B. BRANCHES TERMINALES DU PLEXUS SACRÉ
Il n’y a qu’une seule branche terminale dans le plexus sacré, c'est le grand nerf sciatique. Ce nerf résume à lui seul tout ce plexus, qui se trouve condensé en un seul cordon nerveux.
Grand nerf sciatique.
Ce nerf, qui est le plus volumineux et le plus long de tous les nerfs du corps, est destiné aux muscles de la région posté- “eure de la cuisse, et aux muscles et à l1 peau de la jambe et
‘du pied. Puisque tout le plexus sacré se réduit à ce tronc nerveux, ilest évident qu’il est formé par tous les nerfs qui concourent à la formation de ce plexus, et par conséquent, par le nerf lombo-sacré, un cordon envoyé par la quatrième paire lombaire; les trois premières paires sacrées, et une portion de la quatrième, ii répond, sur la planche 67, aux lettres D, D.
Immédiatement après la formation, le nerf sciatique sort du bassin par la grande échancrure sciatique, au-dessous du bord inférieur du mnscle pyramidal et au-dessus de l’épine sciatique
NEREFS RACHIDIENS.
et du muscle jumeau supérieur; de là, il descend d’abord un peu obliquement de dedans en dehors, derrière les muscles jumeaux etcarrécrural, au devant du muscle grand fessier, etentre legrand trochanter, et la tubérosité de l’ischion, puis, revenant un peu en dedans, il continue à se diriger un peu obliquement en bas et en dehors, le long de la partie postérieure de la cuisse, jusqu’à une distance variable de l'articulation du genou, mais qu’on estime cependant, approximativement, à quatre ou cinq travers de doigts. —T[à, il se divise en deux troncs principaux, qu'on désigne sous les noms de nerf sciatique poplité externe et de nerf sciatique poplité interne. Quelquefois cette division s'opère beaucoup plus haut, ou beaucoup plus bas ; on l’a vue se faire, à sa sortie du bassin ou même dans le bassin, et d’autres fois seulement au creux du jarret. Lorsque la séparation s'opère dans le bassin, on voit ordinairement une des branches passer au-dessous du muscle pyramidal, et l’autre traverser ses fibres. Du reste, que la division se fasse plus haut ou plus bas, cela n’a aucune importance anatomique, le plus souvent même, la division se fait réellement plus haut qu'on ne croit, cela tient à ce que les deux troncs sus-nommés marchent parallèlement, et accolés l’un à l’autre par du tissu cellulaire facile à diviser.
Rapport. Dans cetrajet, le grand nerf sciatique répond en avant, aux muscles jnmeaux, aux tendons de l’obturateur interne et au carré de la cuisse, au niveau desquels il se trouve, entre le grand trochanter et l’ischion ; plus bas il est appliqué sur la face postérieure du grand adducteur, et sur une couche de tissu cellulaire. En arrière, il est recouvert, dans le tiers de sa partie supérieure, par le muscle grand fessier, puis par la longue portion du muscle biceps et par le demi-tendineux. Dans le reste de son étendue, il est placé entre ces deux muscles, dans la ligne celluleuse qui les sépare ; lorsqu'ils s’écartent l’un de l’autre, pour aller concourir à former les bords du creux poplité, il se trouve placé sous l’aponévrose, et au milieu d’une couche abondante de tissu cellulaire et adipeux.
Ordinairement, le grand nerf sciatique n’est accompagné par aucun vaisseau sanguin, cependant cela arrive quelquefois; ainsi M. Cruveilhier en cite trois cas, où il était accompagné par une grosse veine qui faisait suite à la poplitée , et qui traversait la partie supérieure du troisième adducteur à la manière de la profonde (Anat., t. 3, p. 860).
Rameaux fournis par le grand nerf sciatique a la cuisse.
Ces rameaux, en nombre indéterminé, sont musculaires et articulaires; les articulaires naissent aussi souvent du nerf poplité interne et externe que du sciatique, nous ne parlerons que. des rameaux musculaires.
Rameau musculaire. I fournit d’abord quelques filets aux jumeaux, au carré, à l’obturateur et quelquefois au muscle grand fessier ; parmi ceux qui existent toujours, nous trouvons :
(a) Le rameau ascendant des muscles biceps et demi-tendineux. 11 naît deia partieinterne du nerf sciatique, à quelques centimètres au-dessous de la tubérosité de l’ischion, et se réfléchit aussitôt de bas en haut pour aller dans les insertions ischiatiques de ces muscles. Sur la planche 67, ce rameau est placé en face du n° 9.
(b) Le rameau moyen de la longue portion du muscle biceps ,
se détache du bord interne du grand nerf sciatique, se dirige en dehors, croise sa face postérieure, et se répand aussitôt dans ses
fibres (v. pl. 67, n° 12).
(c) Rameaux de la partie inférieure de la longue portion du biceps. Is sont au nombre de deux; ils naissent de la partie interne du nerf sciatique, le plus long qui est aussi le plus gros, se détache beaucoup plus haut, marche d’abord parallelement au tronc principal, et, parvenu au point où le plus petit effectue sa séparation , il suit sa direction, et alors ils croisent ensemble la face postérieure du grand nerf sciatique, se divisent en trois ou quatre filets, et se ramifient dans l'épaisseur de la longue portion du muscle biceps (v. pl. 67, n° 13). On a fait
une section transversale à ce muscle, pour mettre à nu les filets nerveux qui pénètrent dans son épaisseur.
(d) Rameau de la courte portion du biceps. Ce rameau, qui est un des plus volumineux que le nerf sciatique fournit à la cuisse, se détache du côté externe de ce nerf entre les deux précédens, descend obliquement en dehors et au devant de la longue portion du muscle biceps, pour pénétrer dans la portion musculaire à laquelle il est destiné par sa face postérieure, et s’y épanouir en nombreux filets qui se ramifient dans son épaisseur. Sur la planche 67, n° 14 (au lieu de 4 qui s’y trouve), on a échancré les fibres de ce muscle pour faire voir la distribution du nerf dans son intérieur.
(e) Rameau du demi-membraneux. X naît du côté interne du grand nerfsciatique au niveau du bord inférieur du muscle grand fessier, sedirige aussitôt obliquement de haut en bas et en dedans, passe au devant des muscles demi-tendineux et biceps, et pénètre dans le demi-membraneux par son bord externe et au niveau de la partie moyenne ; là il se divise en nombreux filets qui se ramifient dans son épaisseur ; sur la planche 67, il correspond au n° 15, on voit sur le muscle demi-membraneux une échancrure
oblique qui met ses filets à nu.
(F) Rameau du demi-tendineux. Né un peu au-dessous du précédent, du côté interne du nerf sciatique, il descend un peu obliquement de dehors en dedans au devant des muscles biceps et demi-tendineux, et commence à pénétrer dans les fibres de ce dernier, à peu près vers le milieu de la cuisse ; on peut les suivre dans son épaisseur, jusqu’auprès de l'endroit où elles dégénèrent en un tendon long et grêle. Sur la planche 67, on voit ses filets pénétrer dans l'épaisseur de ce muscle coupé transversalement.
