partie postérieure de l’avant-bras
1° Rameaux de la couche superficielle. Parmi ceux-ci, les uns sont descendans et lesautresascendans. Les rameaux descendans, au nombre de trois principaux, descendent verticalement entre les muscles de la couche profonde et ceux de la couche superficielle; sur la planche 50, fig. 2, n° 24, on voit parfaitement ces rameaux qui pénètrent dans les extrémités inférieures des muscles extenseur commun des doigts, etextenseur du petit doigt, qui ontété coupés et enlevés en partie; quelques-uns de leurs filets se répandent aussi dans les muscles de la couche profonde. Les rameaux ascendans sont récurrens, ils terminent l’arcade dont il a déjà été question, jettent sur leur route un grand nombre de rameaux qui se répandent dans le court supinateur, et vont se terminer par deux petites branches, dans la partie supérieure des muscles extenseurs des doigts.
NERFS RACHIDIENS.
2° Rameaux de la couche profonde (v. pl. 59, fig. 2, n°25 et pl. 62, fig. 3-e). Ils naissent d’un tronc commun, qui paraît être la continuation de la branche principale, beaucoup diminuée de volume; à partir du point où ils sortent du muscle court supinateur (pl. 62, fig. 3-e), ils descendent verticalement entre les muscles de la couche superficielle et ceux de la couche profonde. Le plus interne (pl. 62, fig. 3, n° 28) décrit, dans son trajet, une courbe à concavité externe, d’où procèdent les filets du long extenseur et du court extenseur du pouce ; on peut les suivre jusqu’auprès de l’origine de leurs tendons (v. pl. 62, fig. 5, n* 29 et 30). Le plus externe descend au devant du précédent, et donne tout près de son origine, deux rameaux, l’un qui se répand dans la partie inférieure du muscle court supinateur (pl. 62, ne 31) et l’autre qui passe au devant de la partie supérieure du long abducteur du pouce, et se perd dans ses fibres; plus bas, il se place dans la gouttière qui sépare les muscles long abducteur et court extenseur du pouce, du long extenseur de ce doigt sur la face postérieure du ligament interosseux, de sorte que pour le découvrir, il faut renverser en dedans le long extenseur du pouce. Dans ce'‘trajet, il donne d’abord deux filets(32-32, pl. 62) au muscle long extenseur du pouce, dans lequel ils pénètrent par sa face antérieure, puis un troisième filet (33, pl. 62) au muscle extenseur propre de l'indicateur, qui est aussi renversé en dedans. Après avoir fourni ces filets, il continue à descendre sur la face postérieure du ligament interosseux, d’où il parvient sur la partie postérieure du carpe, où il se divise en une multitude de filets articulaires qui marchent à droite et à gauche, et pénètrent dans le ligament et dans les articulations radio-carpiennes, carpiennes et carpo-métacarpiennes (v. pl. 62, n°34-54); à la partie inférieure du ligament interosseux, immédiatement au-dessus de l’articulation radio-carpienne, ce nerf présente un renflement (#. pl. 62, n° 35), au-dessous, il est grisâtre et noueux comme tous les nerfs articulaires.
Branche superficielle de lu radiale digitale ou cutanée de la main. Cette branche, beaucoup plus petite que la précédente, descend verticalement entre le long supinateur et le premier radial externe, en côtoyant le côté externe de l'artère radiale, dont il est séparé vers l'union, du tiers supérieur avec le tiers moyen de l’avant-bras, par le muscle rond pronateur; au-dessous de l'insertion radiale de ce muscle, il est tout à faiten contact avec le côté externe de cette artère et la face interne du premier radial externe; vers la partie moyenne de l’avant-bras, il se dégage de derrière le tendon du grand supinateur, côtoie son bord externe, devient sous-aponévrotique, et se place au côté externe et un peu postérieur de l’avant-bras (9. pl. 60, a). A l’avantbras, cette branche superficielle ne fournit que quelques rameaux insignifians aux deux radiaux et au grand supinateur.
Mais étudié à la partie inférieure de l’avant-bras et à la main, on la voit percer l’aponévrose et devenir sous-cutanée, à 5 ou 6 centimètres environ au-dessus de l’apophyse styloïde, etdescendre verticalement derrière l’extrémité inférieure du bras et sur le.dos de la main, où elle se divise en rameaux digitaux.
