‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 71 sur 127 · DE LA COUCHE CORTICALE · texte numérisé non relu

DE LA COUCHE CORTICALE

pace perforé, et sur les soiriinets des circonvolutions de Tinsula, issues de celle parlie de la circonvolution de l'ourlet, qu'on trouve cette couche blanche extérieure avec sa plus grande épaisseur et par conséquent avec sa couleur blanche la plus franche. Dans toute retendue de la grande région de la circonvolution de l'ourlet cette couche blanche extérieure est aussi plus prononcée qu elle ne Test sur les branches circonvolutionnaires qui s'en détachent et à plus forte raison que sur les circonvolutions de la convexité du cerveau, où elle est le moins développée.

Lorsqu on examine cette couche blanche sur un cerveau bien frais soigneusement dépouillé de ses membranes, elle se présente dans les régions que nous venons d'indiquer avec l'aspect d^une fine aponévrose argentée qui des parties adhérentes de la circonvolution de lourlet se prolonge sur les autres circonvolutions en 8*amincissant à mesure qu elle s'éloigne de celle sur laquelle elle a pris naissance. M. le docteur Lelut a parfaitement décrit cette couche blanche et a signalé l'aspect éraillé qu'elle présente sur la tubérosilé temporale de la circonvolution de l'ourlet , la ressemblance qu'elle offre quelquefois avec une dentelle.

La conséquence la plus importante qui, suivant moi, résulte des études de M. le docteur Lelut, c'est que cetle membrane blanche superficielle de la circonvolution qui forme la limite du lobe temporale du côté du ventricule, procède de la membrane fibreuse pariétale du ventricule lui-même. J'adopte entièrement les conséquences auxquelles M. le docteurLelut est arrivé à cet égard ; je crois , en outre , que non-seulement celte membrane blanche superficielle de la couche corticale se continue avec la nllgmbrane pariétale du venlricule latéral, je trouve la même origine à la membrane blanche la plus profonde de la couche corticale, et je crois que les deux lames blanches intermédiaires ont les mêmes connexions.

Il faut, pour voir comment a lieu cetle connexion de la couche blanche extérieure à la membrane corticale avec la membrane fibreuse qui tapisse le ventricule, revenir ù l'examen de cette région compliquée dans laqui'lle nous avons vu l'orifice ventricu-

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laire limité le long de la fente de Bichat par une bordure cùtsh posée de dehors en dedans successivement de la région tempo» raie de la circonvolation de Tourlet, du corps godronné, de la corne d'Ammon, et enfin du corps frangé , bord libre du oarele fibreux de l'orifice ventriculaire. Nous avons dit que toutes ces parties n'étaient autre chose, dans leur ensemble, que les derniers plissements d'une membrane fibreuse composée dii rubas de l'ourlet et du cercle fibreux de I*orifice ventriculaire, avec la membrane corticale qui d'extérieure qu'elle est dans la droonvolution de l'ourlet, devient intérieure en se prolongeant dans la corne d'Ammon.

Ce relief de la corne d'Ammon dans le ventricule nous a para l'envers libre d'une circonvolution, et la couche corticale aioasée à elle-même dans l'intérieur de la corne d'Ammon, et jusqu'aa bord du corps godronné, nous a semblé le simple prolongement de la couche corticale de la circonvolution de l'ouriet devenu intérieure, par suite de l'adossemcnt des bords du corps frangé avec ceux du corps godronné et de la circonvolution de Touiiet ellemême.

Le corps frangé donne par sa coupe un triangle. Son bord libre est un des angles de ce triangle. Avec un autre angle seconbine la membrane fibreuse ventriculaire de la corne d'Amman; enfin de son troisième angle, qui regarde le corps godronné, part une petite couche blanche qui passe à la coudie superficieHe fc la circonvolution de l'ourlet et clôt ainsi Tentrée de la douMare qu'éprouve la couche corticale dans le corps godronné él dam la corne d'Ammon., Quant à cette matière corticale, eHe ae termine sur le bord adhérent du corps frangé entre l'angle auqad arrive la membrane fibreuse de la corne d'Ammcm et celui auquel correspond la petite membrane blanche qui se rend à la surface de la couche corticale de la circonvolution de l'ourlet.

