‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 76 sur 407 · NERFS DORSAUX · texte numérisé non relu

NERFS DORSAUX

n’y a, à la vérité, que peu de différence entre eux jusqu’au septième ou huitième ;.mais les huitième, neuvième, dixième et onzième sont beaucoup plus longs et plus volumineux que ceux qui les précèdent : cela tient à ce que les muscles auxquels ils se distribuent (v. pl. 54, de 16 c à 18c, côté gauche, fig. 1) sont plus forts en bas qu’en haut. Au niveau du bord externe des tendons du long dorsal, ils fournissent un filet assez considérable, qui se divise immédiatement en plusieurs autres, et se répandent sur la face antérieure du muscle long dorsal et dans son épaisseur (e. pl. 54, fig. 1, n° 9, 15 et suivans). Ensuite, les troncs principaux croisent les tendons d'insertion aux têtes du muscle long dorsal, suivent la direction des côtes, pénètrent dans l’espace qui sépare les muscles long dorsal et sacro-lombaire, et se répandent en grande partie, excepté les inférieures, dans les faisceaux de ce dernier muscle, où ils se subdivisent en une multitude de filets (v. pl. 54, fig. r, de 9 a à 15 b). Enfin, ce qu’il en reste, sort de la rainure qui sépare ces deux muscles et se divise en plusieurs filets qui se distribuent différemment dans les muscles grand dorsal rhomboïde, trapèze, etc., qui les recouvrent ; la plupart deviennent sous-cutanés à une distance plus ou moins considérable de l'endroit où ils sont sortis d’entre les muscles et se dirigent en dehors. Ils ne parviennent pas tous jusqu’à la peau. Plusieurs, après être sortis de la rainure du sacro-lombaire et du long dorsal, restent sous les muscles superficiels de la région dorsale; mais ce nombre est indéterminé.

Il nous reste à indiquer quelques différences qui existent entre ces rameaux externes. Par exemple, les rameaux externes des huitième, neuvième et dixième paires se distinguent de celles qui les précèdent par un long rameau cutané récurrent qui, après avoir jeté sur son passage les rameaux nécessaires pour animer le sacro-lombaire, se réfléchit de dehors en dedans en décrivant une courbe à convexité externe, passe dans la rainure qui sépare les sacro-lombaire et le long dorsal, traverse aussi les muscles superficiels et vient se rendre dans la peau. Quant aux rameaux externes des onzième et douzième branches postérieures dorsales, leur distribution est encore bien différente. 1° Le onzième, après avoir franchi la rainure située entre le sacro-lombaire, le long dorsal descend entre eux, fournit un filet au premier faisceau du long dorsal, traverse ce faisceau, descend verticalement sur la face externe du muscle transverse, lui laisse un filet, perfore les deux obliques, croise perpendiculairement la crête iliaque, et va se terminer dans la peau qui recouvre le grand fessier. 2° La douzième, après avoir franchi l’espace inter-musculaire précité, se divise en trois où quatre filets qui tous descendent verticalement sur la face postérieure de la masse commune, croisent la crête iliaque, et se répandent dans la peau de la fesse en se divisant en une multitude de filets.

M. Cruveilhier dit avoir observé sur un sujet la branche musculo-cutanée des troisième, quatrième et cinquième paires dorsales, qui présentait deux ganglions au moment de la bifurcation, en branche musculaire et branche cutanée. Chez un autre sujet les ganglions appartenaient aux branches cutanées de la première et de la troisième paire dorsales.

Le même auteur prétend que les branches postérieures des neuvième, dixième, onzième et douzième paires dorsales ont un système de distribution différent de celles qui les précèdent, et qu’elles sont destinées aux parois abdominales; il n’y aurait plus de branche interne musculo-cutanée , la branche externe

remplirait tout à la fois le rôle de branche musculaire et celui de branche cutanée. Cela n’est pas complétement exact, nous avons trouvé, sur le sujet de la planche 54, que le rameau interne des neuvième et dixième branches postérieures fournissait des rameaux cutanés ; mais que les rameaux internes des onzième et douzième se terminaient entièrement dans les muscles, et ne donnaient rien à la peau.

Branches antérieures des nerfs dorsaux ou branches intercostales.

Préparation. Pour étudier convenablement ces nerfs, il est utile de faire une préparation spéciale, qui consiste à scier le sternum sur la ligne médiane; à diviser l'abdomen sur la ligne blanche: à briser et à enlever une partie des côtes d’un des côtés du thorax, afin de pouvoir étudier les nerfs du dedans au dehors, et enfin terminer en recherchant avec soin sur le côté laissé intact les rameaux cutanés.