Avant d’avoir subi aucune division, elle s’anastomose avec les rameaux de terminaison de la branche cutanée radiale externe dont il a été question page 42. Un peu au-dessous de cette anastomose, à 2 ou 3 centimètres de l’apophyse styloïde environ, il fournit, par son côté externe a, une branche externe, c’est le nerf collatéral externe dorsal du pouce qui passe sous la grande veine salvatelle du pouce et se dirige lelong du côté externe de ce doigt
PLEXUS BRACHIAL. 267
jusqu’à son extrémité (v. pl. Go, b); plus bas, il donne encore, par son côté externe b, une seconde branche, c’est le nerf collatéral interne dorsal du pouce (v. pl. 60, e), qui passe également sous la grande veine salvatelle, en se dirigeant obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, pour gagner le côté interne du premier métacarpien et du pouce, jusqu’à l’extrémité duquel il va au niveau de la veine salvatelle. Ce rameau en fournit, par son côté interne, un assez gros, qui marche parallèlement au côté externe du deuxième métacarpien, et va concourir à former le nerf collatéral externe dorsal de l'indicateur fv. pl. 60, e, et n° b).
Après avoir donné les deux rameaux externes dont il vient d’être question, la branche principale se divise en trois branches, au niveau de l’extrémité supérieure du second os du métacarpe ; de ces trois branches, la plus externe (#. pl. 60, g)se dirige vers le côté externe du doigt indicateur, et s’unit avec celle qui est fournie par le nerf collatéral interne du pouce, pour former le collatéral externe dorsal de l’indicateur (#. pl. 60, n° 6, leur point d’union); la moyenne h, quisedirige vers lacommissure des doigts indicateur et médius, se divise en deux rameaux, dont l’un est le collatéral interne de l'indicateur et l’autre concourt à former le collatéral externe dorsal du médius (v. pl. 60, n° 11 et 12),en s’unissant avec un rameau de la branche interne qui va aussi s’anastomoser sur le dos de la main, avec les rameaux n et o de la branche dorsale du nerf cubital n, pl. 60.
Ces nerfs collatéraux dorsaux se comportent exactement comme nous l'avons dit en parlant des branches collatérales, fournies par la branche dorsale du cubital, nous n’y revien-
drons pas.
Résumé du nerf radial. 1° Au bras, le radial fournit des branches cutanées et des branches musculaires; ces dernières sont surtout destinées aux trois portions du muscle triceps; il en fournit aussi au long supinateur et au premier radial externe. 2° À l’avant-bras il donne, par la branche profonde, à tous les muscles, des couches superficielle et profonde, de la partie postérieure de l’avant-bras aux articulations radio-carpiennes et carpo-métacarpiennes. 3° À la main, il fournit par sa branche superficielle, à la peau du dos de la main, au pouce, à l'index et au côté interne du médius.
On peut remarquer que la branche radiale superficielle et la branche dorsale du nerf cubital forment, sur le dos de la main et des doigts, un véritable réseau nerveux, par suite des anastomoses nombreuses que leurs filets forment entre eux ; on peut juger combien doit être sensible la peau de cette région, par la grande quantité de nerfs qui est répandue dans son épaisseur. C’est surtout à la face palmaire et à la face dorsale des doigts qu'on en rencontre le plus. Leur finesse et leur multiplicité augmentént à mesure qu’on s'approche du bout des doigts, c’est au point qu’ils forment dans cet endroit une véritable membrane nerveuse, qui explique suffisamment pourquoi le sens du toucher est plus développé et plus délicat dans l’extrémité palmaire des doigts que dans toute autre partie de la main, et pourquoi les inflammations des doigts sont plus douloureuses que dans les autres points du corps.
On pourrait quelquefois être embarrassé pour se rappeler quels sont les nerfs du plexus brachial qui fournissent les nerfs collatéraux des doigts, tant à la région dorsale, qu’à la région palmaire. Un résumé succinct sur ce sujet, après la description générale des trois nerfs qui les fournissent, peut donc être de quelque utilité.
T. III
Le nerf médian, le cubital et le radial sont chargés de cette distribution: 1° Le nerf médian fournit à la face palmaire seule, savoir : aux deux côtés du pouce, de l’index et du médius, et au côté externe de l’annulaire, C’est la branche externe qui donne au pouce et au côté externe de l’index, et l’interne qui donne au côté interne de l’index, au médius et au côté externe de l’annulaire. 2° Le nerfcubital donne à la région palmaire, par sa branche terminale superficielle, le collatéral interne de l’annulaire et les deux collatéraux du petit doigt; et à la région dorsale, par le rameau dorsal interne de la main, le collatéral interne du médius et deux collatéraux de l’annulaire, le collatéral externe du petit doigt et un rameau qui concourt à former le collatéral interne du petit doigt, en s’unissant au bord interne de la main, avec un rameau, p, qui vient de la branche palmaire profonde. 3° Le nerf radial fournit, par sa branche superficielle, à la région dorsale, les deux nerfs collatéraux du pouce et de l'indicateur, et le nerf collatéral externe du médius.
Nerf axillaire ou circonflexe.
