‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 45 sur 461 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

faisceaux est assez irrégulière; généralement l'apophyse épineuse de la dixième ou douzième dorsale en est le centre. Un premier faisceau , le plus interne et le plus court , s'étend de la neuvième ou dixième apophyse à la onzième ou douzième : c'est celui qui est le plus évident et le mieux isolé. IL est renfermé par les autres, qui naissent successivement par des tendons grêles des huitième, septième, sixième et même cinquième apophyses dorsales, s'appliquent les uns contre les autres, entremélent leurs fibres, s'insèrent en partie sur l’aponévrose du grand dorsal, et se terminent sur les deux premières bandelettes lombaires ; en sorte que ces fascicules, bien distincts à leurs extrémités tendineuses , se fixent par leurs ventres charnus sur l'aponévrose, confondus dans leurs fibres d’une manière plus ou moins inextricable. Cette disposition est très différente de la régularité indiquée par quelques auteurs ; mais au moins s'entendent-ils sur la forme générale de ces fascicules et sur le lieu qu'ils occupent jusqu'à la cinquième ou sixième apophyse dorsale. Il n’en est pas de même de ceux qui composent la portion supérieure, et dont aucun auteur, à notre connaissance, ne fait mention, quoique nous les ayons toujours rencontrés.

Cette portion supérieure s'étend depuis la quatrième ou cinquième apophyse épineuse dorsale jusqu'à la troisième cervicale, et comprend par conséquent neuf ou dix faisceaux grêles presque parallèles, terminés par de petits tendons arrondis, longs et déliés. Ces faisceaux naissent inférieurement du sommet de l'aponévrose et d'un prolongementqu'elle forme dans le sillon qui les sépare du ventre charnu du long dorsal. Ils montent obliquement en dedans , d'autant plus courts et plus obliques qu'ils sont plus inférieurs ; les plus élevés sont presque verticaux. A la hauteur de la cinquième côte, ils sont séparés de l'extrémité supérieure du long dorsal par un espace triangulaire, dans lequel s'interpose l'extrémité inférieure des complexus et du transversaire du cou. Ces faisceaux adhèrent tous entre eux par leurs corps, et forment une colonne non interrompue avec ceux de la portion inférieure. Les fascicules supérieurs de cette portion spinale du long dorsal , situés entre le faisceau digastrique du grand complexus et les demi-épineux du cou et du dos, peuvent n'être pas aperçus d'abord ; mais les fascicules inférieurs, placés sur le même plan que le ventre charnu du muscle, qu'ils séparent des apophyses épineuses, frappent d'évidence au premier aspect ; aussi est-il surprenant qu’ils aient échappé à l'attention des anatomistes.

TRANSVERSAIRE. (1)

TRANSVERSALIS CERVICIS (4ZB.), GRAND TRANSVERSAIRE DU COU (#1NSL.).

Ce muscle rubané, mince, contourné suivant sa longueur, est situé à la partie latérale du cou et postérieure et supérieure du dos. C'est avec raison que la plupart des anatomistes , depuis Sabatier, le considèrent comme formant la partie supérieure , ou le prolongement cervical du long dorsal; seulement cette disposition est moins évidente que pour le cervical descendant: en effet , les tendons supérieurs et inférieurs de ce dernier continuent bien réellement la double série, à direction inverse , de ceux du sacro-lombaire, tandis que le transversaire, s'il fait véritablement suite à la colonne ascendante lombo-dorsale des faisceaux transversaires du long dorsal, s'en distingue néanmoins par ses tendons descendans.

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(1) Planche 86.

Le transversaire procède par cinq ou six cordelettes tendineuses des apophyses transverses des troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième vertèbres dorsales , et quelquefois de celles placées au-dessus ou au-dessous , la seconde ou la huitième. Ces tendons s’'implantent à l'extrémité du bord supérieur de chaque apophyse, en dedans de ceux du long dorsal. Les faisceaux qui en naissent se rassemblent en un muscle rubané, qui s'enroule de bas en haut et de dedans en dehors, puis d’arrière en avant, autour de la saillie des complexus , appliqué sur eux par sa face interne et son bord supérieur, et, par l'inférieur, en rapport avec les derniers tendons transversaires du long dorsal et avec le cervical descendant qui suit la même direction. A sa naissance il se confond avec la partie supérieure du ventre charnu du long dorsal par un trousseau de fibres assez volumineux ; à la partie supérieure de son bord interne, il entremêle également ses fibres, dans une assez grande étendue , avec celles du petit complexus. Enfin, pour ses attaches supérieures, le transversaire se divise de nouveau en cinq faisceaux , parfois un de moins que pour les attaches dorsales. Les tendons aponévrotiques , que des fibres musculaires très minces unissent par leurs bords jusqu’à leur terminaison , sim plantent sur les tubercules postérieurs des vertèbres cervicales, ordinairement depuis la seconde ou la troisième jusqu'à la sixième ou la septième, et très rarement sur la première.

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