Il y a donc déjà, par le moyen de la petite membrane qui da corps frangé se porte à la couche superficielle de la circonvolation de Tourlet , connexion entre la membrane blanche superficielle de la circonvolution de l'ourlet et le corps frangé qui &if

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{Mfftie de la panî ««nlnoalaire. Mais c'est là le plus faible def «Boyens de connexion entre la membrane fibrease du ventrionk •et la CQttcke superficielle blanche des circonvoluticmB. Dans Tinléfigar de la avfastance grise du corps godronné lai^oôme et de la cocne d'Ammon on iwHnaStre du bord adhérent da iriang}e ^e lepcésente la coupe da corps frangé des lames fibreases qui déoûveot dans l'iotérienr des doiiblares de la couche corticade adossée à eUe-nfime dans le corps godponné , et la corne d' A«imon, des couches fibreuses, dont une ressort à la surface de la «icoDfohiAion de l'ourlet en dehors de la limite externe du corps godw'ié et se oontimie avec la couche argentée superficielle de eette eûrooDTokitian. C'est au moment où cette couche blanche se dégage sous le bord da corps godronné que la petite lamelle is* aaedireclementdaeorps frangé vient la joindre et dore en même temps rintervalle des replis juxtaposés de la couche corticale daiiB le corps godronné. Quant à la membrane fibreuse extéabarevde la cocne d*Ammon, c*est elle qui, reployée en gouttière poar former la oome d' Ammon , se prolonge derrière la matière ^îae du corps godronné et fournit à la couche corticale de la eboanvcAution de rourlet sa membrane blanche la plus profonde. Dans l'intervalle de ces deux couches limitrophes, l'une de iaaorfiMe saperficidle, Taiitre de la surface profcmde de la couche «orlioale* se dégagent encore de la membrane fibreuse proies deux couches intermédiaires, rattachées comme les eaUreanes , à la membrane fibreuse du cercle de Torifice ^natricolaire.

Aiaai la condie blanche superficielle de la drccmvoltttion de l'ooriet, et avec elle toutes les autres couches blanches cont^iues dans la membrane corticale du cerveau semblent résulter d'une aorte d'eiBeuilkment du cerde fibreux de lorifice ventriculaire.

La couche blanche superfidelle de la membrane corticale est \^omme le ruban de l'orifice v^triculaire auqud elle se On peut reconnaître cette structure fibreuse et même la difection des fibres sur des cerveaux endurcis dans l'alcool. En avec la pointe émoussée d'une grosse aiguille un peCH

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fragment de cette couche, et le déchirant ensuite , on voit dans toute la longueur de la région temporale de la circonvolution de lourlet , les fibres de sa couche superàcielle naître du bord ventriculaire de cette circonvolution et diverger dans le même sens que les branches circonvolutionnaires qui naissent de cette circonvolution de premier ordre. De quelque manière qu'on 8*y prenne pour séparer le premier lambeau de cette couche fibreuse superficielle, la déchirure ultérieure de ses fibres a toujours lieo dans le même sens.

On peut faire la même observation sur la petite région de la circonvolution de Tourlet adhérente au quadrilatère perforé; la couche blanche qui la revêt se prolonge sur les sommets des circonvolutions de Tinsula , et les fibres de cette coudie Uandie superficielle divergent dans la même direction que les circonvolutions de l'insula elles-mêmes.

Dans la tubérosité temporale de la circonvolution de l'ourlet, on ne saurait trouver aux fibres de cette couche saperficidie, d'autre direction que celle que révèle l'examen de sa surface. Les fibres sont entrelacées les unes aux autres en réseau. Dans toute l'étendue de la grande région de l'ourlet, les fibres de cette couche superficielle ont la même direction que la circonvolution elle-même. Cintrées comme cette circonvolution du côté du bord adhérent , elles deviennent divergentes vers sa circonférence excentrique. Ce n'est que sur les différentes régions de la circonvolution de l'ourlet que nous venons d'indiquer, qu'on peut, avec quelque certitude , reconn2utre la direction des fibres de la ooachc blanche superficielle de la membrane corticale; dans tont le reste de son étendue, cette couche superficielle, devenue trèsfine, me paraît avoir une structure réticulée.

