DB L.\ CX)UCHB CX)RTICALE DU CERVELET
La structure intrinsèque de la couche corticale du cervelet mérite une étude approfondie. Cette étude ne doit pas être séparée de celle de la couche corticale du cerveau avec laquelle elle offre la plus grande analogie. Nous en traiterons à l'occasion de cette dernière. Nous allons surtout nous occuper ici de sa disposition.
La couche corticale du cervelet est une membrane de matière grise, d'une étendue très-supérieure à celle de toutes les autres couches membraniformes du cervelet. Elle forme un nombre consid«5rable de replis transverses. Si l'on fait commencer ces replis le long du bord antérieur de la région supérieure de Thémisphère cérébelleux , on les voit se succéder les uns aux autres dans le même ordre que les dentelures d'une feuille, et ÉDrmer bientôt un de ces lobules dont la coupe transversale représente une des di« visions de la figure appelée arbre de vie. Après ce premier lobule, les replis de couche corticale en déterminent un second, puis un troisième, jusqu'à ce qu'il y en ait assez pour oonstiiuer un lobe complet dont la coupe verticale antéro-postérieur-^ donne
une des branches de l'arbre de vie. C'est toujours en suivant le mêiTie ordre que se forinent successivement tous les lobes de la face supérieure, et, enfin, ceux de la face irjférieure de l^hémisphère cérébelleux {vay. pi. 5, fig* 2, 4, 5. et pL IS, fig. 1 ). Ces derniers ne sont pas tous aussi régulièrement transversaux que ceux de la face supérieure ; mais on peut toujours , mmme nous 1 avons fait voir dans l'étude extérieure de l'organe ^ démontrer que toutes les divisions de la face inférieure de l'hémisphère se rattachent, d*un côté à l'éminence vermiforme, de Vautre à ta région externe du pédoncule cérébelleux.
Ainsi, les replis de la couche corticale du cervelet, considérée dans son eti&emble, sont transversalement disposés du bord externe du pédoncule cérébelleux à Téminence vermiforme» et se comportent tellement duns leur révolution, depuis la marge anténeure et supérieure de rhémisphcre Jusqu^à sa marge an té* ritare et inférieure, que 1^ axes des lobules qu'ils composent convergent vers le centre de rhémisphère , 1 axe de leurs lobules vers le centre des lobes, Taxe de leurs feuilles vers le centre dt^ lobules.
Les plis de la couche corticale reçoivent dans leurs intervalles, du côté de la surface libre du cervelet » ded doiâons membraneuses appartenant â la membrane vasculaire uomuiée pie-iîière. Ces doisons sont composées d'une partie principale insérée dans l*inïervalle de deux lobes voiaina» et sur chacune des faces opposées de cette cloison principale sont produites des dûi^>ns stcon laircs pénétrant les intervalles des lobules ; des faces oppûsées de celles-ci se détachent des cloisons plus petites pénétrant lt« intervalles des feuilles ou lames cérébelleuses.
Du côté de leur l'ace adhérente , les plis de la couche corticale et de la doublure blanche reçoivent également des cloisons fibreuses. Leur partie principale forme Taxe ou la tige mère des lobes céréJ>el!eux, et sur les faces op[>osées de ces cloisons principales, médianes des lobt^s, se prononcent d autres cloisons formant Taxe des lobules, et produisant à leur tour des cloisons de pia^ en plus petites, jusqu^à celtes qui existent sur la ligne mé-
806 snucrimti
Il est impossible deméoonhaître, dans le tronçon pëdoMsnlm du œrveau considéré en totalité, que le foisoeaQ Tende «tnleBioi du sillon latéral qui limite la région fascicutée du pédoncule eit le prolongement du corps restiforme, par conséquent» d« iii»ceau postérieur de la moelle. Or il esrt évident que les tuberalfli quadrijumeaux et genouillés se rattachent à ce fmisceati , qw le nerf optique lui-même ainsi que la oou<^ optîqve sont ëgmlement combinés avec lui. C*est tout ce qu'il importe de constater pcw le moment.
