‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 6 sur 138 · RECHERCHES SUR L’ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR L’ENCÉPHALE

L’encéphale est l’ensemble des masses nerv:nses renfermées dans le crâne. Mon intention n’est pas d’en tracer dans ce Mémoire une description complète, elle y serait déplacée; je dois me borner à décrire des parties peu ou point connues, ou imparfaitement décrites; mais je serai cependant obligé de passer en revue toutes les parties du cerveau, pour rendre ma description claire et méthodique. Je ne ferai pas l’historique de leur découverte , je 11’ai pu encore me livrer aux immenses recherches qu’elle exigerait pour être faite avec ex ctitu le, tant sont nombreux les ouvrages écrits sur cette matière; je décrirai donc ce que j’ai vu, sans prétendre que d’autres ne m’aient pas devancé dans quelques-unes de mes observations.

L’encéphale remplit habituellement^ avec ses membranes et leurs fluides, la cavité du crâne tout entière; et quand on a ouvert largement ceLte cavité par l’ablation de sa voûte, qu’on a enlevé les membranes qui en tapissent l’intérieur, que l’on a renversé la tête en arrière et en bas, coupé les nerfs crâniens, quelques portions de membranes et la moelle épinière à l’entrée du canal vertébral , on peut retirer assez facilement toute la masse de l'encéphale. Cette masse se compose du cerveau, qui est en haut et couvre tout le reste du cervelet qui est en arrière sous le cerveau; de la protubérance cérébrale on mésocéphale , qui est au devant du cervelet. Le mésocéphaie unit le cervelet avec le cerveau comme par un nœud, en donnant naissance en bas et en arrière an tronc de la moelle épinière.

L’encéphale est composé : i° de substance cendrée ou grise, plus ordinairement visible à l’extérieur, ce qui lui a mérité le nom de substance corticale; 2° de substance blanche ou médullaire cpii occupe ordinairement l’intérieur et qui s’y trouve mêlée avec de la substance cendrée; 3° de substance jaune , qui revêt d’une lame assez mince beaucoup de points de la surface du cerveau, et se montre aussi à l’intérieur; !\ de substance jaune rosée, que l’on trouve à l’intérieur.

Ces deux dernières substances se remplacent quelquefois l’une l’autre, et même, quoique ce soit plus rare, elles se remplacent aussi mutuellement avec la substance blanche. A toutes ces parties s’ajoutent les membranes de l’rncéplmle. Ce sont, en les indiquant de dedans en dehors, la dure-mère, l’arachnoïde, la pie-mère et la membrane ventriculaire : la première est une membrane ferme et résistante, la deuxième une membrane fine comme une toile cl’araignée, la troisième une membrane molle et ténue , la dernière tapisse les ventricules. La dure-mère protège l’encéphale par sa

(i) Voy . les planches XxXir, xxxin, xxxix, XL de la collection; les trois premières représentent des coupes verticales et transversales du cerveau faites à des points de plus en plus reculés. Mais il s’est glissé une erreur inverse dans le numérotage des deux premières planches: la xxxue est la xxxm', et celle-ci est la xxxne; le numérotage des figures, qui est exact, indique l’erreur qui existe dans les chiffres des planches * .

* Ce travail de M. Gcrdy et les planches destinées à le faire comprendre ont été publiés dans le Journal des Connaissances mèiliçn-chirurqieaies. Les planches auxquelles renvoie ce mémoire sont celles de l’atlas du journal.

résistance, l’arachnoïde l’enveloppe d’une humeur séreuse ; la pie-mère reçoit la plupart des vaisseaux de l’encéphale, et ils se ramifient à l’infini avant de pénétrer dans sa substance. Bichat a signalé cette disposition comme destinée à éviter que les vaisseaux d’un volume trop considérable ne pénétrassent dans le cerveau et que sa délicate substance ne fût ensuite blessée par leurs battements. Mais d’une part, beaucoup de rameaux vasculaires pénètrent directement dans le tissu de l’encéphale, sans s’étre divisés en capillaires déliés ; d’autre part, le plus grand nombre des vaisseaux du tissu osseux se divisent d’abord dans le périoste, comme les vaisseaux de l’encéphale dans la pie-mère, et n’y pénètrent qu’après être parvenus à une extrême ténuité. Or, je ne pense pas que cette disposition soit ici destinée à éviter la lésion d’un tissu trop délicat. La membrane ventriculaire paraît formée de substance médullaire unie en beaucoup d'endroits à une loiie membraneuse très-délicate qu’elle revêt et fortifie. J’y reviendrai plus bas.

Du cerveau.

