‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 136 sur 425 · TROISIÈME TAILLE · texte numérisé non relu

TROISIÈME TAILLE

Ayant dirigé l’arbre, pendant les deux premières années, de manière à lui faire prendre sa forme, on commencera, la troisième année, à le disposer pour donner du fruit. Il pourra, même y avoir des arbres qui commenceront déjà à rapporter, si les branches que l’on avait destinées à cet usage ont fait ce que l’on attendait d’elles : ce ne serait pourtant pas un grand mal que les arbres ne rapportassent pas de fruit aussitôt. On sait (pie l’arbre qui rapporte trop de fruit pousse peu de bois, la sève ne pouvant pas fournir assez de nourriture pour l’un et pour l’autre. L’expérience fait voir aussi que l’arbre qui rapporte beaucoup de fruit est bientôt ruiné; au contraire, celui qui pousse beaucoup de bois dure davantage, et on peut le contraindre à se mettre à fruit par le moyen de la taille.

C’est lors de la troisième taille qu’un jardinier se trouve

souvent embarrassé pour distinguer la multitude des blanches qu’un jeune arbre a poussées, surtout s il est plante dans un bon fonds.

11 faut considérer d’abord quelles sont les branches a bois les mieux nourries et les mieux placées, pour les consenei et les tailler, sans en laisser toutefois plus que l’arbre n’en doit porter. Ensuite, à l’égard des branches à fruit, s’il y en a trop, on ôtera les plus faibles; et l’on retranchera tout à fait les branches chiffonnes.

Les arbres nouvellement plantés poussent quelquefois avec plus de vigueur qu’ils ne le fout par la suite, ce qui fait que souvent il vient des branches fortes à l’extrémité de toutes celles qu’on a déjà taillées, tant celles qui sont destinées à fruit que celles qui sont à bois.

Dans ce cas, il faut laisser sur chaque branche à fruit une ou deux de ces branches nouvelles , tant pour absorber la sève, que pour provoquer encore la naissance de nouvelles branches à fruit. Mais, si les branches à fruit n’avaient poussé que faiblement , elles devraient être taillées à deux ou trois yeux de la coupe de l’année précédente, parce que la sève, ainsi retenue, gonflerait les yeux qui sont sur ces branches, lesquels ne manqueraient pas, en peu de temps, de donner du fruit, car il ne vient que sur les branches faibles.

Quant aux branches fortes ou à bois, qui poussent au nombre de deux, de trois et quelquefois de quatre, si quelqu une des inférieures était plus grosse que celle d’en haut, on retrancherait alors les plus faibles, quoique supérieures, et ou les ravalerait sur la plus forte.

Voilà ce qu’il y a de plus essentiel à observer sur les trois premières tailles. Quand on a bien commencé l’éducation d’un arbre, il est très-facile de le conduire par la suite, car c’est toujours l’application des mêmes principes.

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