RAPPORTS DE LA FORME DU CRANE A\^C CELLE DU CER\-EAU
La forme du crâne exprime-t-elle la forme du cerveau? Oui , sans doute , d'une manière générale; c'est-à-dire que , tout étant
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dans l'état normal, un crâne long ne peut renfermer un cerveau court , un crâne court ne peut renfermer un cerveau long. On en peut dire autant des autres grandes dimensions principales du crâne, et, quand on ne cherche rien de plus précis que la forme générale du cerveau, on peut la déduire assez bien de l'inspection du crâne. Mais si Ion veut pousser plus loin Tétude des rapports existants entre la forme du crâne et la forme du cerveau , on trouve qu'ils perdent d'autant plus de leur rigueur et de leur précision qu'on resserre davantage leur étendue. Ainsi, la grande largeur du front, sa saillie considérable en haut et en bas annoncent bien d'une manière générale un grand développement de l'extrémité frontale du cerveau , mais rien déplus précis. En effet , l'épaisseur si variable de l'os frontal, les dimensions si différentes des sinus frontaux chez les différents sujets , apportent tant d'inégalités d'un individu à un autre dans 1 épaisseur de la couche intermédiaire à la peau du front et à la surface de la région frontale du cerveau lui-même , qu'on ne peut rien conclure de rigoureux de l'inspection du front pour déduire la saillie des circonvolutions diverses, tracer le dessin en quelque sorte de la surface circonvolutionnaire de la région correspondante de l'encéphale. J'ajouterai que deux individus , chez lesquels la région frontale du crâne of&irait le même degré de saillie et de largeur, chez lesquels l'épaisseur de la peau et des os de cette région, la grandeur des sinus seraient les mêmes , pourraient avoir l'un et l'autre des dimensions trës-diflérentes dans le lobe frontal de leur cerveau. En effet , la surface antérieure de cette région ne sufHt pas à beaucoup près pour déterminer la grandeur de la région elle-même : on ne peut refuser de tenir compte de l'épaisseur de la substance cérébrale, on ne peut méconnaître l'importance de fixer sur les côtés et eu arrière ses limites. Or toutes ces circonstances varient suivant des rapports que la seule connaissance de la surface de la région frontale du cerveau ne peut permettre d'établir. Mais ne peut -on aussi étudier sur le vivant les limites postérieures de cette région latérale du cerVeau, et réunir ainsi plus de données pour résoudre le problème!
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On peut assez bien chez le plus grand nombre des sujets reconnaître en bas et en dehors du crâne le lieu correspondant à la limite respective du lobe frontal et du lobe temporal du cerveau. C'est justement au niveau de renfoncement oblique, signalé dans la fosse temporale, que correspond le bas de la scissure de Sylvius, laquelle scissure sépare le lobe frontal du lobe temporal ; mais ce n'est là que la limite superficidle du lobe frontal , sa véritable limite postérieure est la surface du cul-desac qui limite en avant le ventricule latéral. Or, pour qui se donne la peine de comparer la capacité des ventricules latéraux chez un grand nombre de sujets , il n'est p&s douteux qu'elle n'offre de nombreuses différehces et qu'il n'ert puisse résulter que de deux cerveaux d'égale grandeur dans toutes leurs limites extérieures , l'un étant creusé de ventricules d'une capacité eonsidérable , l'autre de ventricules plus petits , le Tdiume absolu de la matière cérébrale ne soit pas à beaucoup près le même dans les deux cas.
C'est quelque chose toutefois que die pouvoir ééterminer okaotement la limite externe inférieure du lobe frontal dil cerveau sur le vivant, et, quoiqu'il reste encore à désirer après la détermination de cette limité , on ne doit jamais la négliger dans les cas où Ton s'efforce de mesurer le développement des régions frontales du cerveau pendant la vie.
