LA STRUCTURE DE L’ENCÉPHALE
Extrait clcs Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences ,
séance du 11 mai 1 8/j o.
L’anatomie du cerveau de l’homme, de celte partie évidemment la plus importante de son rystème nerveux , et par conséquent de toute son organisation, a fait le sujet
d’im nombre véritablement incroyable de travaux, depuis Démocrite, que l’histoire nous présente disséquant le cerveau de quelques animaux pour trouver, dit-on, le siège tle la folie chez l’homme , lors de la visite que lui fit Hippocrate à Abdère, jusqu’aujourd'hui, où les pathologistes qui se livrent plus spécialement au traitement des maladies mentales en font le sujet de recherches aussi approfondies qu’incessantes; et cependant c’est un des points de l’organisation sur lesquels il y a le plus d’opinions contradictoires et qui présente en effet le plus de difficultés dans la conception topographique et anatomique, et par conséquent dans la démonstration, ou dans l’exposition de sa structure. Sans doute ce grave inconvénient provient de la natuie si molle et si délicate de l’encéphale, qui permet difficilement d’en suivre l’organisation , à moins qu’à l’aide de grandes précautions et de procédés fort délicats; mais cela provient peut-être encore davantage de ce que la physiologie de ce substratum des sensations, de l'intelligence et de la volonté étant encore bien plus difficile que son anatomie statique, et par conséquent bien plus controversée, l’ordre suivant lequel l’investigation de cet organe important doit se faire n’a pu avoir rien de rationnel, rien d’étiologique; et en effet, la marche suivie dans l’anatomie du cerveau n’a en général rien de naturel et qu’il soit possdde d’exécuter autrement que par routine e par une sorte d’imitation.
L’ordre suivant lequel les anatomistes ont procédé dans l’anatomie du cerveau de l’homme a varié depuis qu’on s’en occupe, et peut en effet être partagé en trois catégories.
Dans la manière la plus ancienne et la moins suivie aujourd’hui, on procédait de haut en bas et d avant en arrière, et par conséquent en laissant l’organe en place dans ses connexions naturelles, puisqu’il suffisait d'enlever largement la calotte du crâne, et de fendre la dure-mère pour mettre le cerveau à découvert.
Suivant le second procédé qui a succédé au premier, et qui a été en usage presque jusqu’à nos jours, on marchait au contraire de bas en haut, ce qui nécessitait l’extraction de l’organe hors du crâne, sa séparation de toutes ses connexions, et sa position renversée tout à fait artificielle.
Enfin , suivant la troisième, on extrait la masse encéphalique comme dans le second procédé, mais on la partage en deux parties égales par une section dans la ligne médiane, qui au fond ne lèse aucune partie importante, et par suite permet de retourner le cerveau dans tous les sens, et ainsi de l’étudier avec assez de facilité.
De ces trois manières, la première a au moins l’avantage, en laissant l’organe en place, de mieux sentir et démontrer ses rapports avec le reste de l’organisme, et surtout avec les vertèbres céphaliques; mais comme, pour voir autre chose que sa masse, sa forme générale, et celle des circonvolutions que montre sa surface, il faut procéder par coupes, par sections horizontales, en sens inverse de formation ou de production anatomique, elle a été assez généralement abandonnée, quoique dans les mains de Yieussens elle ail conduit à la première conception anatomique un peu rationnelle de l’encéphale.
La deuxième manière devait en effet conduire plus loin comme moyen d’investigation, d’abord parce que la base de l’encépha'.e offre un bien plus grand nombre de particularités à décrire , mais surtout parce qu’il était plus aisé de suivre l’étiologie anatomique qui lait dériver le cerveau de la moelle épinière; mais elle a le grave inconvénient, en mettant la masse dans une position renversée et contre nature, de
RECHERCHES IIISTORIOUES.
rendre la conception du solide et de ses particularités de forme, de composition, de parties et même de structure, beaucoup plus difficile, et par suite de rendre presque impossible une démonstration un peu satisfaisante.
Le troisième procédé, celui de la coupe dans la ligne médiane, de manière à faciliter notablement au moins la manœuvre de la démonstration , joint à cet avantage celui de pouvoir aisément permettre de pour suivre la genèse anatomique de la moelle, allongée et des masses cérébrales; aussi l’on conçoit que ce soit celui le plus généralement employé par M. Foville pour l’exposition de la structure du cerveau. Nous croyons cependant que cette méthode offre un inconvénient qui n’est pas sans importance, celui de rompre toutes les commissures, c’est-à-dire toutes les parties médianes dont l’usage semble être de joindre les deux côtés de l’encéphale.
L’un de nous a proposé, et suit depuis long- temps dans ses démonstrations un autre procédé, qui semble avoir la plupart des avantages désirés, la position normale, la conservation des connexions, l’étiologie anatomique, et qui n’offre qu’un peu plus de difficulté dans l’exécution : c’est de découvrir l'encéphale par un des côtés delà tête, en enlevant successivement les muscles et les os qui le recouvrent latéralement, jusqu’à la faux supérieurement et la série des trous de sortie des nerfs inférieurement. Par ce procédé , les lobes olfactifs, la glande pituitaire, restent en place, ainsi que la moelle allongée, son prolongement dans le crâne; et l’on voit avec la plus grande facilité l’origine des nerfs céphaliques et même leur sortie parles trous de conjugaison des vertèbres de la tête, ainsi que leurs rapports avec le grand sympathique.
