‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 204 sur 461 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

Aponévrose brachiale.

Vaste loge qui enveloppe les muscles du bras: elle naît circulairement, en haut, de la clavicule, de l’acromion, du bord axillaire de l'omoplate, des tendons du grand pectoral, du grand dorsal et du deltoïde; en dedans, elle forme la contimation du feuillet du grand pectoral et du fascia superficialis axillaire; et en arrière, elle adhère à l'aponévrose du sous-épineux et au feuillet du grand dorsal. À partir de ces diverses origines, elle descend jusqu’à l'articulation du coude, où elle adhère aux éminences osseuses, et se continue avec l'aponévrose anti-brachiale. Par sa surface profonde, elle est unie aux cloisons intermusculaires, dont les deux principales, l'interne et l’externe, séparent les groupes des muscles fléchisseurs d'avec les extenseurs, et permettent de considérer à l'aponévrose brachiale deux surfaces, l'une antérieure et l'autre postérieure.

La portion antérieure, dont l'épaisseur augmente de haut en bas, procède successivement du tendon du grand pectoral, de celui du deltoïde et de sa bandelette de renforcement, et de la cloison intermusculaire externe. Ses fibres obliques, de haut en bas et de dehors en dedans, passent au-devant du ventre du biceps qu’elles supportent, et vont se rendre sur la cloison intermusculaire interne et sur un faisceau implanté à l’épitrochlée. En bas, cette aponévrose est percée d'une arcade elliptique pour le passage de la veine radiale sous-cutanée, et fortifiée par la bandelette bicipitale. Cette bandelette, née du bord interne du tendon du muscle biceps, se dirige en bas et en dedans, adossée à l'aponévrose brachiale, et vient s'épanouir, en regard des muscles pronateurs, dans l'épaisseur de l’aponévrose anti-brachiale; elle simule une sorte de tendon membraneux du biceps, considéré comme muscle tenseur de l'aponévrose anti-brachiale, et en outre elle fortifie cette aponévrose et forme une enveloppe de protection pour les gros vaisseaux au pli du bras. L'attache que nous avons signalée à l'épitrochlée constitue un faisceau divergent, demi-circulaire, dont les fibres radiées et très résistantes servent d'attache à la cloison musculaire interne et aux aponévroses brachiale et anti-brachiale, dont elles sont à-la-fois le point d'appui et la suture commune.

La portion postérieure de l'aponévrose brachiale, comprise entre l’une et l’autre des cloisons intermusculaires, sert d’enveloppe au triceps. Elle se compose de fibres courbes transversales à concavité supérieure. Née, en haut, du tendon du grand dorsal et des enveloppes du grand rond et du sous-épineux, elle se perd en bas, où elle se fixe sur la tête du cubitus; sur le point culminant de cet os existe une bourse synoviale sous-cutanée, ovalaire transversalement.

Aponévroses partielles du bras.

La cloison intermusculaire externe, née du bord antérieur de la coulisse bicipitale, se fixe sur le bord et la crête externes de l'humérus, en séparant la loge de l'extenseur, le triceps, de celle des fléchisseurs, le biceps et le brachial antérieur. Inférieurement elle se bifurque pour donner naissance à la loge anti-brachiale des muscles supinateurs, l'une de ses lamelles se terminant à l'épicondyle, et l'autre sur le cubitus. Cette cloison est traversée très obliquement par le nerf radial et les vaisseaux collatéraux externes, qui contournent en pas de vis la face postérieure de l’humérus.

La cloison intermusculaire interne naît du bord postérieur de la

coulisse bicipitale; au-dessous du tendon du grand rond, se fixe sur le bord, puis sur la crête interne de l'humérus jusqu'à l'épitrochlée, où elle vient rejoindre le faisceau divergent. Elle sépare également le coraco-brachial du brachial antérieur et du biceps. Le nerf cubital, qui longe cette lame de haut en bas, la traverse près de l'articulation pour glisser derrière l'épitrochlée. Les deux grandes cloisons que nous venons de décrire servent de point de départ aux gaînes spéciales des muscles. 1° Une lame transversale , étendue de l’une à l'autre, sépare le brachial antérieur du biceps, et complète les gaines de ces deux muscles. 2° En arrière, elles forment, avec l’aponévrose postérieure, la gaîne du triceps. 3° Une autre lame dégagée de la cloison interne enveloppe le coraco-brachial, et vient se fixer sur le tendon de la courte portion du biceps. 4° De l’aponévrose brachiale postérieure, qui enveloppe le faisceau scapulaire du triceps, procèdent deux petites cloisons latérales qui rejoignent l'humérus en isolant ce faisceau des deux inférieurs. 5° Une gaine spéciale qui longe la cloison interne sert d’enveloppe aux vaisseaux huméraux profonds et au nerf médian; elle renferme, en haut, les nerfs cubital et cutané interne, et se trouve percée d'un trou pour le passage de la veine basilique. 6° Enfin, aux dépens de l'aponévrose brachiale d'enveloppe, sont formées les gaines spéciales des vaisseaux et des nerfs sous-cutanés.

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