‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 71 sur 470 · CONDITIONS ATMOSPHÉRIQUES · texte numérisé non relu

CONDITIONS ATMOSPHÉRIQUES

- En principe général, une température douce etuniforme est toujours désirable. La sécheresse de l'air est sa qualité la plus essentielle ; la condition est des plus favorables lorsqu'elle s'u-

nit à une chaleur modérée et à un bon état d'équilibre élec-

trique. Le froid en lui-même, et comme simple abaissement de température, est toujours à craindre; mais cet état existant, le froid sec de la gelée est le moins défavorable, par les qualités qu'il imprime à l'atmosphère ; il excite les forces et il est facile de s’isoler de son action délétère. Au contraire, le froid humide, toujours funeste dans ses effets, est d'autant plus à redouter qu’il est impossible de soustraire complétement le malade à l'influence fâcheuse qu’il communique au milieu ambiant. Les variations brusques de température, par les secousses réitérées qu’elles impriment à l'organisme et l'influence qu’elles ont sur

la sensibilité, les sécrétions et les exhalations, constituent l’un des plus mauvais états de l'atmosphère. Enfin, une dernière considération, d’une haute importance, a rapport à cette nuance d'action actuelle des forces physico-chimiques, qui détermine les maladies épidémiques, périodiques ou spéciales, et que l'on nomme improprement la constitution médicale. De même que dans tous les cas où l’équilibre fonctionnel est déjà ébranlé, l’opéré, toujours menacé des maladies les plus graves pour la moindre cause, est à plus forte raison, comme on l’a remarqué de tout temps, d’une extrême susceptibilité à contracter les maladies régnantes; aussi le chirurgien doit-il être très-attentionné à le soustraire à leur influence.

Les conditions d'équilibre électro-magnétique, de chaleur et de sécheresse étant établies, expliquent d’avance les considérations qui ont rapport à la saison où ces conditions se trouvent réunies, et par conséquent au climat, qui, pour une époque différente de l’année, renferme l’idée d’une même saison sous une autre latitude. Dans l'impossibilité ordinaire où sont le chirurgien et le malade de se transporter dans un autre pays, c’est donc seulement le choix de la saison et de l’état atmosphérique qui importe, lorsque la maladie permet de différer l'opération. Ainsi, pour la cataracte, la taille, l’ablation de nombre de tumeurs, on préfère généralement le printemps et l'automne. Du reste, il est clair que, dans les saisons extrêmes, l'hiver et l'été, de même que sous l'influence des maladies régnantes, le chirurgien contraint d'opérer pour cause d'urgence doit toujours régler les soins intérieurs de l’appartement, de manière à entourer en quelque sorte son malade d’une saison et d’une atmosphère artificielles.

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