La conformation du cerveau est une des plus compliquées entre celles de tous les Organes. Elle est cl te à ce qu’il est formé de deux lobes latéraux creusés d’une cavité, à ce que ces deux lobes sont réunis par un grand nombre de commissures et par deux pédoncules d’une forme difficile à apprécier, qui plongent et se fixent dans le fond de la cavité de chaque lobe; à ce cpie les commissures et les pédoncules circonscrivent une autre cavité, le ventricule médian. Je décrirai donc successivement la forme du cerveau dans son ensemble et en particulier celle de ses lobes, celle de ses commissures, puis celle de ses pédoncules, et enfin celle des cavités cérébrales, parce que l’on ne peut comprendre la disposition des ventricules que lorsque l’on connaît parfaitement la forme de toutes les parties du cerveau. Par la même raison je parlerai ensuite des membranes intérieures du cerveau, et enfin de sa structure.

Le cerveau est convexe supérieurement comme l’hémisphère d’un œuf; il est profondément divisé sur la ligne médiane, par une scissure longitudinale ou interlobaire, en deux lobes latéraux que sépare la faux de la dure-mère (n° i, 3, 5, 7, 9, 11).

Mais une commissure cérébrale supérieure, appelée corps calleux plafond, ou mésolobe (10, ficj. 1, i 1), unit ces lobes l’un à l’autre dans leur tiers moyen à peu près. Aplati d’une manière irrégulière inférieurement, le cerveau est cependant symétrique.

Complètement divisé en deux lobes latéraux en avant et en arrière sur la ligne médiane {ficj. i3, 1 4), par la scissure interlobaire , il présente successivement d’avant en arrière, sur la ligne médiane, pour commissure inférieure entre ces deux lobes : i° la partie anterieure du mésolobe recourbée en bas (8, 9, fij. i j); 20 la lame sus-optique d’un blanc grisâtre qui est au-dessus du chiasma ou carré optique (22 ,fij- >4) î 3° le tuber cinereum (16. fig. «3); 4° les tubercules mamillaires ou mamelons accolés L’un à l’autre (19 ^fij- 1 3 ; et ?>o,fig. 1 4) ; 5° les pédoncules cérébraux (a3, a3 .fia. t3 et 3 1 ; 3 1 , fig. i4), qui s’enfoncent en divergeant en avant dans la ca\iié, dont chaque Jobe est creusé, et qui s’unissent, en convergeant en arrière, dans le mésocépha’e. Le cerveau présente en outre sur les côtés et au-dessus du mcsocéphale la grande fente cérébrale de Bichat, ouverture cérébrale qui forme la bouche des ventricules et pénètre dans les ca\ités intérieures du cerveau. Au-dessus de cette ouverture se voit enfin le bord postérieur du corps calleux (33, 3 j , fig . i3, \q.fig. t4).

La bouche ou l’ouverture des ventricules est une grande f nte extérieure demi-cir-

culaire, dont la concavité regarde en avant; elle a deux bords : un supérieur et un inférieur au milieu, un interne et l’autre externe sur les côtés. Le supérieur est formé par le corps calleux, l’inférieur par les tubercules quadrijumeaux; l’externe est formé par la lèvre, qui est une circonvolution grise en dessous i4)- L<1 lèvre est bordée

par une circonvolution plus étroite, semblable à une petite corde ou cylindre dentelé (4 G, fig. 1 4), c’est le dentelé ; et par la frange (4 G,fg. 1 4 ) > petite bandelette médullaire qui recouvre le dentelé en haut et profondément. Le bord interne est formé par le pédoncule et son renflement, connu sous le nom de couche optique (3i ,fig. i3; 41, fig. 1 4) * Pour plus de brièveté, j’appellerai souvent ce renflement par le nom d’opticos, qui a une composition étymologique et une signification analogue.

Sur les côtés de la ligue médiane s’observe la surface inférieure des lobes latéraux, subdivisés en lobes ou lobules , et d’abord la surface du lobe antérieur, puis la scissure temporale et ce crible latéral percé dans une lame jaunâtre sous-temporale (17, fig . 1 3 4 qui fait suite au corps calleux et se montre à nu en dedans de la scissure temporale. Cette lame se prolonge en arrière jusqu’au pédoncule. Au delà de la scissure s’observe le lobe moyen ou temporal (18 ,fig. i3), qui présente entre autres choses à citer, dans sa circonférence antérieure et interne, une tubérosité antérieure et une tubérosité interne arrondie.