Il naît de toutes les branches qui constituent le plexus brachial, par un tronc qui lui est commun avecle radial, il se sépare dece tronc, au-dessus et en arrière du nerf radial, immédiatement au-dessous de la clavicule, se dirige de suite en arrière, en dehors et en bas, sur la face antérieure du muscle sous-scapulaire, arrive sur le bord inférieur de ce muscle, près de son insertion à la tête de l’hnmérus, s'enfonce dans l’espace qui le sépare du grand rond, entre l’humérus et la longue portion du muscle triceps brachial, et contourne le col chirurgical de cet os, en passant derrière lui, puis sous le bord externe du muscle deltoïde, dans l'épaisseur duquel il pénètre et se ramifie. Planche 50, fig. 2, f, on voit le nerf circonflexe dans l'épaisseur du muscle deltoide échancré.
Dans ce trajet, le nerf axillaire est accompagné par les vaisseaux circonflexes postérieurs. On a remarqué avec juste raison, * que, par suite de ses rapports avec l’articulation, ce nerf courait le risque d’être distendu ou déchiré dans les luxations de l’humérus. Cependant l’observation ne justifie pas la théorie, car il n'existe pas de cas bien avéré de rupture ou de déchirure du nerf aixllaire ou des autres nerfs du plexus brachial, survenue à la suite de cette luxation. Les cas qu’on cite paraissent plutôt résulter de tractions trop fortes, et mal dirigées sur le bras, pour opérer la réduction.
Rameaux fournis par le nerf 'axillaire.
a. Rameaux sous-scapulaires. Ts viennent quelquefois du nerf axillaire, mais plus souvent encore, ils sont fournis par le plexus brachial; aussi les avons-nous décrits à l’occasion de ce plexus (e. p.12 et 13, a, b, c). Cependant, lorsqu'ils viennent de l’axillaire, ils s’en détachent peu après son origine, pour se distribuer
comme nous l’avons indiqué.
b. Nerf du petit rond. \ naït, soit isolément, soit par un tronc commun avec une branche deltoiïdienne, au moment du passage du nerf entre l’humérus et la longue portion du
triceps.
c. Rameaux cutanés. 1° L'un d’eux, représenté pl. 59, n°17,
naît de l’axillaire, au moment où il passe entre l’humérus et la
longue portion du muscle triceps, il descend d’abord verticalement sous le bord postérieur du muscle deltoïde, et jette quelques rameaux sur sa face postérieure; 2° un autre plus considérable naît du tronc principal, au moment où il contourne transversalement la face postérieure de l’humérus, descend un peu obliquement de haut en bas et de dedans en dehors, entre la face postérieure de l'os et la face interne du muscle deltoïde, émerge sous le bord postérieur de ce muscle, et se divise aussitôt en trois rameaux. Ce nerf porte le nom de cutané de l'épaule (v. pl. 58, e, et pl. So, n°18); — lun d’eux, appelé scapulaire antérieur, se dirige d’abord transversalement de dedans en dehors (». pl. 58, fig. 2,n° 1), puis lorsqu'il est arrivé sous la face antérieure du bras, il se divise en rameaux ascendans et descendans (e. pl. 5o, fig. 1°, e-1 et 3). Le rameau ascendant se divise en deux filets qui se ramifient sur la face antérieure du moignon de l'épaule, et le rameau descendant se répand sur la face antérieure du bras où il s’anastomose avec des rameaux des cutanés. —Le deuxième, appelé scapulaire postérieur (pl. 58, fig. 2, n° 2), se réfléchit aussitôt sur le bord postérieur du deltoïde, et se répand sur la face postérieure du moignon de l'épaule où ils’anastomose’avec des filets de la branche sus-acromio-claviculaire. — Enfin, le troisième, appelé rameau brachial, descend verticalement sur la face postérieure du bras (e. pl. 58, fig. 2, n° 3), etse divise en plusieurs rameaux cutanés qui viennent de l’aisselle, et avec les longs filets cutanés qui viennent du nerf
radial.
Terminaison. Après avoir fourni les rameaux précédens, le nerf axillaire continue à marcher transversalement derrière l’humérus, entre l'os et le muscle deltoïde, puis sur son côté externe et sur sa face antérieure où il se termine. Pendant ce trajet, il émet un grand nombre de rameaux ascendans et descendans ou divergeans, et nommés rameaux deltoïdiens. C’est, qu’en effet, ils se répandent tous dans le muscle deltoïde, dans lequel on peut les suivre, d’une part, jusqu’à l’épine de l’omoplate, et de l’autre, jusqu’à l'insertion inférieure du muscle à l’humérus (0. pl. 50, fig. 2, f), où la partie postérieure du muscle deltoïde ayant été échancrée, on aperçoit la distribution tout entière de ce nerf.