On devra donc , dans les observations qui ont pour but d'apprécier par rinspection du crâne le développement proportionnel des diverses parties du cen^eau , fixer avec soin Tendroit où la surface du crâne s'enfonce au milieu du bas de la scissure de Sylvius ; et , ce point déterminé, on est sûr que tout ce qu'il y a de matière cérébrale au-devant appartient au lobe fWmtal, et que tout ce qui se trouve en arrière de cet enfoncement appartient aux parties temporale et occipitale de Torgâne. On peut même apporter encore plus de pn^cision dans les limites extérieures des grandes régions de chaque hémisphère : si l'on examin*^ un grand nombre de crânes, on verra que la Saillie osseuse que nous avons remarquée en dedans de sa voèlë, aif niveau de l'eu-
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foncem^t extérieur de la fosse temporale , se prolonge en haut et en arrière, suivant une ligne droite, jusqu'à la partie centrale de la fosse pariétale. Le point correspondant au dehors est le centre de la bosse du même nom ; et quoique la fosse extérieure Be soit pas sensible dans tout ce trajet , il suffit de la bien déterminer au niveau de la grande aile du sphénoïde pour être sûr, en tirant une ligne droite de sa partie la plus élevée au centre de la bosse pariétale, de marquer par cette ligne le trajet oblique de la scissure de Sylvius depuis sa partie inférieure jusqu'à Tendroit où die finit à la surface du cerveau. 11 est aisé par suite decomparer approximativement rétendue des parties cérébrales situées audevant, à l'étendue des parties situées en arrière de cette scissure.
Mais, pour mieux apprécier le volume relatif des deux régions de la masse cérébrale que sépare la scissure de Sylvius , il faut savoir quelles sont les limites inférieures de la portion du cerveau qui reste en arrière et au-dessous de cette scissure , et la détermination de cette limite n'est pas sans difficultés.
Cette limite inférieure de la portion postérieure du cerveau suit dans son contour une ligne tirée de l'angle rentrant, que présentent les parties écailleuse et pétreuse de los temporal au-dessus de l'apophyse mastoïde, à un travers de doigt environ au-dessus de la protubérance externe de l'occipital. Dans toute sa longueur cette ligne doit être distante à peu près d'un travers de doigt de la ligne courbe supérieure de l'occipital. A l'intérieur, la gouttière qui reçoit le grand sinus de la tente (fai cervelet oorespond à l'intervalle des deux lignes que nous venons de nommer. Tout ce qui est au-dessous correspond au cervelet, qui se renfle lui-même assez dans ses parties supérieures et son milieu pour être plus élevé que la limite externe des parties postérieures du cerveau ; mais le degré précis d'élévation de cet organe, n'offrant rien de constant dans ses proportions, est impossible à fixer sur le vivant : ce n'est donc qu'approximati veinent cju'on peut, en étudiant les limites externes correspondant au niveau de sa séparation d'avec le cerveau , pBtmtràt à quelque» conjectures sur le volume du cervelet et sur
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celui des parties postérieures du cerveau, toujours coupées en biseau sur la tente du cervelet.
Ces grandes divisions ainsi fixées dans leurs limites , on peut observer le degré de voussure dans l'intervalle de chacune d'elles, des régions correspondantes du cerveau , et constater, que dans un cas le crâne est renflé au-devant de la ligne correspondant i la scissure de Sylvius , qu'au contraire il est bas et resserré dans les mêmes parties chez un autre sujet.
On peut faire les mêmes remarques sur les parties du crâne postérieures à la ligne qui suit la scissure de Sylvius; on peut encore, en adoptant les divisions précédemment établies dans la zone médiane de la voûte du crâne , mesurer la hauteur, la largeur, le degré de voussure de chacune d'elles , signaler le degré de saillie et de largeur de chacune des paires de bosses qui séparent les unes des autres ces différentes régions. Ces examens sont bien loin de la multitude de détails que prétendent démontrer quelques personnes ; mais on est plus près de la vérité en se bornant à des observations susceptibles de quelque précision qu'en les multipliant à Tinfini sans assez de rigueur : aussi les meilleurs esprits parmi ceux qu'ont pu séduire les prétentions de la phrénologie se tiennent prudemment dans les généralités, et, s'ils vont jusqu'à quelques déterminations plus spéciales, ils se fondent sur les données de l'anatomie saine et morbide , et non sur celles de la crânioscopie.
Je ne révoque pas en doute la possibilité d'apprécier approximativement pendant la vie, par l'examen du crâne, le développement relatif des principales régions du cerveau ; je vais plus loin, je crois que Ton peut parvenir à déterminer, dans de certaines limites, la signification physiologique des formes de la tête humaine. Mais cette science n'est pas faite, et c'est à une anatomie sévère qu'elle doit demander ses premiers fondements.
Le nombre des régions principales du crâne est facile à connaître; quant aux bosses, le nombre de celles qui sont réelles est facile à déterminer, elles sont constantes : la plupart ont fixé 1 attention des ostéologistes, mais peut-être ne se sont-ils pas i