(g) Assez souvent, le grand nerf sciatique fournit un rameau au muscle grand adducteur; ce rameau se porte d’arrière en avant, puis de dehors en dedans, et pénètre dans ce muscle par son bord interne.
Les nerfs articulaires naissent aussi souvent des nerfs poplité externe et interne que du tronc sciatique ; nous y reviendrons
plus loin.
Branches terminales du grand nerf sciatique.
1° Nerf poplité externe.
Le nerf poplité externe qu’on appelle aussi nerf péronier, est
assez petit, proportionnellement à l’interne, c'est à peine s’il égale la moitié de son volume. Lorqu'une fois ila quitté le grand nerf sciatique, il se dirige obliquement de haut en bas et de dedans en dehors le long du bord interne de la partie inférieure du muscle biceps, derrière le condyle interne du fémur et le muscle jumeau externe dont il croise la direction, croise aussi l'extrémité du soléaire, se contourne d’arrière en avant et parvient au-dessous de la tête du péroné, immédiatement audessous de l'insertion du muscle biceps, et se divise en ce point en trois où quatre branches terminales sur lesquelles nous re: viendrons bientôt (#. pl. 69 et 70).
Branches collatérales du poplité externe.
Depuis son origine jusqu’au niveau de la tête du péroné, le nerf poplité externe fournit plusieurs rameaux qui sont d’abord un rameau articulaire, puis le nerf saphène externe ou péronier, et la branche cutanée péronière postérieure.
(a) Rameau articulaire. I] se porte vérticalément en bas au milieu du tissu adipeux entre le fémur et l’extrémité inférieuré du biceps et gagne le côté externe de l'articulation; parvenu au-dessus du condyÿle externe, il se divise en plusieurs filets qui traversent la couche fibreuse, et se perdent sur la partie éxterne des articulations fémoro et péronéo-tibiale, quelques-uns se por-
tent en dehors de la rotule.
(b) Werf saphène postérieur où péronier. XI] naît dans la partié supérieure du creux du jartet, descend verticalement sous l'aponévrose entre les deux nerfs poplités ; parvenu au niveau de l'ex: trémité supérieure des muscles jumeaux, il se place dans ja direction de la veine saphène externe, et continue à descendre sous l’aponévrose jusque vers le milieu de la jambe; là, il perce l’aponévrose , s’accoie au côté externe de la veine saphène externe, longe avec elle le bord externe du tendon d’Achille, et se divise , au niveau de la malléole externe et derrière elle, en plusieurs rameaux terminaux qui se jettent sur la face postérieure du calcanénm et sur le côté externe du pied, et se ramifient dans la peau qui recouvre ces parties. Pour bien suivre le trajet de ce nerf, il faut voir les planches 69 et 70, n°1, 2, 3,4e 6, et surtout la planche 68, lettre M, 29M, 30M, 31, 32, 33. Sur cette planche, on a ouvert l'aponévrose sous laquelle le nerf descendait jusqu’au point où il la perce. Dans quelques cas, ce nerf, au lieu de rester toujours au côté externe de la veine, passe au devant d’elle , se place à son côté interne au niveau du point où commence le tendon d’Achille, marche ainsi jusqu’au-dessus de la malléole, et revient au côté interne de la veine pour se diviser comme nous l’avons dit précédemment. C'était ce qui avait lieu sur le sujet modèle de la planche 68.
Dans son trajet, le nerf saphène péronier donne beaucoup de filets cutanés. Sur le sujet de la planche 68, deux filets correspondant vis-à-vis du n° 29 M passaient sur la face postérieure de la véine, et allaient s’anastomoser avec le petit sciatique qui côtoie le côté interne de la veine saphène externe. En dehors, il reçoit quelques filets de la branche cutanée péronière, et entre autres, un assez volumineux et très long, qui sur la planche 68 correspond au n° 36 ; il marche de haut en bas et de dehors en dedans, et se termine par deux rameaux au nerf
en question. ; Parmi les rameaux terminaux, nous trouvons d’abord les’
rameaux calcaniens. De ces rameaux calcaniens, le plus interne contourne de dehors en dedans la face postérieure du calcanéum, et les autres descendent verticalement en bas. Tous se réfléchissent sur sa face inférieure et se terminent dans la peau du talon. Sur la planche 70, ils correspondent aux n° sou et 5, et sur la planche 68, au n° 51.
Le rameau pédieux est la véritable continuation du tronc principal. Après avoir fourni les rameaux calcaniens, il se contourne au-dessous de la malléole externe, se réfléchit d’arrière en avant, devient presque horizontal, et marche d’abord en suivant la direction du tendon du long péronier latéral , et puis en côtoyant le bord externe du pied jusqu’à l’extrémité du petit doigt, dont il forme le nerf collatéral externe. Dans ce trajet, il émet des rameaux internes et des rameaux externes. Parmi les rameaux internes, nous trouvons : 1° les rameaux cutanés qu'il envoie sur le tarse (». pl. 71, n° 19 et 70, en face du n° 5). Ces rameaux, très petits, se perdent dans la peau du coude-pied. 2° Un ramean cutané du dos du pied, qui se sépare du tronc principal un peu au-dessous du précédent, marche obliquement de dehors en dedans et d’arrière en avant, et vient s’anastomoser avec le rameau externe de la branche postérieure du nerf musculo-cutané péronier (v. pl. 71, n°16). 3° Un peu plus en avant, un autre rameau cutané du dos du pied, dont la disposition n’est pas constante ; ainsi, tantôt il se dirige d’arrière en avant, de dehors en dedans , et va s’anastomoser avec le rameau externe de la branche postérieure du nerf musculo-cutané péronier, comme cela avait lieu, planche 70, n° 7, pour le fortifier; tantôt, au contraire , il s'arrête au milieu de l’espace compris entre les deux derniers métatarsiens, suit cet espace jusqu’à la commissure des orteils, et se partage en deux rameaux dont l’un longe le côté externe du quatrième orteil et l’autre le côté interne du cinquième. C'était ce qui avait lieu sur le sujet modèle de la planche 71. Dans son trajet, ce rameau recevait un filet de communication du rameau externe de la branche postérieure du nerf musculo-cutané péronier.
Dans l’un et l’autre cas, le second rameau cutané du dos du pied, de même que le premier, donne un grand nombre de filets qui se ramifient dans la peau de la région, et les rameaux collatéraux des orteils fournissent, en dedans et en dehors, de nombreux filets qui s’anastomosent en arcade sur le dos des doigts du pied avec ceux du côté opposé , et sur les côtés des doigts, avec ceux qui viennent de leur face plantaire, exactement comme à la main. Les rameaux externes , assez gros, se dirigent aussi obliquement en dehors et en avant, contournent la plante du pied , et se terminent, en se divisant en de nombreux filets , dans la peau du côté externe du dos et de la plante du pied.
