‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 87 sur 407 · SYSTÈME NERVEUX GANGLIONNAIRE · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX GANGLIONNAIRE

OÙ NERF GRAND SYMPATHIQUE

Le système nerveux ganglionnaire situé dans les cavités splanchniques, est plus spécialement destiné aux organes viscéraux, ce qui lui a valu le nom de nerf tri-splanchnique. I communique par des anastomoses très multipliées avec le système nerveux cérébro-spinal et, comme on croyait que c'était à l’aide de ces communications, que s’établissent les sympathies entre les diverses parties du corps, on avait donné le nom de nerf grand sympathique à l’ensemble du système nerveux ganglionnaire qui paraissait destiné à établir ces relations entre les systèmes nerveux des divers organes de l’économie. Les noms de système nerveux végétatif où de la vie organique, indiquent que ces nerfs ganglionnaires se distribuent à des organes non soumis à la volonté et présidant surtout aux fonctions chimiques de la vie nutritive.

Le grand sympathique est constitué par deux séries de ganglions nerveux qui, placés en avant et sur les parties latérales de la colonne vertébrale s'étendent depuis la base du crane jusqu’au coccyx. Ces deux grandes chaïnes ganglionnaires constituent deux lignes courbes à concavité interne, se joignant par la partie inférieure et séparées par leur extrémité supérieure, à moins qu’on n’admette, comme nous le dirons plus loin, que le corps pituitaire soit un ganglion central destiné à servir d'union entre les extrémités céphaliques du grand sympathique.

Tous les ganglions qui composent le cordon du grand sympathique communiquent les uns avec les autres, au moyen de filamens nerveux qu'ils s’envoient réciproquement. Mais en même temps , les ganglions fournissent d’autres filets par leur côté interne, pour aller former les plexus viscéraux, et par leur côté externe, pour aller s’anastomoser avec les nerfs cérébrorachidiens. De sorte qu’on doit distinguer trois ordres de filets nerveux sympathiques en rapport avec chaque ganglion : 1° filets de communication entre les ganglions; 2° filets externes de communication avec les nerfs cérébro-rachidiens ; 3° filets internes de communication avec les plexus viscéraux. Quelques anatomistes ont appelé jets afférens les filets externes, et lets efférens les filets internes, voulant exprimer par là l'opinion qui considère les premiers comme des sortes de racines nerveuses , émanant de la moelle épinière, pour venir constituer le grand sympathique qui, dans cette théorie, ne serait qu’une dépendance du système nerveux cérébro -spinal. Les filets efférens ne différeraient qu'après avoir traversé ls ganglion. Nous

aurons plus loin, du reste, à examiner ces diverses opinions.

Le nombre des ganglions qui forment le cordon limitrophe du grand sympathique varie, suivant que ces ganglions restent isolés ou que plusieurs d’entre eux se confondent en un seul. Dans les régions dorsale, lombaire et sacrée, il y a généralement autant de ganglions que de vertébres, tandis que dans la région cervicale il n’y en a que deux ou trois pour les huit vertèbres cervicales.

Dans la région cervicale, le grand sympathique est placé profondément en dehors des artères carotides interne et primitive, et en arrière de la veine jugulaire interne.

Dans le thorax, chaque ganglion repose sur la partie latérale et antérieure de la colonne vertébrale, le plusordinairement dans l'intervalle qui sépare les deux trous de conjugaison par lesquels sortent les paires rachidiennes. La chaine ganglionnaire sympathique se trouve placée sur les côtés de l'aorte thoracique et un peu en arrière des veines azygos.

Dans l'abdomen, le grand sympathique longe l'aorte abdominale et se place du côté droit, en arrière de la veine-cave inférieure.

Dans le bassin, la chaine ganglionnaire accompagne encore le système aortique qui paraît, du reste destiné, d’une manière générale, à servir plus spécialement de support aux rameaux déliés du grand sympathique, pour gagner leur destination dans les divers organes splanchniques et autres.

L'aspect extérieur du grand sympathique est moins blanc et plus grisätre que celui des nerfs du système cérébro-rachidien. A cause de cela, quelques anatomistes ont encore appelé zerfs gris ou mous les nerfs du grand sympathique. La couleur des ganglions sympathiques est d’un gris rougeûtre ; ils sont entourés d’une enveloppe cellulo-fibreuse qui leur donne une consistance assez ferme. Les filets nerveux ont une coloration un peu plus blanchâtre.

Le volume des ganglions du grand sympathique n’est pas partout le même. Ils semblent avoir un volume généralement en rapport avec le volume des nerfs cérébro-rachidiens avec lesquels ils communiquent ; ils sont plus volumineux au cou et dans les régions circulaires que dans la région dorsale.

On divise, pour la description, le système nerveux du grand sympathique en trois portions: 1° portion cervicale ; 2° portion thoracique ; 3° portion abdomino-pelvienne.

Page 1