‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 135 sur 425 · PREMIÈRE TAILLE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE TAILLE

L’arbre nouvellement planté produit souvent, dès la première année, jusqu’à trois ou quatre bonnes branches, avec quelques branches médiocres. Il faut, au temps de la taille, laisser ce qu’on juge à propos de bonnes branches, et les tailler au deuxième ou au troisième œil, selon qu’elles sont plus ou moins fortes. On peut aller jusqu’au quatrième œil, quand les arbres poussent avec une extrême vigueur.

Il faut couper ce qu’il peut y avoir de mort de la tige; jusqu’à la première branche qui a poussé.

11 arrive quelquefois que les branches que l’arbre a produites la première année sont toutes faibles. Dans ce cas, il faut les retrancher toutes à un œil près de la tige, afin que le suc nourricier, qui sera apparemment plus abondant la seconde année, y donne de plus grosses branches ; tandis que si on les laissait, et qu’on les taillât comme à l’ordinaire, il ne pourrait en sortir que des branches très-petites et incapables de donner une belle figure à l’arbre.

Quand l’arbre nouvellement planté n’a poussé qu’une branche, si elle est venue à l’extrémité de la tige, il est bon de fêter, parce que la tige en poussera plusieurs l’année suivante.

Si la branche est venue plus bas que le haut de la tige, on coupe alors celle-ci à côté de l’endroit d’où sort la nouvelle branche. On taille cette branche à trois ou quatre yeux, et on lui met un tuteur pour la tenir droite, la première année. On doit avoir soin de recouvrir la coupe de la tige avec l'onguent de Saint-Fiacre.

Souvent il arrive que le nouvel arbre a poussé deux branches, l’une bien placée et l’autre mal. Dans ce cas, il faut ôter les deux branches tout à fait, parce qu’en n’en ôtant qu’une, toute la sève allant à l’autre abandonnerait un côté de l’arbre, ce qui ne pourrait que lui donner une forme disgracieuse.

On peut pourtant, quand même les deux, branches sont du même côté, tailler celle d’en haut à trois ou quatre yeux, et couper celle d’en bas près de la tige, pour en avoir deux branches à fruit; mais si la branche de dessous était plus grosse que celle de dessus, on ôterait cette dei niei e, et on tail ferait l’autre à trois ou quatre yeux; alors on couperait la tige près du bas de la branche conservée.

Si l’arbre a poussé deux belles branches à bois bien placées, avec quelques branches à fruit, on taille les premières au troisième ou quatrième œil, et on pince les autres.

Si l’arbre a jeté à son extrémité une bonne branche bien placée, et deux au-dessous, également bien placées et opposées l’une à l’autre, on coupe la tige au-dessus des deux branches de dessous, et tout près de la plus haute.

Quand l’arbre a poussé plusieurs branches, dont quelquesunes sont mal placées, on examine celles qui sont propres à donner une forme agréable à l’arbre, et on les taille à trois yeux, qui sont tournés en dehors et non pas en dedans (il n y a que les beurrés dont les branches s’écartent trop lorsque les yeux sont en dehors). On taille les branches mal placées à l’épaisseur de deux lignes, pour en faire des branches à fruit, et on retranche les branches chiffonnes.

11 est bon de ne rien couper a l’arbre dans 1 intervalle d une

taille à l’autre.

Un arbre recepé, qui a poussé de nouvellos branches, doit être taillé comme un jeune arbre.

deuxième taille.

La seconde année, l’arbre produit ordinairement de belles branches, pour la taille desquelles on suit la méthode qui vient d’être expliquée; c’est-à-dire que l’on s’applique toujours a donner une belle forme a l’arbre, que 1 on conserve les branches à fruit, que l’on retranche les chiffonnes, que l’on coupe, à l’épaisseur de deux lignes, celles qui sont mal placées et que l’on évite surtout la confusion.

C’est alors que l’on commencera à distinguer les branches à bois d’avec celles à fruit. Les branches à fruit ne pourront

pas encore conserver définitivement cette destination, car on est souvent obligé d’en faire des branches à bois; mais il faut pour cela que les arbres poussent avec une vigueur extrême. Si on laissait ces branches trop longues, l’arbre, qui pousse vigoureusement pendant les premières années, se dégarnirait trop par le bas; c’est à quoi on doit bien prendre garde dès le commencement, car on ne peut plus le regarnir après, sans lui faire un tort considérable, et on serait peut-être obligé de le rabattre sur le vieux bois.

Les branches ne viennent pas toujours comme on le désire, pendant les premières années. La sève, ne trouvant pas partout des canaux disposés à la recevoir, s’ouvre soin eut des passages là où l’on ne s’y attendait pas, et quelquefois elle se jette si impétueusement sur quelques points, que Ton est obligé de rompre son cours, afin qu’elle se partage également. Pour la contraindre à prendre une bonne direction, si les branches que l’on a taillées la première fois ne viennent pas comme il faut pour donner une belle forme à l’arbre, on doit couper ras de la tige les branches qui ont pris plus de nourriture qu’il ne leur en fallait.

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