Au fait, que dans la démonstration anatomique de l’encéphale on soit obligé d’avoir recours à l’un ou à l’autre de ces procédés, suivant que l’on envisage telle ou telle de ses parties , c’est le dernier que nous allons suivre pour donner à l’Académie une sorte d'état de situation dc'nos connaissances sur la structure, la disposition générale du cerveau de l’homme, afin de mieux faire apprécier la valeur des travaux de M. Foville à ce sujet.
Des faits successivement acquis à la science par les travaux importants de Willis, de Vieussens, de Malpighi , de Pourfour-Petit , de Vicq-d’Azyr , de Proschaska, de Reill, de Gall et Spnrzheim, d’Osiander, de Rolando, etc., pour ne pas toucher aux anatomistes vivants , et pour ne citer que ceux qui se sont élevés à une conception d’étiologie physiologique ou anatomique, sur le système nerveux en général, et spécialement sur sa partie centrale, on peut donner le résumé suivant.
Le système nerveux central dit cérébro-spinal, parce qu’il est contenu dans le canal formé par les vertèbres céphaliques et rachidiennes, a pour base la moelle vertébrale, laquelle, prise en totalité dans toute son extension, peut être considérée comme formée de deux portions ou cônes opposés base à base, ainsi que les vertèbres qui lui servent de gaine et les muscles cpii les meuvent, à la fin du bulbe rachidien, l’une beaucoup plus longue, postérieure, rachidienne; l’autre beaucoup plus courte et plus large, antérieure et céphalique , mais au fond l’une et l'autre constituées de même de deux moitiés symétriques, comme tcus les organes de la vie animale, et ne différant tellement, en apparence surtout, que parle développement, la forme, la disposition de la seconde partie du système nerveux céphalo-rachidien, celle pour laquelle on a pu généraliser le nom de ganglions.
La partie centrale servant de lien, de base, de centre, au reste du système nerveux, est en effet en communication, en connexions plus ou moins étendues avec des masses
binaires symétriques, ou ganglions, les uns plus petits, moins pulpeux, donnant naissance à des nerfs rpii viennent on vont à la périphérie sensoriale ou contractile; les autres sans nerfs afférents ou efférents, généralement plus gros et plus pulpeux, et qui, semblables à des espèces de surcroîts, s’ajoutent à la partie centrale, paraissant en rapport de développement avec les facultés intellectuelles ou sensoriales réfléchies.
Enfin, sans parler ici, parce que nous n’en avons pas besoin , de la distribution des nerfs proprement dits , ces ganglions avec appareil extérieur, ou les nerfs eux-mêmes, communiquent avec la partie centrale du système nerveux par des filets radiculaires ou racines de deux ordres, anatomiquement parlant : les uns postérieurs ou dorsaux, les autres antérieurs ou sternaux; et même physiologiquement, suivant la plupart des organologistes actuels : les premiers sensoriaux, les seconds locomoteurs ou excitants de l’irritabilité.
De celte conception, il résulte que pour se faire une idée juste de l’encéphale proprement dit, c’est-à-dire de la partie du système nerveux central contenue dans les vertèbres céphaliques constituant le crâne, il faut prendre une mesure, un point de départ dans l’examen préalable de la moelle épinière proprement dite, contenue dans le canal rachidien, par la double raison quelle est plus simple et plus facile à étudier, en s’aidant surtout de ce qu’elle est dans les très-jeunes sujets.
Cela fait, il deviendra aisé de voir en quoi l’encéphale, dans sa partie médullaire ou basilaire, offre de la ressemblance ou dissemblance avec la moelle épinière, d’abord dans le bulbe rachidien, puis successivement dans le pont de Varole, dans les pédoncules du cerveau , dans la base du troisième ventricule jusqu’aux éminences ma* miliaires et à la masse pituitaire, et enfin dans les lobes olfactifs qui le terminent en avant. Dès lors l’étiologie, la genèse anatomique étant démontrée, il sera possible d’arriver par une comparaison matérielle à trouver la signification des différentes parties du cerveau dans la série des animaux, mais encore, ce qui est bien autrement difficile, d’atteindre, par une comparaison physiologique expérimentale, volontaire ou pathologique, et autant que cela est possible, à un rapport proportionnel de masse et d’effet, car personne ne peut penser à concevoir celle de cause et d’effet.
M. le docteur Foville, dans le Mémoire qu’il a soum's au jugement de l’Académie, n’ayant pas traité ce premier point d’encéphalotomie , dont nous savons cependant qu’il s’est occupé profondément, comme il le devait, nous passerons de suite aux deux autres points, qui doivent constituer une conception complète de l’encéphale, savoir : des ganglions sans appareil extérieur, ou des masses cérébrales, et des nerfs cérébraux dans leur origine.
Des masses cérébrales sans appareil extérieur, et qui , dans l’homme, sont au nombre de trois paires, le cervelet, les tubercules quadrijumeaux et les hémisphères du cerveau, en marchant d’arrière en avant, c’est-à-dire du nœud ou collet médulaire à leur terminaison en lobes olfactifs, M. Foville ne s’occupe dans son Mémoire que des hémisphères du cerveau, qu’il envisage dans leurs rapports avec la moelle par le pédoncule, dans les circonvolutions qu’ils présentent à leur surface et même dans eur traduction par le crâne ou l’enveloppe osseuse.
