‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 3 sur 470 · ICONOGRAPHIE · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE

La partie iconologique de notre ouvrage pouvant être considérée comme la plus essentielle, puisqu'elle n’existe nulle part ailleurs comme traité général, et que c’est en vue de son utilité que le sujet lui-même s’est trouvé incorporé à notre anatomie, nous avons apporté une sérieuse attention à y coordonner les moyens avec la fin. Toutefois, que l’on ne nous attribue pas la prétention de former un chirurgien par l'étude de planches quelconques : ce n’est pas là notre pensée. En chirurgie, bien plus encore qu’en anatomie, il faut voir et faire par soimême; le seul mérite, mais si on y parvenait cela en serait un, ne peut être que d’abréger l'étude, ou de venir au secours de la mémoire en indiquant ce qu'il faut voir et faire.

Au début, nous avons dû consulter les ouvrages spéciaux déjà publiés sur divers sujets. La plupart témoignent de l'impossibilité où s’est trouvé l’auteur de donner assez de développements à la partie iconologique. Souvent aussi il semble que l’on n’ait pas assez réfléchi sur les moyens que l’art pouvait offrir. Tel ouvrage n'offre que des dessins d'instruments ; et encore sont-ils dessinés de manière que qui ne les connaîtrait pas à l'avance ne saurait, par la figure, en deviner l'emploi. Tel autre ne présente que les plaies sur lesquelles per-

sonne n’agit. En général, dans les planches où l’on a le moins ménagé l’espace, le lecteur voit l'opération pratiquée par un tiers, ce qui change absolument le point de vue des parties, et nécessite de la part de l’élève une sorte de traduction pour s'appliquer à lui-même l’action dont il n’est que spectateur. Enfin, et ceci est capital, la plupart des opérations sont représentées à un point de vue cadavérique, et comme on les pratique dans les amphithéâtres, sans tenir compte de toutes les conditions dont s’entoure le chirurgien au lit du malade. Ce n’est pas sans intention que nous insistons sur ce dernier fait. Il ya moins de vingt ans, les occasions de voir pratiquer les grandes opérations étaient si communes, au moins dans les hôpitaux de Paris, qu’il n’y avait pas de jour que le chirurgien n’en fit plusieurs en public. Nous avons pu signaler ainsi, pendant notre internat dans le service de Dupuytren, jusqu’à onze hernies étranglées et trois anévrismes dans une seule semaine ; le reste dans la même proportion. Ces faits sont bien connus des anciens élèves de cette époque. Aujourd'hui, par un résultat qui nous semble devoir être attribué à une dispersion plus générale des connaissances positives, les grandes opérations deviennent chaque jour de plus en plus rares, des soins mieux entendus arrêtant le développement de nom-

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déguiser la vérité quand elle nous est connue. Isolé de toute coterie et de toute influence, n’attendant rien du succès ou de l’insuccès des œuvres, du blâme ou de la louange, de l'appui ou de la haine des personnes, étranger à toutes les considérations d'intérêt ou de courtisanerie, mais incapable de manquer à notre conscience et aux formes d’urbanité, si nos jugements ne sont pas toujours suffisamment éclairés, du moins seront-ils purs de toute considération qui nous soit personnelle.

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