‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 65 sur 138 · SI · texte numérisé non relu

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soulevés de cette couche ; l’essuiement léger produit le même effet. Enfin , si l’on dépouille avec le plus grand soin de ses membranes extérieures un cerveau frais, qu’on le place pendant cette opération sur un morceau de taffetas gommé, pour mieux ménager sa surface, et qu’on le suspende ensuite pendant un assez long espace de temps dans un bain d’alcool, on pourra disséquer cette couche superficielle avec une grande facilité en se servant d’une grosse aiguille à pointe émoussée.

La couche blanche profonde, que nous considérons comme un des éléments essentiels de la couche corticale, n’est pas aussi facile à démontrer dans toute son étendue que la couche blanche superficielle. Cette dernière est libre partout; ou du moins la piemère, qui la recouvre, étant d’une autre nature qu’elle, peut être séparée exclusivement , et laisser libre la surface cérébrale que constituent les ondulations de la membrane corticale.

Si l’on étudie la membrane corticale du cerveau dans toute l’étendue de l’ourlet qui termine sa circonférence , on verra partout le bord aminci de cette membrane contenu dans l’écartement de deux lames blanches: l’une qui se porte à l’extérieur et que nous venons de décrire , l’autre qui double sa face profonde , et que nous proposons de regarder aussi comme un des éléments de la couche corticale.

D’abord, dans toute l’étendue des circonvolutions de la face interne de l’hémisphère et de celles qui sont renfermées dans la scissure de Sylvius, il n’y a rien de plus facile que de démontrer l’existence de l’expansion fibreuse que nous avons fait naître du ruban del'ourlet et qui forme une doublure assez épaisse àla couche corticale de ces régions. Cette expansion fibreuse, sous-jacente à la membrane corticale , est composée de lames fibreuses superposées ; on enlève aisément ces lames les unes après les autres ; et tant qu’on reste à quelque distance de la couche corticale et qu’on ne se dirige pas vers les sommets de ses circonvolutions , la séparation de ces lames superposées ne présente aucune difficulté et paraît se faire sans aucune déchirure ; mais enfin on arrive à une dernière couche si mince que par sa transparence elle T. I. 31

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laisse voir la couleur grise de la couche corticale. Cette dernière couche ne peut être séparée de la couche corticale; et si on la déchire sur sa largeur, et avec elle la couche grise, on voit, à l’œil nu, d’innombrables fibrilles hérisser perpendiculairement sa face adhérente et pénétrer la couche corticale.

C’est cette dernière couche , susceptible d'être isolée avec la membrane corticale dans le fond des anfractuosités, et au moins dans le milieu de la hauteur des flancs des circonvolutions , que nous proposons de regarder comme un des éléments fibreux constitutifs de la couche corticale.

Nous croyons que tous les anatomistes qui , comme Ruish , ont cru enlever la couche corticale sans intéresser la substance blanche , ont emporté, avec la couche corticale proprement dite , la couche blanche profonde, sur laquelle repose le premier dépôt de la matière grise , et qui nous paraît faire corps avec elle.

Nous 11e pouvons méconnaître que la séparation nette et sans déchirure apparente de la couche corticale avec la membraneuse blanche, qui constitue pour nous sa partie la plusprofonde, ne peut avoir lieu que dans le fond des anfractuosités et la moitié inférieure de la hauteur des circonvolutions ; dans l’autre moitié des circonvolutions , la séparation nette de cette couche blanche profonde est impossible dans l’état normal. C’est là, en effet, qu’arrivent les terminaisons des appendices fibreux , qui , par leurs extrémités divergentes , pénètrent la couche corticale de leurs fibrilles terminales. Tous les auteurs qui se sont occupés de recherches délicates sur la texture intrinsèque de la couche corticale ont remarqué la plus grande abondance des fibrilles blanches qui la pénètrent aux sommets des circonvolutions. Le nombre de ces fibrilles blanches qui pénètrent la couche corticale au niveau du fond des anfractuosités et dans la moitié inférieure des flancs circonvolutionnaires est toujours beaucoup moins considérable.