Ces branches antérieures sont au nombre de douze, comme les postérieures, et sont destinées aux parois du thorax et de l'abdomen. Comme elles présentent dans leurs dispositions des analogies et des différences remarquables, elles doivent à la fois faire l’objet d’une description générale et particulière.

A. Description générale des branches antérieures des nerfs dorsaux. Voici leurs caractères communs : À leur origine , elles sont séparées des branches postérieures par le ligament costo-transversaire supérieur; elles sont aplaties, passent derrière les cordons nerveux qui constituent le grand sympathique, gagnent le milieu des espaces intercostaux correspondants, glissent derrière la plèvre, se placent entre cette membrane et l’aponévrose qui tapisse le muscle intercostal interne et marchent ainsi jusqu’à l'angle des côtes où elles s'engagent entre les deux muscles intercostaux. À dater de ce moment, elles se rapprochent du bord inférieur de la côte supérieure, mais ne se placent point dans la gouttière qui règne le long de ce bord, et qui est parcourue par les vaisseaux intercostaux, Car elles marchent toujours au-dessous de ces vaisseaux. Vers le milieu de l’espace qui existe entre le sternum et la colonne vertébrale, ces branches se divisent en deux rameaux, l’un perforant ou cutané, et l’autre intercostal qui continue le trajet du nerf primitif, et se comporte dans l’espace intercostal, comme nous le dirons plus loin. Passons aux rameaux qu'ils reçoivent ou qui en émanent.

1° Filets ganglionnaires. À leur origine, chacune de ces bran= ches antérieures recoit une série de filets venant des ganglions pectoraux ; malgré les nombreuses variétés qui existent à ce sujet, voilà, en général, comment se comportent ces filets : ils viennent du ganglion qui est situé immédiatement au-dessous de la branche qui les reçoit, et naissent de sa partie supérieure et externe. Quelquefois il en naît de la partie inférieure du ganglion, mais alorsils vont à la branche dorsale qui est au-dessous de lui. Il est rare qu’il en vienne de la partie interne du ganglion, cependant on en rencontre quelques exemples dans la planche r2. Au reste, on trouve sur ce point un grand nombre de variétés; tantôt quelques-uns des filets ganglionnaires s’anastomosent avec la branche dorsale qui est immédiatement audessus; tantôt ils s’accolent simplement à ses filets, puis dans l’un et l’autre cas, ils s’en séparent promptement pour se jeter sous la plèvre dans les muscles inter-costaux correspondant ou

bien pour croiser la face interne de la côte qui est au-dessous et aller dans les intercostaux suivants (#. pl. 12). Ces filets sont généralement au nombre de deux.

2° Filets intercostaux postérieurs. Elles en fournissent quelques-uns dans leur partie postérieure ; ceux-ci pénètrent le plus souvent entre les deux muscles intercostaux corrrespondants et s’y ramifient. Quelquefois aussi un ou deux filets s’en détachent, croisent la côte qui est immédiatement au-dessous, et vont se diviser dans les muscles intercostaux suivants.

3° Rameaux perforants ou cutanés appelés rameaux latéraux des nerfs intercostaux, nerfs thoraciques ou abdominaux musculo-cutanés externes. Nés, ainsi que nous l’avons dit, vers la partie moyenne de l’arc costal, ils percent le muscle intercostal externe très obliquement d’arrière en avant, rampent pendant quelque temps entre ce dernier muscle et le grand dentelé, puis se divisent en deux rameaux, tantôt avant de traverser les intervalles qui existent entre les digitations de ce dernier muscle et celles du grand dorsal; tantôt en les traversant. Suivant M. Cruveilhier, la division s’opérerait sous les muscles et le rameau antérieur pour les premiers nerfs intercostaux jusqu’au huitième, deviendrait sous-cutané en passant entre les digitations du grand dentelé, tandis que, pour les derniers, ce rameau passerait entre les digitations du grand oblique (Anat., t. 111, p. 325). Valentin, au contraire, indique que cette division s’opère pendant le passage des rameaux latéraux entre les digitations de ces muscles. Quel que soit le point où cette division s'opère, lorsqu'elle est faite, il y a deux rameaux, l’un antérieur, et l’autre postérieur.

a. Rameau antérieur. Suivant Valentin (£ncycl. anat., t. 1v, p. 527), le plan supérieur serait fourni par le rameau externe du second nerf intercostal, sortirait au-devant de la troisième digitation du muscle grand dentelé, et derrière le muscle pectoral. Suivant Cruveilhier, il viendrait du troisième intercostal, serait très petit et se terminerait dans la mamelle et la peau qui la recouvre. C’est cette dernière description qui est la véritable.

