‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 71 sur 407 · PAIRES RACHIDIENNES · texte numérisé non relu

PAIRES RACHIDIENNES

sont dans ce cas, ainsi que les autres nerfs de sensibilité générale.

3° Si le bout périphérique est seul resté sensible, il s’agit d’un nerf de mouvement pur. Toutes les racines antérieures rachidiennes présentent ce phénomène, pourvu que lesanimaux soient dans de bonnes conditions, et qu’on laisse intactes les racines postérieures correspondantes.

4° Lorsqu'on voit la sensibilité exister à la fois dans les deux bouts du nerf divisé, on peut être certain que l’on a un nerf mixte. C’est en effet ce que l’on observe sur les deux bouts divisés du nerf facial, à sa sortie du trou stylo-mastoïdien, sur la branche externe de l’accessoire de Willis, etc. Relativement aux caractères de mouvement, voici ce que l’on remarque:

1° Si l'excitation des deux bouts du nerf divisé ne détermine aucun mouvement dans les muscles de la vie animale, on obtient un caractère propre aux nerfs de sensibilité spéciale. En effet, si le pincement du bout central du nerf optique donne lieu à des mouvemens de la pupille, il n’en détermine jamais dans les muscles des paupières ou du globe de l’œil.

2° Lorsque le bout périphérique seul détermine des mouvemens musculaires limités, il s'agira d’un nerf moteur proprement dit, ce caractère s'observe dans les racines antérieures des nerfs rachidiens, etc.

3° Lorsque l'excitation du bout central seul déterminera des mouvemens non limités, plus ou moins étendus, suivant l’énergie de l'animal sur lequel on expérimente, il s’agira d’un nerf de sensibilité générale; c’est le cas des racines postérieures rachidiennes, à la condition que la moelle épinière soit restée intacte.

4° Si on obtient des mouvemens par excitation des deux bouts du nerf seulement, limités pour le bout périphérique, et non limités pour le bout central, on aura les caractères d’un nerf mixte, c’est-à-dire constitué par la réunion d’une racine de mouvement et d’une racine de sentiment.

Distribution des nerfs rachidiens.

Une fois formé par la réunion des deux racines antérieure et postérieure, chacun des nerfs rachidiens sort par un trou de conjugaison, et se divise immédiatement en un certain nombre de branches destinées au mouvement et au sentiment. On divise ces branches: en branches postérieures, branches antérieures et branches internes. Les branches postérieures, qui sont généralement plus petites que les antérieures, sont destinées aux parties postérieures du tronc ; les antérieures aux membres et aux parties antérieures du tronc, enfin, les internes sont destinées spécialement à établir des communications avec le système grand sympathique.

Au lieu de décrire ces différens ordres de branches d’une manière simultanée, on est dans l’habitude de décrire isolément les branches antérieures, et par groupes, suivant les régions. C’est ainsi que l’on décrit ensemble, la distribution des branches antérieures dans la région cervicale, sous le nom de plexus cervical, et celles de la région lombaire et sacrée, sous le nom de plexus lombo-sacré, etc. Les branches internes seront décrites à propos du grand sympathique. Il nous reste seulement quelques mots à dire sur les branches postérieures des nerfs rachidiens, dont la distribution offre, du reste, une très grande uniformité.

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Au cou, les branches postérieures des nerfs spinaux se détachent de leur tronc, aussitôt après leur sortie du trou de conjugaison. Toutes ces branches, à l'exception de la première et de la seconde, sont plus petites que les antérieures ; toutes ont la même direction horizontale d’avant en arrière, et se terminent en deux ordres de rameaux, dont les uns destinés à la peau, se dirigent plus en dedans et les autres destinés aux muscles, se dirigent plus direcetment en arriére.

La branche postérieure du premier nerf cervical sort du canal vertébral, entre l’occipital et l’atlas, en dedans et au-dessous de l'artère vertébrale; puis, arrivée dans l’espace triangulaire compris entre les muscles droit et oblique postérieurs de la tête, elle se divise en rameaux internes, destinés aux muscles grand et petit droit postérieur; en rameaux externes, au nombre de deux ou trois pour le muscle du petit oblique; en rameaux inférieurs dont l’un va dans le grand oblique. Enfin, il fournit encore des rameaux anastomotiques avec la branche postérieure du deuxième nerf cervical.

