DES FORMES DU CRANE
d'avant en arrière et aux sutures pariétale et squameuses de haut en bas; Tautre, plus petite, triangulaire, comprise dans l'intervalle de la tente du cervelet et de la suture lambdoïde.
Danscette manière de voir, lesdeux surfaces bombées principales delà voûte du crâne, celles dont la bosse frontale et la bosse pariétale sont les centres , devraient être considérées com me des développements des fosses antérieure et moyenne de la base du crâne ; l'espace ordinairement plus plat, parallèle à la suture fronto-pariétale qui les sépare, continuant le prolongement du rayon latéral antérieur de la base, qui sépare la fosse antérieure de la fosse moyenne. Quant à la petite fosse postérieure placée dans l'intervalle de la tente du cervelet et de la suture lambdoïde, elle rentre dans le développement de la fosse moyenne ; en même temps que l'épaississement membraneux qui la sépare de la concavité pariétale, fait suite au rayonnement postérieur latéral de la base du crâne. Sous Tinfluence de causes analogues à celles qui déterminent ces dilatations de la base, de la circonférence et de la voûte du crâne, dans chacune de ses moitiés, on voit quelquefois se renfler chaque moitié de l'arche médiane de la voûte ; elle est retenue dans son milieu par la résistance de la grande faux de la dure-mère, intermédiaire à l'apophyse crista galli et à la protubérance interne de l'occipital. La petite faux, intermédiaire à cette même protubérance et au trou occipital , peut de même faire rentrer la ligne médiane de l'enveloppe osseuse dans Tintervalle des fosses occipitales inférieures. La tente du cervelet produit le même effet sur l'étendue de son bord adhérent.
Par suite de ce mécanisme, les têtes dans lesquelles le développement du cerveau aura été le plus actif, ou l'exhalation du fluide ventriculaire le plus considérable , présenteront des voussures plus ou moins prononcées dans les intervalles de toutes les parties adhérentes des cloisons fibreuses , et dans ceux de toutes les grandes sutures de la voûte (1),
(1) Daot un crâne de Jeune sujet, qui ni'n été donné par mon ami le docteur Pinel-Grandcliamp, toutes les lignes que je signale sont cofoncces en dehors, en gofittif res très-|Nrononcées.
630 MÉCANISNE OU PSVKMPPSHENT
A toutes ces considérations puisées dansTexamen de Tëtat normal , nous ajouterons l'observation des hydrocéphales, chez lesquds on voit augmenter toutes les paires de bosses constantes, à mesure que l'hydropisie ventriculaire est produite.
Enfin , pour établir plus fortement encore comment le développement général de la forme du crâne est le résultat combiné des dispositions de Tenveloppe et d*un effort excentrique des parties qu'elle renferme , nous citerons l'exemple des crânes développés sans contenir de cerveau, mais seulement de l'ean. M. Gmtiolet a publié un exemple de ce genre : j'en possède un autre que je dois à la bonté de M. Baron père. Dans ces crânes, toutes le fosses de la base existent ; elles manquent , au contraire , quand avec l'absence de rencéphale.coïncide Touverture du crâne. A ceux qui douteraient que les sacs séreux du ventricule puissent , malgré l'intervalle des circonvolutions , s'imprimer dans les fosses frontale , pariétale et occipitale supérieures qui leur correspondent, nous citerons l'analogie que présente, avec ces divers phénomènes, la convexité supérieure de la cavité orbitaire saillant en bosse dans la région correspondante du crâne. Cette saillie ne reconnaît-elie pas pour cause la présence du globe de l'œil dans lorbitet Quand l'œil est crevé, la voûte s'affaisse ; c'est un fait parfaitement connu. Or, le globe de l'oeil est loin de toucher immédiatement la voûte, qu'il soulève pourtant, une couche de graisse molle l'en sépare. Pourquoi le même fsâi n'aurait-il pas lieu dans le crâne! Mais, dira-t*on peut-être, la sphère que constitue le globe de l'œil est beaucoup plus consistante que les extrémités obtuses des ventricules dont une couche de fibres, nerveuses seulement, forme les parois! L'observation est juste, et elle explique pourquoi, lorsque deux forces aussi inégales agissent en concurrence Tune de l'autre , la plus grande l'emporte; c'est pour cela que la voûte orbitaire soulevée par le globe de l'œil imprime sa convexité à la base du cerveau. Mais par'out où les fosses ou bosses principales du crâne existent, les surfacAs qui les présentent sont libres à l'extérieur comme à la voûte; ou couvertes, comme à la base, d'insertions musculaires
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qui n'agissent pas en sens inverse de la pression du cerveau de dedans au dehors , et cette pression produit en liberté tous ses effets.
