CONDITIONS PARTICULIÈRES AU MALADE
1° Age. En général, on doit éviter toute opération pratiquée dans le premier âge, les tissus étant encore mous, l'enfant trop faible et difficile à contenir dans ses mouvements. Il n’y a d'exception que pour les cas d'urgence, comme celui d’imperforation des orifices naturels à la naissance. La vaccination, très-légère en elle-même et dont le but est préventif, ne commence à se pratiquer qu'à six semaines ou deux mois. Quand on peut différer, il vaut mieux attendre vers la quatrième année : c'est le cas du bec-de-lièvre congénial , de la staphyloraphie, de la pupille artificielle, fondée sur la persistance de la membrane pupillaire. La même discrétion est recommandée envers les vieillards, sur lesquels on ne doit agir qu’autant que la vie est menacée, les opérations, dans un âge avancé, offrant plus de dangers avec des chances de succès beaucoup moindres.
2° Constitution, etat de santé habituel et disposition actuelle. Toutes ces circonstances sont d’un grand intérêt pour éclairer le chirurgien sur l’opportunité des opérations. Voici les principales considérations qui s’y rapportent. (a) Toutes choses égales d’ailleurs, une bonne constitution congéniale est toujours une condition avantageuse. (b)La concomitance d’une autre maladie et surtout d’une altération organique d’un viscère doit toujours être prise en sérieuse considération. Sans parler de la fistule à l'anus, envisagée comme symptomatique d’une phthisie pulmonaire, et dont les effets révulsifs, dans ce cas, sont bien connus; en thèse générale, on doit se défier du nouvel équilibre organique qu'entraine la suppression d’une ancienne maladie, principalement un ulcère, une fistule, etc., qui, par l'irritation continuelle et l'écoulement quotidien qu’elles produisent, agissent à la manière d’un exutoire. Il n’est pas rare, après la guérison inopportune d’une affection de cette nature,