Ces remarques s’accorderaient avec la pensée que , doublée dans toute son étendue d’une couche fibreuse propre hérissée de fibrilles transversales, la couche corticale serait en outre pénétrée, au sommet des circonvolutions , des appendices fibreux

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qui , ainsi que nous l’avons vu , naissent de la convexité des couches rayonnantes de la face interne de l’hémisphère.

Au reste , ces appendices fibreux eux-mêmes , dont nous nous sommes réservé de terminer la description en traitant de la couche corticale , sont disposés en lames juxtaposées plus ou moins contournées sur leur largeur, sur leur hauteur, suivant que la forme des circonvolutions qu’ils pénètrent est plus simple ou plus accidentée. L’extrémité périphérique, arrondie ou carrément terminée, offre quelquefois un bord concave, suivant que le sommet correspondant de la circonvolution est convexe , aplati ou creusé d’une dépression médiane , et de cette extrémité périphérique se dégagent les innombrables fibrilles qui pénètrent la couche corticale des circonvolutions. Gall croyait que la séparation des fibres destinées à pénétrer les circonvolutions se faisait avec plus de facilité dans le milieu que partout ailleurs. On peut toujours séparer avec facilité, dans toute l’épaisseur d’une tige circonvolutionnaire, ces lames fibreuses juxtaposées qui composent ces appendices. Soit qu’on se place au milieu d’une de ces tiges, soit qu’on s’en écarte, la différence n’est guère appréciable.

Tout ce que nous avons dit de la couche corticale du cerveau s’applique à celle du cervelet ; seulement cette dernière présente une texture plus délicate encore que celle du cerveau.

Toutes les parties de la couche corticale qui , dans le cerveau, se rattachent au ruban fibreux de l’ourlet et à la membrane ventriculaire , ont leurs connexions dans le cervelet , avec la membrane émanée des nerfs auditif et trijumeau , et avec le voile médullaire qui forme . là aussi , un cercle fibreux à l’orifice du ventricule du cervelet. Mais , au reste , toutes ces particularités peuvent être assez faiblement déduites de l’exposition que nous avons faite de la structure du cervelet pour qu’il nous soit permis ici de nous borner à ces indications sommaires.

Les considérations dans lesquelles nous sommes entré par rapport à la structure de la couche corticale confirment la définition par laquelle nous avons commencé son étude, savoir, que

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la couche corticale du cerveau et du cervelet est une membrane sui generis, qui n’a pas d’analogue dans les autres parties du système nerveux.

La membrane corticale du cerveau se rattache à la surface de l’espace perforé, au tractus optique , et surtout à l’appendice olfaclif. C’est dans la région adhérente de la circonvolution de l’ourlet qu’ont lieu ces communications. Tous les éléments réunis dans la composition de la couche certicale , et avec ces éléments la doublure fibreuse des ventricules se prolongent en cylindre creux dans la masse olfactive d’un grand nombre de mammifères. Dans ces cas , cette masse olfactive , qui n’a plus rien d’analogue avec le simple nerf , se rapproche tout à fait par sa structure de la région temporale de la circonvolution de l’ourlet , qui semble n’être que le prolongement de la masse olfactive. C’est l’accouplement de la couche corticale du cerveau et de la membrane fibreuse des ventricules qui constitue le cylindre olfactif tout aussi bien que le bord de la région temporale de la circonvolution de l’ourlet confondue avec le corps godronné , la corne d’Ammon et le corps frangé.

Et , chose remarquable , c’est dans les lieux où elle se combine avec l’olfactif, l’espace perforé , le tractus optique , que la couche corticale présente, accusés au plus haut degré, les caractères qui lui sont propres; c’est là que la couche blanche superficielle a son plus grand développement; c’est là qu’on peut reconnaître la structure fibreuse , la direction des fibres de cette couche blanche superficielle ; c’est là encore qu’on voit naître les couches blanches intrinsèques ; enfin c’est de la circonvolution dans laquelle toutes ces parties si développées se rattachent à l’olfactif, à l’optique , à l’espace perforé , que toutes les autres circonvolutions semblent naître.

