AMPUTATION DES ORTEILS
La plupart des auteurs n’admettent que la désarticulation
des phalanges avec le métatarse, mais nous ne voyons pas la nécessité d'enlever un ou plusieurs orteils si la maladie se borne
à la phalangette ou à la phalangine; et, toutes les fois que l’étendue de la lésion le permet, nous croyons que l’amputation dans la continuité des phalanges est beaucoup moins dangereuse que la désarticulation métatarso-phalangienne. M. Sédillot partage cette opinion pour le gros orteil seulement : cependant, pour les autres orteils, on évite un danger réel ; et le peu qui reste de la phalange, maintenu par les extenseurs et les fléchisseurs dont les expansions entourent l'articulation, cause moins de gène que la tête d’un métatarsien. Du reste cette opération, dont la possibilité ne saurait être contestée, est plus facile que la désarticulation, M. Guéniard, chirurgien fort habile de Dijon, a souvent enlevé avec de gros ciseaux ou une scie d’horloger l'extrémité unguéale des phalangettes, surtout pour le gros orteil, à la suite de congélation ou de chute des ongles avec carie et ulcération. Les procédés pour l’amputation des orteils dans la continuité sont les mêmes que pour les doigts, où nous les exposerons en détail.