DU NERF TRIJUMEAU
(Voy. pl. 2, fig. I et fig. 3; voy. également pl. 13, fig. 2.)
Nous ne parlons ici que de la grosse portion de ce nerf. Nous ne reviendrons plus sur la toile nerveuse blanche que le trijumeau produit en commun avec l’auditif et la partie superficielle du corps restiforme.
Nous dirons seulement que le corps de ce nerf se porte obliquement en arrière et en dedans à la rencontre du bord externe du corps restiforme, revêtu par une partie considérable du pédoncule externe du cervelet ; que, du bord postérieur de ce prolongement radiculaire de ce nerf, se détache une membrane nerveuse qui se porte dans le noyau cérébelleux, et enfin que du bord antérieur de ce même tronc radiculaire se portent dans les arceaux de la protubérance des expansions fibreuses semblables à celles que nous avons considérées comme des commissures dans le nerf auditif.
ORIGINES DIS NERFS
Ces caractères principaux exposés relativement aux origines , aux prolongements radiculaires du trijumeau , nous ajouterons qu’assez souvent nous'avons pu suivre des tractus blancs transverses qui se distinguent à la surface du plancher ventriculaire du cervelet jusque dans le tronc radiculaire principal du trijumeau.
Lorsqu’on examine, en regard l’un de l’autre, le trijumeau et l’auditif, par rapport à leur mode de combinaison avec le faisceau restiforme, on voit que la plus grosse fraction de l’auditif naît des parties les plus superficielles de ce faisceau ; la plus petite, de parties un peu plus profondes; le trijumeau, de parties plus profondes encore : c’est après avoir produit ces deux faisceaux de l’auditif et le gros tronc radiculaire du trijumeau, que le corps restiforme s’élève et s’épanouit dans les parties profondes du cervelet , comme nous l’avons exposé en traitant de la structure de cet organe.
Ce que nous avons dit sur les connexions avec les parois ventriculaires du cervelet d’émanations de l’auditif, sur la combinaison de ces émanations de l’auditif avec la face ventriculaire du processus ad testes , qui lui-même se combine avec l'expansion du corps restiforme [voy. pl. 18, fig. 1, Q, Q ’ q-), démontre que, quelque part qu’on les considère , les émanations radiculaires de l’auditif et du trijumeau se rattachent au corps restiforme ou à des dépendances de ce corps, Leurs productions, confondues avec la protubérance et présentées comme des commissures de ces nerfs, font seules exception.
Ce serait sortir du plan de cet ouvrage que de poursuivre l’auditif et le trijumeau hors du crâne. C’est surtout de leurs prolongements dans l’intérieur de l’axe nerveux que nous devions nous occuper. Nous dirons cependant , à propos du trijumeau , que le renflement connu sous le nom de ganglion de Gasser, et assimilé aux ganglions spinaux des nerfs du faisceau postérieur, nous semble différer essentiellement des véritables ganglions spinaux. Pour ce qui est de l’auditif, nous croyons aussi que l’un des tractus qui h unissent à l’arête médiane du faisceau postérieur, et que sa couleur grise a fait nommer le ruban gris, ne saurait être lé-
ORIGINES DES NEUFS
gitimement assimilé à un ganglion spinal. Nous considérons le ruban gris comme une partie de la substance grise du faisceau postérieur, étalée à la surface du ventricule cérébelleux et concourant à former les racines de l’auditif. Les véritables ganglions de l’auditif et du trijumeau sont pour nous les hémisphères cérébelleux et les éminences vermiformes.