PLEXUS CERVICAL
que au cartilage de l’hélix, se divise en deux filets; l’un, le f£let de la conque, va dansla peau qui recouvre cette partie de l’oreille externe, l’autre, le filet de l'hélix et de l'anthélix, rampe dans la rainure qui se trouve entre ces deux éminences, en distribuant ses rameaux dans la peau. Le second rameau auriculaire interne est d’abord placé dans l'épaisseur de la glande parotide, il va se distribuer à la partie postérieure de la face interne du pavillon de l'oreille. Au niveau du muscle auriculaire postérieur il donne un filet occipital qui se dirige en haut et en dehors, il vient s’anastomoser avec la branche mastoïdienne, et se terminer ensuite dans le cuir chevelu qui recouvre le muscle occipital.
3° Branche mastoidienne, encore nommée branche occipitoauriculaire, par Chaussier, et branche occipitale externe, par M. Cruveilhier, provient plus spécialement du deuxième nerf cervical. Après s'être dégagée du bord postérieur du muscle mastoïdien, elle monte vers la face postérieure de l'occipital où elle se divise en deux rameaux, un externe et l’autre interne. Le rameau externe fournit à la peau de la région mastoïdienne et de la région temporale, et de plus, il donne à celle de la partie interne du pavillon de l'oreille un petit rameau qui s’anastomose, dans ce point, avec des divisions de la branche auriculaire. Le rameau interne se distribue dans le cuir chevelu et s'anastomose avec des filets externes du grand nerf occipital. Outre la branche auriculaire et la branche mastoïdienne , on en signale encore une autre plus petite, qui donne ses filets à la peau qui recouvre l’apophyse mastoide. Cette dernière branche a reçu le nom de petite mastoidienne.
4° Branche sus-claviculaire. Émanée de la quatrième paire cervicale, elle sort également derrière le bord postérieur du sternomastoïdien, pour descendre ensuite perpendiculairement sur la clavicule et sur la partie antérieure du thorax. Dans ce trajet elle se divise en un très grand nombre de rameaux destinés à la peau, et qu’on distingue en rameaux sus-sternaux et sus-claviculaires.
Les premiers se ramifient dans la peau qui recouvre le creux sus-sternal, ainsi qu’à celle de la moitié supérieure du sternum.
Les seconds se placent sur la partie moyenne de la clavicule, traversent le peaucier, et descendent au devant du grand pectoral jusqu'au niveau de la quatrième côte, en donnant des rameaux à la peau qui revêt le creux sus-claviculaire et le tiers supérieur de la paroi antérieure du thorax.
5° Branche sus-acromiale. Comme la précédente, elle naît du quatrième nerf cervical, se dirige en bas et se partage en deux ordres de rameaux dont les uns, antérieurs, passent sur le tiers externe de la clavicule, pour aller se ramifier dans la peau qui recouvre la partie antérieure du moignon de l'épaule, jusque vers l'insertion du tendon du grand pectoral. Les rameaux externes se ramifient dans la peau des parties supérieure et externe de l'épaule.
Branches profondes ou musculaires du plexus cervical.
1° Branche descendante interne. Cette branche naît par deux rameaux qui proviennent, l’un du second nerfcervical et l’autre du troisième. Quelquefois il existe un troisième rameau originaire émané de l’arcade des deux premiers nerfs cervicaux, enfin même, suivant M. Sappey, il en existerait encore une
quatrième origine qui se détache de la quatrième paire cervicale. Tous ces filets se réunissent pour donner naissance à la branche descendante interne qui s’anastomose, ainsi qu’il a été décrit ailleurs, avec le rameau descendant du grand hypoglosse, et se distribue avec lui aux muscles sterno-hyoïdien, sterno-thyroïdien et scapulo-hyoïdien (voy. le grand hyÿpoglosse).
2° Nerf phrénique où diaphragmatique. Ce nerf nait principalement du quatrième nerf cervical, par plusieurs filets qui se réunissent en un seul rameau, il reçoit bientôt d’autres origines qui viennent de la cinquième branche cervicale, et même de la troisième.