Les éléments gris aussi bien que les éléments blancs concourent à cette fusion des nerfs cérébraux et de l’espace perforé avec la membrane corticale ; et dès lors toutes les observations qui peuvent établir la connexion de l’espace perforé et des nerfs qui le cernent avec le faisceau postérieur de la moelle dé-

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montrent en même temps les connexions de la membrane corticale du cerveau avec ce faisceau postérieur.

C’est, avant tout, dans la région adhérente de la circonvolution de l’ourlet , et par suite dans tout le reste de cette circonvolution, qui parcourt la circonférence de la membrane corticale, que ces connexions sont établies.

Nous avons vu, d’un autre côté, les appendices périphériques des grandes couches fibreuses rayonnantes de l’hémisphère, atteindre le sommet des duplicatures de la couche corticale dans toutes les circonvolutions de la convexité du cerveau.

Nous avons reconnu que ces grandes couches fibreuses rayonnantes de l’hémisphère ne sont autre chose que les prolongements amplifiés de l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule.

De sorte que , par l’intermédiaire de ces grandes couches fibreuses rayonnantes , la membrane corticale des circonvolutions de la convexité du cerveau communique avec la région fasciculée du pédoncule , et par conséquent avec les faisceaux antérieur et latéral de la moelle.

Ainsi par sa circonférence la couche corticale est rattachée aux nerfs cérébraux et au faisceau postérieur de la moelle , et les éléments qu’elle reçoit de ces nerfs et de ce faisceau se prolongent dans toute son étendue.

Par ses parties centrales cette même couche corticale est pénétrée, de dedans en dehors, d’appendices fibreux qui se rattachent au faisceau antérieur de la moelle.

La manière dont ces derniers éléments fibreux se combinent avec la couche corticale est différente du mode de combinaison avec cette même couche des éléments fibreux qu’elle emprunte au faisceau postérieur.

Ces derniers s’étalent en membranes d’une extrême ténuité dans toute l’étendue de la couche corticale. Ils sont des éléments constitutifs de cette membrane.

Les productions dépendantes de la région fasciculée du pédoncule , après toutes leurs transformations dans le noyau cen-

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Irai , dans les grandes couches rayonnantes de l’hémisphère , et enfin dans les appendices fournis par la convexité de ces couches rayonnantes , pénètrent do leurs terminaisons la couche corticale, dans le sommet des circonvolutions. Ils représentent une sorte de gerbe dont les épis seulement appartiennent à la membrane corticale ; le corps même de cette gerbe fibreuse peut être décomposé en un nombre considérable de couches juxtaposées les unes aux autres, tenant d’un côté au sommet de la circonvolution, se rendant d’un autre côté, par un trajet plus ou moins direct, plus ou moins oblique, aux grandes couches fibreuses rayonnantes de la face interne de l’hémisphère.

Ainsi ce n’est qu’au sommet et dans le voisinage du sommet des circonvolutions que les fibres terminales des grandes couches rayonnantes de l’hémisphère pénètrent la substance grise ; les fibres transversales , qu’on observe dans l’épaisseur de cette substance, vers le fond de ses anfractuosités, sont, comme il a été dit ailleurs , des dépendances de la couche blanche la plus interne de la membrane corticale.

Du reste, les replis circonvolutionnaires que constitue la membrane corticale affectent les deux dispositions dominantes que nous avons distinguées dans tous les éléments du cerveau. Les unes sont rayonnantes du quadrilatère dans toute la périphérie de l’hémisphère, les autres décrivent des cercles antéro-postérieurs rattachés aussi au quadrilatère.

