FAISANT SUITE AUX RECHERCHES HISTORIQUES
la protubérance annulaire, des pédoncules cérébelleux et du cervelet, des pédoncules cérébraux et du cerveau, on montre les connexions de la moelle avec les renflements encéphaliques. On ne préjuge pas , en suivant cet ordre , la question de savoir si le cerveau naît de la moelle, ou celle-ci du cerveau.
La réponse à cette question toujours mal posée , n'a jamais été possible tant qu*on ne s'était pas fait une idée juste du cerveau lui-même; nous ne la traiterons donc pas encore ici. Lorsqu'on est parvenu , en les suivant dans les accidents de leurs surfaces , à décrire le plus fidèlement possible les formes de toutes les régions superposées dont l'ensemble constitue le système nerveux cérébro-spinal , une autre tâche bien autrement difiBcile se présente à remplir : celle de faire connaître la structure intrinsèque de ces mêmes régions.
Cette seconde partie , on peut le dire hardiment , est encore absolument dans l'enfance. Elle comprend d'abord la connaissance de la composition du système, nerveux étudiée par les moyens que donnent la chimie, le microscope. Elle s'occupe «ensuite de faire connaître Tarrangement des parties dont le microscope et la chioiie ont pour objet de démontrer les éléments. C'est cet arrangement auquel on donne surtout le nom de structure. Beaucoup d'auteurs cités dans le précis historique se sont occupés d'une manière générale de la composition et de la structure des deux substances et de leurs relations réciproques. On se rappelle les résultats déduits par Malpighi de ses observations microscopiques : il voyait dans la substance blanche un amas de filaments qu'il supposait canaliculés , dans la substance grise un amas de petits corps qu'il supposait glanduleux , et à chacun desquels s'abouchait une fibre blanche, son canal excréteur. Mais , sans tenir compte de ses canaux et de ses glandes , il considérait la substance blanche comme filamenteuse, la grise comme composée de l'agglomération de corpuscules, desquels il faisait naître la substance fibreuse. Par ses procédés particuliers, Reil est arrivé aux mêmes conséquences générales; Gall et Spurzheim les oni également ^optées.
94 RECHBRCnES HISTORIQUES.
dait l'origine jiisqii'an moteur onilnirc rommiin, à irnvcr» le pédoncule dn rerrrio, M. Foville pense ipiVlle a rcellemont lieu «lam la partie du fîiisceaii de» pyramidn qui monte ohlitjuenieiti vers la paire poKiérieurc des Inlintrulct qnadrijumeaui; en surte que Ii*s trois iirrfji moteurs orulaircs auraient ime origine eommunc, mais dont ili diver{;eraient pour aller k leur deiilination. Quelque probaldr que soit cette étio' logie auaiomiquc, vos colnMli:»^aircs ne peu\eiii pas dire que M. f^oville la leur ait démontrée nettement.
Il a été plus heureux pour le nerf faeial. Fn e fet, quoique les nëvrotomistes la plus habiles et les plus rtlcents persistent à le décrire comme naissant presque M même point que le nerf acoustique ou portion molle de la septième paire du ndm gris sur le corps restiformc, M. Foville démontre qu'il en est font autrement, même chez riiomme, où le fuisreau fibreux qui con.Mitue cette racine t'enfonce dans Tmtenralle des fibres de la proinhénin<-e et se combine avec les prolongements de b pyramide que celle-ci recouvre.
Mais c'est surtout dans les mammifères que l'on peut voir aisément que tt qie Ton considère comme l'origine du facial n'est que sa conjonction avec le nerf a«* ditif au point où celui-ci sort de son ganglion, et que t^on origine réelle est i remeut aux pyramides, soit en dehors senbuicnt dans le sillon d'origine dea i inférieures des nerfs vertébraux , comme dans le chien ; soit dans toute leur épais* senr^ de manière Jk cacher complètement les fiyramides, et à atteindre la ligne médiane, comme dans le cliev.d, le mouton, où le fniiiceau de ses fibres d'origine simole an second pont de Varolc plus étroit et nir ins saillant que le véritah'e. Kn sorte ifM la septième paire des anciens anatomistes formerait , comme les nerfs vertébraux à son origine, une sorte de fourche ou de demi-anneau, seulement beaucoup plut serré contre le cordon du bulbe rachidien et dont la branche inférieure locomotrice, veoaat du faisceau inférieur de la moelle, monterait vers la supérieure sentoriale , contigaf au gangli( n de celle-ci.
