‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 68 sur 470 · CONDITIONS PARTICULIÈRES AUX MALADIES ET AUX OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

CONDITIONS PARTICULIÈRES AUX MALADIES ET AUX OPÉRATIONS

1° Choix du temps. L'époque à laquelle il convient de pratiquer une opération est déterminée par les exigences de la maladie. On nomme femps de nécessité celui où le chirurgien est forcé d'agir immédiatement pour cause d'urgence : tels sont les cas d’hémorrhagies, d’étranglement intestinal, de fractures du cräne avec compression, etc. On appelle, au contraire, {emps d'élection la circonstance où la maladie, n'offrant pas de danger actuel, permet au chirurgien de choisir l’époque la plus favorable à l'opération.

2° Choix du lieu. Certaines maladies exigent que l’on opère sur le siége même de la lésion ou à peu de distance, en regard du point que l’on veut atteindre; c’est ce qui constitue le /eu de nécessité, applicable aux cas les plus nombreux : tels sont les ouvertures d’abcès, les hernies, les ablations de tumeurs, les fistules, la lithotomie, etc. Dans d’autres circonstances, le chirurgien, libre d'opérer sur un point plus ou moins éloigné de la maladie, est déterminé, par diverses considérations, pour ce qu'on nomme le leu d'élection. C’est le cas des amputations, de l’anévrisme par la méthode d’Anel, etc.

3° Choix du mode opératoire. M est un petit nombre d’opérations qui ne se pratiquent que d’une seule manière : telles sont celles du trépan, de la laryngotomie, de la paracenthèse, etc., mais le plus grand nombre peuvent s’exécuter par une succession d'actions très-différentes : c’est ce que l’on

nomme /réthodes et procédés opératoires. Quoique ces deux mots soient très-employés en chirurgie, leur valeur relative

.n’est cependant pas bien-nettement définie. En général, la qua-

lification de méthode s'applique à l'intention curative que Jon se propose ou à l'effet principal que l’on produit, et le procédé à l’ensemble des moyens pour y parvenir; de sorte que le procédé est compris dans la méthode; mais c’est lui qui constitue l'opération. Là où il n’y a qu’une manière d'opérer, ils se confondent, comme dans les cas cités plus haut; mais dès que, pour satisfaire à une indication thérapeutique, les opérations se multiplient, il en résulte une ou plusieurs méthodes, renfermant chacune un seul ou plusieurs procédés. Ainsi l’anévrisme peut se traiter par compression ou par ligature; la fistule lacrymale par dilatation, incision, formation d’un canal artificiel ; la lithotomie par les tailles sus-pubienne, latéralisée, etc., toutes méthodes différentes comprenant chacune divers procédés. Les raisons qui, dans la pratique, entrainent le chirurgien à choisir telle méthode ou à substituer tel procédé à tel autre, se déduisent de la nature de la maladie, de l’état des parties, du plus ou moins de facilité à exécuter un mode opératoire, et de la supériorité de résultat qu'il promet. Ainsi, un calcul à extraire étant donné, le volume et la forme du corps étranger, l’état comparatif de l’urètre et du périnée, l’âge du sujet, etc., pourront engager à choisir de préférence soit la lithotomie, soit la lithotritie, et, ce choix étant fait, détermineront à suivre telle voie pour pénétrer dans la vessie, ou à employer tel moyen de broiement et d’extraction du corps étranger.

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