Variétés. Le nerf saphène péronier présente beaucoup de variétés ; dans quelques cas, il s’épanouit au niveau de la partie inférieure du tendon d'Achille, sur le côté externe du calcanéum, et donne seulement quelques rameaux calcanéens et malléolaires, tandis que les rameaux de la face externe du pied, les collatéraux du cinquième orteil et le nerf collatéral externe du quatrième sont fournis par le nerf saphène tibial ou externe, comme nous le verrons en parlant de ce nerf. Dans la description que M. Cruveilhier en donne (Anat., t. ur, p. 865), il adopte cette dernière variété eten signale quelques autres; une des plus importantes à noter, est celle dans laquelle, le saphène péronier et le saphène tibial se réanissent au creux du jarret, en un seul
NERFS RACHIDIENS.
tronc, dont la distribution représente la distribution collective des deux nerfs. Le plus souvent ces deux nerfs marchent parallèlement jusqu’au bord externe du tendon d’Achille, et se réunissent pour se distribuer ensuite comme je l’ai indiqué.
(c) Nerf cutané péronier postérieur. I tire son origine de la partie externe et supérieure du nerf poplité externe, descend verticalement sous l’'aponévrose, en croisant ce dernier nerf, passe sur la face postérieure du jumeau externe, perce l’aponévrose au niveau de l'extrémité supérieure du péroné, et continue à descendre verticalement sous la peau, le long du bord externe du muscle soléaire, en suivant la direction de cet os jusque auprès de la malléole externe. Dans son trajet, ce nerf fournit des rameaux antérieurs et des rameaux postérieurs. Parmi les rameaux antérieurs, le plus supérieur de tous s’en sépare au niveau de la tte du péroné, se réfléchit de bas en haut sous la peau, et vient s’anastomoser au-dessous de la rotule avec le nerf cutané de la cuisse et du saphène interne. Les autres rameaux antérieurs descendent sur la faceexterne du mollet et des muscles péroniers, et se ramifient dans la peau de la partie externe de la jambe.
Les rameaux internes qui sont très nombreux, descendent obliquement en dedans, et se ramifient dans la peau du mollet; un d’eux, plus volumineux et plus long que les autres, prend naissance vers la partie moyenne de la jambe, descend obliquement sur la face postérieure du tendon d'Achille, il se divise en deux filets qui s’anastomosent avec le saphène péronier.
Branches terminales du nerf poplité externe (v. pl. 69-D).
Ces branches sont au nombre de trois, savoir : la branche du muscle jambier antérieur, la branche musculo-cutanée ou péronière externe, et la branche tibiale antérieure ou inter-osseuse.
1° Branche du muscle jambier antérieur. Cette branche se détache du tronc commun, au niveau de l’extrémité supérieure du péroné (v. pl. 69, fig. 1°, n° 17); elle est quelquefois double. Aussitôt après sa naissance, elle se dirige transversalement en dedans, derrière le grand extenseur commun des orteils, ets’enfonce dans l’épaisseur du muscle jambier antérieur, où il sedivise en deux ou trois rameaux qui se répandent dans ses fibres. Le supérieur se réfléchit de bas en haut, et envoie quelques rameaux à l'articulation péronéo-tibiale.
2° Branche musculo-cutanée ou péronière externe. C’estle nert prétibio-digital de Chaussier, et le peroneus externus de Sæmmering. Comme le nom l'indique, ce nerf est à la fois destiné aux muscles de la région externe de la jambe, et aux tégumens du dos du pied. Sur les planches 69 et 70, il correspond à la lettre F. Peu après son origine, nous l'avons toujours rencontré se divisant en deux branches secondaires, que nous avons désignées par les noms de branche postérieure et branche antérieure musculo-
cutanée.
a. La branche musculo-cutanée postérieure, située sous l’aponévrose, se porte d’abord un peu obliquement d’arrière en avant et de haut en bas, puis verticalement en bas, traverse les fibres du muscle long péronier latéral, se place entre celui-ci et le petit péronier latéral, et descend ainsi jusqu’à quelques centimètres au-dessus de la malléole externe, perce l’aponévrose, passe au
devant-du ligament annulaire du tarse et de l'articulation tibiotarsienne et parvient sur le dos du pied; là, il se place dans la direction du troisième espace interosseux, marche d'arrière en avant, et se divise bientôt en deux rameaux, dont l’un se dirige le long du bord interne, et l’autre, le long du bord externe du troisième orteil. Comme ce nerf se confond souvent avec le suivant, nous décrirons leurs rameaux en même temps.
(b) La branche musculo-cutanée antérieure qui souvent se confond avec la précédente, descend de même verticalement, et presque parallèlement à la musculo-cutanée postérieure ; dans son trajet, elle se place sous l’aponévrose, dans l’interstice des muscles long péronier latéral et grand extenseur commun des orteils; parvenue vers le tiers inférieur de la jambe, elle perce l’aponévrose, continue à se diriger le long du bord externe du long extenseur commun, jusqu’au niveau du ligament annulaire du tarse et de l'articulation; là, elle croise le tendon de ce muscle, se place en dehors de l’extenseur du gros orteil, et parvenue sur le dos du pied, elle se divise en trois rameaux principaux, qui se terminent en donnant naissance aux nerfs collaté raux des orteils.
M. Cruveilhier fait observer qu’il n’est pas rare de voir le nerf musculo-cutané se bifurquer au moment où il se dégage de dessous l’aponévrose jambière, et d'observer la réunion de ses deux branches de bifurcation au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, de manière à former une figure allongée; nous avons observé cette bifurcation ; elle existe sur le sujet modèle de la planche 71, et correspond au n°4.
Rameaux fournis par les deux branches musculo-cutanées péronières. a. Rameaux des péroniers. Il y en a ordinairement deux, ils naissent à peu près du même point, à quelques centimètres de l’origine des troncs principaux, descendent sur la face interne des péroniers, et s2 divisent en plusieurs filets qui pénètrent dans leur épaisseur (v. pl. 70, n° 15). b. Rameau du jambier antérieur, et de l'extenseur. I est moins volumineux que les précédents, naît beaucoup plus bas qu’eux et se termine dans les muscles que je viens d'indiquer. c. Rameau malléolaire externe. 11 se détache de la branche musculo-cutanée postérieure, un peu au-dessus de la malléole externe, se porte entre cette malléole et la peau, et se divise en plusieurs filets qui se répandent dans les tégumens et s’anastomosent avec des filets malléolaires, fournis par le saphène postérieur ou péronier. d. AÆameaux cutanés tarsiens. Is sont au nombre de deux, le prenier est fourni par la branche musculo-cutanée antérieure, il s’en détache à la même hauteur que le précédent, donne quelques filets qui se répandent dans la partie inférieure du muscle extenseur commun des orteils, descend entre la peau et le ligament annulaire du tarse sur le dos du pied, donne quelques filets au muscle pédieux, au muscle inter-osseux du second espace, et se ramifie dans la peau du dos du pied. — Le second rameau de la branche musculo-cutanée postérieure, s’en détache au niveau de la malléole externe, donne un ou deux filets au muscle pédieux, et se termine dans la peau.
