‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 85 sur 407 · BRANCHES POSTÉRIEURES · texte numérisé non relu

BRANCHES POSTÉRIEURES

Rameau du muscle prramidal.

Ïl se détache de la partie postérieure du plexus sacré, et principalement de la branche antérieure de la troisième paire; puis il se divise en deux filets qui se répandent dans le muscle, en pénétrant par sa face antérieure (v. pl. 66, un petit filet qui se détache de la partie postérieure du troisième nerf sacré ).

Nerf fessier supérieur.

Le nerf fessier supérieur naît de la partie postérieure du nerf lombo-sacré, avant sa réunion au plexus sacré; très souvent il reçoit quelques rameaux d’origine venant de la face postérieure du plexus sacré. Valentin prétend qu’il naît souvent de la réunion des deux derniers nerfs lombaires et du premier nerf sacré (Encyclop. anät., t. 1v, p. 552). Ainsi formé, ce nerf représente une branche assez volumineuse, qui sort du bassin par la partie supérieure de la grande échancrure sciatique, au devant et audessus du bord supérieur du muscle pyramidal. Aussitôt il se réfléchit de bas en haut sur cette échancrure, se place entre les muscles moyens et le petit fessier, et se divise en deux rameaux, l’un ascendant et l’autre descendant. Sur notre planche 67, le tronc de ce nerf correspond à la lettre À ; on l’aperçoit au-dessus du bord du muscle pyramidal. 1° Le rameau ascendant se partage presque aussitôt en cinq ou six rameaux plus petits dont les uns se dirigent en haut et les autres transversalement. Ces rameaux correspondent, sur la planche 67, aux n° 1 et 2; parmi eux, il y en a un qui contourne l'insertion circulaire du muscle petit fessier, et qui accompagne la branche correspondante de lartère fessière. Les autres se divisent en rayonnant, dans l’épaisseur des muscles entre lesquels ils sont situés. 2° Le rameau descendant se dirige obliquement de haut en bas, de dedans en dehors et d’arrière en avant, vers la partie supérieure du grand trochanter, au-dessus duquel il se jette dans le muscle fascialata. I est situé entre les deux muscles, moyen et petit fessier, auxquels il donne, chemin faisant, de nombreux filets qui se dirigent soit en haut, soit en bas, et s’anastomosent avec ceux de la branche précédente. Enfin, le principal qui répond, sur la planche 67, au n° 3, et qu’on aperçoit au-dessus du grand trochanter, à travers une échancrure du muscle fascia-latu, se termine dans ce muscle, et fournit un filet qui pénètre dans le petit fessier, près de son bord antérieur qu’il contourne.

Pour préparer ce nerf et ses divisions, il suffit, comme nous l'avons fait sur la planche 67, d’enlever la presque totalité du muscle grand fessier, et de faire une grande échancrure circulaire au moyen fessier, en prenant garde à ne pas couper les filets qui pénètrent dans son épaisseur.

Nerf fessier inférieur ou petit nerf sciatique.

Le premier nom est celui que lui a imposé Bichat, par opposition au précédent; Boyer l’a nommé petit sciatique, parce qu'il provient aussi, du plexus sciatique ou sacré, et répand de nombreux filets dans la peau et dans le muscle de la partie postérieure de la cuisse, et dans les muscles fessiers. Il naît de la partie postérieure et inférieure du plexus sciatique, et principalement des second et troisième nerfs sacrés. Le quatrième lui envoie aussi quelques rameaux d’origine, il en reçoit aussi souvent

quelques-uns du nerf honteux; tantôt tous ces rameaux réunis forment uné branche unique, tantôt au contraire, ils en forment deux qui restent séparées dans toute leur étendue. C’était ce qui avait lieu sur le sujet de la planche 67, où les deux branches qui le constituent correspondent aux lettres C, C, et où le muscle pyramidal a été échancré, pour en découvrir une plus grande partie; quoi qu’il en soit, dans les cas ordinaires, le petit sciatique sort du bassin par la grande échancrure sciatique sur le bord inférieur du muscle pyramidal, qui le sépare de la branche fessière supérieure, et immédiatement en arrière du grand nerf sciatique, là il se divise en rameaux, que Bichat a désignés sous les noms de fessiers ischiatiques et cruraux, mais qu’on nomme plutôt aujourd’hui musculaires et cutanés.