Après son origine, il se dirige en bas, et se place en arrière et en dehors des vaisseaux du cou dont il est séparé par des fibres musculaires et par des couches de tissu cellulaire. Il passe bientôt au devant du muscle scalène antérieur auquel il donne quelques filets grêles.
Dans cette région, il s'anastomose avec le grand sympathique, et quelquefois avec le pneumo-gastrique. Au moment où il parvient dans la cavité thoracique, il se place en dehors de la veine jugulaire, derrière la veine sous-clavière et au ‘levant de l’artère du même nom, et s’anastomose avec le plexus de l’artère sous-clavière, de la mammaire interne, ainsi qu'avec le plexus cardiaque postérieur. D’après Valentin, il s’anastomose encore avec la branche descendante du nerf hypoglosse et fournit aussi aux débris du thymus et aux glandes lymphatiques des parties supérieures du médiastin antérieur.
Une fois parvenu dans le thorax, le nerf diaphragmatique descend le long de la partie antérieure et interne du poumon correspondant, se place entre lui et le péricarde et donne quelques filets gréles au plexus cardiaque supérieur.
Le nerf diaphragmatique droit est situé dans la poitrine, un peu plus en arrière que celui du côté gauche ; il se place d’abord entre la veine cave supérieure et le poumon, puis, descendant plus profondément, il passe au devant des vaisseaux pulmonaires, entre l’oreillette droite et la portion du péricarde, située en dehors. Dans ce trajet, il reçoit encore du plexus pulmonaire antérieur une branche mince qui descend, d’arrière en avant, sur le péricarde. Enfin, arrivé au diaphragme, il se partage en deux branches, qui se divisent chacune en cinq ou six rameaux pour se porter, en rayonnant, dans la portion costale du muscle diaphragme. La branche antérieure s'épanouit dans la portion antérieure et interne du diaphragme. Ses rameaux s’anastomosent fréquemment avec des ramuscules perforants des plexus cardiaques supérieur et inférieur. La branche postérieure se porte en arrière et en bas, et se divise en trois rameaux prinCipaux qui s’anastomosent, soit entre eux, soit avec des ramuscules des plexus de la veine cave, ainsi qu'avec d’autres rameaux ascendants du plexus solaire. De ces anastomoses, résulte un plexus appelé plexus diaphragmatique supéricur. Mais à la face inférieure du diaphragme, il existe encore un autre plexus, dans lequel paraissent exister des ganglions, et auxquels on a donné le nom de ganglions diaphragmatico-hépatiques (Valentin).
Le diaphragmatique gauche est un peu plus superficiellement placé que celui du côté droit, et présente des rapports un peu différents. Il se place au devant des vaisseaux pulmonaires, entre le poumon et le péricarde. Au niveau de l'oreillette gauche, il recoit un petit filet venant des vaisseaux pulmonaires, et fournit des ramuscules qui descendent dans le péricarde. Parvenu vers le diaphragme il fournit ses rameaux terminaux, qui se dis-
251 NERES RACHIDIENS.
tribuent à la moitié gauche du diaphragme, en se comportant à peu près comme ceux du côté droit. La distribution des nerfs diaphragmatiques est excessivement remarquable, à cause surtout de ses fonctions, qui sont relatives aux phénomènes mécaniques de la respiration. Les anastomoses de ces nerfs sont également très nombreuses, soit avec des nerfs du système cérébrospinal, soit avec des nerfs du grand sympathique. La question de savoir si les nerfs diaphragmatiques donnent des rameaux au foie, n’est pas également résolue par les anatomistes, le plus grand nombre nie cette distribution, toutefois, M. Sappey dit avoir observé qu’un certain nombre des filets appliqués sur la veine cave lui ont paru pénétrer dans le tissu du foie et se perdre dans la périphérie de ses lobules.
3° Nerfs musculaires profonds du plexus cervical.