Dans un premier Mémoire, soumis au jugement de l’Académie il y a déjà plus de uinze ans, ce qui prouve que M. le docteur Foville est depuis long-temps occupé de
L sujet difficile et presque de prédilection pour lui, il avait démontré aux anatomistes ment le faisceau de fibres blanches qui constitue le pédoncule du cerveau sc par-
lage de plus en plus, à mesure qu’il s’éloigne davantage du pont deVarole pour pénétrer dans l’hémisphère, en trois plans : l’un • supérieur qui se dégage le premier en montant presque verticalement, qu’il nommait le plan du corps calleux, parce qu’en effet ses fibres , en se recourbant de dehors en dedans, forment ce corps; l’autre moyen, plus considérable même que le supérieur, au-dessous duquel il était placé, et qu’il désignait par le nom de plan de l’hémisphère, parce que c’était ce pian qui lui semblait se distribuer à tontes les circonvolutions. Enfin le troisième, le plus inférieur et le plus petit, de même étendue que le deuxième, et allant dans une direction opposée, former la cloison des ventricules ouïe septum lucidum, en fournissant une expansion pour le lobe temporal. Dans son nouveau Mémoire , M. Foville scrute plus profondément encore la manière dont les fibres du pédoncule , prolongation de la moelle épinière, se distribuent dans le cerveau, et il arrive à des résultats un peu différents de sa première manière de voir à ce sujet.
11 commence d’abord par décrire une partie extérieure du cerveau, à laquelle on n’avait pas porté une attention proportionnée à son importance , quoique Vicqd’Azyr, dans son beau travail sur le cerveau de l’homme et des quadrupèdes, l’eût décrite sous le nom d’espace perforé. M. Foville le désigne par celui de quadrilatère perforé. C’est en effet une partie de forme à peu près quadrilatère et perforée par un grand nombre de trous vasculaires, d’un blanc fibreux paraissant grisâtre à cause de sa superposition sous le corps strié extraventriculaire, située à l’entrée de la scissure de Sylvius et occupant l’espace compris entre l’origine de celle-ci, la saillie en crochet de la circonvolution temporale, le tractus des nerfs optiques et leur chiasma , en arrière et en dedans, et le lobe antérieur ou frontal du cerveau en avant.
C’est dans cet espace que se remarquent les prétendues racines du nerf ou lobe olfactif.
Après cela M. Foville expose comment, après sa division en ses deux parties principales , le pédoncule divergeant d’arrière en avant et de dedans en dehors est entouré comme par des anneaux successifs :
i° Par les couches optiques et leur tractus conduisant au chiasma;
2° Puis par la bandelette semi-circulaire ou cornée qui sépare ces couches optiques des corps striés, et qui, suivant M. Foville, née en avant et en dessus de la partie interne du quadrilatère perforé, vient, après avoir entouré le pédoncule, se terminer en dessous à la circonvolution temporale soudée à la partie externe de ce même quadrilatère ;
3° Par les corps striés eux-mêmes, en comprenant pour constituer l’anneau aussi bien la partie extraventriculaire que la partie intraventriculaire ;
4° Par un autre cercle fibreux décrit pour la première fois par M. Foville , et qui cerne le corps strié en dehors, comme la bandelette le fait en dedans, ses deux extrémités partant également du quadrilatère perforé;
5° Par la moitié latérale de la voûte, naissant en avant vers les corps striés extraventriculaires, se continuant par les piliers postérieurs, et descendant par les corps frangés dans la partie inférieure du ventricule latéral jusque vers la scissure de Sylvius ;
6° Par une bande de fibres blanches, distinctes, que M. Foville désigne par le nom nouveau d 'ourlet, mais déjà indiquée et même figurée depuis long-temps par Vicqd’Azyr, et qui, de la partie antérieure du quadrilatère perforé, se porte en avant au-
devant du bord antérieur du corps calleux, la suit à sa surface supérieure, se recourbe au fjord postérieur de la voûte, et vient, longeant la scissure longitudinale de Biclial , se terminer vers la saillie inférieure du lobe temporal, et atteindre le quadrilatère perforé ;
7° Enfin, par les deux bandelettes contiguës supérieures du corps calleux, que M. Fo~ ville montre également naître et finir au meme quadrilatère perforé.
Après l’exposition de cette disposition annulaire des parties que traverse le pédoncule du cerveau s’élargissant à mesure que l’on s’écarte de la ligne médiane, et que le pédoncule lui-même s’épanouit davantage, disposition qu’avait décrite et figurée, au moins en grande partie, il est vrai sous le seul point de vue de configuration, M. le professeur Gerdy, INI. le docteur Foville étudie la manière dont les deux plans du pédoncule se comportent dans leur distribution.
Ce plan supérieur, celui qui continue les cordons postérieurs du bulbe rachidien , après être parvenu dans les couches optiques, s’y partage en deux parties : l’une supérieure, la plus considérable, qui pénètre dans les corps striés, s’en dégage à leur côté externe, se recourbe ensuite en haut pour aller former le corps calleux; l’autre inférieure, qui passe en dessous du plan ou cordon inférieur, va se continuer ou donner naissance d’abord au tractus optique, et ensuite au nerf olfactif, en poussant jusqu’au quadrilatère perforé.