M. lo docteur Baillarger a fait connaître comment on peut, sur un cerveau frais , séparer cette membrane superficielle. Il suffit, après avoir enlevé les membranes extérieures, de fiaire reposer le cerveau sur un linge sec. Le seul poids de la masse cérébrale colle au linge la couche blanche superficielle des circonvolutions ; en retirant le cerveau , on voit des lambeaux

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soulevés de celte couche ; Tessuiement léger produit le même effet. Enfiij , si l'on dépouille avec le plus grand soin de ses membranes extérieures un cerveau frais, qu'on le place pendant cette opération sur un morceau de taffetas gommé, pour mieux ménager sa surfiu^, et qu'on le suspende ensuite pendant un assez long espace de temps dans un bain d'alcool, on pourra disséquer cette couche superficielle avec une grande facilité en se servant d'une grosse aiguille à pointe émoussée.

La couche blanche profonde, que nous considérons comme im des éléments essentiels de la couche corticale, n'est pas aussi facile à démontrer dans toute son étendue que la couche blanche superficielle. Cette dernière est libre partout; ou du moins la piemère, qui la recouvre, étant d'une autre nature qu'elle, peut être séparée exclusivement , et laisser libre la surface cérébrale que constituent les ondulations de la membrane corticale.

Si l'on étudie la membrane corticale du cerveau dans toute l'étendue de l'ourlet qui termine sa circonférence , on verra partout le bord aminci de cette membrane contenu dans l'écartement de deux lames blanches - l'une qui se porte à l'extérieur et que nous venons de décrire , l'autre qui double sa face profonde , et que nous proposons de regarder aussi comme un des éléments de la couche corticale.

D'abord , dans toute l'étendue des circonvolutions de la face . interne de l'hémisphère et de celles qui sont renfermées dans la scissure de Sylvius, il n'y a rien de plus facile que de démontrer l'existence de l'expansion fibreuse que nous avons fait naître du ruban del'ourlet et qui forme une doublure assez épaisse àla couche corticale de ces régions. Cette expansion fibreuse, sous-jacente à la membrane corticale , est composée de lames fibreuses superposées ; on enlève aisément ces lames les unes après les autres ; et tant qu'on reste à quelque distance de la couche corticale et qu'on ne se dirige pas vers les sommets de ses circonvolutions , la séparation de ces lames superposées ne présente aucune difficulté et paraît se faire sans aucune déchirure ; mais enfin on arrive à une dernière couche si mince que par sa transparence elle

T. L Si

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laisse voir la couleur grise de la couche cx)rticale. Cette demibre couche ne peut être séparée de la couche corticale; et si on la déchire sur sa largeur, et avec elle la couche grise, on voit, i l'œil nu, d'innombrables fibrilles hérisser perpendiculairement sa face adhérente et pénétrer la couche corticale.

C'est cette dernière couche , susceptible d*être isolée avec la membrane corticale dans le fond des anfractuosités, et au moim dans le milieu de la hauteur des flancs des circonvolutions , que nous proposons de regarder comme un des éléments fibreux constitutifs de la couche corticale.

Nous croyons que tous les anatomistes qui , comme Ruish , ont cru enlever la couche corticale sans intéresser la substance blanche , ont emporté, avec la couche corticale proprement dite, la couche blanche profonde, sur laquelle repose le premier dépôt de la matière grise , et qui nous paraît faire corps avec elle.

Nous ne pouvons méconnaître que la séparation nette et sans déchirure apparente de la couche corticale avec la membraneuse blanche, qui constitue pour nous sa partie la plus profonde, ne peut avoir lieu que dans le fond des anfracluosités et la moitié inférieure lîe la hauteur des circonvolutions; dans l'autre moitié des circonvolutions, la séparation nette de cette couche blandie profonde est impossible dans l'état normal. C'est là, en efTet, qu'arrivent les terminaisons des appendices fibreux, qui. par leurs extr^ mités divergentes , pénètrent la couche corticale de leurs fibrilles' terminales. Tous les auteurs qui se sont occupés de recherches délicates sur la texture intrinsèque de la'couche corticale ont remarqué la plus grande abondance des fibrilles blanches qui la pénètrent aux sommets des circonvolutions. Le nombre de ces fibrilles blanches qui pénètrent la couche corticale au niveau du fond des anfractuosités et dans !a moitié inférieure des flancs circonvolutionnaires est toujours beaucoup moins considérable.

