‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 89 sur 470 · INCISIONS ELLIPTIQUES · texte numérisé non relu

INCISIONS ELLIPTIQUES

Les incisions elliptiques sont toujours pratiquées au nombre de deux : on s’en sert dans tous les cas d’extirpation où l’on juge convenable d'enlever avec les parties malades une portion des téguments qui les recouvrent.

Trois conditions principales sont à remplir pour exécuter convenablement cette espèce de division : 1° la tension exacte des téguments ; 2° l’obliquité de l'instrument suivant sa longueur et la position perpendiculaire de son tranchant par rapport aux parties ; 3° la persistance à suivre le trajet courbe que doit avoir la section.

L'opérateur, par la pression déterminée avec le bord cubital ou l'extrémité des doigts de la main gauche, tend les téguments de son côté ; un aide agit de la même manière du côté opposé. Le bistouri tenu de la main droite en première position, le chirurgien pratique de dehors en dedans et de gauche à droite la première incision. L'aide, pendant que la section s'opère, doit apporter ses soins à ce que la tension soit toujours bien faite audevant du tranchant. L'instrument formera avec les surfaces un angle de 45 degrés, de manière à ne couper que dans une étendue de quelques lignes au-dessus de sa pointe. Sans cette précaution, le bistouri pourrait ne pas inciser toute l'épaisseur de la peau, et, en outre, 1l diviserait inévitablement en ligne droite, d’autant plus que son inclinaison se rapprocherait davantage du parallélisme avec les surfaces. Le chirurgien doit mettre beaucoup d'attention pour suivre le trajet curviligne ; pour peu qu'il se néglige à cet égard, la main, par l'habitude d’agir en ligne droite, dévie fréquemment en-deçà ou au-delà de la courbe qu’elle doit décrire. Enfin, le tranchant, comme dans toutes les incisions, doit être constamment maintenu perpendiculaire à la surface de la peau, l’inclinaison latérale ayant nécessairement pour effet la section des téguments en biseau.

Lorsque la première incision est terminée, on pratique la seconde en se conformant aux mêmes préceptes ; mais, comme les deux sections doivent se rejoindre par leurs extrémités, celle que l’on fait la dernière offre de plus que l’autre la difficulté de tomber régulièrement au point où celle-ci se termine. On conçoit que, pour conduire son bistouri avec la précision nécessaire dans ce cas, surtout lorsque la partie que l’on enlève est une tumeur volumineuse qui cache le trajet de l'instrument, il est indispensable que le chirurgien ait toujours présente à l'esprit la ligne qu'il doit suivre. S'il n’est pas assez sûr de sa main et de son coup d'œil, il fera bien, avant de commencer les incisions, de tracer par une ligne à l'encre le chemin que doit parcourir le bistouri.

C'est pour l’ablation des tumeurs volumineuses sous-cutanées, et en particulier du testicule et de la mamelle affectés de cancer, que l’on emploie le plus fréquemment les incisions elliptiques ; elles permettent d'enlever avec la maladie principale les téguments plus ou moins altérés qui la revêtent. Dans la formation des incisions, on doit toujours commencer par celle qui est située inférieurement, afin d’être moins gêné par l'émission du sang dans le cours de l'opération.

Les incisions elliptiques servent encore à corriger les difformités causées par des cicatrices sur les parties exposées à la vue, telles que le cou et le visage, à la suite de brülures ou d'ulcéres scrofuleux. On circonscrit par les incisions, puis on enlève par la dissection le tissu cutané accidentel qui forme ces cicatrices,

T. VI

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