Le nerf du muscle petit droit latéral provenant de la branche antérieure de la première paire cervicale pénètre dans le muscle petit droit latéral, par sa face profonde.
4° Le rameau du muscle petit droit antérieur provient de la même origine que le précédent.
5° Le nerf du grand droit antérieur naît souvent par plusieurs filets qui se rendent dans ce muscle à diverses hauteurs.
6° Les nerfs du muscle long du cou émanent également de plusieurs origines, soit de la troisième, soit de la quatrième paire
cervicale.
7° La branche du sterno-mastoidien provient à la fois des deuxièmes et troisièmes paires cervicales, et elle se rend dans le muscle sterno-mastoïdien, qui reçoit en outre des filets du spinal ou accessoire de Willis. Ces nerfs s’anastomosent entre eux en constituant un véritable plexus.
8° La branche du trapèze provient le plus habituellement du troisième nerf cervical, et elle se ramifie dans l’épaisseur du muscle trapèze, en pénétrant par sa partie profonde; elle s’anastomose avec l’accessoire de Willis, soit dans son trajet, soit dans sa terminaison musculaire.
9° La branche du muscle angulaire provient des troisième et quatrième nerfs cervicaux ; elle se rend dans la partie supérieure du muscle angulaire.
10° La branche du muscle rhomboiïde offre la même origine et le même trajet que la précédente, pénètre par le bord supérieur du muscle rhomboïde.
PLEXUS BRACHIAT.
Le plexus brachial résulte de la réunion et de l'entrelacement des branches antérieures des quatre dernières paires cervicales, et de la première paire dorsale ; toutes ces branches sortent entre les muscles scalènes et affectent, pour le constituer, un arrangement particulier que nous allons indiquer.
Les cinquième et sixième branches cervicales marchent obliquement, en bas et en dehors, à la rencontre l’une de l’autre, et se réunissent après un trajet de deux centimètres environ, pour
former un tronc unique qui ne tarde pas à se bifurquer de nouveau. Plus bas, la huitième paire cervicale et la première dorsale se réunissent aussi peu après leur sortie des scalènes, et le co rdon qui en résulte se bifurque au niveau de la première côte. La septième paire marche assez longtemps après sa sortie des scalènes, entre les deux cordons précédents, mais enfin, elle se
divise en deux troncs principaux, au niveau de la clavicule. De ces deux troncs, le supérieur s’anastomose avec la branche inférieure du cordon supérieur, et l'inférieur s’unit à la branche supérieure du cordon inférieur.
Ainsi, le plexus brachial est formé, à son origine, de trois cordons distincts, mais bientôt, par la bifurcation et la réunion de leurs branches, ils forment un gros faisceau aplati, dans lequel il est, si non impossible, du moins très difficile de déméler l’entrelacement des filets nerveux.
Ce plexus s'étend depuis les parties latérales du cou jusqu’au milieu du creux de l’aisselle. Large à son extrémité interne ou bien à son origine, et beaucoup plus étroit à son extrémité externe, et surtout dans son passage sous la clavicule, on peut, en général, lui assigner la forme d’un triangle dont la base est en haut et en dedans, le sommet en bas. Après avoir dépassé la clavicule,le plexus brachial s’élargit de nouveau.