Aux caractères qui distinguent la structure de la couche corticale , aux remarques que nous avons faites sur ses connexions d’un côté avec les nerfs cérébraux et des dépendances du faisceau postérieur, de l’autre avec les ramifications périphézûques du faisceau postérieur de la moelle, nous ajouterons cette dernière réflexion : La membrane corticale du cerveau s'unit à la membrane pariétale du ventricule latéral le long de la fente de Bichat par l’intermédiaire du corps frangé, terminaison du cercle fibreux de l’orifice ventriculaire; la membrane corticale du cervelet s’unit à la membrane pariétale du ventricule cérébelleux par l’intermédiaire des replis fibreux appelés valvules de Tarin,

voiles médullaires; et déjà, dans un autre lieu, nous avons fait remarquer l’analogie de ces valvules de Tarin avec les corps frangés du ventricule cérébral.

Nous avons vu des racines nerveuses, des émanations des nerfs cérébelleux et des nerfs cérébraux s’unir d’une part avec la membiane corticale, d’une autre part avec la membrane ventriculaire, tant au cervelet qu’au cerveau.

Enfin , chez les animaux dont l’olfactif très -développé s’arrondit en cylindre creux , la surface extérieure de ce cylindre olfactif est un prolongement de la membrane corticale, et la paroi fibreuse de la cavité dont il est creusé est un prolongement de la membrane vent ri eu 1 aire .

Lorsque l’on s’arrête sur ces relations remarquables de la couche corticale et de la couche pariétale des ventricules , on peut concevoir entre l’une et l’autre une parenté comparable à celle qui existe entre la peau et les membranes muqueuses.

Nous allons revenir sur cette analogie en résumant rapidement les observations que nous avons faites sur la structure du cerveau .

Le cerveau est composé de deux éléments principaux : l’un central , unique , symétrique , creusé de ventricules. C'est le noyau cérébral, qu’on peut considérer comme un segment amplifié de l’axe nerveux, dont la moelle épinière est la partie la plus simple.

L’autre, périphérique, divisé en deux moitiés séparées, solides. C’est l’hémisphère, qu’on peut considérer comme un énorme ganglion rattaché à l’axe central, et duquel se séparent les nerfs cérébraux.

Dans chacun de ces éléments, le noyau cérébral etl’hémisphère, se prolongent les trois faisceaux distingués dans chaque moitié de la moelle épinière.

Toutes les surfaces libres du noyau cérébral , c’est-à-dire la surface des ventricules, celle de l’espace perforé, la surface extraventriculaire du corps calleux, sont formées de couches fibreuses ou de masses grises, rattachées aux prolongements encéphaliques du faisceau postérieur.

Toutes les surfaces libres de l’hémisphère, c’est-à-dire la surface des circonvolutions, appartiennent à la membrane corticale, dans laquelle se continuent également , contribuant à la constituer ce qu’elle est, des émanations du faisceau postérieur.

Les surfaces libres du noyau cérébral , les surfaces libres de l’hémisphère, s’unissent les unes aux autres; c’est avec elles aussi que se combinent les nerfs cérébraux , et nous avons fait voir d’ailleurs qu’il en est de même pour le cervelet.

Les prolongements du faisceau antérieur et du latéral occupent toujours une situation profonde dans le cerveau.

Dès que la région fasciculée du pédoncule cérébral a franchi l’anneau dont l’entourent la couche et le tractus optiques à son entrée dans le noyau cérébral, il ne faut plus chercher ses prolongements à des surfaces libres.

Qu’on les étudie dans le noyau cérébral ou dans l’hémisphère, ils sont toujours enveloppés par les développements du faisceau postérieur ; ils peuvent approcher des surfaces par leurs derniè-

res ramifications , mais jamais ils ne s’épanouissent dans ces surfaces.

Les prolongements cérébraux du faisceau postérieur occupent dans cet organe la situation qu’occupent dans le corps la peau et les membranes muqueuses animées par des nerfs du faisceau postérieur, et auxquelles ne parviennent jamais des nerfs du faisceau antérieur.

Les pro’ongements cérébraux du faisceau antérieur contenus dans l’intervalle des épanouissements membraneux du faisceau postérieur, occupent dans le cerveau la place qu’occupe dans le corps le système musculaire animé par des nerfs issus du faisceau antérieur.

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