Nous n'avons encore vu qu'une partie du faisceau postériefir! nous connaissons son cours , nous avons découvert sa face ei* terne ; cherchons maintenant à l'analyser plus profondÀnent.
Considéré dans sa totalité , ce feisoeau postérieur représente . à peu près un prisme dont la ooupe donne un triangle curviligne. Des faces de ce prisme , l'une est externe , l'autre supérieure , h trcMsième inférieure et interne. L'angle d'union des faces externe et supérieure est obtus ; l'angle d'union de la (aoe supérieure et inférieure est trës-aigu, confine à la ligne médiane : c'est la ptrtii centripète , partie fort intéressante de ce faisceau. C'est sur elle que se rendent les racines blanches et grises du nerf auditif qui traversent le calamus.
Nous ne dirons rien des faces externe et supérieure de cette espèce de prisme que forme le faisceau postérieur. Il en a été suffisamment question dans bien des endroits qui précëdent. Les arêtes supérieure et inférieure ne nous arrêteront pas davantage; mais son arête centripète, sa face inférieure méritent toute notre attention.
En considérant cette arête centripète à la pointe du calamus, nous voyons s'en séparer et se porter en dehors la pyramide pottérieure, bientôt amincie et confondue dans son prolongement avec le corps restiforme. Il est possible de séparer assez loin, en allant du côté du cer\'eau , les prolongements spéciaux de la pyramide postérieure; ils restent toujours à la partie interne, comme leor prolongement descendant à la face postérieure de la moelle épinière reste, de son côté, à la partie interne du faisceau postérieor
DU TRimCDN NmVEUX. S07
h pkmcher du oftlaim» et sur celui du ventricule cérébellevx, tes racines Uanches superficielles du nerf auditif se détacbsDt également de cette arête centripète (roy. pi. 1 , fig. 4, A), CMlb<i pdarstit toijours sa nardie vers le cerveau , incessamment aooolée à sa amgénère sur la ligne médiane. Dans la len^ gnear de l'aqueduc de Sylvius , elle présente souvent un léger relief à droite et à gauche de la ligne médiane. Au niveau de re&tréroité antérieure des tubercules quadrijumeaux accouplés et formant voûte au-dessus de l'aqueduc , le prolongement vers le senreau de ia partie interne du faisceau postérieur décrit une belle courbe , et« pénétrant dans le troisième ventricule, descend aa-deaaus du chiasma du nerf optique, couabiné avec la matière grise placée en arrière et en arvant de ce chiasma {voy. pi. 18 , «g. !• G L],
Si l'on enlève la couche la plus superficielle de cette matière grise dans toute l'étendue que nous venons de parcourir depuis ia pointe du calamus jusqu'à l'extrémité antérieure du troisième ventricule, on voit de la manière la plus manifeste la continuité des fibres les plus internes du faisceau postérieur dans toute cette étendue (voy, pi. 18, fig. 1 ; voy. aussi pi. 3, fig. 1). A partir du troiaième ventricule, de nouvelles dispositions se présentent. Une partie du prolongement du faisceau postérieur , facile à suivre joaqu'â la pointe du calamus , s'arrondit en bas et en dehors et devient Qn« partie du quadrilatère perforé {voy. pi. 3 et pL 18, %. 1), tandis qu'une émanation supérieure du même faisceau pattérieur ae porte dans Tintervallu du corps strié et de la cou^ cha optique en décrivant une belle courbe connue sous le nom de bandelette demi-circulaire.
Ce n'eat pas ici le lieu de décrire les parties du cerveau qu'on peut regarder comme des greffes ou des rameaux du faisceau postérieur de la moelle épinière. Le point capital , par rapport à l'étude du tronçon nerveux qui joint la moelle épinière au cerveau, est de montrer que la partie centripète du faisceau po6té«> ritur, partie la plus invariable , sorte d'axe auquel se rattachent tontes lea antres » est fÎEicile à suivre dans son trajet de la moelle
3i86 STRUGTUEE
comparable à celle de son étendue dans le sens antéro-postërieur.