Deux autres points sur lesquels l'attention de M. Fnvilte a encore été appeirf depun l'envoi de son Mémoire à l'Académie, et que renferme la Note additionnelle remise It vos commissaires, concernent la manière dont les deux ganglions cérébran, tans appareil extérieur autre que les hémisphères, sont en connexion avec la partie centrale ou la luoelle épinicre.
On a vu plus haut conimcnt M. le docteur Foville avait démontré qne les bénitpbères cérébraux sont en connexion intinte avec la moelle vertcbro-cépbaNqne par des f\iisceaux supérieurs et des faisceaux inférieurs qui entrent dans la com)tosilfen des pédoncules. 11 s'agissait d'étendre cette démonstration .lux deux autres nanglioM tans appareil extérieur, le cervelet et les tubercules quadrijumeaux , ceux-ci conti* dérês comme une seule masse.
Pour le cervelet, M. Foville montre, en npprofomlissant'la structure du pé<lonevW de ce {.anglion, qne Ton doit considérer comme racines supérieures d'abord nn faitceau vertical, médian, qu'il croit jusqu'alors inobservé par les anatombtiet; pnit en arrière les prolongements dits du cervelet ad meduHam ou corps resiifurmea, et «i avant ceux ad testes : en faisant toutefois l'observatlnn que celte dernière dÀMMMaation est vicieuse; car ces f.iihceaux se rendent non pns aux tulierculet qaadrijumcMI postérieurs, mais se détournent de chacun d'eux pour se joindre au |)é«|oacale d« cerveau.
RECHSAGHES HISTOIUQUES. 05
Quant aai nicintt antërieuret da ganglion cérëbelleiu, M. Foirille pente que ce toat les fibres tranirertet infîcrienret du pont de Varole considérées depuis Gali cooime commisMire du cervelet, et qui en efl'et, comme dans les oiseaux, par exemple, où les lobes cérébelleux sont prceqiic rudimenlaires, ne dépassent pas le bord ex* leme des pyramides, mais, le plus ordinairement, comme dans tous les mammifères, les cachent entièrement et atteignent ainsi la ligne médiane creusée en un sillon plus ou moins prononcé. Mais ce sillon, plus simple que tout le reste de la protubérance, n*est pas, suivant M. FoTtlIe , l'enire-croiseroent réel des fibres transverses du pont, mais Tanalof ne de la commissure du sillon antérieur de la moelle.
M. le docteur FoviUe trouve également, pour la masse ganglionaire que fonnent les tnberenles qnadrijumeanx , les deux ordres de connexions avec la moelle cérébrale, avec sa partie antérieure par deux faisceaux, l'un émanant des pyramides oh il commence à être caché par la protubérance, et montant à la partie postérieure des ittbercnics; l'antre plus antérieur, sortant du voisinage du tractus optécus, avec sa partie postérieure, par des fibres naissant directement du cordon de la moelle prc« longée sous l'aqueduc de Sylvius, et traversant d'un côté à l'autre, un peu comme au cervelet.
Pour résumer le plus brièvement possible les résultats auxquels les recherches eoD« tenues dans le Mémoire de M. Foville l'ont conduit, nous pouvons dire :
La moelle vertébrale se continue dans le créne avec les caractères essentiels qu'elle s dans le rachis, c'est-à-dire avec les trois faisceaux de fibres qui constituent chaque ■K»itië latérale, sa subsuoce grise, ses commissures et les deux sillon» d'origine des
Les ganglions sans appareil extérieur qui la couronnent dans Tencéphale, en se relevant, pour ainsi dire, et se soudant Tun k l'autre au-dessus d'elle, sont en comniunkation directe avec elle par deux ordres de fibres, les unes par coniinuation de son faisceau postérieur , les autres par celle de l'antérieur, ce qui constitue lenr pédoncule. ^
Celui du cerveau, en se subdivisant, va former, au moyen des fibres qni viennent des pyramides ou faisceaux antérieurs, tout le c^»lé e&ternu et ronvcse des hémisphères; et au moyen de celles qui viennent des faisceaux postérieurs, le corps calleux, les circonvolutions inférieures, externes et postérieures, pour se terminer dans les lobes olfactifs an quadrilatère perforé.
Mais, avant de se subdiviser, le pédoncule du cerveau est successivemrat entouré par six espèces d'anneaux qui ont leur origine et lenr terminaison d.ins le quadrilatère perfore, savoir : en niarch-mt de dedans en dehors, les couches optiques, la ban« delette semi-circulaire, leicoqti striés, une bandelette nouvelle, la voûte à trois piliers, conq>renant le corpi frangé, et enfin l'ourlet.