1° Branche musculaire. Elle répond au C supérieur de la planche 67, descend derrière le grand nerf sciatique sur la face antérieure du muscle grand fessier, et se partage promptement en plusieurs rameaux divergens; parmi ceux-ci, deux assez volumineux qu’on peut appeler ascendans, naissent en dehors du tronc principal (v. pl. 67, n° 5), ils se réfléchissent aussitôt de bas en haut, en formant des anses à concavitésupérieure, passent sur la face antérieure du muscle grand fessier, et sur la face postérieure du muscle pyramidal et du moyen fessier auxquels ils laissent quelques filets, et vont se terminer dans le muscle grand fessier dans lequel on peut les suivre jusqu’auprès de ses attaches au sacrum; un troisième, naissant en dedans du tronc principal, se comporte comme les précédens. Deux autres, qu’on peut appeler descendans, croisent la face postérieure des muscles carré, crural et jumeaux, leur donnent quelques filets, et se perdent dans la portion inférieure et externe du muscle grand fessier, dans lequel on peut suivre leurs nombreux filets, jusqu’au dessous du grand trochanter (». pl. 67, n° 7). Ce sont les cinq rameaux auxquels Bichat donne le nom de rameaux fessiers.

>° Branche cutanée. Cette branche fait suite au tronc principal. Toujours placée au devant du muscle grand fessier, elle se dirige en dedans du nerf sciatique, passe derrière la tubérosité de l’ischion , et derrière les muscles biceps et demi-tendineux dont elle croise les insertions supérieures , gagne le bord inférieur du muscle grand fessier, donne pendant ce trajet un grand nombre de branches qui diminuent son volume, et continue à descendre verticalement sur la face postérieure de la cuisse où elle est placée dans le sillon de séparation du demi-membraneux et du biceps, et quelquefois entre celui-ci et la portion externe du triceps, où il est à l’abri des pressions. Un peu au-dessus du creux du jarret, elle fournit un rameau sous-cutané qui est très peu développé, mais qu'on peut cépendant suivre jusqu’au milieu de la région postérieure de la jambe. Arrivée à cette partie postérieure de la jambe, elle s’accole en dedans de la veine saphène postérieure ou externe, et descend ainsi jusque vers le tiers inférieur de la jambe , dans son trajet derrière la cuisse et la jambe. Cette branche fournit un grand nombre de rameaux dont nous allons parler. Elle se trouve représentée en totalité, avec tous les rameaux qui en émanent, sur les planches 57, 64,66, 67 et 68.

Au-dessus et au-dessous du bord inférieur du muscle grand fessier, la branche cutanée du petit nerf sciatique fournit plusieurs rameaux très importans à noter. Ce sont : 1° les rameaux cutanés récurrens de la fesse, 2° les rameaux cutanés de la région ano-génitale, 3° les branches scrotales externe et interne,

ou pudendalis, 4° les rameaux cutanés de la partie interne de la cuisse. Tous ces rameaux sont figurés dans notre planche 57, qui représente les nerfs du périnée chez l’homme ; ils sont aussi très bien marqués sur la planche 67, où l’on voit le récurrent de la fesse, les branches scrotales, et une partie des rameaux cutanés de la partie interne de la cuisse procéder de la même branche.

(a) Rameau cutané récurrent de la fesse. naït du nerf petit sciatique, au niveau de la partie inférieure de la tubérosité de l'ischion. De là, il se dirige en bas et en dedans, croise l'insertion ischiatique dés muscles biceps et demi-tendineux, arrive au bord inférieur du muscle grand fessier, et se partage en deux ou trois rameaux secondaires qui se réfléchissent, de bas en haut, sur la face postérieure de ce muscle, où ils se divisent en une multitude de filets divergens qui se ramifient dans le muscle fessier, et dans la peau de la fesse, où ils s’anastomosent avec les rameaux fessiers qui viennent de la branche postérieure des onzième et douzième paires dorsales, de la première lombaire , des deux dernières paires sacrées (DD, pl. 64). Ces rameaux correspondent aux n* r et 2 sur la planche 57, à droite et à gauche, au n° 2 sur la planche 64, et au n° 8 sur la planche 67.