Ses rapports, durant son trajet, sont les suivans: 1° à son origine, il est, comme nous l’avons dit, placé entre les muscles scalènes qui le recouvrent, dans une étendue beaucoup plus grande en bas qu’en haut ce qui tient à ce qu’ils sont plus éloignés de la colonne vertébrale, inférieurement que supérieurement. Tout à fait en bas, sur la première côte, le scalène antérieur est séparé de sa face antérieure par lartère sous-clavière; en dehors, une aponévrose assez forte, passant en même temps sur les scalènes et sur le plexus brachial, les isole complétement des parties environnantes. 2° Plus bas, il est plongé dans le tissu adipeux sous-claviculaire, passe entre la clavicule et la première côte, se trouve en rapport, en avant, avec le muscle sous-clavier, en arrière, avec la première côte, en dedans et en avant, avec l'artère sous-clavière, et en dehors et en arrière, avec la partie supérieure du muscle grand dentelé. 3° Dans le haut du creux de l’aisselle, il repose en arrière et en dehors sur l'articulation scapulo-humérale, dont il est seulement séparé par le tendon du muscle sous-scapulaire. Il est aussi en rapport avec le muscle grand dentelé. En avant, entre la clavicule et le bord supérieur du petit pectoral, il est recouvert par du tissu cellulaire, par l’aponévrose que M. Blandin appelle fascia clavicularis , et en dedans, jusqu’au niveau du bord supérieur du petit pectoral, il est en rapport avec l'artère axillaire. La veine satellite de l'artère n’a que des rapports médiats avec le plexus. Les rapports de ces trois parties sont très importants à connaître pour faire la ligature de l'artère, car il est souvent arrivé qu’on a compris dans le même fil, un ou plusieurs nerfs du plexus . avec l'artère, et même des nerfs sans l’artère. La veine est toujours en dedans, au-dessus de la clavicule. Elle est séparée de l'artère par le pédicule du scalène antérieur, l'artère est au milieu, et les plexus, en dehors et en arrière.
Les branches qui émanent du plexus brachial, sont de deux espèces, les unes sont appelées collatérales, et les autres terminales.
a. Branches collatérales.
Les branches collatérales ont été distinguées par les auteurs,
PLEXUS BRACHIAL. 2b 5
en sus et sous-scapulaires et en thoraciques. M. Cruveilhier les distingue plus méthodiquement en branches qui naissent au-dessus de la clavicule, en branches qui naissent au niveau de cet os, et en branches qui naissent dans le creux de l’aisselle.
Les branches collatérales qui naissent au-dessus de la clavicule sont: les branches des muscles sous-clavier, angulaire, rhomboiïde et une branche pour le nerf phrénique, branche thoracique postérieure ou du grand dentelé. Branche sus-scapulaire ou des muscles sus et sous-épineux, et branche sous-scapulaire supérieure. Celles qui naissent au niveau de la clavicule sont les thoraciques, et celles qui naissent au-dessous, sont les sousscapulaires. M. Cruveilhier range parmi elles le nerf axillaire ou circonflexe; pour nous, nous continuerons à le considérer comme une branche terminale.
1° Branches collatérales qui naissent au-dessus de la clavicule.
a. Branche du sous clavier. C'est une des plus petites que fournit le plexus; cependant elle existe constamment, elle nait de la cinquième paire, à peu près au niveau du point où elle s’unit avec la sixième, se porte en bas et au devant de l'artère sous-clavière, entre dans le musclesous-clavier, à peu près vers sa partie moyenne, et se divise en deux ou trois filets qui se ramifient dans son épaisseur. Ce nerf est très visible dans les planches 45 et 56.
M. Cruveilhier dit que cette petite branche fournit constamment, avant d'arriver au muscle sous-clavier, ur rameau phrénique qui se porte obliquement en dedans, au devant de la veine sous-clavière, et va s’anastomoser avec le nerf phrénique.
b. Branches des müscles angulaire etrhomboiïde. Ces branches naissent le plus souvent de la cinquième paire, quelquefois cependant, elles naissent de la quatrième et viennent alors du plexus cervical; nous en avons déjà parlé plus haut, par conséquent il est inutile d'y revenir.
c. Filet du phrénique. C'est, ainsi que nous l’avons vu plus haut, un petit filet qui naît de la cinquième paire, immédiatement en dehors des muscles scalènes, et qui se réunit au nerf phrénique, après un trajet trés court.