Le péfloncuie du cervelet est également formé de deux ordres de fibres supérieures et inférieures : les 8U|>érieures en trois faisceaux, un médian, un descendant et nn ascendant, en connexion intime avec les faisceaux postérieurs de la moelle; les in- /érieiiret constituant le pont de Varole et naissant du bord externe ou de prcs^iuc toute la face inférieure des pyramides.
Le pédoncule des tubercules quadrijumeaux , be^anconp plus court et pins serré, est formé également d'un faisceau qui monte des pyramides, et d'un autre qui vient du cordon postérieur de la moelle, le long de l'aqueduc de Sylvius.
Les nerfs cérébraux naissent aussi par clenx ordres de racines, comme les nerfs ver^ tëbraux et ctinimc les gniiQlions cérébraux, qu'ils soient ou non séparés dans to«tc leur étendue, sauf cependant les nerfs ou lol>«s olfactifs qui ne sont qu'une proJooçttion des cordons supérieurs de la moelle.
Les nerfs optiques sensoriaux ne sont encore qu'une prolongation de ces gtéoMS cordons provenant du pédoncule , et les Blets locomoteurs , même les pathétiques, viennent des pyramides. •
Les nerfs de la septième paire, dans leur partie sensoriale (portion m<^), sont eu connexion évidente avec les corps restiformes appartenant aux Csisceauz potlérieura, et dans leur partie locomotrice (portion dure) avec les pyramides.
Les circonvolutions du cerveau sont <luns un rapport de développement et d'ori^nw avec les parties du pédoncule. Du plan supérieur naissent les circonvolutions proMtives de l'insulo et de la face inférieure temporale, snsfrontale, snscérébelleuse, et de la face interne; et du plan inférieur naissent toutes les antres circonvolutions de la face externe, commençant au quadrilatère perforé, bordant la scissure de SylvÎM, puis toute la (jrande circonférence de l'hémisphère, et revenant au point de départ.
Ces circonvolutions, en particulier, n'ont aucun effet sur la forme de la boite osseuse ou du crâne, mais seulement en masse et comme formant pour ainsi dire la doublure épaissie des ventricules. Aussi les bosses frontales, occipitales supérieures, pariétales et temporales sont-elles en rapport de posiGon et de développement avec k circonférence et les particularités des ventricules.
L'étendue que nous avons donnée à notre rapport, afin que l'Académie pitt étabfir son jugement d'une manière plus assurée , lui aura sans doute fait pressentir noM opinion sur l'importance que nous attachons au travail de M. Foville : aussi, quoique noiu ne puissions assurer d'une manière positive que toutes les assertions nouvelles qu'il renferme soient déjà complètement acceptables, c'est-à-dire qu'elles seront loolci rigoureusement confirmérs par les trois moyens d'investigation que la science de l'organisation invoque aujourd'hui pour l'établissement et ^'acceptation d*un Mt scientifique, savoir, Tanaiomie comparée, l'anatomie de développement et l'analoaie pathologique, nous ne craignons pas d'afHrmer que le plus grand nomlnre des CnH découverts par M. le docteur Foville nous semblent hors de doute, et surtout que la marche, le mode d'investigation suivis par cet anatomiste dans ses recherches sur l'enréphale sont couipicieuient raiiotiiicls. Aussi sommes-nous bien convaincus que» si les circonstances nécessaires pour le poursuivre convenablement lui sont oflEertes, on doit attendre de la continuation de ses travaux des résultats de la plu portée, aussi bien pour l'anatomie que pour l'étiologie eLle traitement des i mentales, et par suite pour la physiologie et la psychologie. En conséquence, nous proposons ù l'Académie d'inviter fortement M. le docteur Foville à continuer ses travaux, et d'insérer son Mémoire et les développemenu qu'il y a ajoutés dans le Becueil des Savants étrangers.
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
Commi55airf5, MM. Dutrociiet, Milne-Edwards ; de Blainvillb rapportemr.
RECHERCUBS HISTORIQUES, 97
R\PPORT PAIT A l'académie DE MÉDECINE SUR UN MÉMOIRE DU DOCTEUR FOVILLK, AYANT POUR TITRE : CONSIDÉRATIONS SUR LA STRUCTURE DB l'encéphale et sur les RELATIONS DU CRANE AVEC CET ORGANE.