A la surface, et dans l’épaisseur de la lame sous-temporale, s’observent en dedans la racine interne des olfactif* (9 ,fig- i3); en dehors la racine externe, qui finit par disparaître dans la substance de la lame sous-temporale , sans se continuer jamais avec les faisceaux antérieurs des pédoncules (6, 17 ,fig- i3). Nous démontrerons que ceux-ci sont toujours embrassés par la portion antérieure recourbée du corps calleux, la lame sous- temporale, qui y fait suite. Il n’y a pas de scissure, il n’y a qu’une large dépression oblique pour distinguer le lobe postérieur d’avec le moyen.

Les lobes latéraux ont trois surfaces à l’extérieur; ils sont convexes en haut et en dehors, irrégulièrement aplatis en bas, régulièrement aplatis en dedans, côté par où ils s’appliquent l’un à l’autre comme les deux quartiers contigus de l’hémisphère d’un œuf durci par la coction et divisé d’un bout à l’autre. Toutes ces surfaces sont d’ailleurs couvertes d’anfractuosités et de circonvolutions. Les circonvolutions du cerveau sont des lames épaisses qui s’élèvent de sa substance et se portent généralement à la périphérie; chacune présente deux surfaces contiguës tipissées par la pie-mère, un bord continu à la masse centrale, un bord libre arrondi, plus épais en général et plus long que les lames elles-mêmes, parce que ce bord , tourné à la circonférence, peut occuper plus d’espace. Il est généralement visible à la superficie de l’organe. Les lames sont onduleuses, s’embrassent réciproquement dans leurs sinuosités et dans leurs contours. Souvent leur bord libre présente des dépressions, des échancrures, des sillons qui les coupent obliquement ou en travers et semblent en interrompre la continuité. Néanmoins leur continuité s’étend souvent beaucoup plus loin qu’on ne le croirait en les examinant seulement à la surface du cerveau; souvent aussi elles se subdivisent, suivant leur épaisseur, en plusieurs lames dont quelques-unes, petites et courtes, se cachent entre les autres. Enfin, les*cireonvolulions en reçoivent d’autres avec lesquelles elles se continuent.

Le lobe antérieur présente à sa surface inférieure la circonvolution cérébrale susorbitaire, pinson moitis onduleuse, qui repose sur la voûte orbitaire en dehors et en arrière. En se recourbant, elle se continue en dedans (7, fig. 1 3) avec la circonvolu-

tiou olfactive externe ; celle-ci, constamment dirigée en avant, se recourbe là en arrière, et se continue avec la circonvolution olfactive interne (3, fig. i3) qui lui est parallèle (5, fig. 1 3), et en est séparée par une anfractuosité qu’occupe le nerf de l’olfaction (4 ,fi /■ i3). Ce nerf tire sa racine supérieure de la partie la plus reculée de cette anfractuosité olfactive.

Le coté interne des lobes latéraux présente une circonvolution annulaire constante, mais d’une régularité variable; elle commence au-devant du corps calleux ou plafond du cerveau, où elle se continue a\ec la circonvolution olfactive interne. De là elle se porte en arrière le long de la surface supérieure du plafond ou mésolobe jusqu’à son bord postérieur ft9,fig. J 4) » qu elle embrasse en se recourbant en bas, pour aller se terminer vers la tubérosité interne obtuse du lobe temporal à la partie inférieure du cerveau. Depuis le bord postérieur du corps calleux jusque vers la tubérosité du lobe temporal, elle ferme le bord ou la l'evre de la Louche ventriculaire f\~],fig. i4). A son extrémité antérieure et inférieure, cette circonvolution froncée et recourbée s’attache en dehors du nerf optique, au-dessous du pédoncule, de manière à fermer là (ao, fa/. 1 3) l'ouverture ventriculaire. Cette circonvolution forme par conséquent un long anneau ovalaire, qui, se portant depuis la tubérosité du lobe temporal, derrière, audessus et au-devant du corps calleux, l’embrasse dans son cercle et se continue en avant, sous le lobe temporal antérieur, avec la circonvolution olfactive interne.

Voilà un premier anneau qui entoure à la fois le plafond et le pédoncule; c’est un anneau l oh aire , parce qu’il appartient au lobe. Cet anneau borde quasi partout, comme une lèvre, l’ouverture de la cavité dont le lobe est creusé, et où pénètrent le corps calleux et le pédoncule. Cet anneau n'est interrompu que par la partie interne de la scissure temporale. La circonvolution annulaire qu’il forme reçoit en dehors, sous le bord interne du lobe temporal, plusieurs circonvolutions longitudinales, qui. viennent de la surface inférieure du lobe postérieur du cerveau, et qui la grossissent considérablement. La circonvolution annulaire s’unit enfin au-devant du lobe temporal avec une circonvolution temporale qui suit la scissure de ce nom. De ces circonvolutions, celles de la surface inférieure du lobe postérieur se continuent en s’éloignant de l’anneau lobaire, les unes en dedans et en arrière, les autres en dehois du lobe postérieur, et la temporale en dehors du lobe moyen. Je ne donnerai pas la description des circonvolutions externes des lobes du cerveau. M.Leuret, qui les a étudiées avec beaucoup de sagacité, les fera très-bien connaître. Si je les décrivais ici, je courrais les risques de le faire moins bien que lui, ou de reproduire en mon nom une partie de ses observations qu’il a bien voulu me communiquer.

