‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 61 sur 470 · RÉGION JAMBIÈRE POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

RÉGION JAMBIÈRE POSTÉRIEURE

Situation, configuration, délimitation. Étendue à toute la face postérieure de la jambe, dont elle renferme la masse musculaire principale, elle est limitée en haut par le pli de flexion poplité; en bas, par la saillie d'insertion du tendon d’Achille au calcanéum. À hauteur moyenne est le renflement déterminé par les muscles du mollet, séparés par le sillon médian des jumeaux ; dans la moitié inférieure existe la saillie médiane du tendon d’Achille, qui sépare deux dépressions latérales triangulaires dont la base est au calcanéum. L’interne est limitée en avant par la saillie du long fléchisseur commun des orteils et par la portion malléolaire du tibia ; la dépression externe a pour limites, en dehors, la saillie des muscles péroniers et la portion malléolaire du péroné.

PARTIES COMPOSANTES. 1° Peau. Fine et lisse en haut, recouverte de quelques poils en dedans, peu adhérente ; les frottements qu'elle subit dans la marche l’exposent à de nombreuses phlegmasies. 2° Couche sous-cutanée. Formée par un pannicule adipeux de médiocre épaisseur, elle est parcourue par la veine et le nerf saphènes postérieurs et leurs ramifications ; la pression qu'éprouvent les veinules au-dessous du mollet, ajoutée à leur situation déclive, sont les causes de leur fréquente dilatation variqueuse., 3° Aponévrose superficielle. Elle forme la partie postérieure de l’aponévrose jambière, capsule de contention des muscles du mollet, étendue transversalement de la cloison aponévrotique externe au tibia, continue en haut avec l’aponévrose fémorale, et en bas avec les aponévroses du pied par le ligament annulaire du tarse. 4° Couche musculaire. Elle est constituée par deux groupes de muscles différents : (a) en plan superficiel, les muscles du mollet ou les extenseurs du pied, les deux jumeaux et le soléaire compris dans une loge fibreuse verticale, fermée à l'extérieur par l’aponévrose jambière, et isolée de la couche profonde par son aponévrose d’enveloppe. Le plan profond renferme trois muscles : le long fléchisseur propre du gros orteil, le jambier

postérieur et le long fléchisseur commun des orteils contenus dans une loge ostéo-fibreuse formée en avant par le péroné, le tibia et le ligament inter-osseux, et, en arrière, par l'aponévrose profonde qui les sépare du soléaire. 5° Vaisseaux et nerfs. Les vaisseaux sanguins sont en grand nombre : dans les jumeaux se rendent les artères et veines jumelles, branches des vaisseaux poplités ; le soléaire reçoit à diverses hauteurs des branches nombreuses des vaisseaux tibiaux et péroniers. Les nerfs de ces deux muscles sont fournis par le sciatique poplité interne. Au plan profond appartiennent les gros vaisseaux; en dedans, l'artère tibiale postérieure flanquée de ses deux veines, qui descend verticalement côtoyée à son côté externe par le nerf du même nom ; en dehors, dans le sillon inter-osseux, l’artère et les veines péronières. Ces vaisseaux sont accompagnés chacun par les rameaux lymphatiques profonds. 6° Squelette. I est formé par la face postérieure du tibia et du péroné, réunis par le ligament inter-osseux.

La région jambière postérieure présente, comme maladie spéciale, la rupture du tendon d’Achille, celle du plantaire grêle, peut-être moins commune qu'on ne l’a cru, et un autre accident moins rare du même genre, la rupture de quelques fibres des jumeaux ou du soléaire dans l'extension brusque du pied. Sur le trajet de l'artère tibiale postérieure se pratiquent à diverses hauteurs les incisions pour la ligature de ce vaisseau. La ligature de l’artère péronière n'existe encore, en chirurgie, que comme une indication générale éventuelle, mais qui n’a pas été mise en pratique.

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