ACCIDENTS QUI SUIVENT L'EXTRACTION
Les accidents primitifs sont : 1° La fracture isolée ou simultanée de la dent et d’une portion d’alvéole. Presque toujours elle est due à un mouyement trop brusque ou à la négligence de l'opérateur, qui n’a point environné de linge le panneton. Si, comme il est ordinaire, la racine fracturée est saine, on doit l’abandonner en place; il faut l’extraire, si elle est cariée. Les esquilles d’alvéole, complétement détachées de l'os, doivent être enlevées. 2° La contusion, la meurtrissure ou l'arrachement d'une portion des gencives. La première peut être causée par le panneton; mais les deux autres sont produites ou par le crochet mal gouverné et qui a porté sur la gencive, ou par le fait de l’arrachement quand la gencive est très-adhérente. C’est pour les prévenir qu'il convient de détacher préalablement les gencives par l’incision. Néanmoins si, pendant que s'opère l'extraction, on s’aperçoit que l’alvéole et la gencive, trop fortement soulevées, menacent de rupture, il vaut mieux lâcher la dent déjà luxée, détacher la gencive, et tâcher d'extraire directement avec le davier. 3° L’Lénorrhagie. Elle provient soit des vaisseaux dentaires, soit de ceux des gencives, ou de ces deux origines. Ordinairement, pour la faire cesser, il suffit de la pression du doigt et d’un gargarisme acidulé, salé ou alcoolisé; si l'écoulement persiste, on a recours soit à un bouchon mécanique, soit au tamponnement maintenu par un morceau de liége pressé entre les arcades dentaires, ou enfin à la cautérisation. 4° Ce n’est que pour mémoire que nous mentionnons l’ébranlement, la luxation, où même l’arrachement, par erreur d’une dent saine, cas dans lesquels on doit replacer immédiatement la dent en position.
Dans des cas malheureux, mais heureusement fort rares, la simple avulsion d’une dent est suivie d'accidents consécutifs, soit immédiatement d’une névralgie, soit après un ou plusieurs jours d’accidents nerveux sympathiques, et enfin, à une époque plus ou moins éloignée, d’une végétation fongueuse ou cancéreuse de la gencive et de lalvéole, qui réclameront, chacun dans leur temps, les moyens appropriés.