Quant au plan inférieur, celui des hémisphères provenant des pyramides, après avoir, comme le précédent, traversé les couches optiques et les corps striés, il se subdivise aussi en deux parties: l’une inférieure, qui se dirige en bas; l’autre supérieure, qui s’étale pour ainsi dire en éventail et va se distribuer aux parties convexes et externes de l’hémisphère, en s’irradiant dans tous les sens , pour atteindre les circonvolutions qu’on y remarque.
L’étucle de ces circonvolutions, dans leur origine, dans leur disposition, en un mot dans l’étiologie de leur formation et de leur complication, devrait suivre celle de la manière dont les fibres blanches du pédoncule vont se répandre dans la lame blanche qui les tapisse. On sait toute l’importance que Gall leur a attachée dans sa Physiologie du cerveau, et surtout dans sa Crânioscopie ; il était donc nécessaire de les considérer en elles-mêmes sans opinion préconçue : c’est ce que l’un de nous avait essaye depuis long-temps, et ce qu’il avait exprimé dans un assez long article sur le système nerveux, publié en 1821 dans le Journal de Physique , en disant qui! y avait un ordre, une fixité de développement des circonvolutions , qui permettait d’espérer qu’il serait possible de le démontrer sur presque tous les mammifères. Cela était en effet assez facile pour que, dans une suite de dessins du cerveau d’un assez grand nombre d’espèces, il lui ait été possible de trouver la signification des principales de ces circonvolutions. Les singes à sternum large et aplati, les dauphins, et surtout 1 homme, paraissaient faire exception ; mais M. Foville nous semble avoir déjà levé, du moins en grande partie , celle fournie par l’espèce humaine.
Pour mieux concevoir la manière de voir de M. Foville à ce sujet , il faut admettre, comme l’un de nous croit le pouvoir démontrer, que la moelle épinière dans le cerveau, en s’étalant dans les deux cordons qui la constituent, donne lieu à ce (pie la substance grise est mise à découvert, ce qui forme les couches optiques et leurs commissures , les corps striés intraventriculaires et même extraventriculaires qui la terminent à l’entrée ou origine de la scissure de Sylvius , où se trouve aussi, mais moins
profondément, la partie fondamentale des hémisphères, que depuis Reill on a nommée Yinsula.
C’est de ce point, indiqué à la surface inférieure du cerveau par 1 espace quadrilatère perforé décrit plus haut , que M. Foville fait sortir ou naître toutes les circonvolutions principales du premier ordre, qui couronnent les développements cérébraux du faisceau inférieur du pédoncule, et dont la principale borde ou dessine la scissure de Sylvius : celle-ci, cachant ainsi Yinsula, descend au lobe temporal, remonte ensuite en bordant toute la grande circonférence de l’hémisphère , et revient enfin a 1 endroit d’où elle était partie.
Une seconde circonvolution principale, mais qui appartient à l’ordre de celles qui revêtent les prolongements du faisceau supérieur de la moelle, est celle que M. le docteur Foville nomme circonvolution de l’ourlet, parce qu’elle suit en effet celte bande fibreuse dont il a été parlé plus haut. Comme l’ourlet, elle naît en dessous dans la région des corps striés extraventriculaires , passant à la face interne et plane de 1 hémisphère , la suivant dans toute sa longueur, et se recourbant en arrière pour venir se terminer avec le lobe temporal vers la scissure de Sylvius , et par conséquent à Yinsula, qui appartient en effet à ce même ordre de circonvolutions, ainsi que les divisions secondaires de la face interne et plane de l’hémisphère, aussi bien que celles de la partie suscérébelleuse de son lobe postérieur.
Chacune de ces circonvolutions primaires de l’un ou l’autre ordre peut se courber , se contourner, se plisser de manière un peu différente; mais elle ne forme réellement jamais de véritables circonvolutions marginales ayant leur origine à la calotte blanche constituant le centre ovale de Vieussens. 11 n’en e:-tpas de même de l'intervalle compris entre elles; il est en effet partagé en circonvolutions secondaires : trois antérieures, qui remplissent ou constituent le lobe antérieur du cerveau; deux postérieures, qui sortent de la principale de l’ourlet en forme d’Y, couché et allongé, se prolongeant clans le lobe occipital ; et enfin les plus courtes et verticales, joignant les deux grandes circonvolutions marginales dans les parties latérales du cerveau et de Yinsula.
Telle est l’étiologie ou l’ordre cle formation des circonvolutions des hémisphères du cerveau de l’homme, suivant M. Foville. Vos commissaires, auxquels il l’a démontrée par de belles préparations mises sous les yeux de l’Académie , ne peuvent assurer encore qu’elle soit confirmée dans tous ses détails, comme cela doit être, si elle est réelle, par l’anatomie comparée, soit de développement chez l’espèce humaine, soit de dégradation chez les animaux; mais ce qu’ils connaissent de l’une et de l’autre, et surtout de celle-ci, semble y tendre assez positivement. En effet, à mesure que les circonvolutions se simplifient, s’effacent, les corps striés .deviennent plus forts et plus extérieurs, Yinsula se découvre , la scissure de Sylvius , et par conséquent la circonvolution qui la borde, s’entr’ouvrant ou s’étalant, et le nombre des circonvolutions intermédiaires diminue au point de disparaître, d’abord dans le lobe postérieur, et ensuite dans l’antérieur; et enfin l’encéphale n’est plus formé que des lobes olfactifs qui se sont accrus à mesure que les hémisphères ont diminué, au point que ceux-ci finissent par être réduits à l’insula, qui , lui-même, finit par se confondre avec les corps striés , depuis long-temps regardés par l’un de nous comme une véritable circonvolution cérébrale, et comme la partie qui constitue le cerveau proprement dit des animaux vertébrés ovipares.
