‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 93 sur 127 · DES FORMES DU CRANE. 6S · texte numérisé non relu

DES FORMES DU CRANE. 6S

puis ses premiers rudiments chez le fœtus, jusqu'à son état parfait chez l'adulte.

Dans l'état primordial il n'existe pas d'enveloppe osseuse pour le cerveau. La place du crâne est occupée par une poche membraneuse spéciale. Les premiers îlots de substance osseuse qui apparaissent dans cette enveloppe sont dépourvus de connexion les uns avec les autres; mobiles comme la membrane dans laquelle ils se forment, ils n^ont encore aucune utilité d'ensemble. Or, voici ce qu'on remarque dans l'espèce de vessie que forme la membrane qui précède le crfine : doublée à l'intérieur par la dure-mère, revêtue extérieurement par le péricrâne, cette vessie, ovoîdale dans son ensemble, ne tarde pas à offrir de la différence entre ses parties basilaires et celles qui se relèvent en forme de voûte. Du côté de la base elle présente déjà des replis évidents, premiers linéaments des divisions permanentes, qu'on trouve si prononcées aux époques suivantes de la vie.

Le contour du quadrilatère central de la base est formé de très-bonne heure. Des corps cartilagineux enveloppés des doublures delà dure-mère le circonscrivent complètement, tandis que de ses quatre angles divergent vers la circonférence, dans la direction qu'occuperont plus tard les quatre rayonnements osseux principaux, quatre replis plus considérables, deux de chaque côté. L'antérieur s'efface bientôt après avoir dépassé la ciit»nférence, tandis que le postérieur, après avoir atteint cette circonférence, se porte horizontalement en arrière, agrandi dans cette direction pour former le repli connu sous le nom de tente du cervelet. A la même époque on voit d'avant en arrière, en haut, sur la ligne médiane, se prononcer un repli plus considérable que les précédents : c'est la grande faux de la dure-mère.

La circonférence d'ailleurs est plus épaisse et plus rénistante que les parties de la base intermédiaires aux replis rayonnants, et celles de la voûte que séparent les prolongements épaissis de ces rayons.

Ces replis membraneux , formes par deux feuillets atlossés de la dure-mère, ont, par cela seul, plus de force de résistance

628 ■ÉCANISHB DU oivEJLOPPBMSlIT

que les lames simples de cette membrane. D*un autre côté, la ceinture membraneuse qui sépare la voûte de la base est plus résistante que les parties de la base intermédiaires aux replis de la dure-mère; et sur la voûte elle-même on remarque, dans le trajet qu'occuperont plus tard les sutures transverses, des lignes plus épaisses qui succèdent aux prolongements ascendants des rayons latéraux de la base. Ces rubans épaissis de la voûte contiennent, dans leur épaisseur, les artères méningée moyenne et méningée postérieure.

Ceci posé i si on suppose un effort agissant de dedans en dehors sur toutes ces parties à la fois, les replis de la doie-mère, doubles en épaisseur des parties purement pariétales de cette membrane, et qui d'ailleurs forment des cloisons situées dans un plan parallèle à la direction de Teffort, devront résister plus efficacement à cet effort que les parties pariétales contre lesquelles il agit perpendiculairement. Les parties pariétales de la dure* mère qui, sans être doublées , sont épaissies , résisteront un peu plus que les parties moins épaisses ; et , de ces divers degrés de résistance, résulteront des dilatations inégales à la périphérie de l'espèce de vessie que représente le crâne à cette époque de la vie.

Les principales dilatations occuperont la base au nombre de trois de chaque côté, séparées les unes des autres par les rqplis latéraux que nous avons signalés. Les dilatations et lesconstrictions intermédiaires seront visibles à la circonférence dans le prolongement des dilatations et des constrictions de sa base. Eînfin, la voûte offrira quelque trace aussi de ces différences , sa partie frontale et sa partie pariétale feront plus de saillie que la région intermédiaire correspondant à la suture fronto-pariétale, et nonseulement la région postérieure présentera une convexité générale, distincte de celle des fosses occipitales inférieures, dont la sépare la tente du cervelet , mais Tépaississement qui existe au niveau de la suture lambdoïde découpera en deux parties cette convexité postérieure : Tune, considérable, quadrilatère, intermédiaire à la suture fronto-pariétale et à la suture lambdcnde

Page 1