‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 175 sur 470 · PROCÉDÉS SPÉCIAUX D'APPLICATION · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS SPÉCIAUX D'APPLICATION

On les divise en trois séries, suivant qu'ils s'appliquent sur la tumeur elle-même ou sur le tronc artériel, au-dessus ou au-dessous de la tumeur.

MOYENS D'ACTION SUR LA TUMEURs

ToPIQUES RÉFRIGÉRANTS, STYPTIQUES ET ASTRINGENTS. Cette méthode inoffensive, si elle ne guérit pas toujours, du moins compte des succès. On peut toujours en essayer quand il n°y a pas de danger imminent, et dans tous les cas c’est encore un auxiliaire utile pour aider à l'effet des autres moyens. T. Bartholin rapporte un cas de guérison d’un anévrisme au bras par l'application prolongée de la neige. L'observation de Guérin, de Bordeaux (1790), qui a guéri un anévrisme de la sous-clavière par des applications froides d’oxycrat et d’eau de rabel, est demeurée célèbre. Treyhéran (1795) a eu le même succès pour un énorme anévrisme fémoral, et Guérin fils rapporte plusieurs cas semblables. Sabatier (1799), à l'exemple de Bartholin, a guéri avec la glace un anévrisme poplité. Enfin un grand nombre de chirurgiens, Pelletan, MM. Faucon, Hodgson, Larrey, H. Martin, Ribes, Gintrac, ont constaté les bons effets des réfrigérants. En résumé cette méthode est restée dans la science. Elle n’est contre-indiquée que chez les malades atteints d’une affection pulmonaire où abdominale, qui ne peuvent supporter impunément le contact du froid.

Compressron méprate. C’est encore un de ces moyens toujours utiles comme auxiliaires, et qui a souvent été curatif, Fabrice de Hilden, Waltin, Tulpius, Platner, Dehaen, Plenk, Petit, Théden et autres ont réussi à guérir par la compression locale divers anévrismes aux deux membres; Acrel a obtenu le même succès pour un anévrisme de l'artère sous-clavière.

Guattani compte quatre guérisons sur quinze cas d'application, et Flajani une proportion à peu près semblable. Enfin, de nos jours, il n’est pas un chirurgien qui n'ait employé ce moyen avec succès, au moins comme accessoire. 3

La compression médiate n’a pas été employée seulement sur la tumeur, mais également au-dessus, au-dessous, et sur tout le membre. Les moyens de l'exercer n’ont pas moins varié que

le lieu de son application.

À. Sur la tumeur. Elle était déjà usitée chez les anciens; Galien la pratiquait avec des morceaux d’éponge fixés par des bandes. Dionis y employait l’agaric empilé en pyramide et pressé par une pièce de monnaie ou une plaque métallique de dimensions convenables. Un abbé Boudelot s’est guéri lui-même par une semblable compression continuée sans interruption pendant une année. Heister, Ravaton, Verduc avaient imaginé à cet effet des bandages particuliers qui ont porté leurs noms. Aujourd’hui on se contente, pour comprimer, de boulettes de charpie accumulées en masse et maintenues par des compresses longuettes, surmontées au besoin par une plaque ; le tout fixé par un bandage contentif approprié.

B. Sur tout le membre. Ce mode de compression, qui commence par l'extrémité digitale, offre l’avantage d'empêcher le gonflement sanguin et lymphatique qui rend la compression partielle toujours si douloureuse et souvent même insupportable. Gengha et Théden employaient un bandage spiral qui montait d’abord jusqu’à la tumeur; un magma de substances résolutives était appliqué sur l'anévrisme, une compresce locale était exercée en regard et le bandage enveloppait e tout.

C. Au-dessous de la tumeur. Ce procédé dont l'indication est la même que celle de la ligature par la méthode de Brasdor, a été essayé par un chirurgien militaire appelé Vernet, pour un cas d’anévrisme inguinal qui ne permettait pas de comprimer autrement. Le succès ne répondit pas à son attente, car, les battements ayant augmenté, il fut obligé de cesser la compression. Toutefois la tentative en elle-même était ingénieuse, et au besoin pourrait être réitérée; car puisque la ligature audessous de la tumeur a réussi quelquefois, on ne voit pas pourquoi il n’en serait pas de même de la compression.

D. Au-dessus de la tumeur. C’est le procédé le meilleur et par conséquent celui que l’on emploie de préférence lorsque la situation de la tumeur le permet. Toutefois il est bon d'y adjoindre la compression de tout le membre au dessous, qui évite lés effets de l’engorgement et permet de modérer sur l’anévrisme une pression qui, trop forte, en pourrait déterminer la rupture. C’est dans ce sens qu'est combiné le bandage de Sennefio, préconisé par M. Freer. Il consiste, pour le membre, en un bandage spiral ; la compression au-dessus de la tumeur se fait avec une bande sur l'artère et une plaque d'opposition, l’une et l'autre fixées par un compresseur (pl. 20, fig. 1, 2, 3). Ce moyen, du reste, est celui qu'ont employé avec succès de nos jours tous les praticiens, À. Dubois, Dupuytren, MM. Blizard, A. Cooper, Verdier, Pour plus de promptitude et de sécurité, on préfère, quant à la pression locale, l'emploi des compresseurs.

COMPRESSION IMMÉDIATE (après incision), Tamponnement. Procédé de Guattani. Dans un cas d’anévrisme inguinal, Guattani fit exécuter, par Maximini, le procédé suivant, qui n’est à

peu de chose près que celui de Keysleire plus la compression dans le sac, qui est un aperçu rétrograde. La compression établie sur l’artère, au-dessus de la tumeur, on incisa en regard de l’anévrisme, on ouvrit largement le sac et on le vida soigneusement du sang et des concrétions fibrineuses qu'il contenait; on le remplit alors de charpie recouverte de compresses, le tout contenu par le bandage en spica de l’aine. L'appareil fut levé au bout de treize jours. Le malade a guéri.

Modification de Sabatier. Pour un anévrisme au tiers supérieur de la cuisse, Sabatier, ayant établi une compression préalable sur l'artère avec deux tourniquets au-dessus et au-dessous de la tumeur, l’ouvrit, la vida, passa un fil au-dessous de chaque extrémité pour en faire la ligature au besoin, remplit le sac d'agaric et comprima par un bandage. Cette modification, qui n’a trait qu'à la ligature d'attente, aujourd’hui abandonnée, est, par cela même, sans importance. Une autre modification, pour glisser les fils d'attente, consiste à soulever, à chaque bout, le vaisseau avec une sonde de femme introduite par son orifice.

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