Cetle manière de voir semble en effet; être corroborée par la diminution du corps calleux en proportion de celle du n mbre des circonvolutions , et en effet déjà fort étroit chez les lapins et les rongeurs en général, mais tellement diminué et amoindri dans les kanguroos, par exemple, de la seus-cl sse des didelpbes , que l’on a pu en nier l'existence, quoique ces animaux en soient bien certainement pourvus , avec une commissure antérieure en rapport inverse de grosseur.
Un deuxième point non moins important du mémoiredeM. le docteur Foville soumis à notre examen, porte sur l’origine des nerfs éminemment et exclusivement sensoriaux, olfactifs, optiques eL acoustiques. Il s’agissait en effet de démontrer que les premiers surtout, aussi bien que les deuxièmes, sont dans le cas des ti oisièmes, c’est-à-dire qu’ils naissent ou sont en connexion avec les faisceaux postérieurs de la moelle, et qu’ainsi, loin de contredire la théorie de Bell , ils en sont une puissante confirmation, puisque, dit M. F oville avec raison, il ne peut pas y avoir de doutes sur la faculté sensoriale de ces nerfs. Mais pour bien comprendre les faits allégués par M. Foville, il sera nécessaire de dire quelque chose de ce point d'anatomie cérébrale.
Aussitôt que l’un de nous , par suite de l’impulsion donnée à l’anatomie et à la physiologie du cerveau et de son enveloppe osseuse par ie docteur Gall, eut été amené à la conception vertébrale de la tête à posteriori , comme M. Üken l’avait été de son côté et antérieurement à pr'ori , par le principe du tout répété dans la partie, il fut nécessairement conduit à envisager la disposition des nerfs cérébraux de la même manière que l’étaient ceux de la moelle épinière; et dès lors, comme il n’y a que quatre vertèbres céphaliques, et par conséquent quatre trous de conjugaison, il dut grouper les nerfs de la tête en quatre paires: la première vomérienne, la deuxième sphénoïdale antérieure, la troisième sphénoïdale postérieure, et ïa quatrième occipitale ; et à faire observer que ces paires de nerfs, comme ceux de la moelle, sont formées de deux ordres de filets, les uns naissant postérieurement, et les autres antérieurement, mais sans faire allusion aux fonctions sensoriales ou locomotrices qu’on leur a attribuées depuis.
C’est ce point de vue que M. Foville a cherché à confirmer dans le cerveau, pour deux des paires exclusivement sensoriales, celle de l’olfaction et celle de la vision, celle de l’audition ne pouvant laisser le moindre doute à ce sujet.
Gall, dans sa thèse que tous les nerfs céphaliques proviennent de la moelle allongée, et par conséquent pourraient être suivis jusque-là par leurs racines, n’avait pu la démontrer pour les prétendus nerfs olfactifs dont il n’avait pu suivre les racines blanches ou grises au delà du quadrilatère perforé sous le corps strié extraventriculaire, et plus ou moins loin dans la scissure de Sylvius.
INI . Foville va beaucoup plus loin , et parvient à mettre hors de doute le fait entrevu par Gall, en montrant que ce quadrilatère perforé n’est, dans la partie fibreuse blanche qui le tapisse superficiellement, qu’une extension du cordon supérieur de la moelle; c’est ce que M. Foville paraît bien démontrer en exposant comment ce cordon, après être parvenu dans les couches optiques, se partage lui-même en deux plans : l’un supérieur, le plus considérable, qui, après avoir traversé les corps striés et s’en être dégagé à leur côté externe, se recourbe en haut et en dedans pour former le corps calleux; l’autre inférieur, passant en dessous du faisceau des pyramides, et allant donner naissance aux prétendues racines des nerfs olfactifs, et avant cela aux nerls optiques dans leur traelus postérieur à leur connexion intime dans le chiasma. En
sorte que l’origine de ces nerfs des couches optiques, des corps genouillés ou même des tubercules quadrijumeaux, admise par les uns, rejetée par les autres, ne serait pas admissible.
Enfin le troisième point traité dans leJMémoire de M. Fovillc concerne la forme générale de la boîte osseuse qui contient le cerveau . et l’étioh gie de celte forme et de ses particularités.
L’Académie se rappellera peut-être quelle importance Gall et ses partisans ont attachée à la forme extérieure du crâne, qu’ils supposaient avoir pour cause déterminante les saillies ou développements des circonvolutions cérébrales; d’où ils avaient conclu que si ces circonvolutions étaient le siège de facultés spéciales, les saillies correspondantes sur le crâne devraient en être la traduction. Dans celte manière de voir, c’étaient donc les circonvolutions qui) s’imprimant en creux sous la table interne, paraissaient en relief à la table externe : opinion qui était souvent et manifestement contredite par les faits. Aussi M. Fovillc envisagc-l-ii la chose tout autrement.
