles. Chez ces animaux le nerf facial très grêle s’unit encore avec le nerf acoustique, et prend son origine sur les côtés du quatrième ventricule. Chez quelques ophidiens, d’après Vogt, il concourt encore à la formation du ganglion de Gasser et sort du crâne par la même ouverture que Île nerf maxillaire inférieur. Il donne des rameaux musculaires et s’anastomose avec le sympathique et les nerfs pneumo-gastrique, hypo-glosse et glosso-pharyngien. Chez les chéloniens et sauriens, il se confond en partie avec la portion céphalique du grand sympathique,

Page 1