Metsieiim, qnrlque variés, qnelqoe reiiiarqu:il>te« que toieiil les travaux entrepris jn»i|(i'i«-i |»oar clécouTrir la contiitntion aiiaioniiquc de renrcfphale, ils soot malheurcaseoBrot bien loin encore d'avoir donné le dernier moi de la science à cet égard. âios doute, tout ou presque tout a été dit sur le nombre et sur la forme des masset Biéibdiaires dont le rapprorliemeot constitue cet intéressant et mystérieus organe; Mis lliiatoire de sa composition inthiie, que dls-j>;? même le simple mode de çoutiniié de ses différentes parties entre elles, ont à peine été effleurés. Les recherches dkGallaoïis ce rapport ne l'ont guère conduit qu'à la proclamation de ce fait, depuis loB|»-iemps reconnu par tous les anatomistes, f avoir, que les pédoncules cérébraux tout Jormés de fibres lofujitudinules , fibres qui émanent du bulbe supérieur de la moellf, tnwersent ta protubérance annulaire et vont, en diueryeant de plus en plus, i^ler, s'épanouir, comme il le disait, dans les hémisphètvs.
Mais les fibres antérieures , latérales et postérieures du bulbe , se terminent-elles iadifFrrcmraem dans toutes les parties du cerveau , ou bien les unes et les antres oat-elles aue destination )>articulière parfaitement déterminée? appartiennent-elles à ifl groupe de circonvolutions on à tel autre? celles-ci en un mot ont-elles à la fois des rapports de continuité et des rapports fonctionnels nvec tel ou tel faisceau de la ■oelle épi nière? Voilà une série de questions imjiorluntes, que Gall avait bien posées, ■MB auxquelles il se flattait vainement d'avoir répondu d'une manière {satisfaisante i|aaod il affirmait simplement, que les fibres des pjrramides s*étendent vers les parties poslériettres des hétnisphères céi^brnux.
On ne saurait donc accueillir avec trop de faveur les travaux entrepris dans cette lUrectioo; il faut d'ailleurs en convenir, quelle que soit l'opinion qu'on ait sur \» doctrine aoatomo -physiologique de Ch. Bell, qu'on la considère ou non comme appuyée wr une hflse solide , elle a répandu un intérêt tout particulier sur ce sujet. Cette dotirioe suggère en effet naturellement l'idée que l'encéphale, source première de UMie sensibilité et de toute motilité, pourrait bien avoir des départements distincts poar Tane et |)our l'antre, et que peut-être un jour viendi'a où Tanatomie en posera les limites. Cest Ub précisément le fait capital auquel M. Foville croit être arrivé; et cela sans qu'ancnne idée préconçue ait dirigé ses recherches, sans par conséquent que if prôme quelquefois trompeur de la physiologie en soit venu modifier les résultats.
Dans un premier mémoire, In k l'Académie en i8a5, M. Foville avait déjà cherché s établir: i* que le pédoncule cérébral est formé de deux couches distinctes, l'une inflrieure et antérieure, Tautre supérieure et postérieure, la première continue avec les pyramides, la seconde plus spécialement en rapport avec la partie postérieure du hidbe; 3* que ces deux couches élémentaires du pédoncule se réunissent ensemble, et traversent ensuite la couche optique et le corps strié; 3** que dans le corps strié le pédoncule sépare en deux noyaux distincts la substance grise, qu'il y rencontre; 4* qu'an de\k de ce point ses fibres forment une expansion rayonnante qui ne tarde pas à se diviser en trois plans, un intei-ne, un autre supénvur, le troisième inférieur ; 5* que le plan interne, recourbé transversalement vers la ligne n^édiatie, va former le T. I. 7
Les nerfs cérébraux naissent aussi par deux ordres de racines, ccMnme les nerfs Tertébraux et comme les (jaiiçlions cérébraux, qu'ils soieut ou non séftarés dans toatc leur étendue, sauf rc}icndant les nerfs ou lolies olfactifs qui ne sont qn'une prolon^tion des cordons supérieurs de la moelle.
Les nerfs optiques sensoriaux ne sont encore qu'une prolonjg;ation de ces goénes cordons provenant du pédoncule, et les Hlels locomoteurs, même les patliétiqoei, viennent des pyramides.
Les nerfs de la septième paire, dans leur partie sensoriale (portion molle), sont es connexion évidente avec les corps rcstiformes appartenant aux Csisceaux pottériews, et dans leur partie locomotrice (portion dure) avec les pyramides.
Les circonvolutions du cerveau sont dans un rapport de développement et d'c avec les parties du pédoncule. Du plan supérieur naissent les circonvolutions | tives de t'insula et de la face inférieure temporale, susfrontale, snscérébelleuse, et de la face interne; et du plan inférieur naiss{*nt toutes les autres circonvolutions de la face externe , commençant au quadrilatère perforé, liordanl la scissure de Sylvias, puis toute la (jrande circonférence de l'hémisphère, et revenant au point de déparL
Ces circonvolutions, en particulier, n'ont aucun effet sur la forme de la boiie osseuse ou du crâne, mais seulement en masse et comme formant pour ainsi dire U doublure épaissie des ventricules. Aussi les bosses frontales, occipitales supérieurei, pariétales et temporales sont-elles en rapport de position et de développement avec U circonférence et les particularités des ventricules.