La cavité du lobe a son orifice inscrit dans la circonvolution annulaire qui en borde partout l’entrée, excepté au point où elle est divisée par la partie interne delà scissure temporale, comme je l’ai déjà dit.

Des commissures. — Les deux lobes cérébraux et leurs pédoncules sont contigus et réunis l’un à l’autre par leur côté voisin, au moyen de plusieurs commissures blanches ou grises. Ce sont de liant en bas: i° Le corps calleux ou mésolobe, que j’appelle quelquefois le plafond, parce qu’il forme en effet le plafond des cavités du cerveau que je nomme ventricules supérieurs; 2° la voûte à trois piliers, que j’appelle la voûte et qui est ainsi nommée parce que c’est une lame triangulaire courbée en voûte audessus du ventricule moyen, et qu’elle présente, en outre, trois prolongements descendants à chacun de ses angles, bien que l’antérieur finisse par se bifurquer; 3° la

commissure antérieure, en forme de cordon transversal (i 9, 20, fig. 6, et 21, fig. 16, et 20, 23, fig. 1 4), que j’appellerai quelquefôis, pour abréger, le cordon ; 4° la commissure postérieure, petit cordon aplati, fort court; 5° la commissure optique (24, fig. 1 6), qui 11’est qu’une adhérence entre les deux renflements appelés couches optiques; 6° les faisceaux conariens (24, 26, 2g, fig. iG), qui du conarium fig, fig. 16), dont ils tirent leur nom, se portent en avant jusqu’aux mamelons; ~j° la lame sus-optique (22, fig. i4) placée au-devant et au-dessus du carré optique; 8° le carré ou chiasma (10, fig. i3, et 26, fig. 1 4) ? 9° le luber cinereum (1 G, fig. 10), qui est placé derrière et donne naissance à la tige pituitaire (1 1, fig. 1 3) ; io° enfin, l’adhérence des pédoncules cérébraux (24, fig. i3).

De toutes ces commissures, le corps calleux ou mésolobe en est la plus élevée; il figure entre les lobes du cerveaiqune lame quadrilatère allongée qui se recourbe vers la surface inférieure de l’organe, par-devant, par-derrière, et qui, là, se continue par son angle postérieur avec la corne d’Ammon.

Mais par les côtés il s’insinue sous la circonvolution annulaire qui borde l’ouverture de la cavité du lobe, s’attache à la surface interne de toute la circonférence de l’ouverture de la cavité, en se confondant avec la substance médullaire qui la tapisse. Comme il embrasse le pédoncule d’avant en arrière et de haut en bas, il forme un deuxieme anneau dans le cerveau , que j' appelle mésolobaire.

Il présente encore sur la ligne médiane, à sa surface supérieure, un raphé formé de deux filets longitudinaux, qui, suivis dans toute leur étendue, se montrent sous la forme de deux grands anneaux cérébraux. Ces filets, parvenus au bord antérieur du corps calleux (8, 9, fig. i4)5 s’amincissent plus ou moins suivant les sujets, et vont s’unir avec le carré optique (21, fig. 1 4) ; ensuite ils se prolongent chacun de leur côté en dehors et en arrière, d’une manière plus ou moins distincte dans la lame sous-temporale, en formant un ruban ou un filet sus-optique , que j’ai quelquefois suivi jusque sous le pédoncule, entre le pédoncule et le nerf optique (2 1, fig. \fi) ; mais souvent te filet se confond vers le nerf optique dans la lame sous-temporale, sans qu’on puisse le suivre plus loin.

Au bord postérieur du plafond (4p, fig. ifi), ces filets du raphé se recourbent en s’écartant l’un de l’autre, pour se continuer tantôt d’une manière évidente, tantôt d’une manière douteuse, avec la circonvolution étroite, grise et dentelée, connue sous le nom de corps dentelé (4 G, fig. i4)- Us forment un troisième anneau ; je le désignerai sous le nom d’anneau du raphé, bien que dans certains cas il soit impossible d’en suivre la continuité partout.

