‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 66 sur 138 · GLANDE PINEALE. — CORPS PITUITAIRE · texte numérisé non relu

GLANDE PINEALE. — CORPS PITUITAIRE

Nous n’avons rien dit encore de la structure de ces deux corps rattachés au tronçon pédonculaire sur la ligne médiane : l’un surmontant la limite antérieure des tubercules quadrijumeaux, l’autre surmonté par le tuber cinereum, les éminences mamillaires , l’infundibulum dont la substance se confond avec lui.

Quand on regarde comparativement ces deux corps et les parties voisines du tronçon pédonculaire , on trouve quelque ressemblance dans l’effet qu’ils produisent par leurs rapports avec les parties adjacentes (voy. pl. 1, fig. 1 et fig. 2). L’ensemble des éminences mamillaires et du tuber cinereum figurent en bas avec le corps pituitaire quelque chose d’analogue à ce que figurent en haut les tubercules quadrijumeaux et la glande pinéale. Cette dernière est excavée dans sa base d’un enfoncement qui fait partie de la cavité ventriculaire et surmonte l’orifice cérébral de l’aqueduc de Sylvius; le corps pituitaire occupe justement le fond de l’infundibulum et se trouve ainsi par en bas à l’extrémité de l’aqueduc de Sylvius comme la glande pinéale s’y rencontre en haut. La glande pinéale est rattachée aux parties voisines de l’axe nerveux par des tractus fibreux blancs qu’on appelle ses piliers. Le corps pituitaire n’est uni qu’à la matière grise de l’infundibulum.

Les piliers de la glande pinéale s’épanouissent dans la base de cette partie , composée par conséquent d’un mélange de matière fibreuse blanche et de la matière gris- rougeâtre grenue , habituellement calculeuse , qui caractérise la glande pinéale.

On distingue mieux encore dans le corps pituitaire deux compositions distinctes l’une de l’autre pour chacun des noyaux dont il est formé.

L’un de ces noyaux, combiné avec le sommet de l’infundibulum, est plus mou , plus humide , plus transparent que le noyau principal qui embrasse le précédent dans une excavation de sa partie supérieure , et se renfle en tous sens en dehors de cette

excavation , prenant une texture tenace à laquelle ajoute encore plus de solidité la membrane fibreuse qui l’enveloppe.

On trouve très-souvent dans la glande pinéale, dès le moment

de la naissance , de petites concrétions calcaires; le corps pituitaire n’est pas sujet à présenter les mêmes productions.

Ce que le corps pituitaire présente de plus frappant à l’observateur, c’est sa situation à la partie centrale de la base du crâne dans une loge tapissée par la dure-mère , protégée par des replis marginaux de cette membrane. Le corps pituitaire est par sa situation et par la structure des parois de sa loge la partie de l’encéphale la moins accessible aux blessures. Un organe que la nature a placé dans de semblables conditions doit être par cela seul un organe d’une grande importance (1).

ORIGINES DES NERFS

Nous appellerons origines des nerfs les prolongements centripètes au moyen desquels ces cordons s’unissent à l’axe nerveux, réservant le nom de racines aux émanations qui, des nerfs, plongent dans la substance de l’axe nerveux lui-même.

Les nerfs se dégagent symétriquement à droite et à gauche de chaque moitié de l’axe nerveux : d’où leur division en paires.

Moins on a connu la structure du système nerveux cérébrospinal, moins on a pu déterminer avec exactitude les origines véritables des nerfs ; et , de toute nécessité, on a dû les classer d’abord d’après leur correspondance avec le crâne ou le rachis, leur séparation de l’encéphale ou de la moelle épinière.

C’est d’après ces sortes de considérations qu’ont été établies les divisions des nerfs en nerfs cérébraux et nerfs de la moelle épinière, en nerfs crâniens et nerfs spinaux, distingués d’ailleurs en nerfs de la première paire, de la seconde, de la troisième, etc.

(I) J’ai fait d’assez nombreuses observations sur l’état de ce corps, très-souvent il m’a paru malade.

ORIGINES DES NERFS

Les vues précoces de Galien sur les propriétés diverses dont il avait compris que les nerfs étaient doués ne suffisaient pas pour lui permettre une classification de ces organes d’après leur affectation à la sensibilité ou au mouvement; et , quoiqu’il eût vu la sensibilité exclusivement atteinte par une lésion des nerfs de la moelle , il ne connaissait comme nerfs distincts de sensibilité et de mouvement que quelques nerfs de la tête. Galien devait donc se borner à consulter le lieu d’origine et l’ordre de séparation des nerfs; et il admit sur ces données sept paires de nerfs cérébraux, trente paires spinales.

Depuis Galien jusqu’à nos jours tous les anatomistes ont continué de classer les nerfs en cérébraux et spinaux , distingués en première paire, deuxième paire, etc. D’ailleurs les uns prenaiènt pour première paire crânienne l’olfactif ; d’autres, ne voulant pas reconnaître un nerf dans l’olfactif, le désignaient sous le nom d’éminence olfactive, de caroncule mamillaire, et regardaient l’optique comme la première paire de nerfs.

Quelles que fussent ces divergences, quelle que fût d’ailleurs la manière de composer les paires de nerfs, qu’on fît, comme Willis , de l’auditif et du facial réunis une seule paire, ou qu’avec Sœmmerring on en fît deux, c’était toujours l’ordre numérique qui présidait à la classification.

