FEUILLET OÙ APONÉVROSE DU PETIT OBLIQUE
Situation, division, insertions. Sa forme est celle d’un triangle alongé de haut en bas, dont la base est au rebord des côtes et le sommet au pubis. Née du bord antérieur de l’oblique interne, à sa partie supérieure, vers la jonction des neuvième et dixième cartilages des côtes, elle est d’abord éloignée du muscle droit, et s'en rapproche peu-à-peu en descendant jusqu'au niveau de l’épine iliaque antérieure et supérieure. Dans toute cette hauteur le feuillet aponévrotique est simple entre le petit oblique et le bord externe du grand droit; mais parvenu auprès de ce bord, il se divise en deux lames, qui passent l’une en avant et l'autre en arrière de ce musele, et se rejoignent de nouveau audelà de son bord interne sur la ligne blanche. Au-dessous de l'épine iliaque, il n'y a plus de lame postérieure; l'antérieure, qui n'est que la suite du feuillet simple d’origine, continue à recouvrir le grand droit, dont la sépare toutefois le feuillet inférieur du transverse, et se rétrécit de plus en plus inférieurement à mesure que le petit oblique envahit sur sa largeur; elle
s'implante avec lui sur le pubis, derrière le ligament inguinal interne. Les fibres de cette aponévrose continuent la direction de celles du muscle, c'est-à-dire qu'à partir de la crête iliaque, où elles sont transversales, les supérieures divergent de bas en haut , et les inférieures de haut en bas.
Connexions. Sa face antérieure est recouverte en haut dans la portion la plus large de son feuillet simple par le grand oblique, et dans le reste de son étendue par l'aponévrose de ce muscle, qui double la lame antérieure de la gaîne. Sa face postérieure recouvre les fibres et l'aponévrose du transverse. Son bord interne fait partie de la ligne blanche; l'externe, qui commence à la terminaison du petit oblique, est oblique de haut en bas et de dehors en dedans, et sinueux dans sa longueur. Le supérieur est le plus remarquable, et diffère pour chacune des lames qui enveloppent le muscle droit. La postérieure s'implante sur l’interstice du bord de l’appendice xiphoïde et des cartilages des côtes du septième au neuvième; l'antérieure ne s'attache que sur les points extrêmes, de sorte que le bord étant libre dans l'intervalle, laisse une fente que traverse l'extrémité supérieure du muscle grand droit.
3° FEUILLET OU APONÉVROSE
DU TRANSVERSE.
Situation , division , insertions. Né du bord antérieur et interne du transverse, suivant une ligne courbe rentrante en dehors, ce feuillet profond décrit un demi-ovale de chaque côté de la ligne blanche. Vers son quart inférieur, il est divisé par une fente que traverse le muscle grand droit en deux portions inégales : la supérieure, d'une longueur triple de l'autre, passe derrière ce muscle et l'inférieure au-devant; la première en doublant la lame postérieure du petit oblique, et la seconde revêtue par son feuillet antérieur. Les fibres de l'aponévrose du transverse ont la même direction que celles du muscle lui-même, transversales pour la portion supérieure, et obliques en bas et en dedans pour les plus courts.
Connexions. La face postérieure de cette aponévrose recouvre supérieurement le fascia transversalis en haut, et en bas le muscle droit. Son bord interne fait partie de la suture de la ligne blanche. Son extrémité supérieure s'implante par un sommet aigu dans l'angle du cartilage xiphoïde et de la septième côte sur leur lèvre interne. L'extrémité inférieure, également effilée, s'attache au pubis, au-devant du pyramidal, avec les dernières fibres musculaires du transverse.
APONÉVROSE ABDOMINALE POSTÉRIEURE. ()
Elle offre une étendue moins considérable que l'antérieure : mais sa distribution est aussi compliquée. Intermédiaire entre la douzième côte, l'os coxal et les vertèbres lombaires, cette forte aponévrose, de forme quadrilatère, constitue de chaque côté une charpente flexible qui élargit et maintient la colonne lombaire, et présente le triple usage d’unir, comme un vaste ligament, la poitrine au bassin et au rachis pour borner l'étendue des flexions latérales , de servir de point fixe en arrière aux muscles abdominaux et au diaphragme, et de former des gaînes
Re Re Re er (1) Planches 66, 67, 68, 76, 80.
pour les muscles postérieurs du tronc. Elle se compose des deux aponévroses du transverse et du petit oblique.
1° L'APONÉVROSE DU TRANSVERSE procède d'abord , par une lame unique, des fibres du bord postérieur de ce muscle. Parvenue en regard du bord externe du carré des lombes, il s’en détache un premier feuillet antérieur, très mince: celui-ci passe audevant du carré des lombes, qu'il isole du grand psoas et s'insère à la base des apophyses transverses des quatre premières vertèbres lombaires; en haut, il se fixe sur l'arcade externe du diaphragme qui se termine au pilier par lequel ce muscle s’insère aux deux premières apophyses transverses lombaires. A près avoir fourni ce premier feuillet, l'aponévrose glisse derrière le carré des lombes; arrivée au bordexterne du sacro-spinal, elle envoie derrière cette masse charnue un autre feuillet postérieur, assez mince, qui s’unit intimement à l'aponévrose du petit oblique, et s'attache en commun avec cette dernière aux apophyses épineuses lombo-sacrées. Enfin l'aponévrose principale, non moins forte qu’à son origine, continuant sous le nom de feuillet moyen sa direction première, sépare le carré des lombes de la masse des sacro-lombaire, long dorsal et transversaire épineux , et s'insère au sommet des apophyses transverses des quatre premières vertèbres lombaires : les trois attaches inférieures se font par des faisceaux de fibres en éventail qui convergent vers l’'apophyse en un sommet commun; la première attache s'opère par ce que l'on nomme le ligament cintré. Ce prétendu ligament, qui n’est autre chose que l'extrémité supérieure épaissie de l'aponévrose principale, est constitué par une forte lame fibreuse, étendue de la dernière vertèbre dorsale et de l'apophyse transverse de la première vertébre lombaire au sommet du cartilage de la douzième côte et au muscle transverse. Cette lame, formée de plusieurs bandelettes transversales, très résistantes, donne attache à un faisceau du diaphragme, en dehors de son arcade externe, et sert également d'implantation à l'aponévrose qui unit les fibres de ce muscle entre les deux côtes flottantes.
2° L'APONÉVROSE DU PETIT OBLIQUE , semblabie à la précédente, naît du bord postérieur de ce muscle, interposée entre le feuillet postérieur du transverse et l'aponévrose du grand dorsal, auxquels elle est assez intimement unie. Elle se compose de deux plans de fibres, les unes transversales, et les autres obliques, suivant la direction de celles du muscle, de bas en haut et de dedans en dehors. Par son bord postérieur , elle s'implante, conjointement avec le feuillet postérieur du transverse, aux apophyses épineuses des deux dernières vertèbres lombaires, à celles des deux premières vertèbres sacrées, et aux ligamens qui les unissent. Son bord supérieur se confond avec le petit dentelé postérieur et inférieur ; son bord inférieur s'attache sur la partie postérieure de la crête de l'os coxal.