‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 138 sur 425 · BUISSONS OU ENTONNOIRS · texte numérisé non relu

BUISSONS OU ENTONNOIRS

Le buisson demande moins de soins que le contre-espalier; il charge moins, mais il nourrit et mûrit mieux son fruit, et n’est pas si sujet aux vents qui jettent les fruits à terre. Ou le préfère, en général, pour les grands jardins.

11 faut qu'un buisson soit bas de tige ; pour cela, en le plantant, on le coupe à 50 centimètres de longueur au-dessus de la greffe, et celle-ci doit se trouver en place à 9 ou 12 centi- • mètres au-dessus de la terre. On doit le conduire par la taille, de façon qu’il soit rond en tous sens, car c’est la régularité de la forme qui en fait la beauté. Le buisson doit être ouvert du milieu, et monter un peu en pente, sans être trop ni trop peu évasé , et s’étendre plus en largeur qu’en hauteur, afin que l’air et le soleil y puissent pénétrer pour colorer et mûrir le fruit; c’est pourquoi la tète d’un buisson bien conformé doit représenter la figure d’une coupe. II doit encore être garni de toutes parts, mais également, et sans confusion.

Le bon-chrétien, les bergamotes, les beurrés, les Colmar, quelques pommiers, comme reinettes, calvilles et apis, et quelquefois des pruniers, sont les fruits qu’on dispose d’ordinaire en buissons.

Dans les petits jardins, on met peu de buissons, à moins qu’on ne les ait greffés sur du pommier de paradis, car dans ce cas ils sont si petits qu’ils n’embarrassent pas.

On commence dès les premières tailles à faire prendre aux arbres destinés pour buissons la forme d’un entonnoir, en coupant la branche mère du milieu, pour en faire sortir plusieurs qui se partagent la sève en s’écartant les unes des autres. Pour cet effet, il faut toujours laisser les yeux en dehors, afin que l’arbre s’arrondisse quand les branches poussent. On ne laisse pas trop de charge aux arbres en buissons,

de peur qu'ils n’avortent; on les taille de tous côtés , et l'on a le soin de supprimer les branches qui seraient trop près déterre, parce que le fruit s’y pourrirait facilement ou n’y pren-

drait pas de goût.

On doit aussi considérer la qualité du terroir : quand il est

froid ou humide, il faut ouvrir les buissons davantage, afin que le soleil frappe et mûrisse le fruit, et les tenir un peu plus élevés.

quenouilles ou pyramides.

La quenouille est une forme d’arbre très-gracieuse, et qui a l’avantage d’occuper peu de surface sur le terrain , mais qui a l’inconvénient de donner peu de fruit. Les arbres loimés de cette manière sont conv enablement placés aux angles et aux pourtours des allées. Quelques espèces de poiriers seulement peuvent recevoir cette forme; ce sont, pour les grands jardins, celles dont la sève est trop abondante pour que les arbres puissent être retenus en espalier ou en palissade; et, pour les petits jardins, les espèces qui , dans les poiriers de basse tige, jettent trop peu de bois pour former de beaux espaliers. Le fruit que donnent les arbres en quenouille, quoique rare, est ordinairement de belle qualité.

Les arbres que l’on destine à former des quenouilles, ou toute autre forme pyramidale qui devra supporter la taille , doivent être conduits de la même manière que ceux que l'on destine pour espaliers, éventails ou palmettes, sauf à ne laisser qu’une seule branche mère pour former la llèchc, et à provoquer la naissance des branches sous-mères et des rameaux autour de cette tige unique.

On taille ensuite les quenouilles absolument comme les espaliers, sauf les exigences de la forme, que l’on ne doit jamais perdre de vue.

Lorsqu’une quenouille est mal garnie a sa base, ce qui arrive souvent par l’empressement que l’on met à faire allonger la tige, il faut tailler la flèche très-court, supprimer les fortes branches supérieures, et tailler les inférieures sur un sous-œil.

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