DES INTERCOSTAUX EXTERNES ET INTERNES
Situation , configuration, nombre. Ces muscles, très bien nommés, forment, par leur réunion, une lame musculaire à deux feuillets juxta-posés, qui remplit chacun des espaces situés entre les côtes ou leurs cartilages, en décrivant, de chaque côté, la demi-enceinte du thorax, du rachis au sternum pour les six premiers, et s'étendant du même point jusqu’à la jonction des cartilages ou à l'extrémité des côtes flottantes pour les cinq autres. Ainsi, il y a en tout quarante-quatre muscles intercostaux, vingtdeux de chaque côté, moitié externes, moitié internes.
Insertions, direction, structure, fasciculation. Chacune de lames des intercostaux se compose de deux plans : au dehors, l’externe, en dedans, l’interne, qui s’'insèrent sur les lèvres correspondantes du bord inférieur de la côte située au-dessus, ou du bord supérieur de celle placée au-dessous. Les deux sortes d’intercos-taux s'étendent, en avant, jusqu'à l'extrémité sternale des cartilages de prolongement; mais en arrière, les intercostaux externes commencent aux articulations costo-vertébrales, et les internes , seulement à l'angle des côtes. Tous deux se composent de fibres musculaires entremélées de filamens aponévrotiques, qui, le plus souvent, n'ont que le tiers ou la moitié de la hauteur de l'espace intercostal, mais parfois aussi en parcourent toute l'étendue. Ces diverses fibres sont obliques de haut en bas, mais l’inclinaison a lieu d’arrière en avant pour les intercostaux externes, et d'avant en arrière pour les intercostaux internes, de sorte qu’ils se croisent en sautoir. Les insertions aux côtes se font par de courts filamens qui s'épanouissent sur le périoste. À leurs extrémités, les deux rangs d'intercostaux sont plutôt aponévrotiques que musculaires, et dans quelques points leurs diverses fibres s'entre-croisent en x. Les externes, surtout, offrent en avant un plan aponévrotique très prononcé (PL. 50, fig.5,et PL 65), qui maintient l'union descartilagesaveclesternum et les côtes. Enfin , quant à leur volume proportionnel, les intercostaux externes sont plus épais et plus charnus que les internes.
Connexions. Les intercostaux externes sontrecouverts,en avant, par les muscles grand et petit pectoral et en partie le grand oblique de l'abdomen ; latéralement, par le grand dentelé et le grand dorsal; en arrière, par les petits dentelés, la masse du sacrospinal et les surcostaux. Sur le plan opposé, ils sont séparés des intercostaux internes par une aponévrose et les vaisseaux intercostaux. Les intercostaux internes, par leur face pectorale, sont recouverts par les faisceaux sous-costaux et par les plèvres, et en rapport médiat avec les organes thoraciques.
Action. Les deux plans de muscles iutercostaux, par la direc-
(1) Planches 65, 68, 73, 76.
tion de leurs fibres, peuvent alternativement élever ou abaisser les côtes, être inspirateurs ou expirateurs. Dans le même temps, l'un les tire en arrière, l’autre en avant, en changeant réciproquement leur action, suivant que l'effort est produit de haut en bas ou de bas en haut, en sorte que dans l’un ou l’autre cas, la résultante moyenne est toujours un mouvement vertical, ou d'élévation où d'abaissement. Dans l'inspiration , le point fixe est pris sur les vertèbres cervicales par les muscles scalènes qui élèvent la première côte, et par celle-ci, successivement toutes les autres. Dans l'expiration, le point fixe est pris sur la dernière côte, maintenue par le carré des lombes, et le mouvement se communique de bas en haut, en sens inverse du premier.
DES SURCOSTAUX. ()
LEVATORES COSTARUM (STENON).
Situation, configuration. Petits muscles courts, triangulaires, aplatis, ligamenteux, situés à la partie postérieure des espaces intercostaux, étendus, au nombre de douze de chaque côté entre le rachis et les côtes, et servant, en arrière, d'accessoires puissans aux intercostaux externes.
Divisions, insertions. Chacun d'eux commence par un fort tendon, inséré à la partie postérieure du sommet des apophyses transverses des vertèbres dorsales. De ce tendon naissent des fibres musculaires dirigées de haut en bas et de dedans en dehors, comme dans les intercostaux externes, mais avec une obliquité plus grande, et quiaugmente du bord interne vers l'externe. Ces fibres s’insèrent, par le bord inférieur du muscle, formant la base du triangle, sur la ligne rugueuse qui parcourt en diagonale la face postérieure des côtes, de leur angle à leur tubérosité. Les surcostaux se distinguent en courts et en longs. Les courts surcostaux (levatores breviores), au nombre de sept ou huit, ne traversent qu'un seul espace intercostal d'une apophyse transverse à la côte située au -dessous. Ils occupent les deux tiers supérieurs de la poitrine; le premier par conséquent est intermédiaire entre l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et la première côte. Les longs surcostaux (levatores longiores), au nombre de trois ou quatre, font suite aux précédens, et se composent de deux petites digitations. L'externe, très oblique en dehors, s'attache, comme les muscles courts, à la côte immédiatement sous-jacente ; l'interne, plus vertical, contracte quelques adhérences avec cette côte, puis, la franchit, pour s'insérer au bord supérieur de celle qui est placée au-dessous ; mais comme l'espace est très limité, il en résulte que dans la succession de ces muscles le long faisceau interne de l’un est en partie recouvert par le court faisceau externe de celui qui lui succède. Enfin, le dernier des surcostaux, qui procède de la onzième apophyse dorsale, n'ayant plus au-dessous de lui que la douzième côte, n'offre, comme les supérieures, qu'un seul faisceau.
Structure, connexions, action. Ces muscles se composent, comme les intercostaux et les petits dentelés, d’un mélange de fibres musculaires et aponévrotiques. Ils sont en rapport en arrière avec le long dorsal et le sacro-lombaire; en avant et en dehors, avec les intercostaux externes ; en dedans, avec le transversaire épineux. Ils ont pour usage d'élever les côtes, et sont par conséquent inspirateurs. Ils agissent tous en commun, disposition qui permet sans inconvénient la fusion de plusieurs en un seul, comme on l’ob-
(1) Planches 88 , 89, TOME Il,
serve quelquetois. Morgagni a même vu un cas où ils étaient tous unis, et constituaient un long dentelé postérieur très régulier.