‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 143 sur 470 · SECTIONS DE MUSCLES · texte numérisé non relu

SECTIONS DE MUSCLES

pas beaucoup à la certitude de la guérison, la négligence seule pouvant occasionner une nouvelle adhérence à la base, que le chirurgien doit prévoir et peut empêcher.

Ablation de l'adhérence. Lorsqu'une ancienne cicatrice laisse peu de chances de guérison et qu’on se voit dans la nécessité de l’enlever par dissection, c’est le cas de suppléer à la perte de substance au moyen de l’autoplastique, par l’une quelconque des méthodes indiquées, suivant le besoin.

OBLITÉRATION ET RÉTRÉCISSEMENT DES ORIFICES NATURELS. L'oblitération ou imperforation des orifices cutanés est nécessairement toujours congéniale pour ceux qui doivent journellement livrer passage à des substances étrangères, comme la bouche et l’anus. Ce genre d'imperforation intéresse parfois non seulement l'orifice mais aussi le canal dont il est la terminaison, et, dans certains cas aussi, les canaux eux-mêmes manquent; toutes circonstances qui motivent des opérations différentes. L’oblitération est le plus souvent congéniale, mais quelquefois accidentelle, pour ceux des orifices qui ne donnent issue qu’à des fluides et des gaz, tels que les narines, le conduit auriculaire et la vulve : le simple rétrécissement par adhérence est indifféremment congénial ou acquis.

L'imperforation et le rétrécissement nécessitent un certain nombre d'opérations spéciales qui seront décrites en leur lieu ; il nous suffira donc d'indiquer, d’une manière générale, les

procédés qui s’y appliquent.

1° Dilatation. Elle ne remédie qu'aux rétrécissements, et ne convient, pour l’imperforation, qu'après l’incision préalable qui a frayé les voies; on l’opère par divers agents mécaniques, et par l'introduction des corps étrangers hygrométriques ; tels sont les bougies, les sondes, l’éponge préparée, les vessies gonflées d'air, etc., etc.

2° Incision. Également applicable à l'imperforation et au rétrécissement, pour rétablir la voie ou l'agrandir. On l’opère généralement avec le bistouri droit ou boutonné, seul ou guidé par des conducteurs; avec les ciseaux mousses, le trocart et les sondes à dard. L'ouverture, ou la fistule, amenée par l’incision à ses dimensions naturelles ou même un peu plus, il s’agit d’en obtenir la cicatrisation dans cet état. C’est le moment d'employer les corps dilatants, les mèches, tubes ou sondes de diverses substances, dont on augmente graduellement le volume, et sur lesquelles on contraint la cicatrice à se former, de manière à établir un canal muqueux accidentel qui s'ouvre par un orifice cutané. — L'emploi de ces moyens doitêtre continué longtemps, etmême repris par intervalle, à cause de la tendance à se retrécir qu’affectent toujours les canaux accidentels, dépourvus de la texture propre qui entretient la perméabilité des canaux naturels.

Nous ne faisons que mentionner la traction auxiliaire employée par Boyer pour maintenir, par des crochets diamétralement opposés, l’écartement des commissures de l’incision formant un nouvel orifice; nous en disons autant de l’autoplastique dont les indications spéciales sont détaillées en leur lieu.

Page 1