La voûte continue en apparence avec le bord postérieur du plafond fig, fig. i/|) replié en bas en bourrelet, s’avance au-dessous de cette commissure supérieure jusqu’au milieu de sa longueur environ, où elle s’en éloigne un peu de haut en bas et en avant, de sorte que l’espace qui les sépare devient de plus en plus haut en avant. L’angle, ou pilier antérieur de la voûte se porte en bas en se bifurquant ( 1 5 , 16, 18, et fig. G), et ses faisceaux descendent dans les tubercules manullaires (3o, 3o, fq. i4). Ses angles latéraux et postérieurs fië,fig. 14) se continuent en bas avec la bandelette nommée le corps frangé ou la frange fi5, fig. 1 4) > flui en est réellement la suite; celle-ci se prolonge elle-même jusqu’à l’extrémité antérieure de la lèvre. Cette bandelette figure les piliers latéraux de la voûte.

La voûte forme ainsi un quatrième anneau autour du pédoncule; c’est Vanneau de

la voûte ; et ce double anneau, comme celui du plafond, unit en même temps les deux lobes l’un à l’autre.

La lame sus-optique ( 1 3 , 22, fg. i\), parcourue d’avant en arrière par les filets sus-optiques, est si étroite qu’elle n’occupe que la ligne médiane; elle est mince au bord antérieur du corps calleux (n, fig. i4) qu’elle prolonge sous le cerveau; elle devient plus épaisse en arriére; là elle s’attache d’abord au carré optique, et puis se confond plus haut et plus profondément que le plan de sa surface inférieure avec le tuber cinereum prolongé au-dessus du chiasma; enfin elle se fixe au-dessus de la commissure antérieure, et au-devant de la bifurcation du pilier antérieur de la voûte; sur les côtés cette lame se confond avec la lame sous - temporale (i rn fig- 1 3 ), qui s’unit au-dessus de la lame sus-optique avec celle du côté opposé, pour concourir à former la cloison du cerveau qu’on nomme septum lucidum, et dont nous reparlerons plus bas (19, 17, fig . 1, 4)*

Ces commissures, le plafond en haut et en devant, la lame sous-temporale en bas et en dehors de la ligne médiane, l’angle antérieur de la voûte en arrière, circonscrivent un espace triangulaire à base antérieure et arrondie; cet espace est divisé en deux par une cloison appelée septum lucidum , parce qu’elle est légèrement transparente (12, 17 , fig. 2 et 4); les deux espaces latéraux qui résultent de cette division concourent à former la partie supérieure des ventricules latéraux, ou, pour plus de brièveté, les ventricules supérieurs.

La commissure postérieure est placée en arrière au-dessous de la voûte; c’est un petit ruban transversal. 11 tient en arrière et en bas au mésocéphale, et par ses deux extrémités aux couches optiques; il se continue là avec le faisceau conarien, dont je parlerai plus bas.

Sous la voûte s’observe une membrane nommée choroïdienne, qui en tapisse la surface inférieure, se prolonge latéralement jusqu’au delà de ses bords, et flotte comme une draperie dans les ventricules inférieurs et supérieurs (n°s 14, 1 5 , fig. 5, 6, 7, 9, i o;n°s r4} 1 3, fig. 8, et i3, fig. 1 1). Elle y forme les plexus choroïdes qui entourent les pédoncules d’un cinquième anneau que j’appelle choroïdien. La toile choroïdienne est encore en même temps une sorte de commissure membraneuse, qui unit les lobes du cerveau l’un à l’autre.

La commissure antérieure ou le cordon (19, 20, fg. 6, et 20, 28, fig. ) 4, et 21, fup 16) est placé en travers au-devant de la bifurcation du pilier antérieur de la voûte, et un peu au-dessous, de manière à circonscrire une ouverture étroite avec l’angle de la bifurcation; c’est un petit cul-de-sac sottement appelé vulve, qui est formé en avant par la partie supérieure ou profonde de la lame sus-optique : ce sera le trou borgne du ventricule médian.

Le tuber cinereum (1 6, fig. i3) est une masse de substance grise, circonscrite extérieurement par l’intervalle triangulaire des nerfs optiques, du carré de même nom et des tubercules mamillaires ou mamelons. Ce triangle est une commissure qui unit une multitude de parties. Il se lie en avant avec la lame sus -optique en se glissant au-dessus du chiasma, au-dessous et au-devant de la commissure antérieure; il se continue en dehors, au-dessus des nerfs optiques, avec les filets sus-optiques, la lame sous-temporale, plus profondément et latéralement encore avec la commissure optique el les opticos dans l’étendue variable de une à six lignes d’avant en arrière. 11 sc prolonge en arrière au-dessus des mamelons, autour des faisceaux du pilier antérieur de

REÇUE RCHES HISTORIQUES .

la voûte, du conarium et du pédicule, qui tous trois aboutissent de haut en bas dans chaque mamelon; la substance du tuber cinereum s’étend ainsi de bas en haut jusqu’à l’adhérence des pédoncules cérébraux l’un à l’autre; enfin il rattache au cerveau le corps pituitaire. L union ou l’accolement des pédoncules derrière les tubercules mamillaires complète les moyens de jonction des lobes du cerveau. Le tuber cinereum est très-épais le long des nerfs optiques et entre le chiasma et les mamelons.

