LIGATURE EN MASSE
La division par striction s'opère par lgature, à l'aide d’un lien dont on entoure la base des parties à détacher. Le lien est porté directement avec la main sur les surfaces libres, ou à l’aide d'instruments dans les cavités.
Mon p’acrion. La ligature en masse est employée, suivant les cas, pour deux indications : 1° par pression modérée, dont l'effet est de gêner ou d’intercepter le cours des fluides dans le cercle embrassé par le lien, et d'amener la chute par gangrène des tissus qu’elle sépare de la circulation générale; 2° par constriction, dont l’objet, indépendamment de la gangrène, est de couper lentement les tissus; la ligature, dans ce cas, agit en quelque sorte à la manière des instruments tranchants.
INSTRUMENTS DE LIGATURE. 1° Liens. On y emploie des fils de diverses substances très-résistantes, le chanvre, le lin, la soie, la corde à boyau; et aujourd’hui on se servirait avec avantage des nouveaux fils si tenaces et si peu altérables que l’on tire des aloëès et du phormium tenax, Suivant le volume des parties, on emploie les fils simples ou réunis en cordonnet cylindrique ou en ruban, et accolés en faisceau avec de la poix ou de la cire, et on les enduit d’un corps gras on d’un savon qui les rend souples et glissants et facilite la striction. On se sert enfin des fils métalliques de plomb, d'argent recuit ou de platine. Ces fils de métaux, non oxydables, outre leur ductilité et leur cohésion, qui permettent une constriction très-forte, ont sur les autres l'avantage de l’inaltérabilité au contact de l’humidité et de la chaleur.
2° Instruments. Destinés à agir à de grandes profondeurs, ils sont de trois sortes et correspondent à autant d'indications. (a) Si l’on doit circonscrire dans une cavité une tumeur sans pédicule distinct, on se sert d’une aiguille courbe garnie de son fil et portée elle-même à l'extrémité d’un manche ou porteligature. (b) S'il faut pénétrer profondément à travers un canal étroit et sinueux, tel que les fosses nasales, le pharynx, le vagin, l’anse de ligature est présentée toute formée à l'extrémité d’une tige métallique : tels sont les porte-nœuds de Levret, Desault, etc. Dans ce cas, de longues pinces servent au besoin à ramener les fils. (c) Pour exercer sur les tumeurs situées profondément une constriction graduée et fréquemment renouvelée, on emploie les serre-nœuds. Ces instruments, variables de forme, de longueur et de mécanisme, se composent, en général, d’une tige ou d’une canule simple ou double, terminées à leur extrémité par un bec, une pince ou un petit anneau perpendiculaire, qui étrangle la base ou le pédicule de la tumeur en serrant l’anse du fil, dont les extrémités sont fixées à l’autre bout de la tige ou canule. Nous reviendrons successivement sur chacun de ces instruments à propos des opérations spéciales qui en réclament l'emploi.