En même temps, par la force des choses, on ne pouvait s’empêcher de rechercher des qualifications plus significatives qu’un nom de nombre , et l’on donnait à un nerf un nom propre quand sa destination et ses usages étaient évidents. C’est ainsi que furent nommés les olfactifs, les optiques, les auditifs, les oculo-moteurs. Mais ces noms propres, dictés par la nature pour un petit nombre de nerfs , ne pouvaient être imités pour le plus grand nombre dont la distribution a lieu dans les mêmes organes , la peau ou les muscles. Et d’ailleurs un nom propre, bon pour chaque paire de nerfs en particulier, ne ferait pas cesser l’indication de grouper sans les confondre tous les nerfs analogues. Aussi de nombreuses tentatives ont-elles été faites pour satisfaire à ce besoin du sujet.

ORIGINES DES NERFS

Willis, dont la classification numérique a été très-long-temps adoptée , ne s’était pas borné à faire l’énumération des paires de nerfs dans l’ordre suivant lequel ils se séparent des masses cérébro-spinales. « On est dans l’usage , dit-il , de diviser ou de distinguer les nerfs de plusieurs façons relatives à des considérations variées, suivant qu’ils sont mous ou durs, simples à leurs origines ou multi-radiculés; suivant qu’ils servent exclusivement au sentiment ou au mouvement, ou bien à la fois à l’un et à l’autre. D’ailleurs on les distingue ordinairement en ce que certains nerfs qui doivent naître dans le crâne procèdent de la moelle allongée (1) , tandis que d’autres , destinés à sortir des trous du rachis, dérivent de la moelle épinière. A toutes ces divisions, dit Willis, nous croyons convenable de joindre une autre différence fondée sur une cause d’un autre ordre : c’est que quelques nerfs, rattachés au cerveau, directement à son service, influencent seulement des actes volontaires; tandis que d’autres, satellites du cervelet, gouvernés par cet organe, n’ont presque à remplir que des fonctions involontaires (2). *»

Ce qu’il y a de théorie purement physiologique dans la classification de Willis reparaît dans la célèbre classification de Ch. Bell , mais l’anatomie s’y montre plus avancée.

Sans parler du cervelet et du cerveau comme point de départ des nerfs, Ch. Bell distingue dans l’axe nerveux trois faisceaux ou colonnes, donnant chacun naissance à des nerfs particuliers. Il fait des nerfs de la colonne postérieure des nerfs de sensibilité, de ceux de la colonne antérieure des nerfs de mouvement volontaire ; enfin il appelle nerfs respiratoires ceux que produit la

(1) Willis conduisait la moelle allongée jusqu’aux corps striés.

('2) Nervorum divisio, sive dislinc.tio, propter varios eorum respectus , multiplex adhiberi solet : nempe quod sint molles aut duri in origine, smgulares ant numcrosi , quod sensui tantum aut motui, vel simul utrigue facultati inserviant. Cæterum vulgo distinguuntur, quod nervi alii intra cranium oriundi, e medulla oblungata procédant ; aliique, ex vertebrarum internodiis exeuntes, a medulla spimli derivanlur. His insuper, quamdam aliam dicriminis rationcm nobis subjungere visum erat : nempe quod nervi quidam, tanquam cerebri clientelæ et servilia , actus solummodo spontaneos exequuntur ; alii autcm, administri et satellites cercbelli, circa functionis fcre tantum in uo « luntanœ cxerciba versentur.

ORIGINES DES NERFS

colonne latérale, bornée, suivant lui, aux régions supérieures de l’axe nerveux.

Tout le monde sait la fortune cle cette théorie de Ch. Bell : controversée pendant quelques années , elle est généralement acceptée aujourd’hui dans ses parties fondamentales ; les fonctions distinctes des nerfs qui naissent de la colonne postérieure et de ceux qui sortent de la colonne antérieure ne peuvent être révoquées en doute.

Et ce qu’il nous importe ici de bien faire ressortir, c’est que les données de l’anatomie dans cette théorie célèbre de Ch. Bell, préparée par les travaux antérieurs de son compatriote Alexander Walker, sont tout à fait d’accord avec celles de la physiologie expérimentale qu’elle a inspirée. C’est parce que Walker avait vu les nerfs spinaux se séparer , avant de s’unir à la moelle , en cordons postérieurs et en cordons antérieurs , qu’il eut l’idée d’attribuer des propriétés distinctes aux parties antérieures et aux parties postérieures de ces nerfs , et par suite aux faisceaux antérieurs et aux faisceaux postérieurs de la moelle. Walker s’était trompé dans ses attributions spéciales; mais il ne s’était pas trompé dans sa conjecture première, qu'e les éléments séparés d’une paire de nerfs spinaux devaient avoir des fonctions différentes.

Il est acquis à la science aujourd’hui que tous les nerfs qui naissent d’une même colonne de Taxe nerveux ont des fonctions analogues.

Par conséquent , la seule manière convenable de classer les nerfs est de rapprocher les uns des autres tous ceux qui naissent d’une même colonne, d’un même grand faisceau de Y axe nerveux.

Nous devons donc maintenant parcourir dans toute sa longueur chacun des grands faisceaux que nous avons distingués dans le système nerveux cérébro-spinal, et mettre dans une même classe tous les nerfs dont les racines sortent de ce faisceau, ou le pénètrent.

Nous avons poursuivi trois faisceaux distincts depuis l’extrémité du renflement lombaire de la moelle jusque dans la sub-

ORIGINES DES NERFS

stance intrinsèque des renflements encéphaliques. Achacun de ces faisceaux correspond une série de nerfs obliques en sens inverse pour l’extrémité céphalique et pour h extrémité pelvienne de la moelle. Chacune de ces séries de nerfs alignés sur la longueur de chaque faisceau sera une classe distincte. Nous aurons donc :

1° Les nerfs du faisceau postérieur ;

2° Les nerfs du faisceau antérieur ;

3° Les nerfs du faisceau moyen.

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