Branches terminales.
Arrivée sur le dos du pied, la branche musculo cutanée postérieure marche d’arrière en avant, dansle troisième espace interosseux, s’anastomose dans son trajet avec deux rameaux du sa-
phène péronier (>. pl. 70) pour former la branche des orteils qui se divise elle-même en deux rameaux, l’un qui gagne le côté interne du quatrième orteil, et l’autre le côté externe du troisième, Tous les deux vont jusqu’à l'extrémité de ces orteils et s'anastomosent par arcade avec les rameaux collatéraux du côté opposé (v. pl. 69, n° 20, pl. 68, F, pl. 71, G).
La branche musculo-cutanée antérieure, parvenue au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, se divise en trois rameaux. Sur la planche 68, cette division correspond au n° 13, et sur la planche 69, au n° 26. On désigne ces rameaux sous les noms d’externe, de moyen et d’interne. a. Le rameau externe correspond à la lettre E de la planche 71, il marche directement d’arrière en avant sous la peau, dans la direction du second espace interosseux, et se divise tout près de la commissure du second et du troisième orteil en rameau collatéral interne du troisième et en rameau collatéral externe du second ; dans son trajet sur le dos du pied, ce nerf donne beaucoup de filets cutanés, ces filets deviennent plus nombreux à mesure qu’on s'approche des doigts. Quant aux rameaux collatéraux, ils arrivent jusqu’à l'extrémité des doigts auxquels ils sont destinés, et fournissent des filets latéraux qui s'unissent en arcade à convexité antérieure avec les filets des rameaux du côté opposé; ces arcades ont lieu sur le dos et sur le côté des phalanges. b. Rameau moyen. Sur la planche 71, ce rameau correspond à la lettre D, son volume était à peine la moitié de celui des deux autres, il marche d'arrière en avant, en côtoyant le bord externe du gros orteil, et se divise en deux, l’un qui se dirige en dehors et en avent, et va s’anastomoser avec le rameau de la troisième branche digitale dont nous venons de parler (v. pl. 71, n° 10), et l’autre qui continue son trajet le long du côté externe du premier métatarsien, et se confond un peu an-dessus de la commissure des deux premiers orteils avec un rameau de la branche de terminaison du nerf tibial antérieur. Ici, comme on le voit, ce rameau se termine sur le dos du pied et ne fournit point de rameaux collatéraux au premier et au second orteil, c’est là en effet ce qui arrive très souvent, alorsilest remplacé parlerameau terminal du nerf tibial antérieur avec lequel il s’anastomose, et c’est ce nerf venant du tibial antérieur qui fournit les deux rameaux collatéraux interne du deuxième orteil, et externe du troisième orteil (e. pl. 71, n® 13 et 14).
c. Rameau interne. Sur la planche 71, il correspond à la lettre C, et au n° 19 sur la planche 68. Immédiatement après sa séparation de la branche principale, il se dirige obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans, atteint le côté interne du premier os métatarsien un peu au-dessus ou un peu au-dessous de son articulation avec le premier os cunéiforme , et le côtoie jusqu’à l'extrémité du gros orteil, dont il forme le rameau collatéral interne dorsal. Ce nerf étant placé très superficiellement au niveau de l’articulation métatarso-phalangienne, y est soumis à une pression à laquelle on attribue son augnrentation de volume, la teinte grisâtre et les nodosités qu’il présente en cet endroit.
Dans son trajet , il donne et reçoit un grand nombre de filets. D'abord, il reçoit le rameau de bifurcation qui vient du tronc principal, et qui forme avec lui un angle aigu, comme nous l’avons figuré page 67, puis il fournit de nombreux filets cutanés à la face interne du pied; il en fournit aussi par son côté externe, qui vont s'anastomoser avec ceux du rameau moyen. C’est principalement sur la face dorsale du gros orteil que le nombre de ces filets est plus considérable. Tous forment
292 NERES RACHIDIENS.
également de nombreuses ramifications sur le dos des autres orteils. Ces ramifications méritent de nous arrêter un instant. Elles présentent beaucoup d’analogie avec celles des nerfs collatéraux dorsaux des doigts de la main; peut-être même les ramifications fournies par les filets des doigts de pied sont-elles plus nombreuses. Une chose digne de remarque pour le pied, et qui n’est pas aussi évidente pour la main, c’est que, en général, les rameaux collatéraux ne vont pas jusqu’au bout du pied, ils se terminent derrière l’ongle en s’anastomosant ensemble, et leur réunion forme une arcade à convexité antérieure, de laquelle partent une multitude de filets qui se dirigent en arrière et en avant, pénètrent sous l’ongle et viennent jusqu’à l'extrémité de la pulpe des orteils s'anastomoser avec des filets analogues des collatéreux plantaires. En résumé, tous ces filets s’entrecroisant entre eux dans tous les sens, forment sur le dos de chaque orteil un épais réseau. Cette immense quantité de filets nerveux répandus sur le dos du pied, et surtout des orteils, rend parfaitement compte des douleurs que font éprouver les cors ou les durillons développés sur ces organes lorsqu'on les
comprime.
3 Nerf tibial antérieur ou inter-osseux Ce nerf, qui présente à peu près le même volume que le musculo-cutané, naît du tronc poplité externe, entre les deux précédens; il est destiné aux muscles de la région antérieure de la jambe, à ceux de l’espace inter-osseux et au muscle pédieux. Immédiatement après sa séparation du tronc principal , qui se fait au niveau de la tête du péroné, il traverse l'extrémité supérieure des muscles grand péronier et grand extenseur commun des orteils, contourne le bord antérieur et la face interne du péroné, se place sur la face antérieure du ligament inter-osseux, entre le jambier antérieur et l’extenseur commun, en dehors de Partère tibiale antérieure et sur un plan qui lui est un peu antérieur, descend verticalement avec elle jusqu’au milieu de cet espace ; là il se place au devant de l'artère, et plus bas à son côté interne en la croisant très obliquement, et parvientainsi jusqu’au coude-pied en suivant une ligne qui, tracée extérieurement, s’étendrait du côté interne de la tête du péroné jusqu’au milieu de l'espace inter-malléo- Jaire. Dans son trajet le long de la jambe, ce nerf est dans les mêmes rapports que l'artère, c’est-à-dire placé en haut, entre les muscles jambier antérieur et long extenseur commun, et vers Je milieu, entre l’extenseur propre du gros orteil et le jambier antérieur. Parvenu au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, il passe derrière le ligament annulaire du tarse, derrière le tendon de l'extenseur propre du gros orteil, et se divise en deux rameaux. Avant cette division, le nerf tibial antérieur fournit , pendant son trajet, à la jambe deux rameaux très longs : le premier naît en avant, descend entre le jambier antérieur et l’extenseur propre du gros orteil , fournit des filets au premier, et se termine dans le dernier, qui sur la planche 69 est coupé transversalement, pour montrer l'introduction des filets nerveux dans son épaisseur. Le second naît en arrière du tronc principal, plus bas que le précédent, et va se jeter dans l’extenseur commun, après avoir parcouru un assez long trajet. Des rameaux terminaux, l’un est interne et l’autre externe.