Ces remarques s'accorderaient avec la pensée que , doublée dans toute son étendue d'une couche fibreuse propre hérissée de fibrilles transversales, la couche corticale serait en outre pénétrée, au sommet des circonvolutions , des appendices fibreux

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qui , ainsi que nous l'avons vu , naissent de la convexité des couches rayonnantes de la face interne de l'hémisphère.

Au reste , ces appendices fibreux eux-mêmes , dont nous nous sommes réservé de terminer la description en traitant de la couche corticale , sont disposés en lames juxtaposées plus ou moins contournées sur leur largeur, sur leur hauteur, suivant que la ferme des circonvolutions qu'ils pénètrent est plus simple ou plus accidentée. L'extrémité périphérique, arrondie ou carrément terminée, offre quelquefois un bord concave, suivant que le sommet correspondant de la circonvolution est convexe , aplati ou creusé d'une dépression médiane , et de cette extrémité périphérique se dégagent les innombrables fibrilles qui pénètrent la couche corticale des circonvolutions. Gall croyait que la sépanitioTi des fibres destinées à pénétrer les circonvolutions se faisait avec plus de facilité dans le milieu que partout ailleurs. On peut toujours séparer avec facilité , dans toute l'épaisseur d'une tige circonvolutionnaire, ces lames fibreuses juxtaposées qui composent ces appendices. Soit qu'on se place au milieu d'une de ces tiges, soit qu'on s'en écarte, la différence n'est guère appréciable.

Tout ce que nous avons dit de la couche corticale du cerveau s'applique à celle du cervelet ; seulement cette dernière présente une texture plus délicate encore que celle du cerveau.

Toutes les parties de la couche corticale qui , dans le cerveau, se rattachent au ruban fibreux de l'ourlet et à la membrane ventrîculaîre , ont leurs connexions dans le cervelet , avec la membrane émanée des nerfs auditif et trijumeau , et avec le voile médullaire qui forme , là aussi , un cercle fibreux à l'orifice du ventricule du cervelet. Mais , au reste , toutes ces particularités peuvent être assez faiblement déduites de l'exposition que nous avons faite de la structure du cervelet pour qu'il nous soit permis ici de nous borner à ces indications sommaires.

Les considérations dans lesquelles nous sommes entré par rapport à la structure de la couche corticale confirment la définition par laquelle nous avons commencé son élude, savoir, que

la couche corticale du cerveau et du cervelet est une membrane .sui generis, qui na pas d'analogue dans les autres parties da système nerveux.

La membrane corticale du cerveau se rattache à la surfause de Tespace perforé , au tractus optique , et surtout à l'appendice olfactif. C'est dans la région adhérente de la droonvolation de loarlet qu ont lieu ces • conMnunications. Tous les éléments réunis dans la composition de la couche certicale , et avec ces éléments la doublure fibreuse des ventricules se prolongent en cylindre creux dans la masse olfactive d'un grand nombre de mammifères. Dans ces cas , cette masse olfactive , qui n'a plus lien d analogue avec le simple nerf , se rapproche tout à fiait par si structure de la région temporale de la circonvolution de l'ourlet, qui semble n'être que le prolongement de la masse olfieu^tive. Gesi l'accouplement de la couche corticale du cerveau et de la membrane fibreuse des ventricules qui constitue le cylindre olfactif tout aussi bien que le bord de la région temporale de it circonvolution de l'ourlet confondue avec le corps godronné, la corne d'Aramon et le corps frangé.

Et , chose remarquable , c'est dans les lieux où elle se combine avec l'olfactif, l'espace perforé , le tractus optique , que la couche corticale présente, accusés au plus haut degré, les caractères (pi lui sont propres; c'est là que la couche blanche superficielle a son plus grand développement; c'est là qu'on peut reconnaître la structure fibreuse , la direction des fibres de cette couche blanche superficielle ; c'est là encore qu^on voit naître les couches blanches intrinsèques ; enfin c'est de la circonvolution dans laquelle toutes ces parties si développées se rattachent i l'olfactif, à l'optique , à l'espace perforé , que toutes les autres circonvolutions semblent naître.

Les éléments gris aussi bien que les éléments blancs concourent à cette fusion des nerfs cérébraux et de l'espace perforé avec la membrane corticale ; et dès lors toutes les observations qui peuvent établir la connexion de l'espace perforé et des nerfs qui le cernent avec le faisceau postérieur de la moelle dé-

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