‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 14 sur 470 · COMMUNICATION INTER-ORGANIQUE · texte numérisé non relu

COMMUNICATION INTER-ORGANIQUE

sés dans l'épaisseur des organes ou des tissus, le pus, les matières tuberculeuse et colloïdes, les graisses, les sels, et les substances colorantes, mélanose ou kirronose, qu’ils soient le résultat d’une congestion ou d’un vice de nutrition, on conçoit comment au début ils se trouvent isolés par le tissu même dans lequel ils sont contenus. Ces matières peuvent ainsi former des amas plus ou moins considérables par le dépôt de l'élément solide, la partie aqueuse étant enlevée par l’imbibition. Elles se présenteront, à divers degrés de consistance et sous des formes variées, en masses, infiltrées ou enkystées. Celles qui restent fluides, et en particulier le pus, qui conserve plus généralement cette forme, détermineront immédiatement des accidents ; mais c’est à une époque plus éloignée, et lorsque leur présence irritera mécaniquement les tissus, que les substances solides donneront lieu à des complications dont le premier effet sera leur ramollissement, opéré par un travail plus ou moins heureux de l’organisme qui tend à les expulser au dehors.

La localisation offre des résultats tout-à-fait inverses pour les produits organisables, dont la fibrine forme la base, prouvée dans quelques uns, et présumée dans les autres : telles

sont les pseudo-membranes, séreuses, muqueuses, etc., limitées dans leur tissu et devenant elles-mêmes une nouvelle couche isolante, comparées au squirrhe, aux divers sarcômes, aux fongus, et à la matière encéphaloïde, qui, de proche en proche, envahissent, par contiguité, tous les tissus.

Enfin, c’est dans les diverses transformations organiques, celluleuse, séreuse, muqueuse, cutanée, fibreuse, cartilagineuse et osseuse, où le travail de la nature, bien plutôt physiologique que morbide, simule fréquemment une création nouvelle, que l'isolement s'offre avec les caractères les plus remarquables. Mais quant aux résultats pour l'organisme, il faut avouer qu'ici, comme dans toutes les circonstances où l’action nutritive sort de ses conditions normales, la cause semble agir d’une manière aveugle et désordonnée; car si, dans quelques circonstances, telles que les cicatrices, les trajets accidentels, les articulations contre nature, etc., le produit semble le résultat d’un travail intelligent qui crée un nouvel organe physiologique, dans des cas plus nombreux, au contraire, les transformations ne produisent que des corps étrangers, qui gênent ou entravent les fonctions organiques, et sont ‘une cause perpétuelle d’irritation au sein des tissus.

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