Comme on le voit, cette branche postérieure du premier nerf cervical, encore appelé rerfsous-occipital, se distingue des autres en ce qu'elle ne fournit pas de filets cutanés. Cette particularité explique la petitesse relative de sa racine postérieure chez l'homme, et explique même son absence complète, comme cela a été observé sur le singe. Or, comme dans ce dernier cas, M. Bernard a constaté l’absence d’anastomoses entre le pneumogastrique et le premier nerf rachidien cervical, on doit conclure que son anastomose se fait aux dépens de la racine postérieure, Enfin, cela porterait également à penser que les muscles ne reçoivent pas de filets de la racine postérieure.

La branche postérieure du deuxième nerf cervical qui a été appelé encore grand nerf occipital d’ Arnold où branche occipitale interne de M. Cruveilhier, se fait remarquer par un volume considérable, et par l’étendue de sa distribution qui a lieu spécialement à la peau.

Ce nerf, qui sort du canal vertébral, entre l’atlas et l’axis, monte vers l’occipital, en se plaçant d’abord au-dessous de l’oblique inférieur, puis entre ce muscle et le grand complexus ; il se porte ensuite obliquement en haut et en dedans, et se réfléchit en dehors, au moment où il devient sous-cutané. Dans son trajet, cette branche occipitale fournit deux filets anastomotiques qui s'unissent en arcades, à des filets correspondants des première et troisième paires cervicales. Ces arcades ont été désignées par M. Cruveilhier sous le nom de plexus cervical postérieur, et on en voit sortir deux filets destinés aux muscles oblique inférieur, grand complexus et transversal épineux. Le nerf occipital donne encore d’autres rameaux musculaires pour les muscles précités, et de plus pour les muscles splénius et trapèze. Les rameaux cutanés se divisent en internes, en externes et en supérieurs. Tous ces filets se ramifient dans le cuir chevelu et peuvent être suivis jusque dans les bulbes des cheveux; quelques-uns, et particulièrement les externes, s’anastomosent avec la branche mastoïdienne du plexus cervical.

Les branches postérieures des six derniers nerfs cervicaux et celle du premier nerf dorsal vont en diminuant de volume successivement de haut en bas. Elles contournent le bord externe du muscle transversaire épineux, marchent entre ce muscle et le grand complexus, et, arrivées vers les apophyses épi-

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neuses, elles se réfléchissent de dedans en dehors. Elles donnent, dans leur trajet, des filets musculaires et se terminent en fournissant des ramifications à la peau. Il faut encore noter que la branche du troisième nerf cervical donne une anastomose avec le grand nerf occipital, et fournit elle-même un filet cutané à la région de l’occiput.

Les branches postérieures des 2°, 3°, 4°, 5°, 6°, 7° et 8° nerfs dorsaux sont destinées à la paroi postérieure du thorax, elles ont toutes un volume à peu près égal, et elles se divisent toutes en deux rameaux, l’un externe musculaire, l’autre interne cutané. Le premier se distribue aux muscles sacro-lombaire et long dorsal. Le second se ramifie dans la peau qui recouvre l'épaule et la partie postérieure de la poitrine.

Les branches postéricures des quatre derniers nerfs dorsaux, des cing derniers nerfs lombaires et des six nerfs sacrés sont destinées aux parois postérieures de l'abdomen et du bassin. Elles donnent des filets internes pour la peau située dans le voisinage desapophyses épineuses, des filets externes pour le tégument des parties latérales de l'abdomen, des rameaux descendants plus volumineux que les précédents, qui se dirigent vers la crète iliaque, pour aller se distribuer dans la peau de la région fessière.

Sous le rapport du volume, les branches des quatre derniers nerfs dorsaux et celles des deux ou trois premiers nerfs lombaires sont sensiblement égales, tandis que celles des deux derniers nerfs lombaires sont beaucoup plus petites et sont même souvent exclusivement destinées à la masse commune des muscles sacrolombaire et long dorsal. La grosseur des nerfs sacrés augmente depuis la première jusqu’à la quatrième, quelquefois même jusqu’à la cinquième. Toutes ces branches s’anastomosent ordinairement en arcades, avant de se distribuer dans les faisceaux musculaires correspondants, et enfin, pour se rendre à la peau, elles sont obligées de perforer l’aponévrose du grand dorsal.

PLEXUS CERVICAÏT..