d. Branche thoracique postérieure, ou nerf du grand dentelé ou respiratoire externe de Ch. Bell. Ce nerf naît des cinquième et sixième nerfs cervicaux, immédiatement après leur sortie des trous situés entre les apophyses transverses, par deux racines qui ont à peu près le même volume; la préparation nécessaire pour bien distinguer les origines, consiste à couper le plexus, à le renverser en dedans et à soulever le scalène antérieur. Bichat dit avoir vu souvent partir un troisième filet du septième nerf cervical, pour concourir à sa formation. Le filet qui vient de la cinquième paire fournit assez ordinairement à son origine, avant de s’unir à celui qui vient de la sixième, quelques petits filets qui vont se rendre dans les muscles latéraux du cou. Avant de se réunir, ces deux racines cheminent isolément, plus ou moins bas, derrière le plexus brachial ; une fois que leur réunion est opérée, la branche qui en résulte continue son trajet derrière ce plexus, derrière les vaisseaux brachiaux et au devant du scalène postérieur, se place sur les parties latérales du thorax, entre les muscles sous-scapulaire et le grand dentelé, sur la surface externe
Mo LIT,
duquel il reste collé, depuis son bord supérieur jusqu’à son bord inférieur (voy. pl. 56 O et pl. 52 N).
Dans son trajet, cette branche nerveuse fournit, en avant et en arrière, un grand nombre de rameaux qui sont tous destinés au muscle grand dentelé. Chaque digitation en reçoit au moins un qui se ramifie dans son épaisseur. Le rameau qu’elle fournit à la partie supérieure du grand dentelé est remarquable par son volume. Les quatre ou cinq derniers se placent dans l’interstice des digitations et se répandent dans les deux faisceaux séparés par les interstices.
Le nerf thoracique postérieur est très important. Si l’action de ce nerf était anéantie, les phénomènes de la respirauon pourraient en être fortement troublés, voilà pourquoi Ch. Bell l'appelle nerf respirateur externe inférieur.
M. Velpeau rapporte qu’un homme de 26 ans, fort et bien constitué, s'étant froissé le creux de l’aisselle sur l’angle d’une commode, avait le bord axillaire qui faisait plus de saillie en arrière et en haut que dans l’état ordinaire, et le scapulum qui ne pouvait plus être appliqué sur le côté du thorax; il pense que ces phénomènes pouvaient dépendre de la paralysie du muscle grand dentelé.
e. Branches phréniques. Xl y en a deux, toutes les deux viennent de la partie antérieure et supérieure du plexus cervical, la première, de la cinquième paire, et la deuxième, de la septième; il en a déjà été question à l’occasion du nerf phrénique.
f. Branches sus-scapulaire ou des muscles sus et sous-épineux. Cette branche, assez volumineuse, nait de la partie postérieure du cinquième nerf cervical, au niveau du point où il s’unit avec le sixième, en passant sur la face externe du muscle scalène postérieur, en se dirigeant obliquement en bas, en arrière et en dehors, s'enfonce sous le bord antérieur du muscle trapèze, puis sous le muscle omoplat-hyoïdien, et arrive à l’échancrure coracoïidienne de l’omoplate; contigu jusque-là aux vaisseaux sanguius sus-scapulaires, il passe sous le ligament qui convertit en trou cette échancrure, tandis que l’artère et la veine passent par dessus; le nerf arrive ainsi dans la fosse sous-épineuse, sous le muscle sus-épineux, lui laisse plusieurs rameaux, puis se dirige, toujours obliquement de dedans en dehors et d’avant en arrière, vers le bord concave de lépine de l’omoplate, le contourne et descend dans la fosse sus-épineuse, sous le muscle sous-épineux, en suivant une direction opposée à celle qu'il avait audessus de l’épine, c'est-à-dire en marchant abliquement de dehors en dedans. Il est protégé dans la fosse sus-épineuse par une lamelle fibreuse épaisse, et maintenu contre le bord concave de l’épine, par une petite bandelette fibreuse.
