‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 43 sur 127 · OB L^BTUDE EXTÉRIEURE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

OB L^BTUDE EXTÉRIEURE DU CERVEAU

l^re perforé, qui tient toujours nécessairement à la partie inférieure des ëpiphyses pédonculaires, s'enfonce dans la masse, à proportion que le cercle cérébral s'agrandit et s'élargit davantage; au point que, chez Thomme, il forme la voûte d'une cavité béante à la base du cerveau. Au contraire, à mesure que la partie cérébrale attachée autour des épiphyses pédonculaires diminue circulai renient et d'un coté à l'autre, le quadrilatère perforé devient plus superficiel, et, au lieu de former un enfoncement, il finit par former à la base du cerveau un relief qui excède toutes les éminences circonvolutionnaires qui l'entourent. La largeur de cet espace finit par égaler celle de la base de rhémisphère.

D un autre coté, Tinsula et le quadrilatère perforé formant ensemble à la surface du cerveaif Textérieur des éminences circapédonculaires, on conçoit que plus le quadrilatère perforé grandit, plus diminue Tinsula; plus Tinsula grandit, plus diminue le quadrilatère : puisque le contour de l'insula est proportionné au cercle cérébral, et que, quand ce cercle est complet, il ne reste de passage de l'insula au quadrilatère qu'une gorge étroite comme chez l'homme. Au contraire, quand le quadrilatère grandit, cette gorge s'ouvre et recule en dehors, par conséquent la hauteur de l'insula diminue d'autant ; l'étendue de son contour par Iquel elle correspond au cerveau diminue de même.

Toutes ces différences, on le sent parfaitement, n'indiquent autre chose que les rapports de volume du cerveau proprement dit avec ses pédoncules et leurs épiphyses , la proportion de la partie purement cérébrale avec des parties purement nerveuses. Mais ces rapports sont d'une importance capitale puisqu'ils donnent dans la masse encéphalique la proportion de ce qui est le cerveau avec ce qui n'est pas le cerveau, de ce qui est l'organe de l'intelligence avec ce qui sert à rattacher cet organe aux parties sensoriales et motrices de la périphérie.

Ce que nous révèle ici la simple considération extérieure du Cerveau , les ventricules latéraux le répètent exactement. Nous avons vu en effet que ces ventricules parcourent le cerveau depuis son extrémité frontale jusqu'à l'extrémilc occipitale, et de celle ci se

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portent à Textrémité du lobe temporal, très-voisin chez rhomme de l'extrémité frontale. Ils décrivent donc un segment de cercle ou d'ellipse autour des épiphyses péàonculaires ; et l'intervalle qui sépare leur cul-de-sac -frontal du cuUde-sac temporal étant occupé par le quadrilatère perforé, donne Télendue de ce quadrilatère dans ses rapports avec celle du cercle ventricu^aire qu'il complète. Il n'existe pas un seul cerveau d'animal chez lequel, tenant compte de la différence de volume, le segment du cercle figuré par les ventricules latéraux approche autant d'un cerde complet que chez l'homme; et ce segment de cercle ou d'ellipse ventriculaire étant toujours complété en cercle entier par l'espace perforé, il n'y a pas d'animal chez lequel cet espace ligure une si £aible fraction du cercle total que chez l'homme. Le prolongement en pointe du ventricule latéral dans l'extrémité occipitale du cerveau est à son summum de développement chez l'homme; on ne le retrouve ensuite que chez un petit nombre d'aniiuaui, il manque dans tous les autres. Il n'est pas besoin de faire remarquer que cette projection postérieure du ventricule ajoute encore à l'étendue de l'anse qu'il décrit autour des épifhysespédonculaires.

Mais toutes ces considérations sont tirées d'une étude de profil ; si l'on passe à l'examen de l'encéphale coupé en travers, de manière que l'insula, le relief des épiphyses pédonculaires soient divisés parleur milieu, on n'en trouve pas Un seul dans lequel la partie purement cérébrale, l'hémisphère proprement dit, déborde autant l'insula que cela se voit chez l'homme. Nous savons, en effet, que chez l'homme ce relief extérieur des épiphyses pédonculaires se trouve profondément caché dans le fond de la scissure de Sylvius ; les lèvres de cette scissure rabattues de tous côtés sur l'insula, la masquent tellement que le plus grand nombre des anatomistes passés n'ont pas dit un root de cette partie de la surface extérieure de l'encéphale humain. C'est à Reil que nous en devons la première connaissance. A mesure qu'on s'éloigne de l'homme, les lèvres de la scissure de Sylvius rabattues sur l'insula diminuent successivement de nombre et d'étendue

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au point que, ches les ruminants. Tinsula se trouve en partie découverte. Par suite de cette atrophie graduelle des hémisphères dans la série animale, il arrive, suivant M. de Blainville, que chez les oiseaux chaque moitié du cerveau est presque entièrement constituée par Tinsula combinée avec quelques parties médianes.

Une autre consétpence de cette atrophie graduelle de l'hémisphère cérébral chez les animaux, c'est que la grosse partie de la circonvolution du premier ordre que nous avons nommée tubérositéde la circonvolution de rourlet(l), qui se trouve chez rhomme à la partie interne antérieure de la zone cérébello-temporale de la base de Thémisphère, facile à distinguer par sa forme et sa situation particulière, mais moins saillante sensiblement que les parties antérieures externes du lobe temporal, devient la seule partie proéminente de cette région, et figure au premier abord un lobe temporal, quoique convenablement examinée, elle en soit fort distincte. Ces changements dans la situation et les proportions de volume de la tubérosité de la circonvolution de l'ourlet suivent exactement les changements précédemment indiqués dans rétendue et la situation de l'espace perforé auquel elle se rattache, ou, si Ton veut encore, les différences de volume du lobe olfoctif qui se prolonge dans cette tubérosité circonvolutionnaire.

Toutes ces vues diverses nous ramènent donc constamment à une formule exprimant la différence de deux termes qui reparaissent toujours dans la comparaison de l'encéphale de l'homme avec celui des brutes, la proportion de ce qui est purement le cerveau avec ce qui ne Test pas.

De toutes ces remarques il résulte que la situation la plus profonde et la moindre étendue du quadrilatère perforé , le déve* loppoment circulaire le plus considérable de l'encéphale autour de l'insula, la plus grande hauteur, la plus grande étendue et le plus grand nombre de brisures des lèvres de la scissure de Syl-

(1) Ix>biilcde riiip|M>csiropc de M. Serres.

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