En effet , pour avoir la plus grande étendue dans ce sens , il faut considérer la ligne mille fois repliée sur elle-même qui, dans une coupe médiane antéro-postérieure de Thémisphère cérébelleux, se porte de la terminaison la plus avancée du groupe le pins antérieur, en suivant les replis successifs des lames, des lobules, des lobes, des scissures transversales de Torgane , jusqu'au contact de cette valvule blanche pellucide qui, du groupe attaeiié au nerf auditif , se porte à Tangle externe d'un groupe correspondant du ver inférieur. Dans ce sens la couche corticale rprésente un cercle presque complet de festons qui commencent m avant et en haut au contact du processus ad testes, et se tenniie en bas au contact du voile médullaire blanc , tendu comme utt valvule, du lobule du nerf auditif, à la partie latérale du denMT lobule du ver inférieur. Cette longueur est d'un à deux niètffet
Si Ion examine, sur la ligne médiane , l'étendue de la cooche corticale depuis l'extrémité de ses replis appliqués sur la Ttl^ vule de Vieussens jusqu'à celle du groupe terminal du v&isÊk rieur recourbée et fixée au plafond du ventricule cérébdlewi 1 c'est-à-dire si l'on fait la somme de toutes les lignes limitropto j découpées à la périphérie du ver , on a encore une étendue cofr i sidéra ble, mais bien inférieure à la précédente, en même temps qu'elle surpasse de beaucoup la plus grande étendue transversale de la couche corticale du cervelet.
Considérée toujours dans son étendue antéro-postérieure, Il couche corticale du cervelet offre la plus petite dimension sur la limite de la partie découverte de la région externe du pédoncnte cérébelleux, et cette dimension est si faible, qu'à {)eine elle^gate la plus petite dimension transversale de la même membrane. B faut , pour ne conserver aucun doute à cet égard , écarter avsc soin les extrémités des lobes du cervelet correspondantes à la fn* externe de son pédoncule. On voit alors que chacun des lobes i* la surface de l'organe , avec ses lobules et les lames qui les coB*posent , vient s'insérer sur la surface externe du pédoncule pi'
une extrémité simple avant laquelle toutes les feuilles superficielles de l'organe se sont successivement fondues en un nombre de plus en plus réduit de divisions, jusqu'à ce qu'enfin ces diviflons , plus simples , aboutissent elles-mêmes à un seul repli de wtière corticale ( voy, pi. 4, fig. 4, + ).
L'ensemble des terminaisons de ces replis dessine , sur la partie découverte du pédoncule cérébelleux , une enceinte en V renversé dont les deux lignes , légèrement sinueuses , présentent un froncis résultant des insertions successives de chacune des tarminaisons des lobules cérébelleux (voy, pi. 4, fig. 3 et 4). Q^elque chose du même genre s'opère du côté des éminences vernifonncs; mais , de ce côté , la réduction de la couche corticale K va jamais si loin. Plusieurs groupes correspondent à cette Il émioence par des surfaces encore très-plissées et traversent, d'un ' Wmisphëre à l'autre , la saillie du ver, sans que leur caractère ■ ntehangé. D'autres groupes, au contraire, les fig, 1 et 2 de la ■i ]^ 4 en ofiFrent l'exemple en + -4-, s'unissent à la base de quel- • fl'wi des replis de la couche corticale du ver^ parvenus au même > kpé de réduction que leur extrémité externe. Dans les lieux où L cette disposition existe au contact des éminences vermiformes, les gltrapes correspondants de ces éminences présentent la même dispositibn, c'est-à-dire que tous les replis de ces groupes, quelque élevés qu'ils soient, divergent d'un même point qui repré- •nte tomme l'extrémité du diamètre d'une sphère, dont les làtelles du groupe correspondant seraient des segments contigus , •liant d'une extrémité à l'autre de ce diamètre (1).
(l) Face inférieure du cervelet '.
U ptrtie aotérienre , étendue dcpnii la partie externe da petit lobe qui reçoit *■< communication du nerf nuditif, jusqu'à l'extrémité des lamelles antérieures de ••■«■ence Termiforme inférieure , a 30 millimètres d'étendue transversalement.