(a) Rameau interne. Véritable continuation du tibial antérieur, il se dirige directement d’arrière en avant, dans la même direction que l'artère pédieuse, en suivant le côté externe du tendon de l’extenseur propre, perce l’aponévrose vers le milieu
du dos du pied, suit le premier espace inter-osseux et se divise non loin de la commissure des deux premiers orteils, en deux rameaux qui vont former le collatéral externe du gros orteil et le collatéral interne dorsal du deuxième, ainsi qu'il a été déjà dit. Depuis le point où il perce l’aponévrose pour devenir sous-cutané, le rameau interne et profond du dos du pied recoit et donne plusieurs filets; ainsi il reçoit un ou deux filets venant du rameau moyen de la branche musculo-cutanée antérieure, et il en envoie plusieurs sur le dos du second orteil, et un autre assez considérable , qui se divise dans la peau de la commissure des deux premiers orteils ; les autres vont se terminer dans la peau.
(b) Rameau externe et profond du dos du pied. W se dirige de dedans en dehors et d’arrière en avant, entre le tarse et le muscle pédieux dans lequel il se divise en plusieurs filets qui se perdent dans son épaisseur. Sur la planche 69, ce nerf répond au n° 20 ; on a échancré le muscle pédieux pour montrer ses divisions ; quelques filets s’en détachent au niveau des espaces inter-osseux, pénètrent dans les muscles qui les garnissent , et dans les articulations tarso-métatarsiennes (v. pl. 73, n°1,2,3).
Résumé du nerf poplité externe. D'après la description que nous venons de faire , nous voyons que les nerfs qui émanent du tronc sciatique poplité externe sont destinés au dos du pied à la portion externe de la jambe, limitée en avant par la crête tibiale, et en arrière par une ligne qui diviserait verticalement le mollet en deux parties égales. 1° le saphène postérieur ou péronier fournit à la partie externe du dos du pied, au petit doigt , et au côté externe du quatrième orteil; 2° le cutané péronier postérieur se distribue à la peau de toute la partie externe du mollet, et de la jambe au-dessus de la malléole externe ; 3% Ja branche musculo-cutanée se répand dans la peau et dans les muscles de la gouttière comprise entre le péronée et le tibia, puis sur le dos du pied, où elle fournit le rameau collatéral interne du premier orteil, et une partie de son collatéral externe, qui s’anastomose en anse, avec le ramean dorsal du pied du tibia antérieur; elle fournit encore le collatéral externe du second orteil, les deux collatéraux du troisième, et le collatéral externe du quatrième;’enfin, elle répand denombreux filets dans la peau du dos du pied ; 4° le tibia antérieur, outre qu'il fournit des rameaux aux muscles de la gouttière péronéo-tibiale, en envoie aussi deux au dos du pied, un qui donne les collatéraux externe du gros orteil et interne du deuxième, et des filets à la peau, puis un autre qui se répand dans le muscle pédieux et donne des filets aux inter-osseux.
:2° Nerf sciatique poplité interne ou nerf tibial.
Beaucoup plus volumineux que le tronc sciatique poplité externe, ce nerf paraît être la véritable continuation du grand nerf sciatique, il est destiné aux muscles de la partie postérieure de la jambe et à la peau de la plante du pied. Sur la planche 69, ce nerf correspond à la lettre B, immédiatement après sa séparation d’avec le précédent, le tronc poplité interne se dirige presque verticalement de haut en bas, dans le creux du jarret, au milieu de la graisse qui le remplit entre les deux condyles du fémur, et derrière l'artère et la veine poplitée, dont il est séparé par beaucoup de tissu cellulaire.
Ensuite il descend entre les muscles jumeaux, se place au de-
vant d'eux, derrière l'articulation du genou et le muscle poplité, traverse l’arcade aponévrotique du muscle soléaire, passe au devant de lui et continue à marcher sous le nom de nerf tibial postérieur qui, sur la planche 69, correspond à la lettre C, entre la face antérieure et les muscles jambier postérieur et fléchisseur commun des orteils, contre lesquels il est maintenu appliqué par une aponévrose particulière, qui sépare la couche musculaire superficielle de lacouche profonde, bien décrite par M. Blandin. Il parvient ainsi au bord interne du tendon d’Achille, se place derrière la malléole interne, et de là, sous la voûte du calcanéumn, au-dessus de l’origine de l’adducteur du gros orteil, où il se divise en deux branches terminales qu'on appelle plantaire interne et plantaire externe.
Rapports. Dans son trajet, depuis son origine jusqu’à la voûte du calcanéum, le nerf poplité interne et le tibial postérieur qui lui fait suite, ont des rapports variés. En haut, dans le creux du jarret, le nerf tibial est situé derrière les vaisseaux, et en esl séparé par beaucoup de graisse; plus bas, au devant des muscles jumeaux, il se place derrière et un peu plus en dehors de l'artère, et après avoir franchi l'arcade du soléaire, il conserve cette position, par rapport à l'artère tibiale, jusqu’au moment où il se divise en deux branches ; dans toute cette étendue, il est retenu appliqué contre le muscle profond par l'aponévrose profonde, derrière la malléole interne et sous la voûte calcanéenne, il est maintenu par une gaine fibreuse qui lui est commune avec les vaisseaux tibiaux qui sont placés au devant de lui; ce nerfet ces vaisseaux, ainsi que la gaine qui les environne, sont placés derrière la gaine du tendon du jambier postérieur et du fléchisseur commun, depuis le jarret jusqu’au talon; il fournit des branches collatérales et des branches terminales.
Branches collatérales.