(b) Rameaux cutanés interfessiers de la région ano-génitale. Leur tronc commun naît du même point que le précédent ; il se dirige d’arrière en avant et de dehors en dedans. Sous le pli de la fesse, il donne un filet récurrent qui monte sur la face postérieure du grand fessier, et se jette avec lui dans le pannicule charnu des environs de l’anus et du sillon interfessier ; les extrémités de ces rameaux répondent au n° 3 de la planche 57 du côté gauche.

(c) Branche scrotale interne ( pudendalis longus inferior, Sœmmering). Sur la planche 57, cette branche, qui paraît considérable par son volume et par sa longueur, répond au n°6 du côté droit où elle est unique, tandis que du côté gauche elle était multiple. Ordinairement cette branche naît par un tronc commun avec les deux précédentes. Elle se dégage de dessous le muscle grand fessier immédiatement en dehors, et en arrière de la tubérosité de l’ischion, et se réfléchit aussitôt de bas en haut, d’arrière en avant et de dehors en dedans, croise la face externe de la tubérosité sciatique et parvient au bord interne de sa branche ascendante ; là, elle se met en rapport avec le muscle ischio-caverneux, et le corps caverneux qu’elle côtoie jusqu’à la partie postérieure des bourses, où elle se divise en un grand nombre de filets assez volumineux qui se répandent dans toute la face postérieure de la bourse et du dartos correspondant, en s’anastomosant avec ceux de la scrotale externe du honteux interne, et de la scrotale externe pudendalis.

Dans son trajet, la branche scrotale interne donne un grand nombre de rameaux et de filets, tant par son côté interne que par son côté externe : 1° Rameaux internes, près du point où elle se dégage de dessous le muscle grand fessier. Elle en fournit qui s’anastomosent avec des filets du faisceau interne du nerf honteux , et qui pénètrent dans le pannicule adipeux sous-cutané. Au niveau du muscle ischio-caverneux, elle communique par deux filets avec la branche scrotale externe du honteux interne, et lui en envoie plusieurs autres au niveau du corps caverneux. 2° Rameaux externes. Ils sont au nombre de cinq ou six près du bord inférieur du muscle grand fessier. Il y en a un qui se dirige en bas, croise la branche pudendalis externe et

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s’'anastomose avec un de ses rameaux externes ; d’autres, plus petites, se répandent dans la peau de la région ; et enfin, près de sa terminaison, elle en fournit une assez volumineuse , qui l'accompagne dans le scrotum. Du côté gauche, cette branche n’est pas disposée comme du côté droit; elle se présente sous l'aspect de deux rameaux qui ne deviennent sous-cutanés, le premier , que dans l’attache du petit adducteur, et le second ; dans le sillon qui le sépare du droit interne.

(d) Branche scrotale externe, ou pudendalis externa. Sur là planche 67, elle répond au n° 3, et sur la planche 57 au n° 9: Elle naît du petit nerf sciatique, tantôt isolément, tantôt par un tronc commun avec les deux précédens. Aussitôt qu’elle est dégagée de dessous le muscle grand fessier, elle se réfléchit de bas en haut et d’arrière en avant en formant une anse à concavité supérieure, se place en dehors et au-dessous de la tubérosité sciatique, se dirige le long du bord externe de la branche ascendante des ischions, en croisant les insertions supérieures des muscles demi-tendineux, demi-membraneux, adducteurs et droit interne , et va se terminer dans la face postérieure et externe du scrotum et dans la peau de la partie externe de la verge, en entremélant ses filets et leurs anastomoses avec ceux de la branche scrotale interne.