La commissure optique forme tantôt un simple cordon (24 , fig. 16), tantôt une sorte de lame grise de deux à six lignes de long, d’une largeur variable, dont le bord antérieur concave embrasse lâchement le pilier antérieur de la voûte à sa bifurcation, dont le bord postérieur est également concave, dont les bords latéraux adhèrent aux renflements optiques des pédoncules (2 6, fig. 16), les unissent l’un à l’autre en se continuant en bas et latéralement avec le tuber cinereum. Sa surface inférieure, concave par suite de cette disposition, circonscrit avec le tuber cinereum, dont la face supérieure est également concave, un tube médian longitudinal de six lignes de long environ chez certains sujets. Mais que cette commissure soit disposée en lame ou resserrée en un petit cordon, il résulte toujours de sa continuité avec les côtés du tuber cinereum un anneau médian qui unit ensemble les deux lobes cérébraux. Nous retrouvons une disposition semblable dans le conarium et ses faisceaux. En effet, les faisceaux partis du conarium (29, fig. 16), qui les unit, se portent en dehors sur les oplicos (27, 2Zj, fig. 16), et de la descendent dans les mamelons unis l’un à l’autre; ils forment donc ensemble un deuxième anneau médian, cpti unit les deux pédoncules par l’intermédiaire du conarium et des tubercules mamillaires.

Entre la voûte qui est en haut, le tuber cinereum et l’union des pédoncules cpti se voient en bas, entre la commissure antérieure et la postérieure, se trouve par conséquent un espace très-resserré latéralement par les pédoncules et leur renflement postérieur ou optique : c’est le ventricule médian ou moyen. Lorsque la commissure optique forme une lame de cinq à six lignes de long, il est divisé en deux cavités tubuleuses horizontales, dirigées d’arrière en avant, séparées l’une de l’autre par la commissure optique, et communiquant l une avec l’autre par-devant et par-derrière la commissure.

Pédoncules cérébraux. — Maintenant que nous connaissons la surface extérieure et les commissures du cerveau, voyons quelle est la disposition de ses pédoncules : ce sont deux prolongements coniques (a3, 23, fig. 1 3, et 3 1 , 3 1 , fig. 1 4), à base tournée en avant et en dehors. Nés de la protubérance ou mésocéphale , ils se portent dans la cavité de chacun des lobes pour s’y fixer; mais leur volume est si considérable, qu’ils la réduisent à un sillon ou ventricule circulaire, à peu près comme fait le pédoncule qui remplit le chapeau sphéroïdal d’un champignon. Les pédoncules présentent successivement, d’arrière en avant, à leur surface supérieure, un rendement postérieur qui est l’opticos (27, 26, fig. 16), et un renflement antérieur qui est le corps strié (20, fig. 16); celui-ci n’est séparé du précédent que par le tœnia semicircularis (25, 28, fig. 16), que, pour abréger, je nommerai simplement tœnia.

L’opticos occupe les côtés interne supérieur et postérieur ou externe du pédoncule, en formant un sixième anneau cérébral, continué par le nerf optique; et comme il adhère à celui du côté opposé, les opticos forment à la fois un anneau pédonculaire et une commissure; il se présente à la surface inférieure des couches optiques plusieurs renflements secondaires, parmi lesquels j’en distingue trois que je désigne sous T. I. 6

le nom de genouillés : l’un occupe la partie postérieure et interne de l’opticos (39, fig. i3, et l\2, fig. 1 /j ) , c’est le genouillé interne, que je nomme postérieur, pour le distinguer des deux autres; l’autre est placé en avant du premier (2 6, fig. i3, et 35, fig. 1 4 J , c’est le genouillé antérieur que les auteurs ont nommé externe; le troisième sera le genouillé externe, il est en effet placé en dehors des deux autres (3 1 , fig. i3, et fig • 1 4) » et sur un plan plus intérieur que le précédent. O11 en distingue même

parfois un autre plus petit, qu’on peut négliger, parce , qu’il est très-inconstant.

Les deux premiers tiennent aux tubercules quadrijumeaux, chacun par un faisceau très-visible, que je désignerai simplement par le nom de sous-jumeciu, et que je distinguerai en supérieur et interne qui va au genouillé postérieur, et en inférieur qui va au genouillé antérieur.