Les unes naissent dans le creux du jarret, et les autres le long de la jambe. Dans le creux du jarret, nous trouvons :
1° Lenerf saphène tibial. On le nomme aussi nerf saphène externe, par opposition au nerf saphène interne fourni par le crural, il est plus considérable que le saphène péronier, quelquefois cependant, c’est celui-ci qui l'emporte, il se sépare du nerf poplité interne, vers le milieu du creux du jarret, de là, il descend verticalement dans l'intervalle qui sépare l’origine des muscles jumeaux, puis entre ces deux muscles, sur leur face postérieure, ou il se place dans le sillon de séparation qui existe entre eux. 11 est maintenu dans ce sillon au moyen de deux petites cloisons aponévrotiques qui, avec l’aponévrose jambière, forment un canal, dans lequel il est logé avec une petite veine et une petite artère, À peu près à l’union du tiers inférieur de la jambe avec le tiers moyen, il devient sous-cutané, longe le côté interne de la veine saphène externe, reçoit du poplité externe des filets de communication provenant du rameau appelé saphène postérieur ou péronier, se place au côté externe du tendon d’Achille, parvient jusqu'aux malléoles, et se termine de deux manières différentes, suivant les sujets : ainsi, tantôt il se termine auprès du talon, par plusieurs filets qui se ramifient dans la peau qui recouvre la région sus-malléolaire externe et celle du talon, tantôt, au lieu de se terminer de cette manière et de s’épuiser ainsi qu'il vient d’être dit, il se
réfléchit derrière la malléole externe et au-dessous d’elle, sur la face externe du calcanéum, et de là, sar le côté externe du dos du pied, où il se comporte encore d'une manière variable.
Chez quelques sujets il fournit le long du dos du pied, des filets collatéraux internes et externes et se termine en formant le nerf collatéral externe du petit doigt; chez le plus grand nombre, il se divise sur le dos du pied en deux rameaux, l’un qui forme le perf collatéral externe du cinquième orteil, et l’autre qui marche obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans, s’adjoint chemin faisant un rameau venant de la branche musculo-cutanée péronière, et se divise avant d’arriver à la commissure des deux derniers orteils, en deux rameaux, qui sont le collatéral interne du petit doigt, et le collatéral externe du quatrième orteil.
En définitive, ces variétés se résument ainsi : Ce nerf s'arrête quelquefois au-dessous de la malléole en se terminant par des filets calcaniens, et alors le saphène péronier le continue sur le dos du pied pour fournir les rameaux collatéraux interne et externe du petit orteil, et externe du quatrième; d’autres fois le saphène péronier et le saphène externe se confondent en un seul nerf, dont la distribution représente la distribution collective des deux nerfs qui lui ont donné naissance.
Dans son trajet le long de la jambe, le nerf saphène externe ne fournit, pour ainsi dire, que des filets insignifiants, il y en a un assez grand nombre qui s'engagent sous le tendon d’Achille, et peuvent être suivis très loin dans sa gaîne celluleuse qui l'entoure.
2° Les nerfs des muscles jumeaux et du soléaire. Le nerf du jumeau interne naît souvent par un tronc commun avec le nerf saphène externe en dedans du tronc poplité interne, de là il descend obliquement sur la face antérieure du muscle jumeau interne et se divise en plusieurs filets assez volumineux, avant de pénétrer dans son épaisseur; en ce point, ils se divisent de nouveau et se distribuent à ses fibres. Sur la planche 69 il correspond au n° 1. On aperçoit ses filets dans la coupe transversale du muscle. Le nerf du jumeau externe et du so léaire naissent souvent aussi du même tronc, en dehors du poplité externe vis-à-vis du précédent. En passant au devant du jumeau externe, ce nerf lui abandonne plusieurs filets, puis, il continue à descendre au devant de lui, arrive sur la face posté rieure du muscle soléaire, tout auprès de son arcade aponévro tique et s'épanouit en nombreux filets, en pénétrant dans son épaisseur. Sur la planche 69, fig. 2, on voit ces filets traverser les fibres du soléaire à travers la coupe transversale qui est représentée sur la figure.
3 Rameaux articulaires et du muscle poplité. Ces rameaux sont représentés sur la planche 73, fig. 5; sur cette figure, aux lettres a et b, correspond le nerf poplité interne d’où émanent, en face des n° 1 et 2, de nombreux filets qui vont se rendre au ligament postérieur de l'articulation tibio-fémorale. Ces rameaux articulaires viennent dans ce cas du rameau du muscle poplité qui nait lui-même, du côté interne du tronc principal, descend verticalement, donne chemin faisant beaucoup de rameaux articulaires et va se terminer dans le muscle poplité dans lequel on voit pénétrer ses filets par une échancrure qui à été pratiquée
294 NERFS RACHIDIENS.
4° Nerf du plantaire gréle. H nait du côté externe du poplité nterne et correspond, sur la planche 73, fig. 5, au n° 3. Dans son trajet qui est très court, il donne quelques filets à la partie postérieure de l'articulation, et se termine dans le petit muscle plantaire grêle qui est échancré dans la planche 73 pour montrer ses filets.
Parmi les branches qui naissent du nerf poplité externe le long de la jambe, il y a :
1° Le rameau du muscle long fléchisseur commun des orteils, qui correspond au n° 4 sur la planche 69, fig. 2° se détache de la partie interne du nerf tibial postérieur un peu au-dessous de l'arcade aponévrotique du muscle soléaire, descend le long de la face postérieure du muscle fléchisseur commun, et répand à diverses hauteurs, des filets dans son épaisseur.
2° Un rameau du jambier postérieur qui correspond au n° 6 de la même figure, naît vers le tiers inférieur de la jambe, et se divise dans ce muscle le long de sa face postérieure.
3° Un autre rameau qui naît au-dessus du muscle soléaire, traverse son arcade aponévrotique, et se répand dans la partie supérieure du zruscle jambier postérieur.
4° Un quatrième rameau, qui appartient à l’extenseur propre du gros orteil, naît à quelques centimètres au-dessous de l’arcade du soléaire du côté externe du nerf tibial postérieur, descend verticalementsur la face postérieure de ce muscle, jusqu’auprès du talon et lui donne tout le long de son trajet un grand nombre de filets qui pénètrent dans son épaisseur, dans toute sa longueur. Ce muscle présente, çà et là, sur la planche 60, des échancrures qui montrent ces filets à découvert. Ce nerf est le plus gros de ceux que nous venons de décrire, il accompagne l'artère péronière jusqu’à la partie inférieure de la jambe et correspond au n° b, fig. 2.
5° Un {let articulaire tibio-tarsien indiqué par le n° 7 sur la planche 69, se détache du côté externe du nerf tibial postérieur, croise l’extrémité inférieure de l’extenseur propre du gros orteil, et se divise en deux filets, qui se répandent dans le ligament postérieur de l'articulation tibio-tarsienne.
6° Filet calcanien tout à fait à sa partie inférieure, et près du point où il s'engage sous la voûte calcanienne. Le nerf tibial posterieur donne naissance à deux filets qui se détachent de son côté externe et se portent sous le talon pour se répandre dans la peau qui le tapisse. Sur la planche 72, ces rameaux répondent au n° 33.
Branches terminales du sciatique poplité interne.