Dans son trajet, cette branche fournit en dedans et en dehors beaucoup de rameaux. Les internes, qui sont en même temps supérieurs, sont très petits et peu nombreux; ils s’'anastomosent avec les rameaux externes de la branche scrotale interne’, pudendalis interna, et se terminent dans la peau de la partie interne et supérieure de la cuisse. Les externes, beaucoup plus nombreux et plus volumineux, se dirigent en bas et en devant, en croisant les muscles sus-indiqués; il y en a surtout deux très forts, dont l’nn correspond au n° 5 sur la planche 57 ( côté droit). Ces deux rameaux se divisent en un grand nombre de filets qui s’anastomosent entre eux et avec ceux de la branche qu'on appelle cutanée de la partie interne et supérieure de la cuisse, dont une partie correspond au n° 4 de la planche 57 (côté droit), et se terminent dans la peau de cette partie interne et supérieure de la cuisse. Ils envoient aussi quelques filets qui s’anastomosent sur la face interne du grand adducteur avec des filets venant de l’obturateur.

Chez la femme, les deux nerfs précédens sont fort développés; ils suivent exactement la même marche que chez l’homme, et viennent se terminer dans la partie postérieure et latérale des grandes lèvres.

(e) Rameaux cutanés de la partie interne de la cuisse. Ces rameaux sont en grande partie fournis par le nerf petit sciatique, et en partie par la branche pudendalis externa. Dans la planche 57, ces rameaux répondent au n° 4 ; dans la planche 64, aux n® 4, 5 et 6; sur la planche 67, ils sont compris entre les n* 9 et 10, et correspondent sur la planche 66 aux n° 32 et 33.

Tous ces rameaux naissent en dedans du nerf petit sciatique, les uns au-dessus et les autres au-dessous du bord inférieur du muscle grand fessier. Aussitôt après leur naissance, ils se dirigent en bas et en dedans; les supérieurs marchent moins obliquement que les inférieurs, puis ils se réfléchissent d’arrière en avant en décrivant des arcades à concavité supérieure, croisent les muscles qui s’insèrent à la tubérosité de l’ischion et les adducteurs, traversent l’aponévrose, et se terminent dans la peau de la région interne de la cuisse; en s’anastomosant

avec les filets de terminaison de la branche crurale antérieure.

Sur le sujet modèle de la planche 64, le petit nerf sciatique fournissait par son côté externe une branche externe verticale, presque aussi considérable que le tronc même. Elle naissait à trois centimètres au-dessous du bord inférieur du musle grand fessier ; après s'être dirigée en dehors et être parvenue au sillon qui exicte entre le vaste externe du triceps et le biceps, elle descendait verticalement sous l’aponévrose jusqu’à la partie supérieure de la jambe. Dans son trajet, elle donnait en dedans et en dehors de nombreux rameaux. Les externes s’anastomosaient avec les filets qui proviennent des rameaux externes, de la branche fémorale de l’inguinale externe (». pl. 63). Les internes fournissaient à la peau de la partie postérieure de la cuisse et s’anastomosaient dans cette région avec les filets du nerf cutané crural.

A la partie postérieure de la jambe, le nerf petit sciatique fournit beaucoup de filets cutanés internes et postérieurs qui s'anastomosent avec des filets analogues qui viennent du nerf saphène interne. Enfin , les filets terminaux du petit sciatique vont jusqu’au - dessous de la malléole interne, derrière laquelle ils passent tous. Ces filets internes correspondent , sur la planche 68, aux n° 23, 24, 25, 26 et27. On rencontre aussi des anastomoses entre la branche terminale du petit sciatique et le nerf saphène externe.

Rameaux des muscles jumeaux et carré crural.

Ce nerf qui estassez volumineux correspond, sur la planche 67, au n°6, il naît du bord inférieur du plexus sacré, quelques-uns disent de sa face antérieure, et se porte en bas en décrivant une courbe à convexité externe, passe au devant des muscles jumeaux et obturateur externe, qui le sépare du grand nerf sciatique. On a échancré les muscles sur le sujet modèle pour rendre ce nerf visible; il fournit 1° des filets externes périostiques et osseux qui, suivant M. Cruveilhier, s’enfoncent dans la tubérosité de lischion ; 2° des filets internes qui pénètrent dans la capsule fibreuse de l'articulation coxo-fémorale; 3° plusieurs filets qui pénètrent dans les muscles jumeaux; et 4° enfin il se termine dans le muscle carré où on peutle voir à travers une échancrure pratiquée à ses fibres.

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