Dans les nerfs suivans, ce filet antérieur, beaucoup plus développé, se réfléchit d’arrière en avant, immédiatement après qu’il est devenu sous-cutané ; alors il marche d’autant plus obliquement de haut en bas, qu’on le considère plus inférieurement dans son trajet sous la peau des côtés de la poitrine et de l’abdomen, dans laquelle il se termine au devant des muscles grand “pectoral et grand oblique. Il fournit de nombreux filets qui s’anastomosent avec les filets voisins des paires supérieures et in-

férieures.

b. Rameäu postérieur. Aussitôt après sa sortie des muscles précités, il se réfléchit transversalement d’avant en arrière, passe sur le bord externe et sur la face postérieure du muscle grand dorsal , et se ramifie dans la peau qui le recouvre. Dans son cours, il émet divers filets qui s’anastomosent avec des filets analogues qui sont au-dessus et au-dessous. Voyez pour l’origine du rameau perforant ou cutané, planche 50, côté droit, et pour la distribution de ses filets antérieur et postérieur, pl. 50, côté gauche, et surtout pl. 51, depuis le n° 11 b, jusqu'à or e.

4° Terminaison du nerf intercostal. Après avoir fourni le rameau externe, il se rapproche de la côte qui est au-dessus, longe

NERFS RACHIDIENS.

son bord inférieur et celui de son cartilage, parvient ainsi jusqu’au sternum, sur la face antérieure duquel il s'avance un peu, avant de se réfléchir d’arrière en avant pour perforer le muscle grand pectoral près de son bord interne (. pl. 52). Après avoir fourni quelques filets à ce muscle, il parvient sous la peau qui le recouvre, se réfléchit de dedans en dehors, et se distribue à la couche cutanée.

Dans cette seconde partie de son trajet, le nerf intercostal. fournit un grand nombre de filets qui naissent presque tous de son bord inférieur ; parmi ceux-ci, quelques-uns sont très longs et parcourent une grande partie de l’espace intercostal sans diminuer de volume. Ils sont destinés aux muscles intercostaux ; on est parvenu à en suivre quelques-uns jusque dans le périoste. Auprès des bords du sternum, quelques filets passent derrière cet os et se répandent dans le muscle triangulaire.

B. Description particulière des branches antérieures des nerfs dorsaux.

Branche antérieure du premier nerf dorsal. I] diffère essentiellement du suivant par la manière dont il se comporte; il sort entre les deux premières vertèbres dorsales, se dirige derrière le ganglion cervical inférieur, et croise obliquement le bord supérieur de la première côte, sur laquelle il passe pour aller se Jeter dans le plexus brachial dont il fait partie; on voit donc qu’il n’appartient pas à la poitrine; ce n’est que par un rameau qui en émane que se trouve formé le premier nerf intercostal ; ce rameau s’en détache immédiatement après sa sortie du trou de conjugaison, tout près du point où elle remonte sur la côte, croise obliquement, d’arrière en avant, la face inférieure de celle-ci, de manière à n’arriver dans le premier espace intercostal qu’au niveau de l’union de la côte avec son cartilage. Ce n’est qu’à son arrivée près du sternum qu’il perce les muscles intercostaux, et qu’il parvient sous la peau de la partie supérieure et antérieure de la poitrine, où il se répand et se perd bientôt. Dans son trajet, le premier nerf intercostal ne donne que des rameaux destinés aux muscles intercostaux, et qui ne présentent rien de particulier.

Branche antérieure du deuxième nerf intercostal. Suivant M. Cruveilhier (/nat., t. 111, p. 826), il croise obliquement la deuxième côte en dehors de son col, pour gagner le premier espace intercostal, et croise de nouveau la même côte vers le milieu de sa longueur pour rejoindre le deuxième espace. Mais si cette disposition existe quelquefois, elle n’est qu’exceptionnelle, car les autres auteurs n’en parlent pas, et nous ne l’avons pas rencontrée. Seulement, peu après avoir pénétré dans le second espace intercostal, on le voit quelquefois, ainsi que nous Pavons marqué sur la planche 12, donner deux ou trois filets qui montent perpendiculairement vers le premier nerf intercostal pour le fortifier. Une fois parvenu dans l’espace intercostal il ne tarde pas à fournir un filet considérable qui s'engage dans la partie postérieure des deux intercostaux, leur fournit plusieurs divisions et s'y perd; puis, arrivé vers le milieu de cet espace, il se divise en deux rameaux, l’un qui est la continuation du tronc principal, et l’autre qui est le rameau perforant externe cutané et qui, ici, porte le nom de brachial, parce qu’il se rend

à la peau du bras.

a. Rameau intercostal. Y continue le trajet primitif et arrivé à

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