AMPUTATION AU TIERS SUPÉRIEUR
Les tentatives des chirurgiens pour balancer les désavantages résultant des conditions anatomiques mentionnées plus haut ont donné naissance à quelques procédés qui reviennent en définitive à se procurer assez de parties molles pour avoir un
moignon régulier : le principe qui doit nous guider pour remplir ce but, c’est ici, plus spécialement que pour les autres points du bras, d’obvier à la rétractilité avec la plus petite perte de substance possible ; et nous ne pensons pas qu'une autre méthode puisse mieux y parvenir que la circulaire mise en pratique par le procédé de la quadruple incision. Comme nous l'avons indiqué pour le bras, pendant la réunion le moignon doit être dans une position moyenne. On a très-peu insisté sur la méthode circulaire, dans la conviction où sont restés beaucoup de chirurgiens que la méthode à lambeaux lui était préférable ; aussi les auteurs se sont-ils contentés d'indiquer les procédés mis en usage pour l’amputation au tiers inférieur.
La méthode à lambeau ne doit être ni préconisée ni rejetée d’une manière absolue ; elle convient, comme l’a trés-bien fait remarquer Boyer, dans les cas où il faut amputer tout-à-fait au-dessous de la tête humérale : à cette hauteur le deltoïde reste seul capable de protéger l'os, l’'amputation peut en quelque sorte être assimilée à la désarticulation. Et à ce propos, en relisant encore le Mémoire de Louis, nous avons reconnu un nouvel avantage, que ce chirurgien n’a pas manqué de faire valoir en faveur du procédé qu’il avait adopté, c’est que la formation du lambeau permet bien plus que l’incision circulaire d’apprécier l’état de la tête humérale, ce qui est un grand point dans cette amputation pratiquée le plus ordinairement pour des lésions directes. S'il fallait désarticuler, on n'aurait plus alors qu’à prolonger les incisions latérales et énucléer la capsule.
Procédé de Louis et de Sabatier (pl. 74, fig. 4). Le bras appliqué contre le corps, pour couper le deltoïde dans sa plus grande extension et juger de suite le degré de rétractilité de ce muscle, circonscrire, à l’aide d’une incision transversale à la pointe du deltoïde et de deux autres longitudinales et convergentes suivant l’obliquité des bords du même muscle, un lam-— beau trapézoiïdal long de six centimètres, le disséquer, le relever, couper circulairement à sa base le reste des parties molles et scier l'os.
On pourrait, du reste, étendre à cette amputation la plupart des procédés qui ont été proposés pour la désarticulation scapulo-humérale ; c’est ainsi que M. Guthrie, par exemple, y a appliqué son procédé ovalaire : seulement le sommet du V se trouve à deux travers de doigt au-dessous de l’acromion.
Pansement. Après les amputations du bras à diverses hauteurs, la ligature principale est celle de l'artère fémorale placée en dedans, sur l’humérus, entre les fléchisseurs et le triceps. En haut et à la partie moyenne il faut lier aussi la collatérale externe. Les autres vaisseaux ne sont plus que des artérioles musculaires que l’on peut tordre ou mâcher avec les pinces. La plaie réunie, plutôt en direction oblique, est accolée avec des bandelettes agglutinatives.