‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 218 sur 470 · RÉSECTIONS DES OS DU TRONC · texte numérisé non relu

RÉSECTIONS DES OS DU TRONC

Résection des os de la face.

Si, parmi tous les os de la face, les maxillaires supérieur et inférieur sont les seuls dont on ait soumis le manuel opératoire à des règles fixes, ce n’est pas à dire que ce soient les seuls dont on doive faire la résection. Les orbites, l’os malaire, l’os unguis, l’arcade zygomatique, les arcades dentaires, etc., sont assez fréquemment le siége de caries, de nécroses ou de tumeurs fongueuses qui réclament l’excision ou la résection. Mais les connexions de ces différents os, leur petit volume et l'étendue variable des altérations auxquelles ils participent ne permettent pas de se fixer d’avance sur des opérations que le chirurgien doit improviser et modifier suivant chaque cas spécial.

En effet, si les dégénérescences s'étendent profondément, la T. VI

scie et le bistouri deviendront insuffisants et il faudra à l’aide de la gouge, du maillet et du fer rouge extirper le mal jusque dans ses racines sans tenir compte des limites anatomiques des os que la maladie n’aura pas respectées. Cependant il est certains principes généraux qu’on ne doit pas perdre de vue. Ainsi on évitera en partie la section des filets du nerf facial, qui donnent le mouvement aux muscles de la face, en dirigeant l'incision des parties molles parallèlement aux rameaux de ce nerf. Pareille observation s'applique au conduit de Sténon, à l’artére faciale, ou aux nerfs sous-orbitaire et mentonnier, Mais si ces règles générales trouvent une application facile lorsqu'il s’agit d'enlever une petite tumeur osseuse superficielle, il n’en sera plus de même lorsqu'on aura affaire à des altérations volumineuses et profondes; la largeur des incisions, les débridements indispensables dans divers sens, rendront inévitables la division d’un certain nombre de filets du facial et de la cinquième paire et conséquemment la paralysie du sentiment et du mouvement dans une partie plus ou moins considérable de la face : c’est pour obvier à ce grave inconvénient que M. Dietfenbach à proposé une nouvelle méthode opératoire applicable aux résections des os de la face en général. Ainsi donc, quel que soit le siége de la maladie, lors même qu’elle est placée à la région postérieure de la joue, cet auteur prescrit d'attaquer les parties qu’on veut extirper en faisant une incision sur la ligne médiane de la face ; de cette manière il dissèque un lambeau qu'il sépare des côtés du nez et de la bouche pour le déjeter en arrière, et, s’il coupe le nerf sous-orbitaire, du moins il conserve ainsi l'intégrité des filets du nerf facial, du canal de Sténon et de l'artère faciale, qui, se trouvant contenus dans l'épaisseur du lambeau, reprennent leurs fonctions après la cicatrisation des tissus : plus d’une fois M. Dieffenbach a eu occasion de constater les avantages de ce procédé, qui mérite par conséquent d’être suivi.

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