^ lamelle antérieure de Téminence vermiforme inférieure a une étendue trans- ^'"^ de 14 millimètres. L'étendue transversale de la moitié du bord antérieur du ***»elet à sa face inférieure sera par conséquent de 37 millimètres.
^ partie postérieure de la circonférence du lobe latéral du cervelet , limitée en ^Bors par le sommet de l'écbancrure que forme Textrémité externe des lames du
' ''■^m prfs^ pir M. Barbier, élève intame de la maison royale do Cbarootoo.
359 STRUCTUHE
teneur des replis que forment cette couche corticale, partent des cloisons fibreuses qui concourent dans la couche fibreuse qui forme l'enveloppe la plus superficielle du noyau cérébelleux. Cette couche elle-même procède, par le faisceau externe du pédoncule cérébelleux, delà protubérance annulaire. On trouve, à Fintérieur de cette couche fibreuse , un disque lenticulaire formé à Textérieur de deux couches fibreuses qui se réunissent Tune à Tantre dans une grande partie de leur circonférence. Un épanouissement d une partie du faisceau latéral de la moelle allongée se trouve entre la couche fibreuse superficielle du noyau cérébelleux et la couche supérieure de son disque central.
Des deux couches fibreuses du disque central , la supérieure procède du corps restiforme et se trouve fortifiée par des émanations du trijumeau; Tinférieure procède du processus ad testes, et se trouve également fortifiée par des émanations du nerf auditif. L'intérieur de ces deux couches est tapissé par la membrane festonnée , grisâtre, du corps rhomboMal. Cette membrane procède de la couche grise étendue à la surface du plancher du quatrième ventricule. Avec cette matière grise se combinent des fibres blanches émanées des deux couches fibreuses qui l'enveloppent. D'autres fibres passent de la matière grise du coq» rhomboïdal à la face interne de la couche fibreuse émanée de U protubérance.
A rintérieur de la membrane festonnée du corps rhomboïdal existe une sorte d'amande fibreuse dont les fibres se terminent d'un côté dans la substance grise du corps rhomboïdal , et passent, de l'autre, dans les éminences vermiformes.
Ces éminences reçoivent des émanations de toutes les couches superposées qui existent dans les hémisphères cérébelleux. Elles communiquent avec le cerveau par un petit faisceau placé en dedans du processus ad testes, et qui, tapissant les parois de Taqueduc de Sylvius , se prolonge dans la direction du quadrilatère perforé.
Ainsi le cervelet composé , comme nous l'avons dit en commençant, d'un nombre considérable de couches embdtées les unes
dans les autres» se continue, par ces diverses couches, avec les divers faisceaux distingués dans la moelle épinière et dans le tronçon nerveux qui rattache cette moelle au cerveau.
Sa couche corticale est unie à la substance grise centrale de la moelle. La doublure immédiate de cette couche corticale, les deux couches fibreuses du disque central , la membrane jaune festonnée contenue dans ce disque se continuent avec le faisceau postérieur et les nerfs auditif et trijumeau. La couche superficielle du noyau cérébelleux , intermédiaire au disque central et à la couche corticale doublée d'une expansion des nerfs auditif et trijumeau, se continue avec la protubérance, et par suite avec les faisceaux antérieurs de la moelle* Une portion du faisceau , nommée processus ad testes , se porte au faisceau moyen. Le faisceau accessoire du latéral envoie un épanouissement qui 88 combine dans le faisceau cérébelleux avec l'épanouissement dafjEÛsceau de la protubérance, à la face interne duquel il est appliqué.
De sorte que , si Ton veut considérer le cervelet comme un ganglion nerveux, on voit ce ganglion élevé sur les dépendances des nerfs auditif et trijumeau et sur les développements du faisceau postérieur de la moelle , se rattacher au faisceau antérieur par des faisceaux fibreux issus de l'intérieur de sa substance. Les divers éléments du pédoncule cérébelleux , aboutissant, les uns au fiûsceau postérieur, les autres à l'antérieur , peuvent être comparés aux deux ordres de racines des nerfs spinaux , séparément fixées au faisceau postérieur et au faisceau antérieur de la moelle Minière.