Le nerf précédent ne fournit aucun filet remarquable avant son arrivée dans la fosse sus-épineuse ; là il en donne deux assez volumineux qui se perdent dans le muscle qui remplit cette fosse. Valentin dit qu’il en transmet aussi quelques-uns à larticulation de l’épaule. Au moment où il contourne le bord concave de l’épine, il en envoie un où deux dans la partie du sousépineux, qui s'attache à la tête de l’humérus, puis se termine en se divisant en cinq ou six rameaux, tons destinés au sousépineux.
g. Branche sous-scapuluire supérieure. Très petite, cette branche naît immédiatement au-dessus de la clavicule, derrière le
plexus brachial, de là, elle se dirige en bas, en avantet en dehors,
256 NERFS RACHIDIENS.
gagne le bord supérieur du muscle sous-scapulaire, et s'enfonce
dans ses fibres où elle se termine.
2° Branches collatérales qui naissent au niveau de la clavicule.
Il n’y en a ordinairement qu’une, c’est la thoracique antérieure des auteurs, qui est destinée aux muscles grand et petit pectoral. M. Cruveilhier en distingue deux, qu’il appelle {horacique antérieure où branche du grand pectoral, et thoracique postérieure ou branche du petit pectoral. Mais le nom de thoracique postérieure ayant déjà été donné à la branche du muscle grand dentelé, on pourrait établir une confusion entre elles. 11 nous parait donc plus convenable de les appeler antérieure et inférieure, en prenant pour base de cette dénomination leur origine au plexus brachial (v0y. pl. 56 m m).
La branche antérieure naît: 1° du tronc de jonction de la cinquième et delasixième paire cervicale, au niveau desa bifurcation, en racine supérieure externe du médian et musculo-cutané ; 2° de la branchesupérieure de la septième paire, par trois racines assezvolumineuses. Deux de ces quatre racines se dirigenten bas, en avant et en dehors, passent derrière la clavicule et le muscle sous-clavier, au niveau duquel elles se réunissent eu un seul rameau qui sort au devant de la poitrine, vers l’angle externe et supérieur du triangle cluvi-pectoral, et va se jeter dans la portion externe du grand pectoral, dans lequel il pénetre en se divisant en une multitude de rameaux, jusqu'auprès de son tendon d'insertion à l’humérus; pendant son trajet, derrière la clavicule et dans le triangle clavi-pectoral, il laisse échapper plusieurs filets qui se ramifient dans le petit pectoral.
Les deux autres racinesse réunissent bientôt en un seul rameau qui descend au devant du plexus brachial de l'artère et de la veine axillaire ; arrivé en avant de ce dernier vaisseau, il contourne un de ses rameaux en formant une anse à convexité inférieure, et remonte en passant derrière l'artère axillaire qui se trouve, dès lors, comprise dans l’anse nerveuse, s’anastomose avec le nerf thoracique inférieur qui nait de la huitième paire cervicale, auprès de son point de jonction avec le premier dorsal (voyez pl. 56 m). Ainsi né, le nerf thoracique inférieur passe donc derrière l'artère axillaire, descend parallèlement au nerf du grand dentelé, pour aller former avec le précédent l’anse en question. C’est de la seconde partie de la branche thoracique antérieure, et de la convexité de l’anse qu’elle forme au devant de la veine axillaire, que partent les principaux rameaux qui vont se jeter dans la partie interne du grand et du petit pectoral. Dans la planche 46, on a enlevé une partie assez considérable de ces deux muscles, pour mettre à découvert les points par où les rameaux pénètrent dans leur tissu, on en voit quatre ou cinq pour le grand pectoral, et deux pour le petit ; ils pénètrent en divergeant dans leur épaisseur, et peuvent être suivis jusqu'auprès de leur partie inférieure et des attaches du grand pectoral au sternum. Dans la planche 52, I, 1, K, on voit tous ces filets nerveux marcher assez longtemps isolés entre les deux pectoraux, avant que de pénétrer dans leurs fibres. Parmi ceux-ci, il en est un long et grêle, qui se divise en deux ou trois filets et se jette dans les muscles in-
tercostaux.
3° Branches collatérales qui naissent au-dessous de la clavicule.