L'étendue que nous avons donnée à notre rapport, afin que l'Académie pût établir ton jugement d'uue manière plus assurée , lui aura sans doute fait pressentir nolit opinion sur l'importance que nous attachons au travail de M. FoviUe : aussi, qooiqoe noiu ne puissions assurer d'une manière positive que toutes les assertions nouvelles qu'il renferme soient déjà complètement acceptables, c'est-à-dire qu'elles sei^nt loolM rigoureusement confirmé<-s par les trois moyens d'investigation que la science de l'organisation invoque aujourd'hui pour l'établissement et d'acceptation d'un fsk scientifique, savoir, l'anatoraic comparée, l'anatoiuie de déveIop|)cment et l'aDaUMBie pathologique, nous ne craignons pas d'affirmer que le plus grand nombre des iails découverts par M. le docteur Foville nous semblent hors de doute, et surtout qne la marche, le mode d'investigation suivis par cet anatomiste dans ses recherches sv l'cncépbulc sont complètement raiioiiiicls. Aussi sommes-nous bieu convaiocui que, si les circonstances nécessaires pour le poursuivre convenablement lui sont offatrt, on doit attendre de la continuation de ses travaux des résultats de la plu portée, aussi bien pour l'anatomic que pour l'étiologie eLle traitement des i mentales, et par suite pour la physiologie et la psychologie. Fin conséquence, MMit proposons ù l'Académie d'inviter fortement M. le docteur Foville à continuer tes travaux , et d'insérer son Mémoire et les développements qu'il y a ajoutés dans le Bectu'il des Savants étrangers.
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
Commissaires, yiM. DurnocHET, Milne-Edwards; de Blainville rapporteur.
DL' SYSTÈME ^ERVEUX. 111
leux chnînrs d" petits corps obronds disposés longitudinalement le chaque côté de la colonne vertébrale.
De nombreux moyens d'union rattachent ce. nouvel assemblage de parties aux précédentes qui aboutissent dans le rachis m le crâne , et les relient ainsi indirectement aux masses encéphalo-rachidiennes.
Indépendamment de ces deux ordres de. productions, on trouve encore dans les pinncipaux visc^res de la respiration et de la digestion, et dans les muscles dont l'action se lie à celle de ces organes, d'autres filets , d'autres cordons toujours d'une nature analogue , qui , sans présenter sur leurs trajets de lacis ou do renflements quelconques, pénètrent dans l'intérieur du rachis pour s'unir aux orgnnes que contient celte cavité.
La somme de tous ces cordons distribués aux organes des sens, aux muscles, aux viscères, et des masses cérébro-spinales, auxquelles ils tiennent plus ou moins directement, porte le nom de systè me nerveu x .
Les cordons extra-crânio-spinaux , quelque part qu'ils se trouvent, sont appelés nerfs ; les lacis qu'ils présentent, plexus; les renflements développés sur leur trajet , ganglions nerveux.
Quant aux masses encéphalo-rachidiennes, qui constituent la fraction la plus profonde , la plus isolée , la plus concentrée , la plus homogène du système nerveux , on leur a donrié les noms de système nerveux crânio-spinal , cérébro-spinal , encéphaloracbidien , d'axe nerveux , et même d'encéphale ou de cerveau en général. On les distingue aussi quelquefois du reste du système nerveux en les appelant parties centrales , tandis qu'on donne aux autres le nom de parties périphériques.
Ces premières divisions ne sont établies que sur la considération des différences dans la forme ou dans la situation : en voici d'autres fondées sur les usages.
On nomme, depuis Bichat, système nerveux de la vie animale l'enserpble des masses encéphalo-rachidiennes et des ner& qui de ces masses se rendent aux organes des sens, à la peau et MX muscleâ locomoteurs.