1° Première branche, nerf plantaire interne. X] est plus gros que le plantaire externe dont il se sépare à angle aigu, sous la voûte calcanienne et derrière la malléole interne. Sur la planche 72 le tronc commun correspond à la lettre A et le plantaire interne à la lettre B. Situé à son origine au devant des vaisseaux tibiaux, il est contenu avec eux dans une coulisse au devant de laquelle il y en a une autre qui contient les tendons des muscles. Une toile fibreuse unie aux deux bords de la coulisse osseuse, sert à la convertir en canal et à protéger les deux branches plantaires. Devenu horizontal, le nerf plantaire interne se dirige un peu obliquement d’arrière en avant et de dedans en dehors, au-
dessus de l'abducteur du gros orteil et parallèlement au tendon deson long fléchisseur, jusque vers le tiers postérieur ou le milieu de la plante du pied, et se divise en quatre branches sur lesquelles nous allons bientôt revenir. Dans son trajet, depuis son origine jusqu’à sa division, il fournit plusieurs rameaux, les uns musculaires et les autres cutanés. 1° En dedans et près de son origine, se détache le rameau de la partie postérieure du muscle adducteur du gros orteil. Ce rameau répond au n° 1 sur la planche 72; 2° Rameau du court fléchisseur commun des orteils. Il naît du côté externe du nerf plantaire interne, tantôt par un seul, tantôt par deux rameaux qui pénètrent immédiatement dans l'épaisseur du muscle court fléchisseur commun, et s’y divisent en quatre ou cinq filets qui se répandent au milieu de ses fibres ; 3° Le nerf cutané plantaire sort entre le court fléchisseur du gros orteil et le court fléchisseur commun, et se divise en deux filets dont l’un se dirige en arrière et l’autre en avant.
Les rameaux terminaux du plantaire interne sont au nombre de quatre :
Premier rameau interne, appelé nerf collatéral interne plantaire du gros orteil. 1 se détache du nerf plantaire interne beaucoup plus en arrière que les autres dont il est séparé par le tendon du long fléchisseur propre du gros orteil. Il se dirige en avant et en dedans sur la face inférieure du muscle adducteur du gros orteil, passe sous l'articulation métatarso-phalangienne entre les deux os sésamoïdes, puis il longe la face inférieure du gros orteil, tout près de son bord interne, et se termine à son extrémité. Sur la planche 72, il correspond aux n*3 et 6. Dans son trajet, il fournit un grand nombre de filets ; les uns se dirigent en dedans et se répandent dans le muscle adducteur du gros orteil, et dans la peau de la partie interne et du dos du pied, en s’anastomosant avec les filets internes du collatéral interne dorsal du gros orteil. Les autres se dirigent en dehors. Parmi ceux-ci, il y en a un très long indiqué par le n° à sur la planche 72; il croise le tendon du long fléchisseur, et se termine par un filet qui s’anastomose au-dessous du tendon du long fléchisseur avec un autre filet interne qui naît plus bas que celui-ci. Parmi les autres filets, plusieurs se jettent dans le muscle adducteur, et d’autres croisent le tendon du long fléchisseur et s’anastomosent sur le bord interne du gros or: teil avec ceux qui viennent du collatéral externe.
>arvenu au gros orteil, le nerf collatéral interne du gros orteil se divise en un grand nombre de filets dont les uns se ramifient dans la peau qui tapisse la face inférieure du gros orteil, et dont les autres montent sur la face dorsale et s’anastomosent sous l’ongle et sur le bord interne de l’orteil avec ceux qui viennent du collatéral interne dorsal.
Deuxième rameau. W se sépare du tronc principal un peu plus en avant que le précédent, et au niveau du bord externe du tendon du long fléchisseur des orteils, longe le bord externe de ce tendon, parvient au niveau des articulations métatarsophalangiennes des deux premiers orteils, à travers une arcade aponévrotique en passant aussi les vaisseaux, et se divise en deux rameaux secondaires qui forment le nerf collatéral externe du gros orteil, et le collatéral interne du second orteil. Dans son trajet, il donne de nombreux filets au petit fléchisseur du gros orteiletau premier lombrical ; il répond au n° 8, sur la planche 72, et sur la planche 73 on voit pénétrer son filet lombrical dans le muscle coupé en travers ; cette branche donne aussi plusieurs
filets articulaires, pour l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil, puis ses rameaux terminaux en fournissent encore un grand nombre, qui s’anastomosent sous cel orteil, avec ceux du côté opposé, en y formant des arcades à convexité antérieure et un réseau très serré.
Troisième rameau. | se dirige d’arrière en avant, sur la face inférieure du muscle court fléchisseur commun des orteils, se place dans le second espace inter-osseux, sur la face inférieure du second muscle lombrical, parvient au niveau des articulations métatarso-phalangiennes du deuxième et du troisième orteil, et se divise en deux rameaux secondaires, dont l’un va au côté externe du second orteil, et l’autre au côté interne du troisième, et forment leur nerf collatéral; ils se comportent exactement comme les précédens et rendent inutile une description spéciale. Dans son trajet, le troisième rameau du plantaire interne fournit beaucoup de filets, savoir : un ou deux au muscle court fléchisseur des orteils, un au second lombrical et quelques filets articulaires à l'articulation métatarso-phalangienne du deuxième orteil.
Quatrième rameau. C’est le nerf le plus externe du plantaire interne; il se sépare du précédent à angletrèsaigu, croise la face inférieure des deux premières parties du muscle court fléchisseur, parvient dans le troisième espace inter-osseux, passe au niveau des articulations tarso-métatarsiennes du troisième et du quatrième orteil, et se divise en rameau collatéral externe du troisième orteil, et en collatéral interne du quatrième.
Dans son trajet ce rameau fournit un filetqui passe sur la face inférieure du muscle court fléchisseur commun, et s’anastomose en arcade avec la branche interne du nerf plantaire externe. Plus bas elle donne un filet au troisième lombrical, deux filets aux articulations métatarso-phalangiennes des troisième et quatrième orteil, et un grand nombre quise portent dans la peau.
Deuxième branche ; nerf plantare externe. Moins gros que le précédent, et placé comme lui dans la gouttière qui se trouve sous la voûte du calcanéum , il se dirige obliquement d’arrière en avant et de dedans en dehors, entre le muscle court fléchisseur des orteils et l’accessoire du long fléchisseur, jusqu'au tiers postérieur et externe du pied, où il se divise en deux rameaux, l’un superficiel et l’autre profond. Sur la planche 72, on voit ce nerf à travers une échancrure qui a été pratiquée aux fibres du muscle court fléchisseur commun. Avant sa division, le nerf plantaire fournit plusieurs rameaux collatéraux. 1° Le plus volumineux est le rameau du muscle abducteur du petit orteil; il se détache du tronc principal tout près de son origine, se dirige presque transversalement sous la partie postérieure du muscle court fléchisseur commun, pénètre dans l’épaisseur de l’abducteur du petit orteil par son bord interne, et s’y divise en trois ou
Lo
quatre rameaux (v. pl. 73, fig. 7, n° 11, etpl. 72, n° 31). — 2° Rameaux du muscle accessoire du long fléchisseur commun. Au nombre de deux ou trois, ils répondent sur la planche 73, fig. 7, aux n% 6, 6, ils naissent du côté externe, et du côté interne du nerf plantaire externe; celui qui naît du côté interne est très volumineux; ils envoient quelques filets aux ligamens inférieurs des
articulations tarsiennes.