En comparant attentivement la courbure générale et les parties les plus saillantes du crâne de l’homme , c’est-à-dire les bosses frontales , pariétales , occipitales et même temporales, avec la cavité ventriculaire, il a trouvé un rapport constant entre leurs particularités, c’est-à-dire que la courbure sincipitale antéro-postérieure traduit celle du corps calleux ; que les bosses frontales correspondent à l’extrémité antérieure des ventricules latéraux, et leur écartement à la largeur du bord antérieur du corps calleux ; les occipitales supérieures, à l’extrémité postérieure; les pariétales, à leur partie plus élargie , et leur écartement à la largeur du bord postérieur de la voûte; et enfin les bosses temporales, moins marquées, mais bien évidentes, à la partie inférieure ou temporale des ventricules, la dépression qui les précède indiquant la direction de la scissure de Sylvius. De telle sorte que ce ne seraient pas les circonvolutions cérébrales elles-mêmes qui détermineraient la forme générale du crâne, mais bien les sacs séreux qui se dilatent dans les ventricules.
Cette conception, qui semble être tout à fait propre à M. le docteur Foville., a paru à vos commissaires reposer sur une observation exacte. En effet, en faisant passer un plan oblique dans la direction du troisième ventricule, ou ventricule moyen, on voit aisément qu’il coupe le milieu en arrière des bosses occipitales supérieures et en avant des bosses frontales. En sorte que s’il arrive quelquefois que les circonvolu' lions cérébrales apportent quelques modifications à la forme du crâne, ce n’est que secondairement; caria forme générale est -certainement due à celle des ventricules: comme le prouve l’examen de la tête des hydrocéphales, chez lesquels les saillies frontales, occipitales et pariétales sont plus prononcées, quoique les circonvolutions soient souvent presque effacées.
La conception anatomique du cerveau telle que nous venons de l’exposer en partie dans la manière de voir de M. Foville, l’a conduit à renouveler quelques opinions physiologiques qu’il avait émises depu s long-temps, et à en ajouter plusieurs autres en connexion avec la théorie de Bell : quoique vos commissaires soient loin de les regarder encore comme rigoureusement acceptables , ils ont cru devoir en faire une exposition rapide à 1 Académie , pour montrer au moins que M. le docteur Foville envisage son sujet sous toutes les faces.
La substance corticale du cerveau est le siège de la sensation et de la volonté, ou la partie active par excellence.
L;t substance fibreuse ne traversant pas de masses ganglionaires , est simplement conductrice : ccdle qui traverse des renflements ganglionaires , de 1 impression sensoriale cle l'organe extérieur au cerveau; celle qui n’en traverse pas, de la volonté du cerveau à la partie qui doit déterminer les mouvements volontaires.
Les lés ons de la substance corticale sont les plus fréquentes, de l’avis des médecins depuis vingt ans , chez les aliénés.
L’atrophie des circonvolutions et de la masse totale du cerveau, si fréquente chez les idiots, a commencé dans la substance grise, et a été suivie de celle de la substance blanche.
L’anatomie pathologique démontre que les lésions de la substance blanche intermédiaire à la substance corticale des circonvolutions aux pyramides déterminent une paralysie croisée dans les organes du mouvement.
Elle ne parle pas d’une manière aussi positive dans le cas de lésions de la substance blanche intermédiaire à un organe des sens et à la substance grise , ce que M. Foville attribue à ce qu’il y a des commissures entre les deux hémisphères cérébraux, et que, par suite de ces communications, tout nerf sensorial est toujours en rapport avec les deux hémisphères du cerveau , tandis que tout nerf moteur n’en a qu’avec un seul hémisphère.
Mais l’anatomie comparée parait à M. Foville éclaircir ce que l’anatomie pathologique peut laisser d’obscur, en montrant que les parties intermédiaires aux organes des sens et au cerveau acquièrent chez les animaux un développement proportionnel à la force de l’odorat et de la vue. Aussi a-t-il bien senti que l’anatomie comparée devenait un élément tout à fait nécessaire pour aller plus loin dans un genre de recherche aussi difficile.
Ici devrait se terminer ce que nous aurions à dire sur le travail de M. Foville, tel qu’il a été présenté à l’Académie : mais par suite des entretiens qu’il a eus avec vos commissaires, et surtout avec l’un d’eux, qui, sur ces entrefaites, avait, dans son Cours d’anatomie comparée, exposé en sa présence l'état actuel de ses connaissances sur l’ensemble du système nerveux, et spécialement sur la partie cérébro-spinale, M. le docteur Foville s’est trouvé conduit tout naturellement à éclairer quelques difficultés anatomiques contradictoires en apparence avec la théorie de Bell; cl c est là-dessus que nous croyons nécessaire d’arrêter encore un moment i attention de l’Académie, avant de lui soumettre nos conclusions.
Nous avons dit plus haut comment l’un de nous avait, depuis long-temps, admis que les nerfs cérébraux pouvaient être considérés comme ne formant réellement que quatre paires, c’est-à-dire autant qu’il y a de vertèbres céphaliques et de trous de conjugaison; et comment chacune de ces paires, sauf la première olfactive, était composée, comme les paires vertébrales, de fiiets d’origine supérieure et-d’origine inférieure, c’est-à-dire, dans la théorie de Bell, de nerfs sensoriaux et de nerfs locomoteurs. Mais alors l’origine attribuée au nerf pathétique et au nerf facial était évidemment en contradiction avec cette manière de voir, puisque, essentiellement locomoteurs, leur origine paraît cependant avoir lieu à la partie supérieure de la moelle. C’est sur ce premier point que portent les additions à son Mémoire remises par M. Foville à vos commissaires.