corps ralleiii; 6** que le plan supérieur suit une marclir lé{]i'Tement oblif|nc en hani et en dehors, et va doubler l'étorce firisc l'c rhéuiisplière; 7** que le plan ùtfiiiitHru. dirige immédialeinciu eu bus, ruiiiourn^ les paitios externes et inlcricurc» du corps strié, puis se relève pies dr la li(;uc niêdiaue, pour former le c6tc correspondant àm. trigoue et de la cloisun traustparenle; 6*> enfin, que la di!»|>osilioa de la f^irtie sapérieure du pédoncule, au centre même du cerveau, donue asiss cjUM^temenl l'iaM^e de la moelle épiuièrc, dont le» oerFs seraient rcprésenifés par les tUires du p'au de l'as et l'autre hémisphère. Sans doute , ce travail était fin grand prcigrèa pour l'aoéM de structure de rencéplialc; mais il restait cucorc à dcterfoioer la flrsiioatiqo de chacun des trois plans (|ui résultent de la remarquable divi>iou de U partie supérieure du pédqpcule, et à fixer surtout la part (|ue prenueot à U foijuatûin de dMCH d'eux le» fibres antérieures et poftérieurc» de la moelle épinière. Or c'est ee praUè^^ ardu, saus la solution duquel l'histoire des connexions 4e la moelle avec le 1 démettre nécest»aircment incomplète, que M. Foville s'est proposé dai)# te dont nous devons vous rendre compte.
St^ivant cet auatomiste, en sortant de U pro^i^éraoce, le# dei|x plans fibreux «fà constituent les pédoncules suivent des dirpctioof |jieQ différenies; les fikre* fp^ miitales montent obliquement en avant et ^n |ieliof«, i travers la co^fhfi PP^^V*^ et te corps strié, se rendent vers ta face conyexe de l'h^iispbère, et s'y partaym n deux plans, l'un supérieur^ l'autre inférieur, pom \p9 deuf destinés aux circonvolBliMl qui forment la partie externe et convexe de l'hëipisplièrc. I^s fibivs ^ut émanPHi 4l la partie postérieure tlu ffulbe se séparent également en deux p)ao» ^M ]^ centre mtep de la couche optique, et entourent d'un aonean complet fort remarquable le hmtm ascendant des fibres pyramidales. Le plfin st^périeifr de çe$ fibres, le plus coiiaâdér«Ml des deux, s'avance jusque dans le corps sirié, se dégage flp la partie 4Bf|cra^ <bf4 corps et de la couche optique, se recourbe aussitôt en l|aut et pn dpdaus, et va < tuer le corps calleux, commissure du p^ouc^le, et )a plus coosidér^le de I celles du cerveau. Le plan mfcricur passe au contraife au-de»fous du faiscciNi 4m fibres pyramida.es eu dedaiu et en avant de la partie latérale de la ^eutc de Bidiai, produit le nerf optique d'abord, le ucrf olfactif un peu pins loiq, et cpaatifiie a»* dessus du coras strié, eii ded;<i)s de la scissure de Sylvius, co arrière du lobok frontal , en avant et en dedans du lobule temporal, ifii espafrs U^up, pcrfwrc d'we multitude de trous vasculnifes symétriquenipnt dis|>o^és, que A|. Fuyille appelle ^m» dritatère perfitré. Suivant li^i, cet espace es^ comme un peotre tluqucl |)roccdepl M vers lequel se terminent les fibres arcifornies, qui constitucui iiq certain nombre dp cercles fibreux , entourent la partie pyramid^lç du péd(>lici4c, et se (ermiaeqt dT^pt manière spéciale dans l'hémisphère.
Sans compter l'anneau foriné dans la couche pptiqqe, autour du fiilKçan àe$ filyil pyramidales du pédoncule, par les fibres |>Qstérieurps de celui>ci, M* Fp? iUc ÛjpidM encore comme procédant de fcspacc blanc perforé, et par suite de la partie poflcfÛBfl du bulbe : 1* le tania semi-circulaire i 2* une bandeleitc analogue h }a prccédepip qu'on n'avait pas décrite jusqu'ici, et qui entoure la partie externe du cor|M «idé comme le larnia entoure la partie externe de la couche opiique; 3* lc« dpui wmiiâif tic la voùtc et les vmps framjés qui leur fout suite en arrière; 4* ^c* deux bandeUUÊi médiane et /om//(m///if/^ du corps calleux j 5* cntin le faiscciu fibreux reoi^cqnalik qu'il appelle l'ouilcl.
RBGOEIICHES HISTORIQUES. 99
SuÎTant M. FoTÎlle, cefaitceau de t'otirlet procède de la partie antérieure du quadrilatère |M*rforé, »c dirige en avaut, au-<lessus de la circonvohuion qui supporte le procetsDS olfactif, se replie sur le genon antérieur du corps calleux, suit la fiace su|)érieure de ce cor)», se recoarl>e en arrîrre avec lui , passe eu dehors de la fente de Bicbat, et vient, en formant un crochet, se terminer sur le quadrilatère perforé, en dedans de la scissure de Sylvius, dans la circonvolution la plus interne du lobule temporal. Ce remarquable faisceau forme ainsi la hase d'une circonvolution annulaire comme lui, qni contourne le corps calleux dans son trajet; circonvolution que M. Foville appelle circonvolution de ^ourlet, parce qu'elle constitue le rebord ou la flurge de la membrane de lliémisplière.
