‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 105 sur 470 · COMPRESSION EXCENTRIQUE OU DILATATION · texte numérisé non relu

COMPRESSION EXCENTRIQUE OU DILATATION

La dilatation est d’un usage assez général en chirurgie, et s'emploie dans trois circonstances :

1° Pour augmenter l'aire au travers de laquelle se pratiquent certaines opérations. Ainsi, on maintient largement ouverts par des spéculums les orifices cutanés dela bouche, du vagin, du rectum. Dans l'absence de ces instruments, on fait écarter et distendre les parties par les doigts d’aides intelligents.

2° Pour éviter une division exagérée des parties. Dans l’ancienne chirurgie, on faisait un fréquent usage d'instruments nommés délatateurs, dont on se servait comme moyen d’écartement des orifices naturels et artificiels : tels étaient le dilatateur de Leblanc, appliqué aux orifices herniaires pour en éviter le débridement; celui de Marianus dans l’opération de la taille ,etc. La chirurgie moderne, éclairée par l’anatomie, préfère aujourd’hui l’incision inoffensive pratiquée suivant une ligne déterminée, à l'emploi de ces instruments, qui donnaient lieu à des accidents graves par la contusion et la dilacération des parties. Aujourd’hui la dilatation ou l’écartement n’est usité que pour atteindre librement à une profondeur voulue, sans prolonger la plaie; on y emploie des crochets mousses, ou, mieux, les doigts d’aides intelligents, dont la pression et les déplacements s’harmonient mieux avec les intentions du chirurgien.

3° La dernière forme est celle de dilatation lente et prolongée des orifices ou des canaux naturels rétrécis ou oblitérés, l’urèthre, le canal nasal, le rectum, etc., ou des trajets fistuleux que l’on veut entretenir. Les substances dont on se sert le plus habituellement comme moyen de dilatation sont : la charpie en tente ou en bourdonnet, les matières qui se gonflent à l’humidité, telles que les pois, les boules de racines d’iris ou de gentiane, l'éponge préparée sous plusieurs formes, la corde à boyau, les algalies; enfin, divers cylindres plus ou moins imperméables, mais dont on augmente graduellement Le volume : les canules, les sondes, etc., qui, en même temps qu’elles dilatent le canal, donnent issue aux divers fluides naturels ou morbides, Le détail des moyens, si variés, de dilatation, trouvera sa place dans chaque opération spéciale.

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