Le corps strié {10, fig. 16) est le renflement antérieur du pédoncule. Il est composé de parties si différentes que les termes reçus sont insuffisants pour les décrire; je suis donc obligé d’y suppléer. 11 présente à l’extérieur du pédoncule un renflement cendré qui a la forme d’une poire recourbée, dont la base [i^,fig. 16), tournée en avant et en dedans, se loge dans la courbure antérieure du plafond (10, 12, 23, 32, fig. 16); dont la queue, tournée en arrière et en dehors, se contourne la sous le pédoncule, pour se diriger de nouveau en avant dans la partie inférieure du ventricule latéral ou inférieur, sous la forme d’un ruban grisâtre, étroit, plus ou moins aplati (20, fig. i3) : il figure ainsi un septième anneau complet autour du pédoncule. Je l’appellerai l’anneau cendré quand je parlerai de l’anneau qu’il forme. C’est plus spécialement ce cendré supérieur annulaire que les anatomistes appellent le corps strié. Or, ce n’est là qu’un des éléments du corps strié, qui est beaucoup plus considérable.

Le lænia commence en avant, en bas et en dedans du pédoncule, entre le corps strié et l’opticos (19, fig. 16), en dehors de la cloison, à laquelle il tient même un peu; de là il se dirige obliquement en haut, en dehors et en arrière dans l’intervalle de l’opticos et du cendré supérieur qu’il sépare (20, fig . 16). Parvenu en dehors et en arrière du pédoncule, il le contourne de haut en bas pour se prolonger en avant et en dedans le long de la queue du cendré supérieur (11, fig. 12) qu’il accompagne ( 1 3, fig. 12); et il finit en s’élargissant au-dessus de l’extrémité antérieure de la lèvre (20, fig. 1 3), qu’il semble concourir à froncer à sa terminaison.

Le tænia forme donc un huitième anneau qui entoure le pédoncule presque tout entier entre l’opticos et le cendré supérieur.

Cavités cérébrales. — Parmi ces cavités, il y en a une de chaque côté, qui consiste dans un sillon intermédiaire à la circonvolution annulaire et au corps calleux. Ce sillon est dû à ce que le corps calleux s’avance jusqu’à une petite profondeur avant de se confondre avec la substance médullaire du lobe. Cette première cavité est en quelque sorte extérieure comme une anfractuosité; les autres sont intérieures, mais leur ensemble tourne autour de chaque pédoncule. L’une d'elles est intermédiaire à ces pédoncules. Les premières sont les ventricules latéraux supérieur et inférieur, la dernière est le ventricule médian. Le ventricule supérieur forme la partie supérieure du sillon qui entoure le pédoncule, et commence en avant dans la courbure antérieure du corps calleux (12, \!\,fig. 16); de là il se prolonge en dehors, en haut et en arrière, borné en haut par la surface inférieure du plafond (23, fig. 16), en dehors et en bas par la surface du cendré supérieur et du tcenia (20, 25, fig, 16), en bas et en

dedans par la face supérieure de la lame sous-temporale (19, 17, fig. 1, 4) } p]us loin en arrière par la surface supérieure de la voûte et le plexus choroïde (14, 1 5, fig. 5, 7), en dedans par la cloison cérébrale (12, 17, fig. 1, 2, 3, 4) et les adhérences médianes que le plafond et la voûte contractent ensemble. Tout le long du bord latéral de la voûte, entre ce bord, le taenia et l’opticos, règne la feule ou bouche ventriculaire que bouche le plexus choroïde embrassé par la membrane ventriculaire, qui du moins y adhère tellement qu’on ne peut les séparer.

Toute cette première portion de la cavité ventriculaire forme le ventricule supérieur.

Derrière le pédoncule, en dehors du tœnia, le ventricule supérieur en particulier, réduit à un canal étroit interventriculaire , se recourbe en bas et ensuite en avant audessous du pédoncule, de manière à décrire un demi-cercle au-dessous du pédoncule, comme le ventricule supérieur en décrit un au-dessus. Cependant cette seconde cavité demi -circulaire , que je nomme le ventricule inférieur, ne se réunit point eu avant avec la première, de manière à former une cavité complètement circulaire. Elle reste là séparée du ventricule supérieur par l’épaisseur du corps strié} c’est-à-dire par l’épaisseur delà partie antérieure ou de la base du pédoncule insérée au fond et en avant de la cavité cérébrale. Et comme le ventricule inférieur marche obliquement en dehors à mesure qu’il se porte en bas et en avant, il en résulte que les ventricules latéraux décrivent près d’un tour de spirale.

