‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 101 sur 425 · CHOIX PU PLANT DE PEPINIERE · texte numérisé non relu

CHOIX PU PLANT DE PEPINIERE

Fruits à pépins. Pour élever une pépinière de poiriers et de pommiers francs, à hautes tiges, et propres à faire de grands plants, il faut choisir les sauvageons de poiriers et de pommiers d'un an seulement. Cette sorte de plant vient de pépins de poires et de pommes qu’on a dii, pour cet effet, se.

mer au mois de murs, de la manière que nous avons indi quée.

Le meilleur plant, pour greffer des pommiers propres à faire des espaliers, des palissades ou des buissons, est celui du pommier de paradis, parce qu’il pousse peu de bois, et qu’il rapporte promptement et beaucoup. On élève cette sorte de plant par bouture , comme celui des coignassiers , mais le pommier de paradis est plus long à venir.

Le douçain est une autre espèce de pommier, qui approche beaucoup de celui de paradis, et qui reprend aussi de bouture; mais le plant n’en vaut rien pour les espaliers ou les buissons, parce qu’il pousse trop de bois.

Pour greffer des poiriers bons à former des espaliers, des palissades ou des buissons, le plant qui réussit le mieux est celui du coiguassier, parce qu'il convient pour les arbres petits de leur nature et pour ceux qui se maintiennent bas aisément. Les sauvageons francs n’y sont pas aussi propres, car ils s’élèvent trop, naturellement ; et lorsque, pour les arrêter, on leur coupe quelques branches, ils en repoussent plusieurs autres avec plus de force. C'est pourquoi, jusqu’à ce que ces plants soient arrivés à leur grandeur naturelle, ils ne produisent que du bois et fort peu de fruits; encore, le peu qu’ils en rapportent est ordinairement plus vert, plus tardif et moins coloré que ceux des arbres greffés sur coignassier; nous excepterons cependant le portail, qui y vient fort bon, pourvu toutefois qu’il soit planté dans uu fonds chaud et grouetteux, car dans la terre franche et froide il ne prend aucun goût.

Après les poires de portail, celles de bézy, de beurré et d'orange réussissent sur le franc mieux que toutes les autres, parce qu’ordinairement elles chargent beaucoup.

Ainsi, puisque la nature des poiriers entés sur le franc est de s’élever en grand arbre et de pousser beaucoup de bois, on doit les rechercher pour palisser contre des murailles trèsélevées, où ils pourront s’étendre avec liberté. Le franc peut convenir encore pour les espaliers de hauteur ordinaire ou pour les buissons, dans un terroir sec, pierreux et sablonneux, où, ne rencontrant que peu de nourriture, ils ne sau-

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raient pousser avec beaucoup de vigueur. Dans un terrain de cette sorte ils rapportent plus tôt du fruit.

Quelques-uns estiment plus les poiriers entés sur le franc, que ceux qui sont greffés sur le coignassier, parce qu’ils croient que les fruits de ces derniers sont plus âpres et moins délicats que les autres. L’expérience a fait connaître que cette opinion n’est pas fondée, et que l’âpreté qui se renconfre quelquefois dans les fruits greffés sur le coignassier ne provient pas du plant, mais qu'elle est causée ou par la terre humide et trop grossière qui les nourrit, ou par la trop grande quantité de fumier dont on a amendé la terre en les plantant. En effet, on remarque que cette âpreté diminue et se passe, à mesure que le fumier se consomme et que les arbres vieillissent. C’est pour cette raison aussi, qu’il ne faut jamais fumer les arbres plantés , à moins qu'ils n’en aient absolument besoin, parce que le fumier rend leur fruit moins délicat.

Fruits à noyau, Le plant qui convient pour les pépinières destinées à greffer des- pêchers, des abricotiers et des pruniers, est celui des jeunes pruniers de damas noir et de saint-Julien, parce que leur sève est plus douce que celle des autres, et qu’ils durent plus longtemps; il n’y a donc qu'à en prendre des jets qui poussent autour des vieux pieds , pour faire des pépinières, ou bien en semer des noyaux. La greffe y réussit bien, en écusson à œil dormant, quand le sujet sur lequel on l’applique est jeune; et en fente, pour le prunier, quand il est vieux.

Quelques jardiniers plantent des abricotiers et des amandiers pour y enter des pêchers; mais ces plants sont très-sujets à une gomme qui s’amasse autour de l’écusson ; et, si l'on n’a pas grand soin de l’ôter, elle étouffe souvent la greffe et la fait mourir, 11 est vrai que, lorsque ces écussons réussissent, ils rapportent de beau fruit, et entre autres des pèches lisses admirables. Mais si l’on tient à ce qu’il y a de plus sur, le meilleur plant pour ces sortes de fruits est, comme nous venons de le dire, d’abord celui de damas noir, ensuite celui de saint-Julien.

On peut semer les noyaux de pèches ou d’abricots pour

les enter de la même manière; mais nous ferons remarquer que les arbres que l’on greffe dessus n’y durent pas aussi longtemps que sur le prunier et l’amandier.

Quoique les abricotiers puissent se greffer sur toutes sortes de pruniers, ils produisent toutefois de plus beau fruit sur ceux qui rapportent les plus grosses prunes, principalement quand elles sont blanches. Lorsqu’ils sont entés sur les pruniers de petit damas noir, leur fruit est plus sec et plus ferme. Les abricotiers qui viennent de noyaux rapportent de petits abricots qui sont plus hâtifs, et qui ont plus de saveur que les autres, ce qui fait que quelques personnes les estiment davantage; mais ces arbres ne se plaisent pas dans toutes sortes de terres : ils donnent des fruits meilleurs dans celles qui sont chaudes que dans les terres franches.

Les bonnes espèces de prunes peuvent se greffer sur toutes sortes de pruniers, à l’exception de ceux qui ne rapportent que de petites prunes âpres, parce que leur sève participe aussi de cette â prêté. .

Pour faire des pépinières de cerisiers, il faut planter des rejetons de merisiers blancs et rouges : leur sève est plus douce et plus nourrissante que celle des merisiers noirs. 11 y a néanmoins certains merisiers rouges, dont le fruit est amer, et sur lesquels, si on y greffe des cerisiers, il se forme un gros nœud à la jointure de la greffe et du sujet, parce que cette sorte de merisier ne peut grossir à proportion de la greffe. Cette cause de difformité doit le faire rejeter.

Pour enter des cerises précoces, le meilleur plant est celui des rejetons de cerisiers hâtifs, d’autant mieux qu’elles en mui issent plus têt ; mais il est vrai qu’elles n’v viennent pas aussi grosses, et que l’arbre même ne devient pas aussi fort que lorsqu’elles sont greffées sur de bons merisiers. Le plant de cerisier est aussi meilleur que celui de merisier, pour y greffer de grosses griottes; cette espèce, qui fleurit beaucoup, mais qui rapporte peu, Charge davantage sur le cerisier, et conserve mieux son fruit, pîirce que sans doute la sève du cerisier n’est pas aussi abondante que celle du merisier.

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