Branches terminales. W y en a deux, une superficielle et l’autre profonde.
T. III
1° Branche superficielle. Elle fait suite au nerf plantaire externe et se divise presque immédiatement en deux rameaux, l’un interne et l’autre externe.
(a) Rameau externe. se dirige obliquement en avant et en dehors, dans la ligne de séparation du muscle court fléchisseur commun des orteils et court fléchisseur du petit orteil, puis, sur la face inférieure de ce muscle, gagne le côté externe de l’articulation métatarso-phalangienne, et va se terminer à l'extrémité du petit orteil en côtoyant son bord externe ; il forme son nerf collatéral externe, qui s’anastomose avec celui du côté opposé dans la pulpe du doigt.
Tout le long de son trajet, ce nerf fournit par son côté externe un grand nombre de filets dont les uns se perdent dans la peau du bord externe du pied, en s’anastomosant avec des filets qui viennent du saphène externe, et dont les autres se perdent dans le muscle court fléchisseur du petit orteil, il donne aussi par son côté interne quelques filets qui se répandent dans les muscles inter-osseux du quatrième espace et d’autres qui vont aux articulations; enfin il reçoit un rameau anastomotique du rameau interne.
(b) Rameau interne. {| se dirige comme le précédent, d’arrière en avant et en dehors, mais moins obliquement que lui, côtoie le côté externe de la troisième portion du court fléchisseur des orteils, se dévie un peu en dehors, puis revient en dedans de façon à décrire une courbe dont la concavité regarde en dedans et en avant, croise la face inférieure du quatrième lombrical, et se divise en deux rameaux, l’un qui côtoie le côté interne du petit orteil dont il forme le collatéral interne, et l’autre le côté externe du quatrième orteil dont il est le nerf collatéral externe.
En dehors il fournit un rameau qui s’anastomose avec le précédent, en dedans, il en donne un autre qui s’anastomose par arcade avec le rameau externe du nerf plantaire interne (+. pl. 72, n° 19). Cette arcade fournit quelques filets assez forts au court fléchisseur commun, deux ou trois autres se jettent dans le quatrième lombrical, les inter-osseuix du quatrième espace, et les ligamens articulaires.
2° Branche profonde. Elle naît de la partie postérieure de la branche plantaire externe, se dirige d’arrière en avant et de bas en haut, au-dessus du muscle accessoire du long fléchisseur ; après un trajet assez long, il se réfléchit de dehors en dedans, en formant une arcade dont la concavité regarde en dedans et en arrière et la convexité en dehors et en avant, puis il pénètre, avec l'artère plantaire externe, entre le muscle inter-osseux et l'abducteur oblique du gros orteil, dans lequel il se termine.
Dans son trajet, cette branche profonde (v. pl. 73, fig. 7, n* 7,9et 10, et pl. 72, n° 32) fournit beaucoup de filets : 1° félets articulaires, les articulations métatarsiennes et tarso-métatarsiennes en recoivent chacune plusieurs ; 2° elle donne à l’abducteur oblique du gros orteil, plusieurs rameaux qui, sur la figure 7 de la planche 73, répondent au n° 7; 3° les muscles inter-osseux des trois premiers espaces et le transverse des orteils, reçoivent deux forts rameaux qui, sur la planche sus-indiquée, se voient aux n® 8 et 9. Le rameau n°9 fournit en outre le filet du troisième lombrical ; 4° au n° 10 répondent deux filets de terminaison qui fournissent aux inter-osseux du quatrième espace, et le filet du quatrième lombrical.
296 NERFS RACHIDIENS.
Résumé du nerf poplité externe.”
D’après la description que nous avons faite de cette grosse branche nerveuse, nous voyons qu'elle est destinée aux muscles de la partie postérieure de la jambe un peu à la peau de la partie inférieure à celle du côté externe du dos du pied et à celle dutalon, puis enfin à la peau etaux muscles de la plante du pied. Ainsi : r°le saphène externe donne à la peau de la partie postérieure et inférieure de la jambe, à celle du talon, et presque toujours à celle du côté externe du dos du pied quand il n’est pas suppléé par le nerf saphène péronier; 2° des filets spéciaux naissent en dehors et en dedans du poplité interne, et à diverses hauteurs sont destinés aux muscles jumeaux, et au soléaire, à la partie postérieure de l’articulation du genou, au muscle poplité et au plantaire grêle.
A la jambe, le nerftibial postérieur donne des rameaux au muscle long fléchisseur commun des orteils, au jambier postérieur, à l’extenseur propre du gros orteil, à l'articulation tibiotarsienne et à la peau du talon, puis il se termine par les deux branches plantaires.
Le nerf plantaire interne donne des rameaux au muscle adducteur du gros orteil, au court fléchisseur des orteils et à la peau, puisil se termine par quatre rameaux ; un interne, qui fournit le collatéral interne du gros orteil et à la peau du bord interne du pied; deux moyens, qui fournissent le collatéral externe
du gros orteil, les collatéraux interne et externe du deuxième orteil et le collatéral interne du troisième. Ils donnent aussi des filets au premier et au deuxième muscle lombrical, au court fléchisseur, et aux articulations tarso-métatarsiennes. Le quatrième rameau fournit le collatéral externe du troisième et le collatéral interne du quatrième orteil; il donne encore un filet au troisième lombrical et deux filets aux articulations métatarso-phalangiennes.
Le nerf plantaire externe donne un rameau au muscle adducteur du petit orteil, et un rameau à l’accessoire du long fléchisseur commun et se termine par une branche superficielle et une branche profonde. La branche superficielle fournit deux rameaux, l’externe forme le collatéral externe du petit orteil, il donne des rameaux à la peau du côté externe du pied, l’interne se divise en deux rameaux, un qui côtoie le côté interne du petit orteil, c’est son collatéral interne, et l’autre qui suit le bord externe du quatrième et forme son collatéral externe. Il fournit un rameau qui s’anastomose par arcade avec le rameau externe du nerf plantaire interne ; il donne au quatrième lombrical, aux inter-osseux du quatrième espace et aux ligamens articulaires. Enfin, la branche profonde donne des filets articulaires, des filets à l’abducteur oblique du gros orteil, anx inter-osseux des trois premiers espaces, au transverse des orteils, et enfin le filet des troisième et quatrième lombricaux et du quatrième
muscle inter-osseux.