Dans les anencéphales dont le crâne n'evt pas clos , toutes les parties de la base du crâne creust^es en fosse, dans l'état normal, sont relevées en bosse; dans les crânes d'individus chez lesquels le globe de ToDil a été détruit depuis long-temps, la voûte orbitaire, seule partie de la base du crâne qui ofTre dans l'état normal une saillie en bosse à l'intérieur, se trouve aplatie, enfoncée.
11 n'en faudrait pas plus que ces deux exemples pour démontrer la part qu'exerce dans un cas la force d'expansion du cerveau pour pro luire les fosses de la base du crâne; le globe de l'œil , dans un autre cas , peut soulever en sens opp(»sé la voûte de l'orbite.
La nature agit, dans la formation du crâne, comme le fait l'homme, dans la voilure d'un navire. Elle commence par une poche flexible et donne à l'encéphale une force d'expansion qui enfle et arrondit cette enveloppe, sinon dans les parties retenues par des cloisons fibreuses. De même quand le marin a disposé ses voiles , le vent les gonfle sinon aux places oii des brides inflexibles les retiennent.
Ces considérations toutefois ne peuvent explirjuer que la forme générale du crâne j il présente , dans les variétés de l'espèce humaine, dans l'homme et dans la femme, dans l'enfance, dans les autres âges , des différences nombreuses de conformation.
Parjni ces différences, les unes sont naturelles , les autres acquises. Nous parlerons seulement ici de ces dernières.
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DÉFORVATIOH ARTIFICIELLE DU CBANB.
TofQS les hommes qui ont examiné la tête des nouveau-nés nrent combien die est moUe et Sicile à altérer dans sa forme ; le seul traTail de raccoucbement suffit bien souvent pour l'allonger démesurément.
La grandeur des fontanelles, l'absence de dentelures entre la plupart des os du crâne , le peu d'épaisseur et de résistance de ces os eux-mêmes , expliquent la fi&cilité avec laquelle la déformation d'une tête de nouveau-né s'opère sous l'influence de causes diverses.
L'allongement que produit tous les jours le travail de l'accoucbement disparaît proroptement si la tête reste libre de toute compression. La manière de coifler les nouveau-nés peut produire une déformation du même genre , et trop souvent inefbçable.
Si Ton coiffe les nouveau-nés de bonnets assez amples , arrêtés sous le menton , la conformation de la tête reste naturelle.
Dans plusieurs parties de la France , on coiffe les nouveaunés de bonnets fixés sur la circonférence du crâne lui-même. Tantôt on commence par Tentourer d'un étroit et long triangle de toile qui décrit plusieurs tours avant d'être arrêté, et par dessus ce serre-tête ou bandeau on place un bonnet rond à coulisses dont les cordons sont serrés suivant la même circonférence que le serre tête lui-même. Cette pratique est très-commune en Normandie.
Dans d'autres provinces, on ne commence pas par entoun-r la tête d'un bandeau ; on la couvre d'un bonnet rond , et ce bonnet se trouve ensuite assujetti par un nombre variable de tours de bande méthodiquement jetés depuis les bosses frontales jusqu'aux bosses pariétales. C'est ainsi qu'on agit à Toulouse et dans une grande étendue des pays voisins.
Quel que soit le procédé mis en usage, partout où les bonnets des nouveau-nés sont fixés sur la circonférence du