‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 110 sur 425 · LABOURS ET AUTRES ENTRETIENS · texte numérisé non relu

LABOURS ET AUTRES ENTRETIENS

S’il vient une grande sécheresse au printemps, on doit arroser de temps à autre les arbres nouvellement replantés.

Lorsqu’ils commencent à pousser, le premier soin est d’ébourgconner ceux qui sont à haute tige, jusqu’à un demimètre de haut; on ne leur ôte ensuite aucun jet, jusqu’à la troisième année, époque à laquelle on les décharge en retranchant les branches qui sont faibles et inutiles; on coupe alors, ou l’on rafraîchit les ergots ou chicots jusqu’au \if, et on recouvre aussitôt les plaies avec l'onguent de Saint- Fiacre.

Mais, pour les espaliers, les quenouilles et les plants en buissons, on doit souffrir que les arbres poussent leur jet avec toute liberté, sans leur ôter aucunes branches pendant la première année, si ce n’est lorsqu'elles poussent avec une trop grande vigueur; dans ce cas, il est nécessaire de les arrêter, en les pinçant, pour les faire grossir et les obliger à jeter d’autres petites branches propres à garnir le pied.

11 faut labourer les espaliers et les contre-espaliers à deux mètres de large, trois fois l’année, pour faire mourir les herbes, et pour entretenir la terre meuble et capable de recevoir les pluies d’été. On aura l’attention, surtout, de ne jamais laisser dans le labour des feuilles de pécher, parce que leur amertume se communiquerait aux fruits : on doit donc préalablement les balayer et les enlever avec soin. Il faut prendre garde encore que la greffe reste toujours hors de terre.

Les arbres à haute tige et ceux plantés en quinconces exigent les mêmes soins.

Le premier des trois labours, qui se fait au commencement de novembre, doit être profond, dans les terres sèches et légères, afin que les pluies et les neiges de l’hiver puissent les

humecter; il est môme avantageux de mettre de la neige au pied des arbres plantés dans ces sortes de terres. Mais, dans celles qui sont fortes et humides, attendu qu’elles ont plus besoin de chaleur que d’humidité, il ne faut qu’un labour très- superficiel, pour éviter que les pluies n’y pénètrent trop, et l’on doit toujours faire ce labour par un temps sec et doux.

Le second labour se fait à la fin d’avril, ou au commencement de mai, quand le fruit est noué, et jamais dans le temps de la fleur; il doit être profond, dans les terres humides comme dans les terres légères.

Le troisième labour se fait à la fin de juin, ou au commencement de juillet, beaucoup moins profond que le précédent, et même, dans les terres sèches, simplement avec la ratissoire, pour détruire les mauvaises herbes. Dans ces sortes de terres, on doit préférer le temps de pluie pour faire ce travail.

Les labours sont si nécessaires aux arbres que, faute de les faire, on voit souvent une bonne poire fondante devenir pierreuse à ne pouvoir être mangée, une pèche savoureuse et sucrée devenir fade ou amère, et enfin tous les fruits dégénérer.

Outre ces trois labours, il est bon de faire des ratissages de temps à autre, pour faire mourir les mauvaises herbes et ouvrir la terre aux rosées de la nuit. Nous indiquerons du reste un moyen bien simple d’empêcher les mauvaises herbes de croître au pied des arbres, c’est de les garnir de chènevot- Ls de lin ou de chanvre brisées, sur une circonférence égale à la surface occupée par les racines. Les chènevottes ont, en outre, l’avantage de donner aux arbres plus de vigueur et de servir d’engrais tà la terre.

On se souviendra d’observer, pour les arrosements, en été, ce que nous avons déjà dit précédemment.

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