‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 111 sur 425 · TRANSPLANTATION DES ARBRES TOET GRANDI · texte numérisé non relu

TRANSPLANTATION DES ARBRES TOET GRANDI

La transplantation des grands arbres ne s’opérait autrefois qu en les levant avec leur motte; mais à présent, lorsqu’on veut transplanter un arbre, tel qu’il soit, on fait un cerne d’une largeur correspondante à peu près à l’étendue des racines,- on en tire la terre peu à peu, jusqu’à ce que ces racines soient tout à fait découvertes,- ensuite on les détache doucement avec quelque petit instrument, pour ne les endommager que le moins qu’on peut.

Quand l’arbre est arraché, on le transplante dans un trou dont la largeur est égale à celle des racines; on lui donne la meme situation qu il avait auparavant; on étend toutes les racines dans la circonférence du trou; ensuite on met propiement, avec la main, dessus et dessous chaque racine, de la tene bien meuble, en la pressant doucement pour qu’il n’y ait aucun vide ; c’est pourquoi, dans ce cas, on ne doit jamais se servir de la bêche.

Lorsque les racines sont couvertes de 8 à 10 centimètres de terre, on met, dans toute la argeur du trou, du fumier de 1 épaisseur de deux bons doigts, et l’on jette par-dessus un plein ai î osoii d eau, pour que la terre se lie avec les racines. On couvre ce fumier de 15 à 18 centimètres de terre; on y remet encore du fumier, et on remplit le trou tout à fait avec la terre, en la pressant toujours contre les racines, et enfin on en unit la superficie avec un râteau.

Il y a des jaidiniers qui achèvent de remplir le trou de tenc, sans j mêler de fumier. Cependant, lorsque cette terre est trop légère, et que le trou est plein, ils mettent de 15 à 18 centimelics d épaisseur de fumier tout autour de l’arbre sur une laigcur égalé à celle du trou, et finissent cette transplantation en jetant trois ou quatre seaux d'eau sur le fumier.

Mais, de quelque manière qu'on remplisse le trou, il ne faut l’arroser que dans le cas où le temps ne serait pas disposé à la gelée, car autrement on devrait différer jusqu’à ce que le temps fût favorable. On réitère l’arrose-

ment au printemps, afin d’exciter la sève à monter; en été, on arrose plus souvent, quelquefois même par-dessus les branches.

Il faut observer, en plantant l’arbre, détenir l’endroit de la greffe à 8 ou 10 centimètres au-dessus de la superficie de la terre.

Ce genre de transplantation se fait de novembre à février, et l’on choisit pour cela une journée sans pluie.

On taille l’arbre comme à l’ordinaire, en observant seulement de le tailler un peu court, à trois ou quatre yeux, parce qu’étant nouvellement transplanté, il a peu de sève la première année. Sans cette précaution, l’arbre courrait risque de périr.

Si c’est un arbre à haute tige, qu’on veut transplanter, il faut lui couper le bout des branches et toutes celles qui sont mal placées, afin qu’il conserve une belle forme, sans avoirrien de trop à nourrir.

Quanta l’ancienne méthode, qui consiste à transplanter les arbres en les levant en motte, il est indifférent, lorsqu’on les lève dans les terres fortes, de faire cette opération avant l’hiver ou au commencement du printemps, parce que la terre de la motte se soutiendra également dans ces deux saisons. Cependant, si c'est dans une terre légère et mouvante, on préfère l’hiver; on fait alors un fossé autour et au-dessus des racines, on jette de l’eau sur la motte qui les environne, et l’on attend que la gelée qui surviendra l’affermisse assez pour que l’on puisse la transporter avec l’arbre sans la rompre. Si l’on avait quelques craintes à cet égard, on pourrait renfermer la motte dans un mannequin fait exprès, ou dans une forte toile retenue avec des cordes.

On doit toujours faire les mottes aussi grosses qu'on le peut; et si, en levant l’arbre, il y a des raéines pendantes hors de la motte, il faut les ménager; car elles serviront beaucoup cà la reprise; on ne fait que les rafraîchir par le bout, on les étend dans le trou, et on les garnit de terre.

Si l’on n’avait â transplanter qu’un arbre de petite taille, on devrait creuser, à 50 ou 40 centimètres du pied, une tranchée, ronde ou carrée, dans laquelle on coulerait du plâtre

gâché. Le plâtre, en se solidifiant, enfermerait les racines dans une sorte de caisse qui permettrait de les enlever sans les endommager.

Lorsqu’un arbre en motte est petit, deux hommes peuvent le porter sur un bât ou une civière, pendant qu’un troisième le soutient droit, avec les mains ; mais, pour transporter les gros arbres avec leur motte, il faut des machines faites exprès, comme traîneaux, chèvres ou charrettes à vis et à chaînes, qu’on fait tirer par des chevaux.

Lorsque l’arbre est en place, on remplit le trou avec la terre qui en est sortie, et, pour bien garnir le pourtour de la motte, on y glisse plusieurs fois le bout d'un bâton.

On ne transplante de grands arbres eu motte que pour garnir quelques places vides dans les belles allées des grands jardins, ou pour y remplacer des sujets défectueux ou disparates.

Les mêmes procédés se pratiquent également pour les arbres à demi-tige, en quenouille, en buisson ou en espalier, même pour les ceps de vigne qui ne dépassent pas dix ou douze ans. Toute la différence, en ce qui concerne les ceps, c’est qu’ils ne donnent pas de fruit la même année, tandis que les autres plants ne discontinuent pas d’en porter. Ainsi, par cette méthode, si l'on ne craignait ni les soins ni la dépense, on pourrait faire en une année un jardin aussi avancé et aussi parfait que s'il avait été planté depuis longtemps.

Quand on achète un arbre en motte, il faut examiner si la terre de la motte est naturelle, et la même qui a été levée avec l’arbre, car souvent elle est appliquée pour tromper.

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