De la sorte. Messieurs, quelque nombreuses et quelque variées que paraissent les circoovolutions du cerveau, elles forment deux classes bien distinctes. Les unes conrouncraienl le sommet des fibres ascendantes des pyramides antérieures, et seraient doablemeot en rapport avec la partie antérieure de la moelle et les racines antérieures des nerfs rachidiens; les autres, placées sur le trajet des fibres postérieures du balbe, seraient continuées nou-seulement avec les racines postérieures des nerfs de \k moelle, mais encore avec trois nerfs cérébraux, Volfactif, Vopiîque et Vacouslique ; •erfs sur les fonctions desquels il ne peut s'élever aucune contestation sérieuse, ainsi que If. Foville le fait justement observer. En outre, suivant M. Foville, les circonvoiations pyramidales occuperaient le centre de la partie externe et convexe des béroiFphèret, tandis que toutes celles qni ont pour base le faisceau fibreux de l'ourlet et ses embranchements, tout ib fait excentriques, formeraient la face plane des lobes cérébraux, la partie la plus inférieure du lobule temporal, et ce groupe remarquable qne renferme b scissure de Sylvius, et qui porte le nom d'insula.
Quoi qu'il en soit , M. Foville n'a pas seulement cherché à établir que les denx ]iriDcipaux £iisceaux delà moelle ont dans le cerveau des départements distincts; il BOUS a montré, en outre* qnc le corps calleux et les autres commissures plus petites •ont des dépendances des fibres postérieures du bul}>c, tandis que les communications Bsédianes sont entièrement étrangères aux parties qui sont pincéi's sur le trajet des fibres pyraiviilalcs du pédoncule. Cette circonstance, Messieurs, est bien importante, car elle permet de concevoir des faits dont la loi jusqu'ici nous avait échappé, et qui K reproduit tous les jours dans la pratique, savoir : que les lésions de la sensibilité dans les liémiplégies sont beaucoup moins complètes que les lésions de la motilité. Ed effet, par suite de la réunion médiane des parties affectées a\ix fonctions sensoriales, le nerf sensiiif est toujours eu rapport avec les deux côtés du ccneau, tandis qu'il en est tout autrement pour les nerfs moteurs qui émanent des régions auxquelles 1rs commissnrcs sont entièrement étrangères. M. Foville signale en outre une renarquatile analogie de structure entre les fibres de deux ordres qui constituent les pédoncules, et les cordons également de deux ordres qui forment le système nerveux périphérique. Suivant lui, les fibres pédonculaires qui émanent de la partie pos'téricnre du bulbe, semblables sons ce rapport aux nerfs que Ch. Bell considère comme affectés aux fonctions sensoriales , présenteraient sur leur trajet des rciiflenienfs grisâtres, véritables ganglions, avec lesquels elles se confondraient et desquels ellrs recevraient une multitude de fibres nouvelles; tandis que les fibres pyramidales, ain$i qne les nerfs moteurs, n'offriraient rien de semblable.
Après ces considëralioni, ti nowrellef et si pleinei d'intérêt, M. Foville présente,
114 IBÉB GENERALE
surface grise , nommé le cervelet , dont le volume est assez considérable pour remplir les fosses occipitales inférieures.
Au-dessus et au-devant de la protubérance s*étend la pmiongation de la moelle allongée sous la forme d'un tronçon fibreux, blanc, symétrique, divergeant d'arrière en ayant, et qui porte le nom de pédoncules du cerveau.
Ce tronçon fibreux est surmonté par quatre éminences grisâtres , accouplées par paires , et nommées tubercules quadrijomeaux.
Enfin , les pédoncules du cerveau , prolongés en avant , dis* paraissent enveloppés et recouverts par le cerveau , composé de deux masses irrégulièrement ov(xîdales dans leur ensemble , réunies par une traverse dont la couleur blanche contraste avec la couleur grise de la surface eérébrale elle^nême.
D un volume très-considérable chez Thomme, le cerveau remplit toute la capacité du crftne, les seules fosses occipitales inférieures exceptées.