Les branches antérieures des nerfs cervicaux qui concourent à la formation du plexus cervical sont au nombre de quatre, savoir: la premiére, la deuxième, la troisième et la quatrième. Chacune de ces branches s’accroît en volume, de la première à la quatrième; elles sont logées dans la gouttière que présente la face supérienre des apophyses transverses des vertébres cervicales, entre les muscles inter-transversaires qui s’attachent aux deux bords de cette gouttière.

Elles sont en ranport avec l’artère vertébrale en avant, excepté pour la première paire cervicale, qui passe au-dessous de la courbure horizontale de l'artère vertébrale. Une fois parvenues sur les côtés de la colonne vertébrale, ces branches s’envoient réciproquement des rameaux anastomotiques en anse, d’où naïissent d’autres rameaux, et par suite, la formation du plexus cervical.

Le plexus cervical se trouve placé au-dessous des apophyses transverses des quatre premières vertèbres cervicales. Il est en rapport, en dedans, avec la veine jugulaire interne et la portion cervicale du grand sympathique, et il est situé au-dessous du bord postérieur du sterno-mastoidien; enfin une lame aponévrotique le recouvre et le maintient appliqué sur les muscles splénius et scalène postérieur.

On distingue les différentes branches que fournit le plexus cervical, en branches superficielles ou cutanées et en branches profondes ou musculaires. Les branches superficielles émergent vers la partie postérieure et moyenne du muscle sterno-mastoïdien ; elles sont au nombre de cinq, savoir: une antérieure, la branche cervicale superficielle ou transverse ; deux ascendantes, la branche auriculaire et mastoïdienne ; deux descendantes, la branche sus-claviculaire et la branche sus-acromiale. Les branches profondes sont au nombre de dix, savoir: deux descendantes, la branche descendante interne et le nerf diaphragmatique ; deux ascendantes qui sont destinées, l’une au muscle petit droit latéral, et l’autre au muscle petit droit antérieur; deux internes destinées, l’une au muscle grand droit antérieur, et l’autre au muscle long du cou; enfin, quatre externes, qui se distribuent, la première dans le muscle sterno-mastoïdien; la seconde dans le muscle trapèze; la troisième dans le muscle angulaire, et la quatrième dans le muscle rhomboïde.

Branches superficielles du plexus cervical.

1° Branche cervicale superficielle ou transverse. Cette branche se distribue spécialement à la peau de la partie antérieure du cou et de la face; elle provient d’anastomoses qui existent entre le second et le troisième nerf cervical. Après sa naïssance, elle se dirige vers le bord postérieur du muscle sterno-cleido-mastoidien, en décrivant une anse, dont la concavité regarde en avant. Elle se place ensuite au-dessous du peaucier, contourne en arrière la veine jugulaire externe, et lui fournit habituellement, deux filets qui accompagnent ce vaisseau jusque dans la face. Alors, la branche cervicale superficielle se divise en un certain nombre de rameaux, dont les uns ont une direction ascendante, et les autres une direction descendante.

Les rameaux descendants se distribuent dans la peau qui recouvre la partie antérieure et moyenne du cou, et on peut les suivre jusque près du sternum.

Les rameaux ascendants se distribuent dans la peau qui recouvre la région sus-hyoïdienne et les deux tiers inférieurs de la face.

En traversant le muscle peaucier, les rameaux de la branche cervicale superficielle lui abandonnent un certain nombre de filets, tandis qu’ils se distribuent ensuite exclusivement à la peau. Ce sont les rameaux ascendants qui contractent des anastomoses avec les branches inférieures du nerf facial.

> Branche auriculaire. Elle a une origine commune avec la branche qui précède. Comme elle, elle se dégage du bord postérieur du muscle sterno-cléido-mastoïdien, et se porte verticalement en haut, en longeant le bord postérieur du peaucier, eten croisant la direction du muscle sterno-cléido-mastoïdien. Elle est destinée à l’oreille et à la parotide.

Les filets parotidiens, qui sont au nombre de quatre ou cinq, traversent le tissu de la glande, pour aller ensuite se terminer dans la peau, après avoir, toutefois, abandonné quelques filets dans le tissu glandulaire. C’est un de ces rameaux qui s’anastomose habituellement avec le tronc du facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien.

Les rameaux destinés à l’oreille sont au nombre de deux, le rameau auriculaire interne et le rameau auriculaire externe. Le premier fournit à la partie inférieure du pavillon de loreille, puis après avoir traversé le tissu qui unit le cartilage de la con-

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