‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 142 sur 470 · ADHÉRENCES ANORMALES · texte numérisé non relu

ADHÉRENCES ANORMALES

Le chirurgien a souvent à corriger le mauvais effet des cicatrices accidentelles qui réunissent, d’une manière anormale, des parties que la nature a séparées : telles sont les adhérences cutanées des doigts et des orteils, celles de la partie interne du bras avec le tronc, du bras avec l’avant-bras, de la jambe avec la cuisse à l’état de flexion forcée; de la partie latérale du cou avec l'épaule, qui maintient la tête abaissée de côté. De ces adhérences, un grand nombre sont congéniales ; d’autres ne sont que des cicatrices vicieuses à la suite de brûlures. L’indication, dans ces cas, est de diviser soit l’adhérence, soit la cicatrice : la première se guérit plus facilement, la peau des bords de la plaie étant saine; la seconde présente tous les inconvénients de la tendance à récidiver, et nécessite des soins longtemps continués, comme nous l'avons dit plus haut.

Procédé ordinaire. L’adhérence cutanée étant mise dans un état de tension régulière, de manière à ce que la solution de continuité laisse, de chaque côté, une égale proportion de tégument pour une cicatrice, diviser avec le bistouri, du talon à sa pointe, et autant que possible d’un seul coup, l’adhérence ou la cicatrice anormale, de son bord libre à sa base, ou de l'extrémité la plus superficielle à la plus profonde. Pour le pansement, maintenir l'écartement des deux plaies qui résultent de la section, et rapprocher exactement les deux lèvres de la peau, à chacune d'elles, pour en obtenir la réunion isolée, Si les parties intéressées sont des fractions du corps différentes, telles que le bras et le tronc, la jambe et la cuisse, il y a peu à craindre la récidive, l’écartement étant maintenu; mais si ce sont des organes accolés parallèlement dans leur situation normale, tels que les doigts et surtout les orteils, on doit toujours redouter la formation de nouvelles adhérences à la base : on s'y oppose par un écartement très-prononcé, ou même par l’interposition d’un corps étranger dans l’angle de réunion.

Procédé de M. Rudtorffer. Son objet spécial est précisément de s'opposer à la récidive par adhérence à la base des plis d'isolement ou de flexion, tels que les doigts. Il passe avec un trocart un fil de plomb à la base même du pli, attend que la fistule se soit organisée en un tissu cutané accidentel, et, dans un temps ultérieur, incise la longueur de l’adhérence jusqu’à l'angle déjà cicatrisé, qui ne laisse plus la crainte d’une récidive. Toutefois il n’en faut pas moins maintenir l’écartement des deux plaies pour les contraindre à se cicatriser isolément. Ce procédé en deux temps est ‘plus long, et n’ajoute

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