On observe beaucoup de variétés dans les branches par rapport
à leur origine. Le plus souvent, elles naissent isolément du plexus brachial, quelquefois, elles naissent toutes par un tronc commun, ou bien elles se rapportent à deux branches, d’autres fois enfin, une ou même deux tirent leur origine du nerf axillaire, et cela arrive encore assez souvent, pour que plusieurs auteurs aient jugé à propos d’en faire la description, en même temps que celle de ce nerf; mais il vaut mieux les considérer comme une dépendance du plexus brachial. Il y en a trois principales. Bichat et beaucoup d’auteurs les appellent grande, petite et moyenne sous-scapulaire, mais il paraît plus convenable de les désigner par le nom des muscles auxquels elles vont se distribuer ; on les appellera donc: branches du grand dorsal, du grand rond et du sous-scapulaire.
a. Branche du grand dorsal. C’est la grande branche sousscapulaire de Bichat. M. Cruveilhier la fait naître à angle aigu, du côté interne du nerf axillaire, mais cette origine n’est pas la plus ordinaire, elle naît, dit Bichat, de la partie postérieure du plexus. Dans la planche 56, on voit trois nerfs, l’axillaire ou circonflexe, le radial et le nerf du grand dorsal, partant d’un même tronc, placé entre les deux branches du nerf médian, et un peu au-dessus de l’orifice coupé de l’artère axillaire, dont un fragment a été enlevé pour le démasquer. Ce tronc naït manifestement de cinq branches d’origines du plexus brachial, savoir: 1° de la branche inférieure de bifurcation du tronc formé par les cinquième et sixième paires cervicales, unie avec la branche inférieure de la septième paire; 2° de l’union de ce tronc commun avec deux branches supérieures que lui envoient la huitième paire cervicale et la premiére dorsale. C’est la plus inférieure de ces trois branches qui porte le nom de branche du grand dorsal. Ce nerf, le plus gros des trois branches sous-scapulaires, descend obliquement derrière le plexus brachial, derrière l’artère et la veine axillaire, se porte au milieu du tissu cellulaire du creux de l’aisselle, entre le sous-scapulaire et le grand dentelé, marche parallèlement au nerf de ce dernier muscle avec lequel, dit M. Cruveilhier, il a beaucoup de rapport, tant pour le volume et la direction, que pour la longueur du trajet. 1] passe derrière les vaisseaux sous-scapulaires, arrive au devant des muscles grand rond et grand dorsal, se place sur le bord externe de ce dernier, puis sur sa face antérieure. Il se divise en une foule de filets qui se répandent en divergeant au milieu de ses fibres, dans lesquelles on peut les suivre jusqu’à leur partie inférieure. Dans la planche 56, P, on a enlevé une partie du muscle grand dorsal pour montrer les rameaux placés au devant de lui. Dans la planche 53, on en a aussi enlevé une partie, pour les montrer se ramifiant dans son épaisseur.
b. Branche du muscle grand rond, branche sous-scapulaire moyenne de Bichat. Le plus souvent elle naît par un tronc commun avec le précédent, assez fréquemment il vient du même tronc que l'axillaire, quelquefois aussi, il vient directement du plexus brachial. Dans notre planche 56, il est représenté venant du tronc du grand dorsal, et se séparant de lui au niveau du bord externe du sous-scapulaire, pour se placer sur la face antérieure du grand rond, dans lequel il envoie un grand nombre de filets.
c. Branche du muscle sous-scapulaire, nerf sous-scapulaire inférieur, petite branche sous-scapulaire de Bichat. Son origine n’est pas constante, le plus souvent elle vient directemeut de la
PLEXUS BRACHIAL. 257
partie postérieure du plexus brachial, d’autres fois elle naît par un tronc commun avec le nerf axillaire, ou bien avec le nerf du grand dorsal. Dans tous les cas, elle descend sur la face interne du muscle sous-scapulaire, et se divise, après un court trajet,en une multitude de rameaux qui s'enfoncent dans son épaisseur, et vont se ramifier dans la plus grande partie de son étendue.