De chaque côté de la moelle épinière , dans toute sa longueur, on voit naître sur deux lignes , Tune antérieure , l'autre posté» rieure , la double série des racines nerveuses auxquelles correspondent les nerfs locomoteurs et cutanés. De leurs deux lignes d'origines , ces deux ordres de racines se portent vers les trou de conjugaison , les antérieures et les postérieures se rassembhlit à part, et ces dernières offrant toujours , au lieu de leor ooâlescence, un ganglion au delà duquel paraît un cordon bientôt réani à celui qui procède des racines antérieures. Une troisième ligne d'origines nerveuses , intermédiaires aux deux précédentes , se montre dans les parties supérieures de la moelle, et les ner&q[oi en résultent n'offrent pas de ganglions sur leur trajet. On tronfs encore des origines nerveuses à la surface de la protubérance et i celle des pédoncules cérébraux. Il est parfaitement sCbrqu'awsine origine nerveuse immédiate n'existe à la surface du cervelet et des tubercules quadrijumeaux. Quant au cerveau , on l'a regardé long-temps comme le lieu d'origine de deux paires ÎInpo^ tantes. On est en mesure de démontrer aujourd'hui que les à»
t.inclis *jne le scooihI , mos négliger cette donnée, insUte surtout sur ces fiils, que tons les cercles qu'il décrit ont une base fibreuse , que le» fibres «c terminent par leurs ritrcniiirs opposées dan» la partie postérieure de la moelle et du pédoncule, cl qu'ainsi tons se trouTent en relation de coutinuitc avec ceux des nerfs que la plupart des anatomities considèrent aujourd'hui comme affectés aux fonctions sensoriules. D'ailleurs b description des anneaux médnllaires qui embrassent les pédoncules du cerveau ne consiiiae qu'nne partie du mémoire de M. Fovillc ; cet anatomiste y démontre en oatrc , comme nous l'avons dit précédemment, que les commissures appartiennent an ■éme système de fibres que les cercles , c*est-.H-dirc à celles qui émanent de la partie postérieure dn bnlbe : et, ce qui est plus important encore, il établit que certaines circonvolutions sont exclusivement en rapport de continuité avec les pyramides, tandis qoe d'antres sont le point spécial de terminaison des fibres auxquelles apjiartiennent les cercles et les commissures.
Dans b seconde partie de son travail M. Foville appelle votre attention sur quel* qaes particubrités de la l>oite osseuse encéphalique , et surtout sur les rapports de sa forme avec celle de l'important organe qu'elle renferme. Voici d'ailleurs les résultats aaïquels il est arrivé.
Si l'on <livise transversalement les deux bosses frontales par un trait perpendiculaire à leur snrÊKC , et que Ton poursuive cette division à quelque profondeur, on ouvre tTnne part les ventricules latéraux à la hauteur de leur extrémité ou corne antérieure, et l'on arrive d'autre part sur le genou du corps calleux ; celle-là répondant exactement ib ces liosses, et celui>ci se trouvant en rapport avec leur intervalle. Si l'on divise de même manière les deux bosses occipitales supérieures, ou parvient à l'extrémité ou corne postérieure des ventricules.
La section perpendiculaire des deux bosses pariétales conduit directement sur la partie postérieure du corps calleux , c'est-à-dire sur la région la plus spacieuse et la plus saillante en dehors des ventricules, celle qui représente, en quelque sorte, le coafluent des étages supérieurs et inférieurs de ces cavités.
Enfin , si l'on traverse b portion écaillease du temporal , au niveau de la bosse oblique en bas et en avant qu'elle présente , on ouvre le fond de la région temporale du ventricule correspondant , tandis qu'on pénètre dans la scissure de Sylvius »i l'on agit au contraire dans la direction de la dépression placée au-devant de la bosse prtrédente.
De b sorte, suivant M. Foville, les ventricules impriment leurs contours sur les parois de U boite encéphalique , et modifient d'autant plus stUemeut la forme générale de cette cavité que rien , dans le développement des parties superficielles dn cerveau, n'explique le» bosses constantes que présente celte boîte. I-a comparaison approfondie de la forme de ces bosses et des parties correspondantes des ventricules ne Uisse aucune pbce an doute sous ce rapport : en effet, les bosses ffonUiles sont rondes ou ovales comme la corne antérieure des ventricules ; les bosses cccipHales, mai«snrfoat les fosses qui leur correspondent à l'intérieur, sont un peu plus aiguës, ainsi que b partie postérieure des ventricules ; les bosses temporales sont obliques , comme la région temporale des ventricules; enfin, la convexité de la région siiicipitale est par&iiement en rapport avec la voussure de la face supérieure du corps calleux.
Dn reste, cette influence des sacs ventriculaires du cerveau sur les parois du crâne, que M. FoYiUc aiesalc avec un si 0raiid soio» avec une si rigoureuse exactitude, ne