‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 153 sur 470 · VENTOUSE SCARIFIÉE · texte numérisé non relu

VENTOUSE SCARIFIÉE

Elle ne diffère de la précédente que par les incisions préalablement pratiquées à la peau. Plusieurs instruments, le rasoir, le bistouri, la lancette et le scarificateur (pl. 27, fig. 6,17), peuvent servir à les faire,

Les scarifications ayant été opérées, comme il a été dit en leur lieu, pour faciliter le saignement, on applique la ventouse : le sang pleut immédiatement à la surface par toutes les coupures, Si on a employé la cloche simple, la chaleur du liquide raréfiant l'air intérieur, et sa vapeur remplissant l'espace et réagissant par sa tension élastique, l'équilibre de pression

ne tarde pas à se rétablir, le sang ne coule plus et la cloche se détache. C’est ici que la ventouse à pompe est très-supérieure, puisqu'elle permet de faire de nouveau le vide, et, par des suecions répétées, à mesure que la pression diminue, de remplir de sang la cavité de la cloche. Cet effet obtenu, l’équilibre de pression étant rétabli, la ventouse se détache d’ellemême. On nettoie la surface, et on réapplique l'instrument si une évacuation plus considérable est jugée nécessaire. On peut ainsi, sur une même surface, appliquer au besoin plusieurs cloches de ventouse servies par un seul corps de pompe. La ventouse à pompe avec scarifications offre donc de grands avantages pour la facilité avec laquelle elle produit des saignées capillaires, et l’analogie de son action avec celle des sangsues permet de la substituer à ces dernières, sans exception de temps et de pays, avec tous les avantages qu’on obtient des sangsues sans leurs inconvénients, tels que la rareté, la mauvaise qualité et l’infidélité de leur emploi.

BpeLLoMÈèTRE. (PI. 27, fig. 8, 9.) Cet instrument, imaginé par MM. Sarlandière et Demours, n’est autre que la ventouse à pompe armée d’un scarificateur mobile au dedans. Son objet est de pouvoir faire les scarifications dans le vide, ce qui en rend l'exécution plus rapide et moins douloureuse ; mais aussi cet avantage se trouve compensé par une moindre solidité. Pour s’en servir, la cloche étant appliquée à plat, on fait le vide par la pompe adaptée à la tubulure latérale, puis, lorsque les téguments proéminent dans la cavité de la cloche, en pressant sur le bouton de la tige verticale qui commande le scarificateur, on enfonce les lancettes dans la peau et on retire aussitôt la tige. Le bdellomètre, d’un effet peu sûr et d’un mécanisme trop compliqué, est généralement inusité.

Usages divers de la ventouse à pompe.

Comme instrument de succion, la ventouse à pompe reçoit plusieurs applications : 1° sur les piqüres de sangsue, pour en augmenter le saignement; 2° sur les plaies empoisonnées, par la méthode du docteur Barry, pour attirer au dehors les liquides et empêcher l'absorption des venins, moyen peu efficace, à la vérité, mais qui peut servir de ressource provisoire en suspendant le danger, et permet d’attendre que l’on se soit procuré le cautère actuel ou les caustiques ; 3° sur les seins des femmes qui ne peuvent point allaiter et dont les glandes mammaires sont fortement engorgées (pl. 27, fig. 3). L’aspiration de la ventouse, précieuse en pareille circonstance, produit un allaitement artificiel, que l’on peut renouveler autant de

fois qu'il en est besoin, et porter jusqu’au point de faire affaisser les seins.

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