La voûte du ventricule inférieur présente la portion inférieure du tœnia qui suit la queue du cendré supérieur en dedans. Son plancher présente de dedans en dehors la bandelette blanche et demi-circulaire du corps frangé, la corne qui l’embrasse dans sa courbure, et parfois un troisième relief demi-circulaire qui embrasse à son tour la corne, comme elle fait pour la frange. Ce renflement, que je nomme la crosse, varie au point de manquer entièrement. Il est, de même que la corne, produit par le fond d’une anfractuosité. 11 s’efface souvent en ouvrant le ventricule inférieur par en bas, ou lorsque, l’ouvrant par le côté, le cerveau n’est pas soutenu latéralement. La frange se continue particulièrement en arrière avec le bord latéral de la voûte, et la corne avec l’angle postérieur du plafond, dont elles sont réellement la suite.

A l’endroit où le ventricule supérieur et le ventricule inférieur s’unissent derrière le pédoncule, ils communiquent avec un autre ventricule que l’on appelle le prolongement postérieur des ventricules latéraux, ou la cavité ancyroïde.

Le ventricule médian a deux parois latérales, formées par les optioos; une paroi supérieure, formée par la toile choroïdienne ; une inférieure, que le tuber cinereum, les mamelons et l’adhérence des pédoncules constituent. 11 y a un coté antérieur où l’on entrevoit le milieu de la commissure antérieure, la bifurcation du pilier antérieur, le trou borgne appelé vulve et la partie antérieure du tuber cinereum. Son coté postérieur n’est qu’un sillon interpéclonculaire, où s’ouvre l’aqueduc de Sylvins.

En résumé, il résulte des dispositions que nous venons de décrire que, sous le rapport de la forme, le cerveau se réduit à deux pédoncules divergents qui présentent trois reliefs annulaires sur leur circonférence, et qui sont lâchement entourés par cinq autres anneaux, dont plusieurs les unissent en même temps l’un à l'autre, ainsi que les lobes qui recouvrent et enveloppent entièrement ces pédoncules à leur extrémité cérébrale.

En effet, la couche optique forme avec l’origine du nerf optique un premier an-

neau qui entoure chaque pédoncule en dedans, en haut, en dehors et en lias. Ce taenia en forme un deuxième qui', commençant en dedans, remonte en dehors, se prolonge en arrière et finit en bas et en avant. Le cendré supérieur forme le troisième, le quatrième est formé par le plexus choroïde; le cinquième, par le bord latéral de la voûte, son pilier antérieur et la frange qui en est la suite. Le corps calleux c u le plafond commence le sixième, qui est continué en arrière et en bas par la corne ou renflement de l’angle postérieur du corps calleux; le raphé constitue le septième avec le filet sus-optique et le dentelé, et la circonvolution ovalaire ou annulaire est le huitième.

Ajoutez à tout cela l’ensemble des circonvolutions de chaque loba pour couvrir les pédoncules réunis au moyen de commissures, et surtout du corps calleux, et vous aurez l’idée la plus vraie, la plus simple et la plus générale que vous puissiez vous former de l'ensemble des nombreuses parties du cerveau et de leur coordination systématique naturelle. A voir se répéter la disposition annulaire que je vii ns de signaler, on dirait que les pédoncules sont comme le noyau ou la forme primitive d’un cristal générateur, et que toutes les parties du cerveau se sont successivement formées autour de ces deux noyaux, cpii en sont le fondement; à voir ensuite la forme conique des pédoncules, on dirait que le cerveau, réduit sur la ligne médiane à ses commissures, ne se renfle latéralement à la ligne médiane pour former ses lobes que parce que la partie renflée du cône pédonculaire est elle-même tournée en dehors.

Nous verrons que le cervelet et le mésocéphalç sont formés d’après un même principe général, et que les faisceaux longitudinaux et centraux du mésocéphale y sont encore entourés par des parties annulaires qui semblent s’être primitivement développées autour des faisceaux longitudinaux.

Il me reste à dire , avant de présenter les rapports de MM. les professeurs de Blainville et Blandin , quelques mots d’un travail fort intéressant de M. le docteur Baillarger sur la couche corticale du cerveau. Ce travail , présenté à l’Académie de médecine en 1839, a fait connaître dans la couche corticale des particularités de structure qui jusque-là n’avaient été qu’entrevues. Comme il sera question très en détail des recherches de M. Baillarger en parlant de la structure de la couche corticale, je me bornerai pour le moment à mentionner son mémoire , bien propre à justifier l’importance croissante qu’attachent les pathologistes à la considération de la couche corticale du cerveau.

Page 1