Pour le pathétique que les anatomistes font généralement naître sur la valvule de Vieussens, en arrière des tubercules quadt ijnmcaux, mais dont M. Grainger descen-
cia i t l’origine jusqu’au moteur oculaire commun, à travers le pédoncule du cerveau, M. Foville pense qu’elle a réellement lieu dans la partie du faisceau des pyramides qui monte obliquement vers la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux; en sorte que les trois nerfs moteurs oculaires auraient une origine commune, mais dont ils divergeraient pour aller à leur destination. Quelque probable que soit cetle étiologie anatomique, vos commissaires ne peuvent pas dire que M. Foville la leur ait démontrée nettement.
11 a été plus heureux pour le nerf facial. En e fet, quoique les né vrotomistes les plus habiles et les plus récents persistent à le décrire comme naissant presque au même point que le nerf acoustique ou portion molle de la septième paire du ruban gris sur le corps restiforme, M. Foville démontre qu’il en est tout autrement, même chez l’homme, où le faisceau fibreux qui constitue cette racine s’enfonce dans l’intervalle des fibres de la protubérance et se combine avec les prolongements de la pyramide que celle-ci recouvre.
Mais c’est surtout dans les mammifères que l’on peut voir aisément que ce que l’on considère comme l’origine du facial n’est que sa conjonction avec le nerf auditif au point où celui-ci sort de son ganglion, et que son origine réelle est inférieurement aux pyramides, soit en dehors seulement dans le sillon d’origine des racines inférieures des nerfs vertébraux, comme dans le chien; soit dans toute leur épaisseur, de manière à cacher complètement les pyramides, et à atteindre la ligne médiane, comme dans le cheval, le mouton, où le faisceau de ses fibres d’origine simule un second pont de Varole plus étroit et moins saillant que le véritable. En sorte que la septième paire des anciens anatomistes formerait, comme les nerfs vertébraux à son origine, une sorte de fourche ou de demi-anneau, seulement beaucoup plus serré contre le cordon du bulbe rachidien et dont la branche inférieure locomotrice, venant du faisceau inférieur de la moelle, monterait vers la supérieure sensoriale, contiguë au ganglion de celle-ci.
Deux autres points sur lesquels l’attention de M. Foville a encore été appelée depuis l’envoi de son Mémoire à 1 Académie, et que renferme la Note additionnelle remise a vos commissaires, concernent la manière dont les deux ganglions cérébraux, sans appareil extérieur autre que les hémisphères, sont en connexion avec la partie centrale ou la moelle épinière.
Ou a vu plus haut comment M. le docteur Foville avait démontré que les hémisphères cérébraux sont en connexiou intime avec la moelle vertébro-céphalique par des faisceaux supérieurs et des faisceaux inférieurs qui entrent dans la composition des pédoncules. 11 s’agissait d’étendre celte démonstration aux deux autres ganglions sans appareil extérieur, le cervelet et les tubercules quadrijumeaux, ceux-ci considérés comme une seule masse.
Pour le cervelet, M. Foville montre, en approfondissant la structure du pédoncule de ce ganglion, que l’on doit considérer comme racines supérieures d’abord un faisceau vertical, médian, qu’il croit jusqu’alors inobservé par les anatomistes; puis en arrière les prolongements dits du cervelet ad medullam ou corps restiformes, et en avant ceux ad testes : en faisant toutefois l’observation que celte dernière dénomination est vicieuse; car ces faisceaux se rendent non pas aux tubercules quadrijumeaux postérieurs, mais se détournent de chacun d’eux pour se joindre au pédoncule du
cervea u.
Quant aux racines antérieures du ganglion cérébelleux, M. Foville pense que ce sont les fibres transverses inférieures du pont de Varolc considérées depuis Gall comme commissure du cervelet, et qui en effet, comme dans les oiseaux, par exemple, où les lobes cérébelleux sonL presque rudimentaires, ne dépassent pas le bord citerne des pyramides, mais, le plus ordinairement, comme dans tous les mammifères, les cachent entièrement et atteignent ainsi la ligne médiane creusée en un sillon plus ou moins prononcé. Mais ce sillon, plus simple que tout le reste de la protubérance, n’est pas, suivant M. Foville, Ventre-croisement réel des fibres transverses du pont, mais l'analogue de la commissure du sillon antérieur de la moelle.
M. le docteur Foville trouve également, pour la masse ganglionaire que forment les tubercules quadrijumeaux, les deux ordres de connexions avec la moelle cérébrale, avec sa partie antérieure par deux faisceaux, l’un émanant des pyramides où il commence à être caché par la protubérance, et montant à la partie postérieure des tubercules; l’autre plus antérieur, sortant du voisinage du tractas opticus, avec sa partie postérieure, par des fibres naissant directement du cordon de la moelle prolongée suus l’aqueduc de Sylvius, et traversant d’un côté à l’autre, un peu comme au cervelet.
Pour résumer le plus brièvement possible les résultats auxquels les recherches contenues dans le Mémoire de M. Foville l'ont conduit, nous pouvons dire :
La moelle vertébrale se continue dans le crâne avec les caractères essentiels qu’elle a dans le rachis, c’est-à-dire avec les trois faisceaux de fibres qui constituent chaque moitié latérale, sa substance grise, scs commissures et les deux sillons d’origine des nerfs.
Les ganglions sans appareil extérieur qui la couronnent dans l’encéphale, en se relevant, pour ainsi dire, et se soudant l’un à l’autre au-clessus d’elle, sont en communication directe avec elle par deux ordres de fibres, les unes par continuation de son faisceau postérieur, les autres par celle de l’antérieur, ce qui constitue leur pédoncule.
Celui clu cerveau, en se subdivisant, va former, au moyen des fibres qui viennent des pyramides ou faisceaux antérieurs , tout le côté externe et convexe des hémisphères; et au moyen de celles qui viennent des faisceaux postérieurs, le corps calleux, Ses circonvolutions inférieures, externes et postérieures, pour se terminer dans les lobes olfaetifs au quadrilatère perforé.
Mais, avant de se subdiviser, le pédoncule du cerveau est successivement entouré par six espèces d’anneaux qui ont leur origine et leur terminaison dans le quadrilatère perforé, savoir :*cn marchant de dedans en dehors, les couches optiques, la bandelette semi-circulaire, les corps striés, une bandelette nouvelle, la voûte à trois piliers, comprenant le corps frangé, et enfin l’ourlet.
Le pédoncule du cervelet est également formé de deux ordres de fibres supérieures et inférieures : les supérieures en trois faisceaux, un médian, un descendant et un ascendant, en connexion intime avec les faisceaux postérieurs de la moelle; les inférieures constituant le pont de Varolc et naissant du bord externe ou de presque toute la face inférieure des pyramides.
Le pédoncule des tubercules quadrijumeaux , beaucoup plus court et plus serré, est formé également d’un faisceau qui monte des pyramides, et d’un autre qui vient, du cordon postérieur de la moelle, le long de l'aqueduc de Sylvius.
Les nerfs cérébraux naissent aussi par deux ordres de racines, comme les nerfs vertébraux et comme les ganglions cérébraux, qu’ils soient ou non séparés dans toute leur étendue, sauf cependant les nerfs ou lobes olfactifs qui ne sont qu’une prolongation des cordons supérieurs de la moelle.
Les nerfs optiques sensoriaux ne sont encore qu’une prolongation de ces mêmes cordons provenant du pédoncule, et les filets locomoteurs, même les pathétiques, viennent des pyramides.
Les nerfs de la septième paire, dans leur partie sensoriale (portion molle), sont en connexion évidente avec les corps restiformes appartenant aux faisceaux postérieurs, et dans leur partie locomotrice (portion dure) avec les pyramides.
Les circonvolutions du cerveau sont dans un rapport de développement et d’origine avec les parties du pédoncule. Du plan supérieur naissent les circonvolutions primitives de l’insuîa et de la face inférieure temporale, susfrontale, suscérébelleuse, et de la face interne; et du plan inférieur naissent toutes les autres circonvolutions de la face externe, commençant an quadrilatère perforé, bordant la scissure de Sylvius, puis toute la grande circonférence de l’hémisphère, et revenant au point de départ.
Ces circonvolutions, en particulier, n’onl aucun effet sur la forme de la boîte osseuse ou du crâne, mais seulement en masse et comme formant pour ainsi dire la doublure épaissie des ventricules. Aussi les bosses frontales, occipitales supérieures, pariétales et temporales sont-elles en rapport de position et de développement avec la circonférence et les particularités des ventricules.
L’étendue que nous avons donnée à notre rapport, afin que l’Académie put établir son jugement d’une manière plus assurée, lui aura sans doute fait pressentir notre opinion sur l’importance que nous attachons au travail de M. Foville : aussi, quoique nous ne puissions assurer d’une manière positive que toutes les assertions nouvelles qu’il renferme soient déjà complètement acceptables, c’est-à-dire qu’elles seront toutes rigoureusement confirmées par les trois moyens d’investigation que la science de l’organisation invoque aujourd’hui pour l’établissement et l’acceptation d’un fait scientifique, savoir, l’anatomie comparée, l’anatomie de développement et l’anatomie pathologique, nous ne craignons pas d’affirmer que le plus grand nombre des faits découverts par M. le docteur Foville nous semblent hors de doute, et surtout que la marche, le mode d’investigation suivis pàr cet anatomiste dans ses recherches sur l’encéphale sont complètement rationnels. Aussi sommes-nous bien convaincus que, si les circonstances nécessaires pour le poursuivre convenablement lui sont offertes, on doit attendre de la continuation de ses travaux des résultats de la plus haute portée, aussi bien pour l’anatomie que pour l’étiologie et le traitement des maladies mentales, et par suite pour la physiologie et la psychologie. En conséquence, nous proposons à l’Académie d’inviter fortement M. le docteur Foville à continuer ses travaux, et d’insérer son Mémoire et les développements qu’il y a ajoutés dans le j Recueil des Savants étrangers.
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
Commissaires, MM. Dutrochet, Milne-EdwaRüs; de Blainville rapporteur.